... Sites internet recommandés ...

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Site d'actualité sur le Procès Lombard et des Plans NExT et ACT, contenant dans l'onglet documents plusieurs videos et documents sur le scandale sanitaire :

Site internet sur le Minitel et la Télématique qui propose d'intéressants documents :

Site de l'Association sur l'Histoire des Télécommunications et de l'Informatique (AHTI), qui publie des Cahiers de témoignages de vétérans, qui nous racontent leur expérience.

Site de la Collection Historique Orange (Responsable M. Patrice Battiston), où sont entreposés et visibles sur rendez-vous d'anciens matériels de télécommunications à Soisy-sous-Montmorency (95).

Site sur l'historique des Faisceaux Hertziens français, où sont visibles de nombreuses Stations Hertziennes.

Site de la Bibliothèque Historique des Postes et Télécommunications (BHPT) qui rend accessible sur rendez-vous les anciens annuaires et autres parutions des PTT, issues de l'ancienne bibliothèque de feu le Ministère des PTT, 20, avenue de Ségur, Paris.

Site sur l'Histoire de la Publiphonie Française, depuis les débuts en 1883.

Site sur l'Histoire de la Publiphonie Belge, en langue néerlandaise.

Sites des Cadres Dirigeants Retraités de Orange COLIDRE.

Site de l'Amicale des anciens de France Câbles et Radio, la plus ancienne filiale des PTT.

Site des anciens d'ALCATEL, qui publient leurs souvenirs sur la commutation.

Site de M. Pierre Suard, ancien Président du Groupe Alcatel-Alsthom, qui décrit ce qui lui est arrivé.

Site du Réseauteur sur le Réseautage Téléphonique à l'ère de l'Électromécanique.

  • Blog génial sur le Réseautage Téléphonique en vigueur dans les années 1968 à 1982 environ : le Téléphone de Compagnie officieux avant l'arrivée des messageries roses, à l'époque de l’Électromécanique toute puissante...
  • Les années 1968 à 1982 environ sont les années où les systèmes électromécaniques règnent alors en maître, dans un Réseau de Transmissions généralement analogique. C'est à cette époque qu'a pu exister, par une sorte de faille, le Réseautage Téléphonique, qui consistait alors en une possibilité de dialoguer de manière "border line" avec des correspondants plus ou moins inconnus, en général la nuit, où toute une faune "sortait alors du bois". Le Blog du Réseauteur vous propose de redécouvrir cette ambiance à jamais anéantie avec l'arrivée des commutateurs temporels et la transmission numérique. Et tout ceci avant l'arrivée des messageries roses...
  • Tout d’abord, pour fixer le cadre, techniquement parlant, le Réseautage tel qu’il a été pratiqué vers 1970 et 80 (et même avant) n’était effectivement possible qu’à l’époque des commutateurs téléphoniques de type rotatif et de type crossbar, véhiculant les conversations téléphoniques sous forme de courants électriques analogique au travers de réseaux de connexion de commutateurs entièrement électromécaniques et propices effectivement à tous les couplages possibles.
  • Avec la numérisation complète du réseau téléphonique (Électroniques Temporels) ce système occulte ne pouvait techniquement plus fonctionner. Ainsi, à Paris, la mise à la casse d’une proportion critique et suffisante de ROTARY 7A1, 7B1 et de PENTACONTA et autres CP400 sonna le glas du Réseau occulte vers 1980-82…

Premier Témoignage : le Réseautage Téléphonique de compagnie

  • C’est en 1996 que ce cadre que l’on surnommait JAx, Chef d’un commutateur Télex de Paris (depuis à la retraite), me conta cette histoire, me décrivant effectivement ces gens qui téléphonaient sur des numéros non attribués (certains étant « distribués » sous le manteau, d’autres étant trouvés par des chanceux qui téléphonaient au pif). Au début, ils tombaient sur les disques habituels avec leur message du type « Numéro non attribué »… Mais que ces disques, au bout d’un certain temps, étaient déconnectés et c’est à ce moment là que l’on pouvait percevoir la présence d’autres correspondants plus ou moins près ou lointains et tenter des contacts… Il me décrivit ces rencontres fortuites, entre hommes et femmes, ou d’amitiés un peu plus particulières, ou pour de simples déconnades téléphoniques jusqu’au bout de la nuit au bout du fil à refaire le monde… En fait, tout pouvait arriver et éventuellement tout et n’importe quoi pouvait se concrétiser. Il m’avait parlé effectivement qu’il fallait, pour mieux entendre, se bricoler des amplificateurs reliés sur la ligne téléphonique !

Second Témoignage : le Réseautage Téléphonique de compagnie

  • En 2016, je rencontrai un personnage très truculent en retraite de France Télécom depuis 2001, celui-ci me raconta quelques anecdotes de sa carrière, notamment de sa « rencontre » avec Albert Delbouys, Ingénieur Général, qui lui fit ressentir quelques sueurs froides… Puis très vite, étant affecté alors à Voltaire au ROTARY 7B1 puis au PENTACONTA, il me parla aussi du Réseau occulte… Il connaissait l’existence de ce Réseau depuis environ 1967-1968 et son entrée dans l’administration. Il m’a confirmé ce style de « rencontres » de tous ordres qui s’y déroulaient, les histoires d’amplis etc… Il était intarissable à ce sujet.
  • Le retraité m'apprit que le Réseau Occulte a rapidement fini par être connu des très hauts fonctionnaires et plus seulement des techniciens de commutation… Il était logique que cela arrivât…

    En effet, à cette époque, l’esprit de corps existe, il y a des formations, des troncs communs, et les gens de tous milieux de notre administration se rencontrent, parlent de tout, et de technique… Et même les hauts fonctionnaires ont été aussi à l’école, à l’ENST et ont donc été aussi des étudiants, des jeunes…

    L’existence du Réseautage Téléphonique était donc connue des hautes sphères, mais techniquement parlant, il était, à l’époque de l’électromécanique, strictement impossible de l’en empêcher… Ce retraité qui avait au cours de sa carrière croisé plusieurs très hauts fonctionnaires de la maison, tels Albert Delbouys ainsi que François Schoeller qui deviendra après l’affaire de la grue de Latché le nouveau Président de TDF, m’a confié que c’est ce Réseau occulte qui a donné un jour l’idée à un certain Jacques Dondoux de lancer les premiers Réseaux de Convivialité (C’est ainsi que l’on les appelait à leur création), qui ont été présentés à partir de 1978 comme des plateformes du genre « sos solitude », qui avait tôt vite fait de passer à « J’ai besoin de compagnie » à enfin finir en un gigantesque baisodrome téléphonique…

    Bref, le téléphone rose tarifé et lucratif était né, avec notamment les numéros commençant par le 36.69, on aura compris l’allusion… Et grâce à l’aide précieuse des commutateurs téléphoniques électroniques qui permirent la création de ces nouveaux services téléphoniques puis télématiques des plus spéciaux…

    Ce brave retraité, originaire du midi, réussit à obtenir sa mutation à Marseille, en fin 1971, pour se rapprocher de son Montpellier… Ainsi, il quitte donc Paris et se retrouve à Marseille, en tant que technicien affecté sur la maintenance des PENTACONTA, où à Marseille aussi le Réseautage Téléphonique de Compagnie allait bon train.

Troisième Témoignage : le Réseautage Téléphonique de business.

  • Le brave retraité m’a confié qu’il existait aussi un second réseautage : le réseautage de business !!!

    En effet, il m’explique alors, qu’à cette époque, chaque ligne téléphonique en service raccordée sur un central PENTACONTA aboutit, si l’on décroche le combiné téléphonique et que l’on téléphone à un numéro non attribué, sur un film de type numéro non attribué… Il me confirme qu’il se passe ce qui existe toujours à l’heure actuelle : au bout d’un certain délai, le film s’arrête et l’abonné se retrouve alors dans le vide et le téléphone de l’abonné demeure toutefois alimenté… Tout comme à l’heure actuelle…

    En revanche, il m’indique qu’en 1971, sur les PENTACONTA, chaque lecteur de film de numéro non attribué peut débiter son message jusqu’à 5 appelants qui appelleraient quasiment en même temps le même numéro non attribué…

    Donc pour résumer, si 5 personnes, qui se connaissent bien, téléphonent à une heure fixe convenue sur un même numéro de téléphone non attribué, ceux-ci se retrouvent alors aboutir sur le même lecteur de film, qui après un certain délai s’arrête… Mais à ce moment-là, ces 5 correspondants, qui ne se sont pourtant jamais appelés, se retrouvent en conversation tous ensemble, sans avoir à payer, et surtout sans pouvoir être tracés…

    À Marseille, ce sont des malfrats et autres membres de la pègre, qui ont découvert cette faille de sécurité, et ainsi pendant paraît-il plusieurs années, ils se contactaient par ce moyen très sophistiqué, à partir de cabines téléphoniques ou de téléphones ne leur appartenant pas (les leurs étant probablement placés sur écoute) pour préparer leurs coups, tels que braquages, hold-up, livraison de stupéfiants, recels etc…

    Ainsi, même écoutés sur leurs lignes téléphoniques personnelles, la Police n’y voyait que du feu et les malfrats pouvaient planifier leurs affaires tranquillement par le Réseautage Business avec ce système d’appels à heures fixes sur les mêmes numéros non attribués, à partir de n’importe quelle ligne téléphonique de Marseille… Tout en jouant aux petites filles modèles sur le téléphone de chez eux…

    Il paraît que le pot aux roses fut découvert par hasard à Marseille par des techniciens des PTT de maintenance et qu’à ce moment-là, des écoutes officielles furent ordonnées directement sur les répondeurs de films, et qu’ainsi, la Police enfin prévenue des prochains coups de la pègre (lieux, heure, marchandise), fit tomber une grande partie du banditisme marseillais dans les années 70 par ce moyen…

Nota sur l'officialisation du Réseautage :

  • Pour ne pas laisser passer le train du réseautage, train clandestin mais tout de même connu dans toutes les sphères des Télécommunications, l'Administration décide de réagir afin de récupérer la manne qu'il pourrait rapporter en lançant une première expérimentation de Réseautage de compagnie - officiel, celui-ci - et naturellement payant. 
  • Baptisée Téléconvivialité, l'expérimentation débute en Décembre 1978 par la bonne ville de Florac avec le numéro d'appel 07.11.11. L'expérimentation sera étendue à Mende dès Janvier 1979. Mais l'expérience ne réussit pas dans ces localités de Lozère. Il appert que le vivier soit insuffisant pour "amorcer", dans les zones à trop faible densité de population.
  • Dès le 15 mai 1979, l'expérimentation Téléconvivialité est dorénavant étendue à Montpellier, et dans cette zone urbaine à forte densité téléphonique, le succès est immédiat. 
  • Au mois de Mai 1980, les résultats se montrent encourageants, avec plus de 10.000 appels par jour vers ce service. Les numéros ainsi créés à Montpellier permettent, pour chacun d'eux, la connexion jusqu'à 10 abonnés simultanément, qui peuvent ainsi converser pendant des heures entre inconnus, ou entre habitués (avec une taxation à la durée, bien sûr...) et sortir ainsi de leur "isolement"...
  • À Montpellier, les 6 numéros de ces groupes de Téléconvivialité qui existent en Mai 1980 sont, (au format local PQ.MC.DU) : 07.11.11 ; 07.22.22 : 07.33.33 ; 07.44.44 ; 07.55.55 ; 07.66.66...
  • Le 11 mai 1981, le service de Téléconvivialité est officiellement créé par décret. La tarification est fixée à 1 demi-franc toutes les 5 minutes. La Téléconvivialité ouvre dès 1981 à Marseille et se poursuit par Nice, Digne et Toulon en 1982... Puis Nantes... Puis Bordeaux en Janvier 1986. 
  • Puis Bordeaux fermera en Décembre 1987... Et il apparaît (en l'état de nos recherches) que Téléconvivialité ferme en France en 1988.
  • La Téléconvivialité débouchera indirectement à partir de 1984 sur la création du Kiosque Téléphonique, qui sera renommé Audiotel en 1992...


Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 21 septembre 2019.

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