Panorama de l’organisation de l'Exploitation Téléphonique et des Techniques employées

(Les 60 premières années de la branche Téléphone)

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Avant l'apparition de la branche des Télécommunications à part entière, existèrent précédemment tout de même 60 années de débuts parfois chaotiques et parfois fructueux du téléphone. L'automatisation du téléphone débuta en France, timidement certes, par une tentative concluante dès le 19 octobre 1913. 

Les années 1930 furent tout de même une référence dans le déploiement du téléphone urbain automatique notamment à Paris et 1ère couronne avant la seconde guerre mondiale grâce au robuste système Rotary 7A1. 

J'ai donc logiquement voulu compléter ce site en hommage à tous ceux qui ont fait naître le téléphone dans notre pays.

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Du Monopole unificateur

En 1837, le postulat de départ est acté par la loi du 2 mai, qui détermine un monopole de l’État sur les liaisons télégraphiques et qui servira de référence pour les liaisons téléphoniques futures (après qu'elles aient été inventées).

  • Le monopole, pourtant unificateur et salvateur en termes d'organisation et de technique, sera dissous en 1987, soit 150 ans plus tard, après 20 années d'une stratégie de dénigrement savamment organisée par divers groupes de pression et d'intérêts.

1837.05.02LoiMonopoleTelegraphique

De l'invention du Téléphone.

En 1854, invention du principe fondamental du Téléphone.

Rappelons que le principe du Téléphone n'a ni été inventé par Thomas Edison, ni même par Antonio Meucci, mais par le français M. Charles Bourseul, télégraphiste de l'Administration. Celui-ci publie un mémoire le 26 août 1854, alors qu'il n'est âgé que de 25 ans.

Malheureusement, il n'est pris ni au sérieux par ses supérieurs hiérarchiques locaux, ni par l'Académie des Sciences... La faculté de discernement n'étant pas donnée à tout le monde...

N'ayant pas de moyens financiers et n'étant pas soutenu par l'État, celui-ci, modeste fonctionnaire des PTT, ne dispose pas des ressources pour réaliser de prototype. 


MrCharlesBourseul

Ci-dessus : M. Charles Bourseul - Portrait réalisé par Valdigué, à Cahors - Coll. C. R-V.

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Il est à signaler que le véritable inventeur du téléphone fonctionnel sera l'italo-américain Antonio Meucci en 1874...

L'américain Thomas Edison, avec ses moyens ainsi qu'appuyé par Alexander Graham Bell, se chargera ensuite de développer l'invention et de s'en approprier les bénéfices.

Alexander Graham Bell s'accordant la paternité de l'invention du téléphone dès 1876, toute honte bue...

M. Charles Bourseul sera enfin reconnu comme l'inventeur du téléphone par la France en... 1889.

Il faudra attendre une note publiée en Novembre 1922 (Bulletin Officiel des PTT n° 25 page 534), soit dix ans après sa mort, pour qu'une souscription publique soit ouverte par l'Administration des PTT afin qu'une statue lui soit érigée dans sa dernière ville de résidence, Saint-Céré.

Cette statue sera d'ailleurs mutilée par l'occupant allemand en 1942 (qui passait aussi son temps à voler les statues de bronze de nos grands hommes : cf. François Arago, par exemple, à Paris) et il faudra une seconde souscription pour restaurer le monument vers 1955...

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1922.11MonumentCharlesBourseulBOPTT25P534

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En 1877, le 10 décembre, une expérimentation téléphonique est tentée avec succès entre Bordeaux et Margaux (distantes de 25 km) et Bordeaux et Soulac (distantes de 95 km) par la Société Industrielle où les paroles, les voix, et les musiques émises de chaque extrémité sont audibles et compréhensibles par l'autre extrémité de chaque liaison.

En 1878, le 8 janvier, une expérimentation Téléphonique est tentée avec succès à Marseille, entre deux téléphones, par deux ingénieurs britanniques MM. Brown et Payne. 

  • un téléphone est installé rue Pavé-d'Amour, dans les bureaux du Télégraphe Sous-marin,
  • l'autre téléphone est installé à proximité du Château Borély, à une distance de 4500 mètres.

A - La Téléphonie par l'Industrie Privée encadrée par l’État.

En 1879, le Ministère des Postes & Télégraphes est créé le 5 février. M. Adolphe Cochery, alors sous-secrétaire d'État aux finances chargé des Postes & Télégraphes depuis le 1er mars 1878, est le premier à devenir Ministre des Postes & Télégraphes en France le 5 février 1879. Il le demeurera durant 7 années jusqu'au 30 mars 1885, sous 8 gouvernements différents ; septennat unique dans l'existence de ce ministère.

Ci-contre : gravure représentant M. le Ministre des Postes & Télégraphes - Adolphe Cochery - par Néraudau - Musée de la Poste.

1879AdolpheCocheryMinistreP&T

Par la parution de l'arrêté relatif aux autorisations d'établissements de communications téléphoniques le 26 juin 1879 (BO P&T 1879 n° 17 page 585), le Ministre des Postes et des Télégraphes - Adolphe Cochery autorise les entrepreneurs de l'industrie privée (qualifiés dans le texte de Permissionnaires) à construire et à exploiter dans certaines villes des réseaux téléphoniques en fixant ses clauses et conditions.

Cet arrêté en substance :

  • - précise la durée des autorisations concédées à l'industrie privée pour 5 années. Autorisations éventuellement renouvelables.
  • - précise que l’État peut racheter de plein droit les équipements de l'industrie privée quand il le souhaite, à un prix négocié par les deux parties, ou en cas de désaccord par des experts.
  • - ajoute que l'exploitation sera soumise au contrôle de l’État : les agents du Service du Télégraphe désignés par le Ministre pourront pénétrer dans les locaux téléphoniques à toute heure du jour ou de la nuit pour y exercer le contrôle qu'il appartiendra d'accomplir.
  • - fixe les conditions, notamment financières d'entrée dans le dispositif, de versement de cautions pour couvrir leur faillite éventuelle, droit d'usage annuel, redevances régulières de l'industrie privée.
  • - précise que les tarifs et les conditions tarifaires seront fixés par le Ministre des P&T à sa volonté.
  • - ajoute que les tarifs proposés aux clients devront être les mêmes pour tous (dans le réseau considéré), les tarifs de faveur étant strictement interdits.

En commentaire, avec 130 ans de recul , il est possible de constater que dès le départ, l'exploitation téléphonique privée demeure sous un contrôle administratif particulièrement poussé, et une pression fiscale «bien de chez nous...»

En France, ce seront 3 sociétés privées qui déposeront initialement des demandes de concessions :

  • - la Compagnie du Téléphone (Système Gower), obtient l'autorisation le 27 juin 1879 pour les villes de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes et Lille. 
    • Le représentant de cette société étant M. le Sénateur Adrien Hébrard.
    • Le siège de cette société est au 66, rue neuve-des-petits-champs, Paris, où sera aussi installé leur Centre Téléphonique Manuel mis en service courant Octobre 1879.
  • - la Société Française de Correspondance Téléphonique (système transmetteur Blake et récepteur Bell), obtient une autorisation le 12 juillet 1879 pour la seule ville de Paris. 
    • Le représentant de cette société étant M. le Sénateur Louis-Alexandre Foucher de Careil.
  • - la Société Berthon et Cie (Système Edison), obtient une autorisation le 8 septembre 1879 pour les villes de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes et Lille. 
    • Le représentant de cette société étant M. Alfred Berthon, Ingénieur.
    • Le siège de cette société est au 45, avenue de l'Opéra, Paris.

Dans le même temps, il s'ensuit un jeu de transfert capitalistique et de concessions d'exploitation assez compliqué entre hommes d'affaires :

  • Le 21 août 1879, l'État transfère à M. Charles Wallut, directeur du Crédit Mobilier, l'autorisation en date du 27 juin 1879 accordée initialement à M. Adrien Hébrard, à la demande de ce dernier.
  • Le 23 septembre 1879, l'État transfère à M. Léon Soulerin, Ingénieur, l'autorisation en date du 12 juillet 1879 accordée initialement à M. Louis-Alexandre Foucher de Careil, à la demande de ce dernier.

Il apparaît probable que ces deux sociétés (Compagnie du Téléphone (Système Gower) et Société Française de Correspondance Téléphonique)) aient employé les services de deux sénateurs de la République pour négocier plus aisément l'obtention auprès de l’État des deux concessions (27 juin 1879 et 12 juillet 1879), puis que ces deux sénateurs se soient ensuite retirés.

  • Le 30 septembre 1879, le premier central téléphonique manuel de France est ouvert à Paris.
    • Il s'agit du Bureau A, sis 27, avenue de l'Opéra qui compte 454 abonnés au téléphone à sa création. (Au 31 décembre 1880 : 474 abonnés au téléphone à Paris).
    • À la manière des agences bancaires, la Société des Téléphones Edison (puis la SGT un an plus tard) attribue une Lettre-indice pour chaque bureau téléphonique créé.
  • Le texte d’une annonce publiée dans les journaux de l’époque :

    Abonnez-vous au téléphone – Il y a déjà à Paris quelques abonnés au téléphone. La Société des Téléphones Edison, 45, Avenue de l’Opéra, annonce qu’elle reçoit les abonnements au tarif de 600 francs payables 50 francs par mois, l’abonnement comporte la pose et l’entretien des fils et appareils.


  • Chaque abonné relié à ce central téléphonique est mis en relation par voie entièrement manuelle, où toutes les opérations de Commutation Téléphoniques sont accomplie par une ou plusieurs Opératrices.
  • Les Opératrices travaillent debout dans les tous premiers centraux manuels exploités par l'industrie privée.
  • Définition de ce qu'est la Commutation Téléphonique :
    • La Commutation Téléphonique est l'ensemble des opérations manuelles (ou automatiques) nécessaires pour mettre en relation deux postes téléphoniques d'abonnés quelconques. Il s'agit de la science des liaisons téléphoniques.

Identification des abonnés au téléphone :

  • À la création du téléphone en France, au 30 septembre 1879, les abonnés, contre toute attente ne reçoivent pas un numéro. Il faut dire que le téléphone ne concerne au départ qu'une élite peu nombreuse, voire même confidentielle...
  • Ainsi donc, chaque abonné d'un réseau téléphonique est-il simplement identifié par son Nom de famille ; éventuellement complété par son Prénom en cas de doublon ; voire par sa profession !
  • Cet usage peu mathématique, voire surprenant, perdurera toutefois jusqu'en 1896 !

Premier choix technologique en téléphonie : choix du nombre de fils par ligne abonnés...

La France, dès le début du téléphone, retient la solution que chaque poste téléphonique d'abonnés soit pourvu de 2 fils électriques en cuivre, et ces deux fils soient reliés par une une paire de fils cuivre tirée jusqu'au Central desservant la ville ou le quartier considéré : choix de la technologie de la ligne téléphonique bifilaire en France.

  • Solution qui semble évidente, mais qui ne le fut pas pour certains autres pays, dont certains de nos voisins.

La Suisse, dès le début du téléphone, adopte une technique directement copiée sur la technique télégraphique. Ainsi chaque abonné au téléphone suisse est relié au central par un unique fil électrique en cuivre, le second pôle électrique du téléphone étant directement relié à la Terre, et le Central récupérant la Terre par un pieu métallique planté... dans la Terre :  choix de la technologie  de la ligne téléphonique unifilaire en Suisse.

  • Solution télégraphique qui s'avérera altérer la qualité des conversations modulées par la voix des abonnés, la Terre ayant tendance à "ramasser" toutes sortes de parasites telluriques, météorologiques ou d'origine artificielle... Cette technique sera d'ailleurs abandonnée dès le début des années 1880 par les quelques pays qui l'avaient adoptée...

Second choix technologique en téléphonie : comment alimenter les postes téléphoniques d'abonnés ?

En fonction des impératifs techniques de cette lointaine époque et des possibilités réduites de solutions à peu près viables, il est décidé que chaque abonné devra, au moyens de piles électriques salines à son domicile veiller à l'alimentation électrique de son poste téléphonique. 

Ainsi, les premiers centres téléphoniques ne délivreront pas aux abonnés le courant électrique nécessaire au fonctionnement du microphone et de l'écouteur du téléphone pendant les conversations. Chaque poste téléphonique d'abonné devra-t-il s'alimenter par lui-même grâce à des piles électriques dédiées. Le système initial retenu est dit : à Batterie Locale.

  • Solution aisée pour les débuts du téléphone, qui présentera à la longue moult défauts dans l'exploitation téléphonique et génératrice de nombreux dérangements :
  • Les piles peuvent couler, les piles s'usent et il faut savoir les remplacer. Avant d'être usée, une pile perd sa force électromotrice de manière progressive, ce qui fait que les téléphones des abonnés ne sont plus forcément alimentés convenablement, ce qui aboutit à dégrader la qualité des transmissions téléphoniques...
  • Ainsi, un des objectifs prioritaires ultérieurs sera de remplacer dès que la technologie le permettra, la technique de la Batterie Locale par une future technologie restant encore à inventer, puis à déployer...

Troisième choix technologique : comment réaliser l'opération de Commutation au Central ?

En France, qui fait le choix de la Ligne Bifilaire, les premiers Tableaux de Commutation retenus sont les Tableaux Jack-Knife.

  • Chaque ligne d'abonnés se termine au Central sur un organe de connexion appelé Jack-Knife.
  • Un Jack-Knife est en fait une prise femelle bipolaire intégrée dans le Tableau du Commutateur Manuel. Pour chaque abonné au téléphone, il y a deux trous dans le Tableau, où, pour chaque trou, les deux pôles du téléphone de l'abonné sont reliés.
  • Pour mettre deux abonnés en relation téléphonique, l'Opératrice doit connecter, avec un cordon souple, chaque fil de la ligne d'un abonné demandeur sur chaque fil de la ligne de l'abonné demandé.
  • Pour ce faire, l'Opératrice enfonce la fiche mâle du cordon bifilaire dans une des deux prises femelles Jack-Knife des deux abonnés à relier ensemble.
  • Pour chaque abonné connecté, en cours de conversation, une seule prise femelle Jack-Knife est utilisée. L'autre peut donc être utilisée par l'Opératrice pour écouter les conversations. Cette possibilité, d'écoute fera couler beaucoup d'encre, et sera supprimée par la suite avec l'arrivée des Tableaux de type Bailleux où seule subsistera une seule prise femelle bipolaire pour chaque abonné aboutissant dans le Tableau.

Quatrième choix technologique : la signalisation.

Comment un abonné demandeur entre-il en contact avec son Central de rattachement au début du Téléphone en France ?

  • Dans les tous premiers systèmes manuel, à Batterie Locale, l'abonné demandeur actionne un bouton réservé à cet effet, relié à des piles spécifiques réservées uniquement à cet usage (et non pas pour la conversation).
  • Au bout de quelques années, les piles spéciales utilisées pour "sonner" l'Opératrice du Central  sont supprimées et le bouton du téléphone de l'abonné remplacé par une dynamo-alternateur avec une petite manivelle. Cette première évolution permet de supprimer une partie des piles du domicile des abonnés et supprima une des causes de dérangements dus aux piles...
  • Cette action sur un bouton ou sur une manivelle active l'ANNONCIATEUR au Central Téléphonique. Il s'agit d'un électro-aimant spécifique (un électro-aimant dédié par abonné) qui, dès lors qu'il est activé par l'abonné demandeur, laisse tomber un petit volet basculant.
  • C'est le basculement de ce volet qui va indiquer à l'Opératrice du Central téléphonique de rattachement qu'un de ses abonnés veut lui parler... 
  • Ainsi donc, l'Opératrice doit relever l'appel en connectant, grâce à une clef d'écoute, son poste d'observation (un combiné ou un casque) sur l'abonné demandeur puis, une fois la demande notée par ses soins, doit établir, à l'aide d'un cordon bifilaire, le branchement sur l'abonné demandé, en ayant pris soin au préalable de contacter l'abonné demandé pour vérifier sa présence.
  • Une fois la conversation terminée, l'abonné demandeur doit actionner une seconde fois le bouton ou la manivelle ce qui aura pour rôle d'actionner l'Annonciateur à nouveau, afin d'avertir l'Opératrice du Central de rattachement de la fin de la conversation. L'Opératrice relève une seconde fois n'a plus qu'à retirer le cordon bipolaire des deux Jack-Knife des deux abonnés en conversation pour la rompre.
  • Nota : le terme relever l'appel demeure toujours en usage actuellement à Orange, car l'on parle toujours en 2020 de relever l'appel, c'est à dire le prendre au téléphone ou au casque, ou encore dans les service techniques, de relever le dérangement. Il provient initialement du fait que les Opératrices, au XIXème siècle relevaient le petit volet des Annonciateurs sur les Tableaux des Commutateurs Manuels pour les remettre dans leur position initiale !

Comment une Opératrice d'un Central Téléphonique entre-t-elle en contact avec un abonné demandé ?

  • L'Opératrice actionne un dispositif générateur de courant alternatif directement sur la ligne de l'abonné demandé grâce à une clef spécifique du Tableau, qui va actionner au domicile une sonnerie magnétique à timbre(s) métallique (s).
  • Si l'abonné demandé répond à l'Opératrice, l'Opératrice peut accomplir la mise en relation de l'abonné demandeur et de l'abonné demandé...

En 1880, le jeu de transfert capitalistique et de concessions d'exploitation bat son plein.

D'un côté :

  • le 2 février 1880, est fondée officiellement la Compagnie des Téléphones. Son Président est M. Amédée Jametel, Banquier à Paris. Cette société est créée à l'occasion de l'absorption de la Société Française de Correspondance Téléphonique en grande difficulté (alors détenue par M. Léon Soulerin) par la Compagnie du Téléphone Gower (alors détenue par M. Charles Wallut).  
  • Au 2 février 1880, il ne reste plus que deux sociétés exploitant le téléphone en France.
  • Le 2 avril 1880, l'État transfère ensuite à M. Amédée Jametel, fondateur de la Compagnie des Téléphones,  les deux concessions d'exploitation téléphonique accordées les 27 juin 1879 et 12 juillet 1879 détenues jusques alors par MM. Wallut et Soulerin, à la demande de ces derniers.
  • Le 23 avril 1880, l'État transfère ces deux concessions directement à la personne morale de la Compagnie des Téléphones, à la demande de son Président, M. Amédée Jametel.

D'un autre côté :

  • Le 27 mars 1880, La Banque Franco-Égyptienne fonde la Société Française des Téléphones (Système Edison et autres), en rachetant la Société Berthon et Cie.
  • Le 21 avril 1880, l'État transfère à la Société Française des Téléphones (système Edison et autres), fondée par la Banque Franco-Égyptienne, la concession d'exploitation accordée le 8 septembre 1879 détenue jusques alors par M. Alfred Berthon, à la demande de ce dernier.

Finalement :

  • Les 16 et 17 août 1880, est fondée officiellement la Société Générale des Téléphones dont le siège est fixé au 66, rue neuve-des-petits-champs, à Paris. Cette société, présidée par M. Amédée Jametel, est créée dans le but prévisionnel de fusionner la Compagnie des Téléphones (Gower) et la Société Française des Téléphones (Système Edison et autres).
  • Les 7 et 30 octobre 1880, la fusion entre la Compagnie des Téléphones (Gower) et la Société Française des Téléphones (Système Edison et autres) est officialisée en assemblées générales. La Société Générale des Téléphones est pérennisée. 
  • Le 10 décembre 1880, l'État transfère enfin à M. Amédée Jametel, Président de la Société Générale des Téléphones, la concession d'exploitation accordée le 8 septembre 1879 détenue depuis le 21 avril 1880 par la Banque Franco-Égyptienne, à la demande de cette dernière.

En conclusion : 

  • À la fin de 1880, la Société Générale des Téléphones récupère le 10 décembre 1880 les trois autorisations accordées initialement en 1879 par l'État, pour les trois sociétés initiales. Ne reste alors plus qu'une seule société privée en France qui exploite alors des réseaux téléphoniques.
  • Ainsi, le 10 décembre 1880, un monopole de fait appartenant à des investisseurs privés se constitue en France sur le téléphone.
  • Le 1er décembre 1880, le service téléphonique des premiers bureaux téléphoniques parisiens exploités par la Société Générale des Téléphones devient permanent, 24 heures sur 24.

La récupération et l'ouverture des Centraux Téléphoniques Manuels à Paris, par la Société Générale des Téléphones (notamment telles qu'annoncées dans la presse d'époque) :

  • Bureau A : 27, avenue de l'Opéra (premier central mis en service en France, le 30 septembre 1879, par la société des Téléphones Edison), 1er bureau.
  • Bureau S : 66, rue Neuve-des-petits-champs (mis en service le 3 octobre 1879, par la  Compagnie des Téléphones Système Gower - hors service le 26 août 1882), 2ème bureau.
  • Bureau B : 4, rue de Logelbach (mis en service en 1880), 3ème bureau.
  • Bureau C : 2, quai de Seine / 204, boulevard de la Villette (mis en service en 1880), 4ème bureau.
  • Bureau D : 10, place de la République (mis en service le 1er décembre 1880), 5ème bureau.
  • Bureau G : 62, rue du Bac (mis en service le 20 décembre 1880 - hors service avant Novembre 1884), 6ème bureau.
  • Bureau I : 80, rue de Passy (mis en service le 10 février 1881), 7ème bureau.
  • Bureau L : 42, rue Lafayette (mis en service le 20 août 1882), 8ème bureau.
  • Bureau M : 25, rue Étienne Marcel (mis en service le 28 juin 1883), 11ème bureau.
  • Bureau O : 65, rue d'Anjou-Saint-Honoré (mis en service le 8 novembre 1883), 12ème bureau.
  • Bureau E : 24/26, rue de Lyon (déjà en service en 1883),
  • Bureau F : 20, avenue des Gobelins (déjà en service en 1883),
  • Bureau G : 183, boulevard Saint-Germain (déjà en service en 1883),
  • Bureau H : 123, rue Lecourbe (déjà en service en 1883),
  • Bureau Provisoire : Champs de Mars (Exposition Universelle - mis en service du 1er mars au 31 octobre 1889).

1880SystemeGowerBell

Ci-dessus : Système téléphonique Gower-Bell, vers 1880, un des premiers appareils téléphoniques utilisés par les abonnés au téléphone en France.

Photographie PTT - 1971 - Coll. C. R-V.

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Dès le début des années 1880, des évolutions vinrent améliorer le fonctionnement des Tableaux d'abonnés et faciliter le travail des Opératrices.

De nouveaux Tableaux à Cordons Monocordes font leur apparition.

  • Sur un Tableau à Monocorde, chaque ligne bifilaire d'abonné aboutit désormais d'une part sur un cordon bifilaire pourvu en son extrémité d'une fiche mâle à deux pôles et d'autre part, en parallèle, un Jack-Knife (femelle) à simple rupture toujours encastrée dans le Tableau, couplé avec l'annonciateur et sa clef d'écoute reliée au poste de l'Opératrice si elle est actionnée.
  • Lorsqu'un Annonciateur bascule, l'Opératrice actionne désormais seulement la clef d'écoute de l'abonné demandeur qui met directement son combiné ou son casque d'observation en conversation avec l'abonné demandeur (sans avoir désormais besoin de brancher son combiné ou son casque avec sa fiche dans une prise différente à chaque prise d'appel.... Simplification des tâches)
  • Puis l'Opératrice actionne la clef d'écoute de l'abonné demandé pour rentrer en relation avec lui, et s'il répond, l'Opératrice relie le cordon monocorde de l'abonné demandeur avec la fiche mâle dans le Jack-Knife (femelle) de l'abonné demandé.
  • En fin de conversation, l'abonné demandeur actionne à nouveau l'Annonciateur, qui fait basculer à  nouveau le volet, et qui donne le signal au tableau à l'Opératrice pour retirer le cordon monocorde de l'abonné demandeur du Jack-Knife de l'abonné demandé.

Vers la moitié des années 1880, des évolutions vinrent améliorer le fonctionnement des Tableaux d'abonnés et faciliter le travail des Opératrices.

De nouveaux Tableaux à Cordons Dicordes font leur apparition.

  • Directement inspirés des Tableaux Monocordes, les Tableaux Dicordes en reprennent le principe en l'améliorant...
  • En effet, dans un Tableau Monocorde, il faut autant de cordons Monocordes munis de fiches, autant de clefs d'écoute et autant de boutons d'appel qu'il y a d'abonnés sur un Tableau.
  • Aussi, les Tableaux Dicordes remplacèrent rapidement les Tableaux Monocordes qui étaient, au niveau de leur architecture technique, désormais simplifiés :
  • Désormais, il n'y avait plus que le nombre d'organes nécessaires à la liaison des différents Jack-Knife d'abonnés, correspondant au nombre maximal possible de liaisons à l'heure de la journée la plus chargé.
  • Ce qui amène à une réduction du prix de fabrication par l'élimination d'organes redondants, une simplification de leur maintenance, et de leur utilisation facilitée pour les Opératrices.
  • Sur un Tableau à Dicordes, chaque ligne bifilaire d'abonné aboutit désormais seulement à un Jack-Knife (femelle) à double rupture toujours encastré dans le Tableau, couplé avec un annonciateur d'appel.
  • Lorsqu'un Annonciateur bascule, l'Opératrice, munie d'un cordon Dicorde, n'a qu'à brancher une première fiche d'un cordon Dicorde disponible sur le Jack-Knife de l'abonné demandeur et actionner la clef d'écoute dans une première position, clef d'écoute qui équipe désormais ce cordon Dicorde pour relever l'appel et noter la demande de l'abonné.
  • Puis, une fois la demande notée, de brancher la seconde fiche de ce même cordon Dicorde sur le Jack-Knife (femelle) de l'abonné demandé, puis d'actionner à nouveau la clef d'écoute dans une seconde position pour rentrer en contact avec l'abonné demandé par un bouton d'appel relié à ce même cordon Dicorde. 
  • Si l'abonné demandé répond, l'Opératrice remet dans sa position d'origine la clef d'écoute du cordon Dicorde, ce qui met en relation les deux abonnés, et déconnecte l'Opératrice de la conversation en cours.
  • En fin de conversation, l'abonné demandeur actionne à nouveau l'Annonciateur, qui fait basculer à nouveau le volet, et qui donne le signal au tableau à l'Opératrice pour retirer le cordon monocorde de l'abonné demandeur du Jack-Knife de l'abonné demandé.
  • En fait, il a été conçu un nouveau type de cordons, le Cordon Dicorde, d'un modèle très élaboré, qui permet de simplifier à la fois les opérations à accomplir par les Opératrices ainsi que la construction de ces nouveaux Tableaux.

En 1882, Le 27 janvier, une expérience de communication par téléphone à longue distance est tentée par la Société Générale des Téléphones entre la Gare de l'Est (à Paris) et la gare de Nancy, toutes deux distantes de 353 kilomètres, en utilisant une ligne télégraphique et du matériel téléphonique fourni par la société ADER.

  • L'opération est couronnée de succès par les ingénieurs de la SGT et prouve ainsi que les communications téléphoniques longue distance deviennent techniquement possibles.

Le 26 août 1882, la Société Générale des Téléphones quitte son siège du 66, rue neuve-des-petits-champs, pour le 41, rue Caumartin, à Paris.

  • En cette occasion, le Bureau S, sis au 66, rue neuve-des-petits-champs, est mis définitivement hors service à cette même date.

En 1883, l'État qui a certes concédé les réseaux de certaines villes à l'industrie privée, n'en a pas pour autant renoncé à ses droits, et décide d'ouvrir en propre des réseaux téléphoniques dans d'autres villes, moins peuplées, donc moins favorables à l'essor du téléphone, mais à des conditions tarifaires et de services proposés plus avantageuses que ne l'offre la S.G.T dans les villes concédées.

Ainsi, le 1er avril 1883, l'Administration ouvre-t-elle à l'exploitation téléphonique les réseaux téléphoniques des villes de Reims et de Roubaix-Tourcoing ! 

Nota : à la fin de 1883, Paris compte 3.093 abonnés au téléphone.

À partir des Tableaux Monocordes puis Dicordes à Batterie Locale, la fabrication se normalise. On les appelle usuellement les Tableaux Standards à Batterie Locale.

  • Les Tableaux Standards à Batterie Locale sont fabriqués pour 10, 25, 50, 100 voire 200 abonnés...
  • Lorsque l'on dépassait ce nombre d'abonnés, l'on pouvait, sans trop de gêne pour l'Opératrice "du meuble", en accoler un second contre le premier, étant donné que les cordons avaient une longueur suffisante pour raccorder deux abonnés de deux meubles différents.
  • Il n'en allait pas de même dans les grandes villes, où l'on se heurtait au nombre élevé d'abonnés rattachés à un seul Central Téléphonique... Ce qui amenait à accoler un nombre élevé de Tableaux Standards au fur et à mesure de l'accroissement du nombre de lignes d'abonnés...
  • Pour contourner cette difficulté, il était nécessaire de créer entre les différents meubles, des lignes auxiliaires, sorte d'intermédiaires électriques disponibles entre deux meubles...
  • Du coup, deux Opératrices étaient désormais nécessaires pour établir une conversation entre deux abonnés rattachés au même Central Téléphonique mais sur des meubles éloignés... Ce qui nécessitait plus de personnel, plus de manœuvres, plus de délai pour établissement de la conversation et plus de risques d'erreurs...
  • Ce sont dans les grandes villes (Paris ou Marseille, par exemple) que le travail d'Opératrice s'avère alors le plus pénible, le plus stressant, le plus usant... N'est pas Opératrice pendant plusieurs années qui le veut, mais qui le peut...
  • Parfois, aux heures les plus chargées, plus aucune ligne auxiliaire entre certains meubles d'un même Central Téléphonique n'était disponible, et il était nécessaire de différer les appels, source de limitation et de fort mécontentement des usagers...
  • Avec l'expérience, il a été constaté qu'au delà de 500 abonnés, l'exploitation des Tableaux ainsi regroupés devenait particulièrement lourde et pénible pour les Opératrices. Il était donc nécessaire, pour les grandes villes de trouver de nouveaux procédés de Commutation...

C'est en 1883 que la Western Electric Company invente une technique révolutionnaire : le Multiplage.

  • Le Multiplage est un mode de conception et de raccordement qui permet de créer un Tableau pouvant regrouper et commuter jusqu'à 10.000 abonnés !
  • Sans aucun intermédiaire, une Opératrice peut désormais relier chaque abonné demandeur de sa section avec n'importe quel abonné demandé du même Tableau Multiple, directement, sans aucun intermédiaire.
  • Cette évolution majeure va autoriser l'amélioration de l'exploitation téléphonique manuelle dans les grandes villes, pour un certain temps.
  • Les premiers Commutateurs Multiples, construits à partir de 1885, sont des Commutateurs Multiples en Série, à Batterie Locale.
  • Un Commutateur Multiple en Série est donc un Commutateur de grande capacité, qui est exploité par plusieurs Opératrices simultanément.
  • Mais comme pour un Commutateur de petite capacité, une Opératrice ne s'occupe que de 100 ou 200 abonnés... 
  • Chaque Opératrice est donc en charge de "ses" abonnés, sur la partie du meuble qu'elle exploite.
  • Pour "ses" abonnés dont elle est en charge, l'Opératrice dispose sur sa partie de meuble d'un Jack dédié à chaque abonné, comme pour les centres de petite capacité.
  • Mais dans un Centre de grande capacité, chaque Opératrice dispose en plus de Jacks Généraux et d'un nombre de clefs de manœuvres suffisant qui lui permettent de joindre, pour "ses" abonnés demandeurs n'importe quel abonné demandé de ce même Central, directement, sans avoir besoin de faire appel à une seconde Opératrice intermédiaire.
  • Cette solution, qui sera déployée dans le monde à partir de 1885 permettra une meilleure exploitation téléphonique dans les grandes villes, et de moins pénibles conditions de travail pour les Opératrices.


  • De surcroît les Commutateurs Multiples en Série à Batterie Locale les plus récents voient leurs Annonciateurs à volet basculant remplacés par des ampoules à incandescence, qui en s'allumant signalent à l'Opératrice que tel ou tel abonné demandeur souhaite joindre le Central, et s'éteignent lorsque les conversations téléphoniques sont terminées et que les abonnés demandeurs ont renvoyé un appui sur le bouton d'appel ou un tour de manivelle.
  • L'opératrice n'a désormais plus à relever physiquement le volet basculant à la fin de chaque conversation, ce qui permet une économie de gestes pour l'Opératrice.
  • En revanche, les Commutateurs Multiples en Série, s'ils offrent une réelle amélioration dans l'exploitation téléphonique, sont porteurs de certains défauts de conception.
  • En effet, avant d'utiliser un Jack Général, il est d'abord nécessaire d'effectuer un test d'occupation, pour savoir si un Jack Général est libre ou déjà occupé par une conversation en cours.
  • Ce test se fait par le deuxième fil de l'abonné (fil b) au moyen d'une seule et même pile de test commune à tout le bureau. 
  • Or, en cas de mauvais isolement de certains abonnés, le résultat des tests s'en trouve souvent faussé, ce qui entraîne des erreurs d'exploitation et des fausses manœuvres par les Opératrices ainsi induites en erreur.
  • De plus, les Commutateurs Multiples en Série souffrent de câblages et de contacts très nombreux, très complexes, ce qui entraîne beaucoup de temps perdu dans la maintenance et la recherche des pannes.
  • Enfin, leur défaut majeur réside dans le fait qu'en cas d'extension nécessaire, lorsque l'on souhaite rajouter un ou plusieurs meubles dans le Commutateur Multiple en Série déjà en service, il faut obligatoirement couper l'ensemble des lignes générales, pendant toute la durée des travaux, ce qui rend le Commutateur Multiple en Série à peu près inutilisable jusqu'à la fin de tout travail d'extension...
  • Affublés de ces défauts, les Commutateurs Multiples en Série sont remplacés à partir de 1892 aux USA par de nouveaux Commutateurs Multiples en Parallèle.

En 1884, au 31 mars, la S.G.T dessert en tout et pour tout 11 villes avec un total de 5.079 abonnés en France + Algérie française, dont 3.227 pour Paris.

(Nous parlons bien d'abonnements réels 1 abonnement=1 ligne téléphonique reliée au central, et non pas du nombre de "postes de toute nature", notion flatteuse qui permettait de doubler artificiellement le nombre d'abonnés au téléphone, en comptant les multiples téléphones souvent branchés en parallèle sur les lignes... Ces deux notions étant souvent confondues par erreur dans les divers ouvrages rédigés a postériori).

Les 11 villes sont les suivantes : Paris, Lyon, Marseille (14, rue de la République), Bordeaux, Nantes, Lille, le Havre, Rouen, Saint-Pierre-lès-Galais, Alger et Oran.

Le 19 juin 1884, paraît au Journal Officiel, page 3187, un Rapport daté du 4 mai 1884 adressé au Président de la République, sur l'organisation des services des Postes et des télégraphes avant et depuis l'année 1878. Ce rapport est chargé de faire le point, notamment sur le développement téléphonique en France depuis 1879.

Il y est détaillé qu'en seulement une année d'exploitation, la ville de Reims compte une densité d'abonnés par habitants supérieure à celle des villes placées sous concession privée de la S.G.T depuis 4 années. (23 abonnés pour 10.000 habitants pour Reims) supérieure à la meilleure densité d'une ville sous concession de la S.G.T (allant de 3 à 22 abonnés pour 10.000 habitants)

En conclusion, en une seule année d'exploitation, l'Administration des Postes et Télégraphes fait mieux que la S.G.T en 4 années d'exploitation...

L'arrêté du 26 juin 1879 est remplacé par l'arrêté du 18 juillet 1884 (BO P&T 1884 n°20 page 845) autorisant à nouveau l'industrie privée à demander, à partir du 8 septembre 1884, une nouvelle autorisation d'exploitation, et fixant le cahier des charges.

Dans la foulée, la seule société privée qui exploite encore des réseaux téléphoniques en France, la Société Générale des Téléphones, parvient à faire renouveler sa concession pour 5 années de plus.

Mais il s'agira du seul renouvellement. À l'issue de cette période, l’État reprendra en propre en 1889 la construction et l'exploitation de tous les réseaux téléphoniques du pays.

(L’État avait d'ailleurs commencé avant 1889 à concurrencer la S.G.T en déployant des Cabines Téléphoniques dès 1885 !)

Nota : à la fin de 1885, Paris compte 4.054 abonnés au téléphone.

En 1885, première communication téléphonique interurbaine longue distance (92km) entre Rouen et Le Havre.

  • Le 30 novembre 1885, ouverture des communications interurbaines longue distance entre Paris et Reims (172 km).

En 1886, l'accord définitif pour construire une liaison téléphonique entre la France et la Belgique est signé le 18 novembre. Il en coûtera une taxe de 3 francs pour 5 minutes de conversation téléphonique au départ de la France vers la Belgique.

En 1887, première communication téléphonique internationale (manuelle) entre la France et l'étranger : la relation France - Belgique ouvre la liste. 

  • L'inauguration officielle a lieu le 29 janvier 1887.
  • L'ouverture au grand public a lieu le 24 février 1887.

En 1888, en France, l'exploitation interurbaine manuelle est complètement généralisée entre toutes les villes qui sont équipées d'un réseau téléphonique urbain déjà en service.

Le 3 août 1888 est établie la première communication téléphonique manuelle entre Paris et Marseille.

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L'expérience de l'industrie privée, sévèrement encadrée par l’État, n'a pas été une réussite en terme de développement du nombre de réseaux, d'accroissement des réseaux, de souscription de nouveaux clients et encore moins de leur satisfaction.

À cet échec, deux explications sont avancées. Suivant ses propres opinions de pensée, l'on pourra choisir celle qui nous satisfera le mieux, mais peut-être la vérité est-elle située quelque part entre ces deux options :

1) la Société Générale des Téléphones accuse l’État d'avoir dès le départ entravé la libre entreprise administrativement par une sur-réglementation et surtaxé de manière trop lourde et inconséquente les recettes, sans considérer les dépenses d'investissement et les frais d'exploitation à engager avant de pouvoir produire des profits taxables.

2) l’État accuse la S.G.T de plus penser à rétribuer grassement ses actionnaires, plutôt que d'investir dans l'ouverture de nouveaux réseaux, dans leur développement et dans l'embauche de personnel en nombre suffisant pour faire évoluer les réseaux et le service.

Rien de bien nouveau en 130 ans de recul...

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B - Partie intégrante du Télégraphe sur tout le territoire.

C'est en 1889 que se déroule le processus de nationalisation du Téléphone français et son assimilation au sein de l'Administration des P & T ; processus mené par M. le Président du Conseil des Ministres - Pierre Tirard.

En 1889, le 26 mars, la Chambre des Députés forme une Commission pour examiner un projet de loi autorisant entre autre, le rachat, via le financement de la Caisse des Dépôts, des réseaux exploités par la Société Générale des Téléphones.

  • Le 10 avril 1889, une lettre ministérielle de M. le Président du Conseil des Ministres - Pierre Tirard (également en charge de l'Administration des P & T) avertit le Président de la Société Générale des Téléphones de l'intention de l’État de mettre fin à la jouissance de l'autorisation accordée à la SGT à compter du 1er septembre 1880. Le Ministre demande en outre au Président d'évaluer la valeur totale des biens de la société.
  • Le 23 avril 1889, le Président de la Société Générale des Téléphones rejette en bloc les demandes formulées dans la lettre ministérielle en s'y opposant clairement.
  • Le 16 juillet 1889 la loi votée qui en découle est promulguée le jour même et publiée au JORF le 27 juillet 1889 (page 3685). Un décret d'application du 14 septembre 1889 qui débloque les fonds nécessaires au rachat suit (BO P&T 1889 n°9 page 543).
    • Nota : l'État a veillé à attendre que la durée de la concession de 5 années (1884 - 1889) ait été atteinte avant de nationaliser.
    • L’État est autorisé à racheter, en 10 annuités, les réseaux téléphoniques appartenant à la Société Générale des Téléphones.
    • À compter de cette date, l’État engage la nationalisation du Téléphone, et les crédits de fonctionnement et de développement nécessaires seront ouverts pour 1889 et 1890 au budget ordinaire du ministère nouvellement en charge du Téléphone : le Ministère du Commerce, de l'industrie et des Colonies.
  • Le 13 août 1889, le Président du Conseil de Préfecture de Police de la Seine publie une Ordonnance mandatant M. Jousselin, expert, pour procéder à l'inventaire complet des valeurs immobilières et mobilières (matériels) de la SGT.
  • Le 21 août 1889, une nouvelle lettre ministérielle confirme au Président de la Société Générale des Téléphones confirme l'intention du Ministre chargé des P & T de mettre fin à l'autorisation d'exploitation ; de désigner d'un commun accord l'expert mandaté par le Conseil de Préfecture de Police de la Seine pour établir la valeur de l'entreprise ; de se préparer à remettre à disposition de l'Administration des P & T l'intégralité des locaux et des équipements de la Société Générale des Téléphones.
  • Le 23 août 1889, le Président de la Société Générale des Téléphones rejette en bloc pour la seconde fois les demandes formulées dans la lettre ministérielle.
  • Le 24 août 1889, dans une ultime lettre ministérielle adressée au Président de la Société Générale des Téléphones, M. le Président du Conseil des Ministres - Pierre Tirard le met en demeure de remettre à disposition de l'Administration des P & T l'intégralité des locaux et des équipements de la Société Générale des Téléphones à la date du 1er septembre 1889, et ce, au nom de la continuité du service des téléphones qui ne sauraient être interrompus.
  • Le 30 août 1889, un arrêté de M. le Président du Conseil des Ministres autorise l'utilisation de la force publique pour prendre possession de tous les locaux de la Société Générale des Téléphones à la date du 1er septembre 1889.
  • Le dimanche 1er septembre 1889, douze Ingénieurs (ou sous-Ingénieurs) des P & T, mandatés par M. le Directeur-Ingénieur de la région de Paris - Caël, prennent possession au nom de l’État des douze Centraux Téléphoniques de Paris. Chaque ingénieur est accompagné par un Commissaire de Police et d'une ordonnance du Président du Tribunal de Commerce de Paris. Il en sera de même pour toutes les villes de province ou des colonies concernées par cette nationalisation.
  • Chaque Commissaire de police lit l'arrêté du 30 août 1889 à haute voix, puis chaque responsable local de la Société Générale des Téléphones remet une protestation écrite, le tout en présence d'huissiers de justice.
  • À la reprise par l'État, le Réseau de Paris compte 6.504 abonnés au téléphone.
  • Les douze centraux téléphoniques de Paris alors exploités par la SGT à la veille de la nationalisation sont : 
    • Bureau A : 27, avenue de l'Opéra (premier central mis en service en France, le 30 septembre 1879).
    • Bureau B : 4, rue de Logelbach (mis en service en 1880)
    • Bureau C : 2, quai de Seine / 204, boulevard de la Villette (mis en service en 1880)
    • Bureau D : 10, place de la République (mis en service le 1er décembre 1880)
    • Bureau E : 24/26, rue de Lyon (déjà en service en 1883),
    • Bureau F : 20, avenue des Gobelins (déjà en service en 1883),
    • Bureau G : 183, boulevard Saint-Germain (déjà en service en 1883 ; hors service en 1900 - transféré sur Saxe),
    • Bureau H : 123, rue Lecourbe (déjà en service en 1883 ; hors service en 1900 - transféré sur Saxe),
    • Bureau I : 80, rue de Passy (mis en service le 10 février 1881),
    • Bureau L : 42, rue Lafayette (mis en service le 20 août 1882),
    • Bureau M : 25, rue Étienne Marcel (mis en service le 28 juin 1883),
    • Bureau O : 65, rue d'Anjou-Saint-Honoré (mis en service le 8 novembre 1883),
    • Bureau Provisoire : Champs de Mars (Exposition Universelle - mis en service du 1er mars au 31 octobre 1889).
  • Nota : les bureaux ouverts par la SGT seront abandonnés par l'Administration des P & T entre 1894 et 1900 pour de nouveaux bâtiments dédiés à la téléphonie avec de nouvelles normes plus rationnelles, à l'exception du Bureau I qui ne sera abandonné qu'en 1908.
  • Le 1er septembre 1889 à 17H10, la dépêche télégraphique de Paris qui parvient aux principaux journaux de France résume la situation : 
    • « Les douze ingénieurs nommés par l’État se sont présentés ce matin, chacun suivi par un commissaire de police, dans les douze centres téléphoniques de Paris. La remise des services a eu lieu sans incident notable ; la Compagnie des Téléphones a opposé, pour la forme, une protestation. »

Note : désormais, lorsque l'on veut s'abonner au téléphone dans une ville ouverte à l'exploitation, il faut se rendre dans son bureau de poste de rattachement pour y souscrire. Il en sera ainsi jusqu'en 1954.

  • Le 21 septembre 1889, un rapport du Ministre du commerce, de l'industrie et des colonies, suivi d'un décret (BO P&T 1889 n°9 page 550) fixe les nouvelles conditions d'abonnement des réseaux rachetés en propre par l'État.
  • Le 25 octobre 1889, les Réseaux Téléphoniques des villes de Paris, Bordeaux et Lyon sont classés dans la catégorie des réseaux souterrains.
    • Les Réseaux Téléphoniques de toutes les autres villes déjà existants à ce jour sont classés en réseaux aériens.

En 1890 débute l'ouverture au téléphone manuel de la banlieue parisienne. 48 réseaux annexes de Paris seront créés jusqu'en 1893.

  • Puteaux (+ Suresnes) - 1er juillet 1890 - (Seine)
  • Montmorency - 9 août 1890 - (Seine)
  • Enghien-les-Bains - 13 août 1890 - (Seine-et-Oise)
  • Choisy-le-Roi - 4 septembre 1890 - (Seine)
  • Saint-Denis - 15 octobre 1890 - (Seine)
  • Ivry-sur-Seine - 20 décembre 1890 - (Seine)
  • Asnières - 1er janvier 1891 - (Seine)
  • Clichy - 1er janvier 1891 - (Seine)
  • Saint-Germain-en-Laye - 18 janvier 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Issy-les-Moulineaux - 6 février 1891 - (Seine)
  • Fontenay-sous-Bois - 11 février 1891 - (Seine)
  • Juvisy-sur-Orge - 23 mars 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Nogent-sur-Marne - 25 mars 1891 - (Seine)
  • Bellevue-Meudon - 27 mars 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Saint-Cloud - 24 avril 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Charenton - 27 avril 1891 - (Seine)
  • Créteil - 27 avril 1891 - (Seine)
  • Rueil - 27 avril 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Argenteuil - 23 mai 1891 - ( Seine-et-Oise)
  • Montreuil - 19 juin 1891 - (Seine)
  • Corbeil - 23 juin 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Le Vésinet - 15 juillet 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Sèvres - 18 juillet 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Saint-Ouen - 26 août 1891 - (Seine)
  • Bondy - 16 septembre 1891 - (Seine)
  • Boulogne-sur-Seine - 27 septembre 1891 - (Seine)
  • Gonesse - 10 octobre 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Neuilly-sur-Seine - 12 octobre 1891 - (Seine)
  • Fontainebleau - 21 octobre 1891 - (Seine)
  • Pantin - 11 décembre 1891 - (Seine-et-Marne)
  • Courbevoie - en 1891 - (Seine)
  • Le Raincy - en 1891 - (Seine-et-Oise)
  • Marly - 1er janvier 1892 - (Seine-et-Oise)
  • Maisons-Laffitte - 17 mars 1892 - (Seine-et-Oise)
  • Livry-en-Aulnoye - 7 avril 1892 - (Seine-et-Oise)
  • Vincennes - 7 avril 1892 - (Seine)
  • Saint-Mandé - 15 avril 1892 - (Seine)
  • Aubervilliers - 25 avril 1892 - (Seine)
  • Gentilly - 25 avril 1892 - (Seine)
  • Le Pré-Saint-Gervais - 25 avril 1892 - (Seine)
  • Saint-Maur - 25 avril 1892 - (Seine)
  • Montrouge - 12 juillet 1892 - (Seine)
  • Clamart - 19 juillet 1892 - (Seine)
  • Bry-sur-Marne - 6 décembre 1892 - (Seine)
  • Nanterre - 10 mars 1893 - (Seine)
  • Arcueil-Cachan - 22 avril 1893 - (Seine)
  • Joinville-le-Pont - 22 juin 1893 - (Seine)

C'est également le 1er janvier 1890 que les premières positions de travail assises des Opératrices sont mises en service pour la première fois en France, par l'Administration, dans le Bureau Téléphonique du 27, avenue de l'Opéra à Paris.

  • Au fur et à mesure des remplacements des meubles téléphoniques ou des mises en service des nouveaux centres téléphoniques manuels, le travail des opératrice en position assise éliminera en quelques années la position debout.

En 1891, à partir du 1er janvier, par le décret du 31 décembre 1890 (BO P&T 1891 n°1 page 31), la séparation comptable des dépenses entre services des télégraphes et des téléphones entre en vigueur. 

Un Budget Annexe des Téléphones est créé. Mais ceci ne durera que 2 petites années.

Les dépenses afférentes :

1) à la construction des circuits téléphoniques interurbains;
2) au rétablissement, à l'extension, à la mise en bon état de fonctionnement ainsi qu'à l'entretien des réseaux téléphoniques urbains, 

devront être liquidées sur les fonds d'un budget annexe des téléphones.

Toutefois, au niveau organisation, le téléphone est encore accolé au télégraphe.

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C - Autonomie relative en région parisienne - Partie intégrante des Postes et des Télégraphes sur tout le reste du territoire.

(Direction du Service Téléphonique de la région de Paris)

En 1892, le 1er juillet, par le décret du 20 juin 1892 (BO P&T n°7 page 591), le Service Téléphonique de la région de Paris est constitué en une direction à la tête de laquelle est placé un Directeur-Ingénieur.

  • La Direction du service téléphonique de la région de Paris comprend : Paris, les départements de la Seine, de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne. (Ce qui représente actuellement la totalité de la région Île-de-France.)
  • Monsieur Jean Baptiste Pol BERTHOT est le premier Directeur du Service Téléphonique de la région de Paris nommé au 1er juillet 1892. (décret du 20 juin 1892 (BO P&T n°7 page 591)). Il le restera jusqu'à son départ en retraite le 15 juillet 1894.
  • En dehors de la région de Paris, seuls des Directeurs des Postes et Télégraphes (les Télégraphes incluant les Téléphones sans qu'il en soit fait mention) sont nommés. 
  • C'est donc à Paris (et uniquement à Paris) qu'est nommée, en la personne du Directeur du Service Téléphonique, la première autorité qui ne va s'occuper que de téléphone. (restant pourvue d'une autonomie budgétaire plus symbolique que réelle).

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La loi de finances du 26 décembre 1892 supprime le Budget Annexe des Téléphones, après seulement deux exercices annuels.

Les financements du téléphone sont alors reversés au budget général de l’État. La situation va ainsi s'étendre sur une durée de 31 ans...

En 1893, Paris se dote d'un Hôtel des Postes moderne, dénommé le Bureau K, équipé, au départ d'un premier Commutateur Multiple en série à Batterie Locale, construit sous licence US par la Société Aboilard, future société LMT (Édification décidée en 1889 dès la nationalisation, livraison du bâtiment à l'Administration en Décembre 1892).

  • La capacité de ce Commutateur Multiple en Série à Batterie Locale, mis en service le 24 septembre 1893, est de 6.000 abonnés.
  • L'Administration des P & T procédera, à partir de 1894, à l'élimination progressive des plus anciens Commutateurs Manuels parisiens, qui avaient été créés à l'époque de l'exploitation privée par la Société Générale des Téléphones, saturés et frappés de vétusté.
  • En 1894 et 1895, l'Administration désinvestit les anciens Bureaux A, D, L, M et O en rattachant leurs abonnés au tout récent Bureau K.
  • En 1896, au 1er janvier, l'Administration décide d'abandonner la dénomination des bureaux téléphoniques par lettre-indice et, petite révolution, attribue à chaque abonné un numéro de téléphone à 5 chiffres !
    • La première série ouverte dans ce Central est la Série 100.
    • Les abonnés sont groupés par centaine.
    • Le premier abonné porte donc le numéro de téléphone suivant : 100-00, et ainsi de suite...
  • Le 1er octobre 1896, une seconde série, la Série 200, est mise en service sur un second Commutateur Multiple en Série à Batterie Locale, d'une capacité de 9.000 abonnés.

En 1893, progrès de taille dans l'exploitation Téléphonique Manuelle.

  • Dans la foulée de la conception des Commutateurs Multiples en série à Batterie Locale, toujours désireux de se débarrasser de la difficulté de maintenance engendrée par la profusion de piles présentes chez chaque abonné, il est conçu, aux USA, un nouveau système de Commutateur Multiple en Parallèle, désormais à Batterie Centrale.
  • Grâce à la Batterie Centrale, située au Central Téléphonique même, désormais, dans les grandes villes où les lignes ne sont pas trop longues, plus aucune pile électrique ne sera utilisée dans les réseaux téléphoniques les plus modernes.
  • Le Central téléphonique Multiple le plus moderne alimente, à partir du Central Téléphonique, tous les postes téléphoniques d'abonnés qui lui sont rattachés...
  • Il s'agit de Commutateurs Multiples en Parallèle à Batterie Centrale.
  • Le Multiplage en Parallèle, de son côté, fiabilise le test libre/occupé des Jack Généraux par l'utilisation d'un 3ème film branché sur une batterie commune, le test s'effectuant sans faire appel au 2ème fil (fil b) des lignes d'abonnés qui pose souvent problème au niveau de leur isolement...
  • Grâce au Multiplage Parallèle, il devient aisé de réaliser des travaux d'extension du Commutateur, par adjonction de meubles supplémentaires, sans interruption de service, pendant l'exploitation !
  • Enfin, les contacts et les câblages sont nettement simplifiés ce qui rend la maintenance et la recherche des pannes facilitée.
  • En France, le premier Commutateur Multiple en Parallèle à Batterie Centrale sera mis en service à Paris en Mai 1906.
  • Mais en Province, il ne sera pas rare d'observer certains anciens Commutateurs Multiples en Série à Batterie Locale encore en service jusqu'à la fin des années 1920, dans des grandes villes telles que Bordeaux...

En 1894, le 16 juillet, par le décret du 16 juillet 1894 (BO P&T n°14 page 503), Monsieur Gustave Pierre SÉLIGMANN-LUI est nommé Directeur du Service Téléphonique de la région de Paris. Celui-ci partira pour d'autres fonctions le 18 novembre 1896.

Cette même année est mis en service le premier Commutateur Multiple Manuel en Série, avec Annonciateurs à relèvement automatique, à Rouen. Le Havre suivra l'année suivante.

  • Pour les Commutateurs Multiples Manuels en Série équipés de cette option, l'Opératrice n'a désormais plus à relever manuellement le volet basculant de l'Annonciateur de l'abonné demandeur lorsqu'il relève l'appel.

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D - Perte partielle d'autonomie - Partie intégrante du Télégraphe sur tout le territoire.

(Direction des Services Électriques de la région de Paris)

En 1896, le 1er décembre, par le décret du 12 novembre 1896 (BO P&T 1896 n°14 page 316), le Service Technique Télégraphique et Téléphonique de Paris et le service des bureaux centraux télégraphiques et téléphoniques de Paris sont placés sous l'autorité d'un directeur qui prendra le titre de Directeur des Services Électriques de la région de Paris.

  • Donc, à nouveau, la branche Téléphone se retrouve réunie à la branche Télégraphe.
  • L'autonomie symbolique acquise en 1892 semble avoir fait long feu, vis-à-vis de la branche Télégraphique, mais autonomie maintenue vis-à-vis de la branche Postale...
  • Par arrêté ministériel du 18 novembre 1896, (BO P&T Annexe 1896 n°11 page 715), Monsieur Pierre François Édouard DARCQ est nommé, à titre temporaire, Directeur des Services Électriques (télégraphes et téléphones) de la région de Paris.

En 1898, par le décret du 15 février 1898 (BO P&T Annexe 1898 n°3 page 261), Monsieur Arthur PAUTE-LAFAURIE est nommé Directeur des Services Électriques (télégraphes et téléphones) de la région de Paris et le restera jusqu'à sa retraite le 30 avril 1900.

En 1900, par le décret du 1er mai 1900 (BO P&T Annexe 1900 n°6 page 314), Monsieur André Mathurin FROUIN est nommé Directeur des Services Électriques (télégraphes et téléphones) de la région de Paris. 

  • Il conservera ce poste jusqu'à son départ à la Direction des Services Télégraphiques de Paris le 18 juin 1907.

En 1901, il est décidé en France, que chaque abonné se voie accorder une ligne. Ainsi donc, en France, depuis cette année, les lignes partagées entre plusieurs usagers sont proscrites.

En 1905, le principe de la généralisation des Commutateurs Multiples en Parallèle à Batterie Centrale, et à tableaux à voyants lumineux, est adopté le 13 octobre par l'Administration des P & T.


En 1906, à Paris, lorsque les abonnés veulent contacter leur Opératrice, certains n'ont désormais plus à appuyer sur un bouton ou à actionner une manivelle. 

  • Mai 1906 voit la mise en service (chaotique) du premier Commutateur Multiple en Parallèle à Batterie Centrale de Paris, dans les murs de l'Hôtel des Postes Gutenberg.
  • Commutateur construit sous licence US par la Société Aboilard, future LMT.
  • Le nouveau Multiple, installé au 4ème étage de l'Hôtel des Téléphones, est prévu pour porter les abonnés de la série la plus récente de ce central, la Série 300.
  • Il suffit désormais à l'abonné demandeur parisien de ce Commutateur moderne de décrocher simplement son combiné téléphonique pour qu'un voyant s'allume sur le tableau de l'Opératrice au Central téléphonique.
  • Une fois la communication établie par l'Opératrice, le voyant reste toutefois allumé tant que la conversation a cours et que l'abonné demandeur n'a pas raccroché son combiné.
  • Le voyant ne s'éteint qu'une fois que l'abonné demandeur a simplement raccroché son combiné, et à ce moment-ci, l'Opératrice peut couper la liaison en retirant le cordon dicorde de la prise jack de l'abonné.
  • Commutateur Multiple est au bout de quelques jours déclaré défaillant en raison de vices de construction ou de conception, remplacé par nouveau Multiple mis en service 2 années plus tard, le 20 août 1908, en remplacement du premier Multiple du Central Gutenberg datant de 1893 portant les abonnés de la Série 100 !
  • Nota : c'est de ce Commutateur Multiple moderne que se déclarera l'incendie magistral du 20 septembre 1908 qui détruira la totalité de l'Hôtel des Postes Gutenberg...

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E - Autonomie relative dans Paris Intra-Muros - Partie intégrante du Télégraphe sur tout le reste du territoire.

(Direction des Services Téléphoniques de Paris)

En 1907, en juillet, par le décret du 5 juin 1907 (BO P&T 1907 n°7 page 163), les Services Électriques de la région de Paris sont divisés en trois Directions.

  • - Direction des Services Téléphoniques de Paris (chargée du service technique téléphonique de Paris Intra-muros en plus de l'Exploitation des bureaux téléphoniques centraux).
  • - Direction des Services Télégraphiques de Paris.
  • - Direction du Service Technique de la région de Paris (Extra-muros). (chargée en Extra-muros du service technique télégraphique et du service technique téléphonique).

Par le décret du 18 juin 1907, (JORF du 20 juin 1907, page 4281) :

  • - Monsieur André Mathurin FROUIN est nommé Directeur des Services Télégraphiques de Paris,
  • - Monsieur Edmond Alexandre BOUCHARD est nommé Directeur des Services Téléphoniques de Paris.

Ainsi, la branche Téléphone de Paris retrouve en 1907 une partie de l'autonomie acquise en 1892 puis perdue en 1896. Mais attention, en 1907 l'autonomie retrouvée n'est désormais valable que pour Paris Intra-muros. (car la région de Paris Extra-muros demeure encore liée au Télégraphe).

Monsieur Edmond Bouchard occupera le Poste de Directeur des Services Téléphoniques de Paris jusques au 19 mai 1911 où il sera promu Directeur de l'Exploitation Téléphonique.

En 1908, de nouveaux perfectionnement techniques apparaissent :

  • Le 1er mai 1908, est mis en service le nouveau Central Manuel Passy, à Paris. Équipé de la technologie à batterie centrale déjà déployée partir de Mai 1906 à Paris. 
    • Désormais, l'abonné demandeur n'a plus à "sonner" le central au moyen de l'agitation du crochet ou de l'appui sur le bouton poussoir d'appel : c'est le début de la suppression du bouton d'appel des téléphones parisiens.
    • Désormais, à Passy, chaque Opératrice du Centre Manuel assise devant son bloc d'abonnés dédié est directement avisée de la demande de chaque abonné par une ampoule électrique qui s'allume dès le décrochage du combiné téléphonique de l'abonné demandeur. 
    • Le voyant ne s'éteindra que lorsque l'Opératrice aura répondu à l'abonné demandeur.
  • Le lundi 28 décembre 1908, est mis en service à Lyon à titre d'essai, et provisoirement, un Centre Téléphonique Automatique raccordé à 200 abonnés qui peuvent alors s'appeler directement entre eux, sans passer par une seule opératrice.
    • Le système alors expérimenté est du type LORIMER, autocommutateur de type rotatif à impulsions de contrôle inverses, conçu en 1903 aux U.S.A et au Canada.
    • Ce commutateur expérimental de capacité réduite est installé et testé aux frais de l'inventeur. (Il ne s'agit donc pas d'une commande de l'Administration en tant que telle, bien qu'expérimentée par elle...)
    • Cette expérimentation n'a concerné que 200 des 4.000 abonnés au téléphone du réseau de Lyon, ces 200 abonnés étant réputés pour téléphoner fréquemment : abonnés à fort trafic. (Les 3.800 autres demeurant reliés aux Commutateurs Multiples Manuels).
    • Nous ignorons la durée exacte de cette expérimentation qui était encore en service en Janvier 1911, mais qui un jour se termina sans explication, vraisemblablement avant la 1ère guerre mondiale.

En 1908

  • Le lundi 28 décembre 1908, est mis en service à Lyon à titre d'essai, et provisoirement, un Centre Téléphonique Automatique raccordé à 200 abonnés qui peuvent alors s'appeler directement entre eux, sans passer par une seule opératrice.
  • Le système alors expérimenté est du type LORIMER, autocommutateur de type rotatif à impulsions de contrôle inverses, conçu en 1903 aux U.S.A et au Canada.
  • Ce commutateur de capacité réduite et expérimental est installé et testé aux frais de l'inventeur. (Il ne s'agit donc pas d'une commande de l'Administration en tant que telle, bien qu'expérimentée par elle...)
  • Cette expérimentation n'a concerné que 200 des 4.000 abonnés au téléphone du réseau de Lyon, ces 200 abonnés étant réputés pour téléphoner fréquemment : abonnés à fort trafic. (Les 3.800 autres demeurant reliés aux Commutateurs Multiples Manuels).
  • Nous ignorons la durée exacte de cette expérimentation qui était encore en service en Janvier 1911, mais qui un jour se termina sans explication, vraisemblablement avant la 1ère guerre mondiale.

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F - Vers plus d'autonomie sur l'ensemble du territoire.

(Direction de l'Exploitation Téléphonique)

En 1909, par le décret du 4 août 1909 (JORF du 5 août 1909, page 8520), il est créé une Direction de l'Exploitation Téléphonique.  Son premier Directeur est M. Édouard Estaunié.

Cette date marque la séparation durable d'avec la Branche Télégraphique, d'où la branche Téléphone avait été rattachée depuis son invention. 

Les branches Téléphones et Télégraphes ne seront à nouveau réunies qu'en 1941 sous le vocable Télécommunications, mais entre temps, le téléphone ayant pris tant d'importance, qu'il s'agira alors de la branche Téléphone qui absorbera la branche Télégraphe, non l'inverse.

En 1910, le 5 septembre, se tient à la Sorbonne la deuxième Conférence internationale des techniciens des Administrations des Télégraphes et des Téléphones, placée sous la présidence de M. le Ministre Travaux publics, Postes et Télégraphes - Alexandre Millerand. L'ordre du jour est la Communication téléphonique par voie automatique.

Concomitamment, du 5 au 18 septembre 1910, se tient au Grand Palais, à Paris, une exposition d'appareils téléphoniques automatiques où les systèmes les plus divers sont présentés au public. Les visiteurs sont invités à essayer eux-mêmes les équipements placés en démonstration.

En 1916, par le décret du 2 septembre 1916 (JORF 8 septembre 1916 page 8017), il est institué un Comité Technique des Postes et des Télégraphes. Ce comité est constitué de spécialistes techniques, d'ingénieurs et de sommités techniques et scientifiques.

Par son article 2, le comité Technique est obligatoirement saisi par les services compétents de l'administration de toutes innovations ou modifications à introduire dans l'outillage postal, télégraphique et téléphonique, et émet des avis motivés sur les questions qui lui sont soumises.
Les essais, expériences, recherches reconnus nécessaires sont effectués par le service d'études et de recherches techniques des postes et des télégraphes.

Par arrêté du 2 septembre 1916, le Comité est constitué de 6 sections : 

  • - 1e section. — Matériel postal
  • - 2e section. — Appareils et installations télégraphiques
  • - 3e section. — Lignes télégraphiques souterraines, sous-marines et pneumatiques
  • - 4e section. — Télégraphie et téléphonie sans fil.
  • - 5e section. — Appareils et installations téléphoniques,
  • - 6e section. — Lignes aériennes, lignes souterraines téléphoniques.

Puis, ultérieurement sont ajoutées 2 sections supplémentaires :

  • - 7e section. — Radiodiffusion (arrêté du 13 décembre 1930)
  • - 8e section. — Moteurs thermiques, automobiles et transports (arrêté du 2 novembre 1936)

Nota

le Comité Technique des Postes et Télégraphes apparaît sous la nouvelle dénomination Comité Technique des Postes, Télégraphes et Téléphones courant 1927 dans les textes.

le Comité Technique des Postes, Télégraphes et Téléphones sera renommé Conseil Technique des Postes, Télégraphes et Téléphones par décret n°48-1218 du 19 juillet 1948 (JORF 26 juillet 1948, page 7331).

Entre 1914 et 1921 sont parues dans le Bulletin Officiel des PTT les 61 listes des agents des Postes, Télégraphes, Téléphones Morts pour la France.

Ci dessous, nous disposons des listes du Livre d'Or des PTT parues en 1914, 1915, 1916, 1917, 1919, 1920 et 1921 :

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1922.06CommutateurMultipleManuelParisElysees

Ci-dessus : le Centre Téléphonique Manuel urbain ÉLYSÉES, ouvert à l'exploitation le 20 février 1918.

  • L'équipement en lignes manuelles à Paris reprend sa croissance après 3 ans et demi de pause. 
  • ÉLYSÉES manuel sera le seul Centre Téléphonique parisien à ouvrir ses portes pendant la 1ère guerre mondiale.

Photographie CFTH - Juin 1922 - Coll. C. R-V.

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En 1923, par la loi de finances du 30 juin 1923 (art. 70 à 79) (BO P&T 1923 n°15 page 307), l’État dote à nouveau les P&T d'un budget annexe qui permet sensiblement l'accroissement d'autonomie et de souplesse budgétaire et qui aboutit à un net accroissement du nombre d'abonnés au téléphone dès 1925. 

Cette loi permet à l'Administration de financer de plus nombreux projets et d'étendre le réseau téléphonique global.

La loi de finances du 30 juin 1923 (art. 69) (BO P&T 1923 n°15 page 307) crée en outre un Conseil dont les membres sont nommés pour deux ans, par décret, sur proposition du ministre chargé des Postes, Télégraphes et Téléphones. Le Conseil se réunit au moins une fois par mois, et un registre des délibérations est tenu.

Ce Conseil donne son avis sur toutes les questions soumises par le ministre. 

Le Conseil est obligatoirement consulté sur  :

  • - les mesures d'organisation générale des services, 
  • - les cadres,  le statut et la rémunération du personnel, 
  • - les taxes, les projets de travaux ou de fournitures constituant des dépenses de premier établissement, 
  • - les projets de budget et tous autres projets financiers présentés au parlement, 
  • - les règlements de toutes natures (décrets, arrêtés généraux) relatifs au service des postes, télégraphes et téléphones.
  • - Les programmes d'action avec prévisions détaillées à 5 ans minimum sont soumis à l'avis du Conseil.

Par le décret du 8 septembre 1923 (JORF du 11 septembre 1923 page 8922), le Conseil prend le nom de Conseil Supérieur des Postes, Télégraphes et Téléphones.

Nota : 17 ans avant la création de ce conseil, une proposition de loi déposée en 1906 par M. le Député de la Seine - Hector Depasse prévoyait déjà d'instituer un Conseil Supérieur de Postes, Télégraphes, Téléphones...

En 1924, est votée la loi du 5 août 1924 portant ouverture, sur l'exercice 1924, de crédits additionnels en vue de donner à l'Administration des PTT les moyens d'actions nécessaires pour poursuivre la réalisation du programme de travaux adopté par le parlement et entreprendre l'exécution de travaux nouveaux.

Cette loi dote, en surplus de la loi de finances de 1923, l'Administration des PTT d'un programme de financement supplémentaire de 644 millions de Francs, réparti sur les exercices de 1924 à 1929 visant notamment à développer les réseaux urbains et interurbains, moderniser et étendre les immeubles téléphoniques. 

Ces financements permettront la mise en route la plus rapide possible du téléphone automatique dans le réseau de Paris et de grandes agglomérations à venir prochainement.

En France, le 27 juillet 1924, c'est à Paris qu'est mis en service le Central Téléphonique Urbain Manuel le plus moderne équipé de Distributeurs d'Appels Automatique aux Opératrices.

  • Le premier Central Manuel équipé de cet ultime perfectionnement est FLEURUS, sis au 37, rue du Cherche-Midi. 
  • Nota : FLEURUS changera de dénomination pour devenir LITTRÉ en Février 1927.

1930CentreManuelParisFleurus01

Ci-dessus : le Centre Téléphonique manuel urbain Fleurus (devenu Littré), à batterie centrale et à distributeur automatique d'appels.

  • Remarquez au dessus de chaque poste d'Opératrice la présence de 3 lampes qui indiquent l'état de distribution des appels.
  • À noter : le panonceau Sapeurs-Pompiers Odéon 19-47 ou 48, numéro d'appel manuel des pompiers de Paris à partir de 1930. (Gobelins 19-47 ou 48 antérieurement)

Photographie X - 1930 - Coll. C. R-V.

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  • Alors que tout Commutateur Multiple, qu'il soit en série à Batterie Locale, ou en parallèle en Batterie Centrale, chaque section du meuble est affectée à une Opératrice qui ne s'occupe d'établir les communications demandées uniquement par "ses abonnés" dont elle voit les volets ou les lampes respectives d'appel. Il en découle que certaines Opératrices qui ont des abonnés peu bavards se retrouvent chanceuses, tandis que d'autres Opératrices héritent d'une section du meuble composée statistiquement d'abonnés très actifs au téléphone.  Ainsi, certaines Opératrices peuvent-elles se retrouver crouler sous les appels à établir, tandis que d'autres se trouvent bien souvent en position de sous-emploi au même moment. 
  • La technique du distributeur d'appel supprime cette inégalité entre opératrice, car désormais, dès que n'importe quel abonné rattaché au Central décroche son combiné téléphonique, l'abonné demandeur se retrouve mis en contact avec la première Opératrice disponible du Central. 
  • Chaque nouvelle communication demandée par n'importe quel abonné se retrouve donc distribuée à la première Opératrice disponible qui suit la précédente servie.
    • Avantage : la charge de travail devient équivalente pour toutes les Opératrices du même Commutateur Manuel, et l'exploitation en est d'autant optimisée par les heures les plus chargées de la journée.
    • Inconvénient : les abonnés n'ont plus à faire à leur Opératrice habituelle, mais à l'une des Opératrices du Central Manuel, d'où une certaine déshumanisation pour des abonnés qui finissaient par connaître leur Opératrice suivant les plannings de service.
  • Très progressivement, la technologie du Distributeur d'Appels Automatique aux Opératrices sera généralisée, notamment dans les Commutateurs Interurbains Manuels partout en France, afin de rationaliser l'exploitation du Téléphone.
  • En exemple, il convient de citer le Centre Manuel Régional Inter-Poissonnière de Paris qui, mis en service le 8 octobre 1927, sera modernisé en 1946 par de nouveaux meubles équipés du Distributeur d'Appels Automatique aux Opératrices.
  • Ce principe est connu depuis les années 1980 sous le nom de Sigphone et demeure plus que jamais employé sur les plateformes téléphoniques recevant des appels, qu'il s'agisse d'une plateforme du Groupe Orange ou d'un concurrent, ou de n'importe quel centre d'appel SAV de n'importe quelle société de produits et/ou service (Banque, assurance, énergie, transport, VPC etc...)

En 1925, au mois de janvier, par le décret du 13 août 1924 publié ultérieurement (BO P&T 1925 n°1 page 8), il est créé une zone suburbaine autour des villes de Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Rouen, Le Havre, Nantes et Roubaix.

Les petits groupes de réseaux qui existaient autour de ces grandes agglomérations sont supprimés en tant que tels, et unifiés au sein d'un même réseau, dit réseau suburbain, autour de chaque ville.

Le but est de préparer techniquement l'automatisation à venir du réseau téléphoniques de ces villes et agglomérations environnantes.

Concernant la zone suburbaine de Paris, celle-ci est constituée de 57 communes ainsi réunies. Voir carte de Paris Zone Suburbaine ci-dessous.

CarteZoneSuburbaineParis

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En 1926,  par le décret du 7 octobre 1926 (BO P&T 1926 n° 28 page 728), la Direction des Lignes Souterraines à Grande Distance absorbe les services techniques de Paris Extra-muros, y compris ceux de la zone suburbaine.

Il est créé en métropole 17 Directions Régionales. À leur tête, un Directeur Régional est chargé dans sa région de diriger l'ensemble des services postaux, télégraphiques et téléphoniques.

Nota : au 31 décembre 1927, les personnels des PTT affectés exclusivement au service téléphonique représentent 18.092 agents, dont 8.981 uniquement pour Paris et la Région Parisienne, soit 49,6 %, ce qui donne une indication sur le poids relatif de Paris sur le reste du territoire.

Nota : au 31 décembre 1928, les personnels des PTT affectés exclusivement au service téléphonique représentent 20.367 agents, dont 10.455 uniquement pour Paris et la Région Parisienne, soit 51,3 %, ce qui donne une indication sur le poids relatif de Paris sur le reste du territoire.

En 1927, il est procédé à une première normalisation de la façon d’épeler les noms par les opératrices dans les liaisons téléphoniques de toute nature, afin de fiabiliser les informations transmises par la voix (B.O PTT n°20 - 6 août 1927).

  • A - Anatole.
  • B - Benjamin.
  • C - Célestin.
  • D - Désiré.
  • E - Édouard.
  • F - François.
  • G - Gaston.
  • H - Henri.
  • I - Isidore.
  • J - Joseph.
  • K - Kléber.
  • L - Lazare.
  • M - Marie.
  • N - Nicolas.
  • O - Oscar.
  • P - Pierre.
  • Q - Québec.
  • R - Robert.
  • S - Samuel.
  • T - Théodore.
  • U - Ursule.
  • V - Victor.
  • W - William.
  • X - Xavier.
  • Y - Yvonne.
  • Z - Zoé.

En 1928, le 19 mars marque la première communication téléphonique entre la France et l'Algérie Française, obtenue par voie entièrement manuelle.

  • Cette première conversation se déroule, à Paris, dans le bureau de M. le Ministre des PTT - Maurice Bokanowski, en présence, notamment de M. le Directeur de l'Exploitation Téléphonique - Henri Milon.
  • La conversation est obtenue, à partir de Paris à 10H36, par voie entièrement manuelle, au départ du bureau de M. le Ministre des PTT, raccordé au Centre Téléphonique Ségur ; l'appel étant transféré au Centre Téléphonique Louvre par voie manuelle, puis, transféré au Bureau Central Radio (BCR) sis rue Montmartre, puis transmis par câble Liaison Souterraine à Grande Distance (LGD), à la station Radio de Sainte-Assise, laquelle transmet la communication téléphonique suivant la nouvelle technique dite des ondes courtes projetées.
  • La station Radio d'Alger (à proximité de la Colonne Voirol), distante de 1500 km, transmet la communication par liaison filaire au Centre Téléphonique d'Alger. La communication est transférée par voie manuelle au Centre Téléphonique du Gouvernement général de l'Algérie, jusqu'au bureau de M. le Gouverneur général.
  • M. le Ministre des PTT - Maurice Bokanowski entrera en contact avec M. le Gouverneur général en Algérie - Pierre Bordes.

1928.03.19InaugTelephoneParisAlgerROL127860

Ci-dessus : première communication téléphonique (manuelle) entre la France et l'Algérie Française le 19 mars 1928. Ministère du Commerce et des P & T.

  • de g-à-d : X ; M. le Directeur de l'Exploitation Téléphonique - Henri Milon ; M. l'Ingénieur en Chef de la Société Française Radioélectrique - Henri Chireix ; M. le Ministre des P & T - Maurice Bokanowski  (assis) ; M. le Directeur de l'Exploitation Télégraphique - L. Boulanger.

Photographie Rol - 19 mars 1928 - Coll. Archives Nationales de France.

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1948StationEmissionAlgerRef121740Num001

Ci-dessus : station d'émission radioélectrique Les Eucalyptus, à Alger (Algérie Française), pour correspondance Algérie vers France.

  • Sur la toiture, l'aérien d'émission de type Chireix.

Photographie PTT - 1948 - Coll. Orange DANP.

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1948StationAlgerEmetteursSFRRef121740Num002

Ci-dessus : Émetteurs SFR mis en service le 19 mars 1928 dans la station Les Eucalyptus, à Alger (Algérie Française), pour correspondance Algérie vers France.

Photographie PTT - 1948 - Coll. Orange DANP.

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En 1928, le 28 mars marque la première communication téléphonique entre la France et les USA, obtenue par voie entièrement manuelle. 

  • Cette première conversation se déroule, à Paris, dans le bureau de M. le Ministre des P & T - Maurice Bokanowski, en présence, notamment du Général John Pershing et de M. le Directeur de l'Exploitation Téléphonique - Henri Milon. 
  • La conversation d'une durée de 15 minutes, se déroule dans de bonnes conditions. 
  • Elle est obtenue, à partir de Paris, par voie entièrement manuelle, aboutissant à Paris-Inter-Archives. 
  • Puis une Opératrice de Paris Inter-Archives joint une opératrice de Grande-Bretagne basée à Londres, qui de là, se connecte avec la station de radio de Rugby (GB), qui contacte par voie hertzienne la station de Houlton (USA), qui ensuite joint en manuel l'abonné via la réseau téléphonique US.

1928.03.28ParisPremierCoupDeFilFranceUSA

Ci-dessus : première communication téléphonique (manuelle) entre la France et les USA le 28 mars 1928. Ministère du Commerce et des P & T. 

  • Assis, au téléphone avec les USA : M. le Général John Pershing. 
  • Debout appuyé au bureau : M. le Ministre des P & T - Maurice Bokanowski. 
  • Debout, derrière M. le Ministre, M. le Président de la Ligue Internationale des Aviateurs - Clifford B. Harmon.
  • Debout complètement à droite : M. le Directeur de l'Exploitation Téléphonique - Henri Milon.

Photographie Meurisse - 28 mars 1928 - Coll. C. R-V.

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En 1928, le 22 septembre, débute la mise en automatique du téléphone parisien.

  • Nonobstant le fait que l'automatisation du téléphone parisien ait débuté le 22 septembre 1928 par la mise en service de Carnot ROTARY 7A1 automatique, il y demeurera en fonctionnement, jusqu'en 1938 inclus, moult centraux manuels à batterie centrale ; une décennie s'avérant nécessaire à l'automatisation intégrale des communications urbaines de Paris.
    • L'ultime Central Téléphonique manuel d'abonnés de Paris intra-muros à être transformé en automatique sera le Central Téléphonique manuel de Gutenberg par la mise en service de son second Commutateur automatique ROTARY 7A1 - CENtral le 21 mai 1938.

1929CentralTelephoniqueManuelParis001

1929CentralTelephoniqueManuelParis002

1929CentralTelephoniqueManuelParis003

Ci-dessus : Opératrices des P & T du Central Téléphonique manuel urbain à batterie centrale de Paris-Gutenberg.

  • À noter : les écriteaux Secours-Police - DANton 78-23, ancêtre de Police-Secours, mis en service à Paris le 1er avril 1928.

Photographies X - 1929 - Coll. C. R-V.

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En 1930, le 27 juin, marque la première communication téléphonique entre la France et le Maroc, obtenue par voie entièrement manuelle. 

  • Cette première conversation se déroule, à Paris, dans le bureau de M. le Ministre des PTT - Stéphane Mallarmé et au Maroc, au Palais de M. le Résident Général - Lucien Saint, à Rabat. 
  • La conversation est obtenue, à partir de Paris, par voie entièrement manuelle, aboutissant à Paris-Inter-Archives. 
  • Puis une Opératrice de Paris Inter-Archives des Services Radio-Électriques joint une Opératrice radio de l'Office des PTT du Maroc.
  • L'ouverture au grand public a lieu le 3 novembre 1930.

Le 19 novembre 1930, le Téléphone Automatique est mis en service et inauguré dans la Cité du Vatican par Sa Sainteté le Pape Pie XI qui abaisse un levier de commande mettant en route l'installation, en système ROTARY 7A1 de capacité de 800 abonnés. Même le globe de bronze qui couronne le dôme de la Basilique Saint-Pierre est connecté au téléphone (on ne sait jamais !).

  • Le téléphone automatique constitue, à cette époque, un événement partout où il s'installe.

1930.11.19MiseEnServiceR7A1VaticanEns

Ci-dessus : mise en service du Commutateur ROTARY 7A1 de la Cité du Vatican par S.S. le Pape Pie XI.

Photographie International News Photos (vue d'ensemble) - 19 novembre 1930 - Coll. C. R-V.

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1930.11.19MiseEnServiceR7A1VaticanDetail

Ci-dessus : mise en service du Commutateur ROTARY 7A1 de la Cité du Vatican par S.S. le Pape Pie XI -

  • (1) - Monseigneur Giuseppe Migone,
  • (2) - Monseigneur Enrico Pucci,
  • (3) - M. le Gouverneur du Vatican - le Marquis Camillo Serafini,
  • (4) - Mgr. le Cardinal Eugenio Pacelli (futur Pape Pie XII),
  • (5) - M. le Président de l'International Telephone and Telegraph (ITT) - Hernan Behn (jusqu'à sa disparition le 7 octobre 1933),
  • (6) - Sa Sainteté le Pape Pie XI,
  • (7) - Mgr. l'Archevêque Carlo Cremonesi.


Photographie International News Photos (vue détaillée) - 19 novembre 1930 - Coll. C. R-V.

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En 1931, en raison du déploiement en cours du téléphone automatique intégral à Paris, le décret du 6 août 1931 (BO PTT n°19 page 656) réorganise administrativement les services techniques et téléphoniques dans la région de Paris.

Désormais la zone suburbaine de Paris (les communes frontalières à la Ville de Paris ainsi que les communes qui leur sont mitoyennes formant la 1ère couronne) est placée sous le contrôle de la Direction des Services Téléphoniques de Paris (Intra-muros).

Décret complété par arrêté du 26 octobre 1931 (BO P&T 1931 n°27 page 913).

En 1932, le 1er juillet, le téléphone interurbain manuel entre la France continentale et la Corse est mis en service. C'est donc à cette date que la Corse se voit téléphoniquement rattachée à la France...

L'arrêté du 22 juillet 1932 (BO PTT 1932 n°16 page 627) fusionne le réseau téléphonique de Paris intra-muros aux réseaux alentours dits de la zone suburbaine de Paris des communes mitoyennes pour constituer un réseau local unique dénommé : Réseau de Paris. 

Cette unification administrative et tarifaire suit tout simplement la progression du maillage et de l'interconnexion des centres téléphoniques automatiques de la zone la plus dense de France : Paris et sa proche banlieue du département de la Seine. (équivalant aux départements actuels des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et Paris).

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C'est aussi cette même année que le terme Télécommunication reçoit une définition officielle, lors de la Conférence Internationale de Madrid de 1932.

Le terme Télécommunication est inventé en 1903 par M. Édouard Estaunié, alors Directeur de l’École Nationale des Postes & Télégraphes, lorsqu'il publie chez Dunod son « Traité pratique de télécommunication électrique, télégraphie, téléphonie ».

  • Il s'agit donc de préciser que le mot Télécommunication est un mot initialement français, inventé en premier en français et qu'il a été par la suite décliné dans toutes les autres langues du monde... 
  • Les voyelles é prennent donc l'accent aigu, ceci étant étymologiquement bien conforme à notre langue française (n'en déplaise à ceux qui préfèrent baragouiner en globish.)

Télécommunication : toute communication télégraphique ou téléphonique de signes, de signaux, d'écrits et de sons de toute nature, par fil ou par radio ou autres systèmes ou procédés de signalisation électriques ou visuels (sémaphores).

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En 1934, un décret de suppressions d'emploi est signé le 17 avril 1934 (BO PTT n°14 page 282).  D'autres décrets de cet ordre se succéderont cette année-là.

Il y aura même la réduction voire la suppression avec effet rétroactif au 1er août 1933 de multiples indemnités dues à certaines catégories d'agents des PTT (décrets du 6 mars 1934 BO PTT n°10 pages 202 à 209). D'autres décrets suivront en Décembre 1934 (BO PTT 1935 n°3).

L'année 1934 verra aussi la réduction massive de commandes de matériels neufs. 

  • Il s'agit du contrechoc dû à la crise de 1929 née (comme à l'accoutumée) aux USA qui a fini par retomber sur l'Europe.
  • La réduction des crédits intervenue à partir de 1934 restera comme une très dure épreuve dans les PTT et un sérieux coup d'arrêt dans le développement du réseau téléphonique français ainsi que dans son automatisation qui ne pourra être achevée que 45 ans plus tard en 1979.
  • Le temps perdu dans le non-déploiement des commutateurs automatiques rotatifs ne sera plus jamais rattrapé avant le début de la seconde guerre mondiale en 1939 ; les caisses sont vides et l'État est exsangue.
  • Le 31 août 1934 marque la première communication téléphonique entre la France et l'URSS, obtenue par voie entièrement manuelle. 
    • À Paris, cette première conversation se déroule, dans le bureau de M. le Ministre des PTT - Stéphane Mallarmé, en présence de M. le Chargé d'Affaires pour l'URSS - Eugène Hirschfeld et de M. le Ministre des Affaires Étrangères - Louis Barthou. 
    • La conversation est obtenue, à partir de Paris, par voie entièrement manuelle, aboutissant à Paris-Inter-Archives. 
    • En URSS, à l'autre bout du fil, M. le Commissaire du Peuple (Ministre) - Alexeï Rykov.

1934AlmanachVermotCaricatureTelephone

Ci-dessus : situation du téléphone caricaturée en 1934 dans l'Almanach Vermot. Le Téléphone manuel atteint ses limites, nonobstant la meilleure volonté des opératrices et de leur célèbre : "J'écoute !". Coll. Caroline Louineau.

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En 1935, par le décret du 19 juillet 1935 (BO PTT 1935 n°23 page 509) relatif à l'établissement du téléphone automatique-rural et le décret complémentaire du 30 octobre 1935 (BO PTT 1935 n°33 page 808), le système téléphonique dit "automatique-rural", plus 'automatique' dans la dénomination que dans la réalité, est adopté en France. 

Préféré au système automatique ROTARY 7D au coût jugé trop élevé (celui-ci sera en revanche déployé massivement dans les campagnes de Grande-Bretagne et de Suisse), le système automatique-rural permet cependant de commencer le désenclavement de plusieurs départements ruraux laissés pour compte depuis les débuts du téléphone.

Les 11 premiers départements volontaires ont-ils volontiers signé une convention de déploiement du système automatique-rural, en consentant aux frais d'installation : (Ardèche, Ariège, Aveyron,  Creuse, Drôme, Indre, Landes, Lot-et-Garonne, Meuse, Haute-Vienne et Territoire-de-Belfort.)

Malheureusement, le système automatique-rural (qui utilise en partie le matériel R6) adopté en France par le décret du 19 juillet 1935 a en fait accru le retard d'automatisation du réseau téléphonique français dans sa globalité, par rapport au reste de l'Europe qui n'a pas retenu cette demi solution à coût réduit.

Le système automatique-rural a même par la suite, dans les années soixante, retardé l'automatisation totale des provinces. Par exemple, en 1968, est mis en service un centre automatique-rural à Corté, dans le département de Corse...

À la décharge de M. le Ministre des PTT - Georges Mandel qui fit en 1935 ce qu'il put avec les moyens du bord, la IIIème République déjà bien ébranlée dans ses fondations profondes était déjà très-essoufflée et noyée dans les scandales à répétitions qui n'allaient pas tarder à l'emporter dans le tourbillon impitoyable que l'Histoire réserve toujours aux plus faibles, aux imprévoyants et aux inconséquents. Sauf rares exceptions notables comme Mr Mandel, la classe politique, était plus préoccupée par sa survie politicienne à court terme que par la modernisation du réseau téléphonique de télécommunications du pays, et encore moins par le réseau de communications routier français pour ainsi dire moyenâgeux...


En 1936, le 1er décembre, la liaison téléphonique par voie radio entre la France et les USA est modernisée. 

  • La liaison intercontinentale se dispense désormais de l'intermédiaire britannique.
  • La communication, désormais directe entre la France et les USA demeure cependant entièrement manuelle.
  • L'inauguration par M. le Ministre des PTT - Robert Jardillier se déroule à 15H00 entre les centre radio de Pontoise et de New Jersey. Il rentre en contact avec M. le Secrétaire d'État adjoint - Moore et S. E. l'Ambassadeur de France aux USA - André de Laboulaye.

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Ci-dessus : inauguration des communications téléphoniques directes France - USA (sans pays intermédiaire).

  • de gauche-à-droite : M. le Ministre des PTT - Robert Jardillier (debout, en ligne avec les USA) et S. E. l'Ambassadeur des USA en France - William C. Bullit (assis) ; X.

Photographie Meurisse - 1er décembre 1936 - Coll. Archives Nationales de France.

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Brochure publicitaire du Ministère des PTT en Février 1939 :

Vite, Partout Votre Fidèle Serviteur : Le Téléphone.

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En 1939, il est procédé à une seconde normalisation de la façon d’épeler les noms par les opératrices dans les liaisons téléphoniques de toute nature, afin de fiabiliser les informations transmises par la voix (B.O PTT n°16 - 1er juin 1939).

  • pour entrée en vigueur le 1er juillet 1939.
  • dénomination ayant été modifiée : *
  • A - Anatole.
  • B - Berthe*.
  • C - Célestin.
  • D - Désiré.
  • E - Eugène*.
  • É - Émile*.
  • F - François.
  • G - Gaston.
  • H - Henri.
  • I - Irma*.
  • J - Joseph.
  • K - Kléber.
  • L - Louis*.
  • M - Marcel*.
  • N - Nicolas.
  • O - Oscar.
  • P - Pierre.
  • Q - Quintal*.
  • R - Raoul*.
  • S - Suzanne*.
  • T - Thérèse*.
  • U - Ursule.
  • V - Victor.
  • W - William.
  • X - Xavier.
  • Y - Yvonne.
  • Z - Zoé.

En 1939,  Le 25 août, les communications téléphoniques interurbaines sont suspendues sur le territoire national concernant les particuliers ; seules les communications officielles interurbaines restent autorisées. Les communications urbaines et intra-départementales restent autorisées sans restriction.

le 1er septembre, l'Allemagne envahit la Pologne sans déclaration de guerre. En retour, la France déclare la guerre à l'Allemagne le 3 septembre. L'Europe se prépare à sombrer, mais ceci est une toute autre histoire...

Avant tout le reste appelé à se produire chez nous, avant l'effondrement, la débâcle, la défaite, les aboiements venus de l'Est, le défilé au pas de l'oie sous l'Arc-de-Triomphe, les lois d'exclusion, les lois rétroactives : 

comme dans un dernier réflexe nécrotique d'une IIIème République déjà dissoute, il est signé le 1er septembre, un décret fixant la situation des personnels des administrations de l’État en temps de guerre. (JORF 6 septembre 1939)

  • Ce décret suspend durant toute la durée des hostilités tout avancement de grade, de classe et d'échelon pour tous les personnels de l'État, dont les agents des P.T.T. (art. 2)
  • Les procédures disciplinaires sont simplifiées, et permettent à un simple chef de service de mettre à pied sans traitement un de ses agents... (art.15)
  • Les délais de procédure sont réduits de moitié, (art. 14)
  • De plus, (art. 15) sont suspendues les dispositions de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905  ci-dessous :

" Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d’être l’objet d’une mesure disciplinaire ou d’un déplacement d’office, soit avant d’être retardé dans leur avancement à l’ancienneté."

La suspension de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 interdit de facto à tout agent de connaître le motif et la teneur des preuves, si même elles existent, dont il est accusé. Le droit d'accès est bafoué d'un trait de plume, le droit à une défense équitable est de ce fait caduc.

Dès le 6 septembre 1939, l'État de droit est donc suspendu en France, par un Président de la République - Albert Lebrun et un Président du Conseil - Édouard Daladier qui s'empressèrent, alors que le monde se dérobait sous leurs pieds, de signer à la va-vite un décret liberticide contre les propres forces vives de l'État et ce, bien avant le retour de l'occupant sur la terre de France...

L'Histoire a jugé.

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De surcroît, par le Décret-Loi du 26 septembre 1939 (JORF du 27 septembre 1939), il s'agit encore du gouvernement de la IIIème République qui interdit tous les mouvements inspirés de près ou de loin par la SFIC et dissout de ce fait le syndicat des agents des PTT le plus puissant de France : la Fédération Postale, rattachée à la CGT. Cette dissolution est signifiée par acte du 23 novembre 1939 de la Préfecture de Police de Paris à son secrétaire M. Emmanuel Fleury.

En 1940, la France entre dans la Drôle de Guerre jusqu'au mois de mai. Le pays se rassure comme il le peut. On essaye de motiver les français et tous les corps professionnels. Les PTT aussi prennent leur part... Mais le résultat n'en sera que plus dramatique et plongera le pays et sa population dans un état de sidération dès l'effondrement de la France au mois de juin...

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Ci-dessus : revue dont le numéro est entièrement consacré aux PTT depuis le début de la guerre. 

  • Retrouvez ici la revue L'Espoir Français n° 309
  • Relevant à la fois de l'information sur l'état des télécommunications par les statistiques publiées autant que de la propagande par les articles qui la composent, cette revue a pour mérite de révéler l'état d'esprit et l'état du téléphone français peu avant l'effondrement de la France qui tombera de haut...

L'Espoir Français - 5 janvier 1940 - Coll. C. R-V.



Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 6 septembre 2021.

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