Historique des types de commutateurs téléphoniques automatiques en France


II - Les commutateurs rotatifs à commande par impulsions de contrôle indirect

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Historique général des commutateurs rotatifs de type pas à pas à contrôle indirect :

Les seconds Commutateurs conçus sont électromécaniques et à organes tournants, de la famille des commutateurs à impulsions de contrôle indirect, c'est à dire de type pas à pas à fonctionnement saccadé, mais désormais équipés d'enregistreurs. Ils sont aujourd'hui totalement obsolètes.

  • - En France, le premier Commutateur rotatif de type pas à pas à contrôle indirect est mis en service le 12 novembre 1932 à Lille, (R6 Avec Enregistreurs)
  • - Suite à l'avis du Conseil Technique des PTT du 16 novembre 1960, les dernières commandes de nouveaux Commutateurs à organes tournants ont lieu en 1961. (R6N2)
  • - Le plus récent Commutateur pas-à-pas avec enregistreurs est mis en service le 17 avril 1962. (R6N2)
  • - Les dernières extensions pour Commutateur avec Enregistreurs sont commandées en 1978, (arrêt initialement prévu en 1971 reporté de 7 ans).
  • - Le dernier Commutateur de type pas à pas avec enregistreurs est démonté fin 82 / début 83 (notamment un des derniers, sinon le dernier étant Bordeaux Chartrons R6 (BX590)).
  • En effet, les Commutateurs de types pas à pas, tels qu'ils ont été initialement étudiés, ne permettent qu'une Numérotation locale à 6 Chiffres. Ils ne peuvent pas, en l'état, franchir l'étape de la Numérotation à 8 Chiffres programmée pour le 25 octobre 1985.
    • Ainsi pour ces Commutateurs, deux solutions s'offrent :
    • 1er cas : arrêt des Commutateurs de types pas à pas avant le passage à la Nouvelle Numérotation à 8 Chiffres en 1985.
    • 2ème cas : remplacement des unités d'Enregistreurs d'origine à 6 chiffres, par des unités d'Enregistreurs électroniques.
    • La solution d'arrêt de la totalité des Commutateurs de types pas à pas a été décidée en raison d'une part du coût d'adaptation (qui eût été toutefois possible) mais aussi du fait que les chaînes de commutation interurbaines de ces Commutateurs de province se sont avérées largement sous-dimensionnées au fur et à mesure de l'accroissement du trafic interurbain dans les années 1960-1970, dû à un changement des usages. Ainsi, les chaînes interurbaines des Commutateurs de types pas à pas fonctionnaient-elles en surcharge permanente, ce qui a motivé l'arrêt total de ces machines avant 1985.

Sauf exception et pour ne pas trop complexifier l’ensemble, chaque Commutateur à organes tournants de type pas à pas à contrôle indirect ne peut prendre en charge qu’un maximum de 10.000 abonnés.

Les systèmes rotatifs de type pas à pas à contrôle indirect déployés en France sont : 

  • - le R6 Avec Enregistreurs,
  • - le R6N1,
  • - le R6N2,
  • - le SRCT,
  • - le L43,
  • - le ROTARY 7D (expérimentation).

1954CouvBrochurePublicitaireCGCT


Commutateurs pas-à-pas avec Enregistreurs - Avantages et Inconvénients : dans le cas des Commutateurs  comme les R6 avec enregistreurs, les R6N1, les R6N2, le ROTARY 7D et les L43, les Cadrans Téléphoniques des abonnés ne constituent plus l’organe de commande direct du commutateur, car le Commutateur est équipé d’un étage spécifique constitué par des Enregistreurs qui sont dans un premier temps chargés de mémoriser les numéros de téléphone composés aux cadrans par les abonnés, puis en fonction des numéros demandés vont commander eux-mêmes (ou passer par des Traducteurs intermédiaires) à tour de rôle les sélecteurs nécessaires à l’établissement des communications : le routage.

En comparaison avec un système à contrôle direct, un système à contrôle indirect est sensiblement plus complexe à concevoir et onéreux à fabriquer, mais le fait de mettre désormais en mémoire, dans un Enregistreur, le numéro d'abonné demandé par un appelant permet d'éliminer l'inconvénient majeur des systèmes à contrôle direct. En effet, désormais, une fois le numéro de téléphone de l'abonné mémorisé par le Commutateur, le Commutateur peut ensuite prendre tout son temps pour chercher et trouver un équipement de libre à chaque niveau de sélection. Il n'y a plus d'appels perdus grâce à l'ajout d'un étage d'Enregistreurs !

De surcroît, l’ajout de ces organes spécialisés à la réception de la numérotation provenant du cadran des abonnés permet un comportement plus réactif en fonctionnement et dans de plus larges tolérances et ainsi d’accepter la numérotation provenant de Cadrans Téléphoniques dont les réglages ne seraient pas idéaux : les enregistreurs sont des organes légers et adaptés à la réception rapide des numéros de téléphones, avec peu d'inertie mécanique ; plus légers que le reste des équipements tels que les Sélecteurs de dimensions, de poids et d'inertie plus élevés...

L’étage de l’Enregistreur (ou de l’Enregistreur-Traducteur) permet d’une part de recalibrer la numérotation provenant des cadrans, puis de la délivrer en léger différé aux différents étages de sélecteurs à la cadence idéale et fiabilise ainsi le fonctionnement global du Ccommutateur.

Chaque sélecteur nécessaire effectue alors en pas à pas une rotation angulaire saccadée (et éventuellement un mouvement ascensionnel saccadé suivant les systèmes : cas du Strowger) du même nombre de sauts que celui mémorisé dans chaque Enregistreur, jusqu'à atteindre la bonne position.

Une fois que tous les sélecteurs auront été commandés par les Enregistreurs et que l'abonné demandé aura éventuellement décroché son téléphone, la communication sera établie et dûment taxée.

L'ensemble des Sélecteurs ainsi utilisés restent mobilisés durant toute la durée de la conversation, et ne peuvent plus être utilisés par d'autres abonnés. Cette immobilisation des ressources pose problème : c'est ici la grande limitation de la capacité d'écoulement des commutateurs rotatifs de tous les types, d'autant qu'ils ne peuvent pas être miniaturisés...

Dans tout système équipé d’Enregistreurs et de Traducteurs, ou d’Enregistreurs tenant lieu également de Traducteurs, l’Organe de Commande du Commutateur est bel et bien constitué par l’ensemble des Enregistreurs et des Traducteurs qui le composent.


Obtention de la tonalité d’invitation à numéroter : rôle des Chercheurs dans les systèmes à organes tournants.

Alors que nous sommes tous habitués depuis plusieurs décennies à obtenir la tonalité d’invitation à numéroter dès le décrochage du combiné téléphonique, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, dans les Commutateurs téléphoniques à organes tournants (tous systèmes confondus), l’obtention immédiate de la tonalité au décrochage n’est ni immédiate, ni garantie…

Lorsqu’un abonné raccordé à un commutateur rotatif va décrocher son combiné, la ligne téléphonique se ferme, le courant électrique est établi et son impédance diminue.

Dans n’importe quel type de Commutateurs, il n’y a jamais un détecteur de prise de ligne affecté en permanence à chaque ligne téléphonique. En revanche, il y a un certain nombre de chercheurs primaires (ou de présélecteurs) qui analysent successivement à intervalle régulier le parc de lignes téléphoniques raccordés.

Alors que dans les systèmes ultérieurs, la position de chaque ligne est analysée à intervalle régulier toutes les quelques millisecondes voire microsecondes, dans les systèmes à organes tournants, il y a des groupes de chercheurs primaires qui sont des organes rotatifs qui vont, eux aussi, analyser les lignes téléphoniques successivement à intervalle régulier, en balayant 24 heures sur 24 les positions de tous les abonnés, mais à un vitesse très lente.

Ainsi, il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs secondes qu’un chercheur primaire s’arrête sur l’abonné qui a décroché son téléphone, pour que le chercheur s’immobilise sur cette position en ayant détecté électriquement le décrochage de l’abonné considéré.

Ensuite, le chercheur secondaire, qui est associé à son chercheur primaire doit lui aussi trouver, en tournant très lentement, une position d’accès à un enregistreur libre.

Ce n’est que lorsqu’un chercheur primaire et un chercheur secondaire croisent d’une part la ligne décrochée de l’abonné et d’autre part un enregistreur libre du commutateur téléphonique, que la tonalité d’invitation à numéroter au cadran téléphonique est alors envoyée sur le poste téléphonique de l’abonné.

De surcroît, dans les zones à forte densité d’abonnés et pendant les heures de pointe (heures de bureau  et début de soirées) le nombre de chercheurs disponibles par groupe d’abonnés et par groupe d’enregistreurs se révèle notoirement insuffisant, et il n’est alors pas rare de ne pas pouvoir obtenir de tonalité : le téléphone de l’abonné, bien que sous tension, reste muet...

À l'heure actuelle, et depuis plus de vingt ans, lorsqu’un tel événement se produit, d’ailleurs très rarement, il s’agit soit d’un dérangement de la ligne téléphonique considérée, soit d’une panne sérieuse dans tout ou partie du commutateur de rattachement. Mais à l’époque des centres téléphoniques à organes tournants, ceci était la norme.



Risque de surcharge des commutateurs à organes tournants :

Dans un Commutateur à organes tournants, le risque de panne par surcharge exceptionnelle momentanée qui se produirait si presque tous les abonnés décrochaient leur téléphone en même temps est à peu près nul. En effet, si tel était le cas, la quasi totalité des abonnés se retrouverait avec une ligne téléphonique inerte ; excepté quelques rares privilégiés qui auraient eu la chance par ce "tirage au sort" de recevoir la tonalité d'invitation à numéroter... 

Mais le danger réel est tout autre : en cas de surcharge du Commutateur durant des heures entières sans discontinuer, et aux limites absolues de leur capacité d'établissement et d'écoulement des communications, les organes tournants tournent alors sans arrêt si bien qu'ils finissent au bout de plusieurs heures par s'échauffer par effet de frottement mécanique... 

Si un délestage d'urgence (un arrêt total ou partiel du Commutateur, entraînant la coupure des abonnés) n'est à ce moment là pas décidé par l'équipe de commutants présente sur place dans la salle du commutateur, le système peut en arriver à un point où tout le Commutateur devient si brûlant qu'il finisse par prendre feu, et être détruit en totalité, y compris le bâtiment qui l'héberge  !

Ceci fut notamment le cas du Commutateur L43 de Nancy-Stanislas II, mis en service le 7 juillet 1951, qui, saturé en permanence, a brûlé quelques mois seulement après sa mise en service... Les mauvaises langues parlaient de matériel flambant neuf...



R6 (Avec Enregistreurs de numéros) mis en conception pour les villes de province de plus grande importance dès 1930 après avis du Comité Technique des PTT rendu le 21 février 1930, ce système est aussi un hybride qui s'inspire des systèmes Rotary et Strowger, mais il est simplifié et moins coûteux que ceux-ci. Bien qu’étant plus coûteux qu'un R6 à contrôle direct, il permet une meilleure souplesse dans l'acheminement des communications, tout en restant moins performant que les ROTARY 7A, 7A1 et 7A2.

Un Commutateur R6 avec enregistreurs est un Commutateur R6 à contrôle direct dont les Orienteurs du premier étage de sélecteurs ont été remplacés par des Enregistreurs simplifiés de numéros qui commandent en différé, après analyses des préfixes par blocs de chiffres, les Orienteurs des étages de Sélecteurs suivants pour acheminer de manière plus souple et plus optimale les communications en son propre sein pour les abonnés locaux, ou vers les centres de transit pour les abonnés plus éloignés.

  • - 21 Commutateurs ROTATIF 1926 Avec Enregistreurs sont installés en France, uniquement en province.
  • - Un marché expérimental destiné à automatiser l'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing est ouvert en Novembre 1929.
  • - L'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing est équipée en premier de ce système, avec son premier Commutateur automatique Lille-Boitelle I, le 12 novembre 1932.
  • - Un marché destiné à automatiser en Commutateurs R6 Avec Enregistreurs le reste de la Côte d'Azur est signé le 10 juillet 1934 entre l'Administration et la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston. Les mises en service suivront entre 1936 et le 10 décembre 1938.
  • - Le déploiement du système ROTATIF 1926 Avec Enregistreur de numéros est totalement interrompu en province dès la déclaration de guerre. Il ne reprendra qu'en 1945. Il se poursuivra jusqu'à l’arrivée de la version modernisée en Mai 1949.

Nota : en comptabilisant les Commutateurs R6, qu'ils soient à contrôle direct, ou à contrôle indirect par Enregistreurs, en incluant les petits bureaux satellites semi-automatiques-ruraux, le parc atteint 140 Commutateurs R6 en 1939 à la veille de la seconde guerre mondiale.

CommutateurBiarritzR6avecEnregistreurs

Ci-dessus : vue du Commutateur de Biarritz R6 Avec Enregistreurs.

  • Mis en service le 1er juin 1934.

Héliogravure CTTH.

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CommutateurBordeauxAquitaineR6AE

Ci-dessus : vue d'ensemble du Commutateur Bordeaux-Aquitaine R6 Avec Enregistreurs.

  • Mis en service le 29 mai 1937.

Héliogravure CTTH.

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ROTARY 7D un prototype expérimental est mis en service le 17 juillet 1937 à Angers, en vue d'équiper ultérieurement la grande banlieue de Paris par la société LMT (Seine-et-Marne, Oise...), mais n'est finalement pas retenu en France par l'Administration des PTT pour déploiement en raison de son coût. (Nota : Ce Commutateur a été très endommagé le 10 août 1944 par l'occupant allemand. Il est remplacé en Octobre 1964 par un Commutateur Pentaconta.)

En revanche, il est retenu dès le début des années 1930 par la compagnie française de chemins de fer d'Alsace-Lorraine, pour leurs réseaux de télécommunications internes, notamment dans les grandes gares - Strasbourg étant la première gare équipé ; il en est de même pour la Compagnie des Chemins de Fer de l'État - Gares de Paris Saint-Lazare, Montparnasse...

Le système ROTARY 7D est par contre massivement déployé dans les campagnes de Grande-Bretagne ainsi qu'en Suisse et constitue un meilleur produit que notre système automatique-rural en déploiement dans nos campagnes à partir de 1935, adopté par l'énergique Ministre des PTT d'alors : Georges Mandel, système qui n'avait hélas d'automatique que le nom.

Malheureusement, le système automatique-rural (qui utilise en partie le matériel R6) adopté en France par le décret du 19 juillet 1935 (BO PTT 1935 n°23 page 509) a en fait accru le retard d'automatisation du réseau téléphonique français dans sa globalité, par rapport au reste de l'Europe qui n'a pas retenu cette demi solution à coût réduit. 

Le système automatique-rural a même par la suite, dans les années soixante, retardé l'automatisation totale des provinces. Par exemple, en 1968, est mis en service un centre automatique-rural à Corté, dans le département de Corse... 

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R7DGareMontparnasse

Ci-dessus : vue du Commutateur ROTARY 7D de la Gare de Paris Montparnasse en 1935. (Cliché LMT, collection C. R-V.)

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  • - Le système ROTARY 7D est pourvu d'enregistreurs.
  • - Les Commutateur ROTARY 7D sont de très-petite taille, entièrement automatiques. Le système ROTARY 7D est bien conçu pour être installé dans les campagnes et pour regrouper en réseau téléphonique entièrement automatique les petits bourgs. Par contre, son prix de revient par abonné est élevé, d'où son abandon par les autorités françaises qui n'étaient pas prêtes à y mettre le prix.
  • - Le système ROTARY 7D est pourvu de Chercheurs rotatifs utilisés aussi bien en tant que Chercheurs, qu'en tant que Sélecteurs unidirectionnels.
  • - Les Chercheurs rotatifs ROTARY 7D comprennent 100 positions. (Chercheurs probablement de Type 7002). Il s'agit du même modèle utilisé que dans le ROTARY 7A1.
  • - En revanche, bien que le système ROTARY 7D utilise des organes communs aux autres systèmes ROTARY 7, il ne s'agit en fait pas d'un système à Impulsions de Contrôle Inverses, mais d'un système très similaire à un système pas à pas tel que le ROTATIF 1926 (R6) : il n'y a que des Impulsions calibrées en durée par un système d'engrenages à cliquet à 10 positions (en réalité 11 positions car 1 position est réservée à la maintenance technique), délivrées par l'Enregistreur pour avancer, mais il n'y a plus d'impulsions d'arrêt en tant que telles (dites Impulsions de Contrôle Inverses).


R6 N1 (normalisé type 1 - à enregistreurs - traducteurs à relais). Modernisation des Commutateurs R6 à Enregistreurs, elle est mise en étude à partir de 1944. Normalisation issue de la recommandation du Conseil Technique des PTT réuni en séance le 18 mars 1948, ces Commutateurs ROTATIF 1926 Normalisés de type 1 sont équipés de nouveaux Enregistreurs-Traducteurs théoriquement aussi efficaces que ceux des ROTARY 7A1 utilisés dans le réseau parisien, afin de préparer l’automatisation à venir de l’interurbain.

  • - 35 Commutateurs R6 N1 sont installés en France.
  • - Première mise en service en France le 7 mai 1949 à Rouen, par la CGCT.
  • - Les Commutateurs R6 N1 de Lyon (Lyon-Franklin et Lyon Gailleton) sont mis en service le 26 janvier 1952, date à laquelle la numérotation téléphonique de Lyon passe de 5 caractères (1 lettre + 4 chiffres) à 6 caractères (2 lettres + 4 chiffres pour Lyon-ville et 1 lettre + 5 chiffres pour Lyon-Banlieue). 
  • - Le Commutateur ROTATIF 1926 N1 le plus récent est mis en service le 17 octobre 1959 à Rennes.

1960EnregistreursCommutateursR6

Ci-dessus : modèle d'Enregistreur-Traducteur pour systèmes R6N1. 

  • La mémorisation du numéro demandé se fait par les petits sélecteurs rotatifs situés en bas.

Photographie PTT - 1953 - Coll. C. R-V.

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1955InterventionEnregistreursR6N1

Ci-dessus : Technicien en intervention sur un Enregistreur-Traducteur de Commutateur R6N1.

  • Les Enregistreurs-Traducteurs constituent le grand progrès d'après-guerre dans la lignée des R6.
  • En haut : des Enregistreurs, dont un Agent des PTT intervient sur l'un d'eux.
  • Sous chaque Enregistreur, le Traducteur qui lui est exclusivement associé.

Photographie PTT - Janvier 1954 - Coll. C. R-V.

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1955.05RouenR6N1Num118937

Ci-dessus : vue d'ensemble du Commutateur R6N1  Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.

Photographie PTT - Mai 1955 - Coll. Orange DGCI

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1949.08RouenR6N1Perspective

Ci-dessus : vue partielle en perspective du Commutateur R6N1 Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.

Photographie X - Août 1949 - Coll. Orange DGCI

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1949.08RouenR6N1TraveesRCX

Ci-dessus : travées du Commutateur R6N1 Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.

Photographie X - Août 1949 - Coll. Orange DGCI

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1949.08RouenR6N1TablesEssais

Tables de supervision et d'essais du Commutateur R6N1 Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.

Photographie X - Août 1949 - Coll. Orange DGCI

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1955.05RouenR6N1Num118936

Ci-dessus : Travée d'Enregistreurs-Traducteurs interurbains et leurs circuits associés du Commutateur R6N1 Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.
  • Les Enregistreurs-Traducteurs sont groupés par trois, soit 36 Enregistreurs-Traducteurs sur cette Travée.
  • Au centre de la travée, un Répartiteur intermédiaire.

Photographie PTT - Mai 1955 - Coll. Orange DGCI

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1955.05RouenR6N1Num118935

Ci-dessus : vue d'une travée du Commutateur R6N1 de Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.
  • Caches protecteurs anti-poussière retirés, sont visibles les Chercheurs faisant fonction de Sélecteurs du Réseau de Connexion de ce Commutateur.

Photographie PTT - Mai 1955 - Coll. Orange DGCI

(in : encyclopédie des PTT 1957, éd. Rombaldi)

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CommutateurRouenR6N1

Ci-dessus : vue de côté du Commutateur R6N1 de Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.
  • au premier plan, caches retirés, un groupe de 3 Enregistreurs-Traducteurs et les chercheurs et relais qui y sont associés.

Héliogravure CGCT.

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1951RouenR6N1Num100422

Ci-dessus : vue côté précâblage de deux travées du Commutateur R6N1 de Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • Mis en service le 7 mai 1949 - Hors Service en Avril 1982 - Fabricant CGCT.

Photographie PTT - 1951 - Coll. Orange DGCI.

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  • 1951RouenR6N1Num100419
  • 1951RouenR6N1Num100420
  • 1951RouenR6N1Num100421
  • 1951RouenR6N1Num100423
  • 1951RouenR6N1Num100424
  • 1951RouenR6N1Num100425

Ci-dessus : diverses vues du Commutateur R6N1 Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • clichés 1 et 2 : travées de cadres à Chercheurs faisant office de Sélecteurs dans le Réseau de Connexion.
  • cliché 3 : vue en enfilade du Commutateur.
  • cliché 4 : un Enregistreur ouvert, cache retiré.
  • cliché 5 : à gauche, vue d'équipements protégés par leur cache ; à droite : vue de précâblages.
  • cliché 6 : vue sur le Répartiteur intermédiaire.

Photographies PTT - 1951 - Coll. Orange DGCI.

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  • 1954.12R6N1RouenNum116365
  • 1954.12R6N1RouenNum116366
  • 1954.12R6N1RouenNum116367
  • 1954.12R6N1RouenNum116368
  • 1954.12R6N1RouenNum116369
  • 1954.12R6N1RouenNum116370

Ci-dessus : diverses vues du Commutateur R6N1 Rouen - Jeanne d'Arc 1.

  • clichés 1 et 2 : vue en enfilade du Commutateur et en bas à gauche, présence de 3 Enregistreurs-Traducteurs.
  • cliché 3 : travée d'Enregistreurs-Traducteurs.
  • clichés 4, 5 et 6 : travées du Réseau de Connexion constitué des Chercheurs rotatifs R6.

Photographies PTT - Décembre 1954 - Coll. Orange DGCI.

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CommutateurLyonR6N1

Ci-dessus : vue d'ensemble du Commutateur R6N1 de Lyon (Lyon-Franklin ou Lyon-Gailleton).

  • Mis en service le 26 janvier 1952 (caches protecteurs positionnés).

Héliogravure CGCT.

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CommutateurMontpellierR6N1

Ci-dessus : vue d'ensemble du Commutateur R6N1 de Montpellier.

  • Mis en service en 1951. 
  • Construit dans les mêmes dispositions que Rouen R6N1.

Héliogravure CGCT.

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ChaineMontageBaiesR6N1

Ci-dessus : chaîne de montage des baies de Commutateurs R6N1.

Héliogravure CGCT - circa 1953.

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1960CompteursDeTaxesR6N2

Ci-dessus : Compteurs de Taxes d'un Commutateur R6N1.

  • Les compteurs de taxes sont regroupés par 200 et protégés par un cadre métallique et les cadres sont groupés en baies et en travées au même endroit.

Photographie PTT - Février 1955 - Coll. C. R-V.

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R6 2FR (Centre Interurbain Automatique de Départ - 2FR - Fruchou & Ribaud).

La modernisation d'après-guerre du matériel R6 a permis, grâce à l'ingéniosité de deux personnalités des Télécommunications françaises auxquelles il convient de rendre un hommage appuyé, de résoudre les difficultés jugées jusques alors insurmontables de l'établissement des commutations téléphoniques de longue distance par voie entièrement automatique.

Alors que la Zone Automatique de Paris et de Région Parisienne utilise la signalisation par impulsion de contrôle inverse,  l'essentiel de la Province (hors Marseille et Nantes) utilise la signalisation par impulsion de contrôle direct ou indirect (le système pas-à-pas sans enregistreur ou avec enregistreurs).

Du coup, même les sociétés les plus éminentes en matière téléphonique, telles que la société Le Matériel Téléphonique (LMT), la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston (future CGCT) - toutes deux filiales du géant ITT ;  la Société Française des Téléphones Ericsson (SFTE) - filiale du géant suédois Ericsson, ainsi que la compagnie des téléphones américaine ATT considèrent alors comme insoluble la situation. 

Il est donc fait constat d'échec de toutes ces puissantes organisations à rendre le téléphone interurbain automatique... Ni en France ni ailleurs dans le monde. 

Pour tous ces acteurs, le téléphone interurbain devait demeurer manuel pour encore de très longues décennies. 

L'interurbain automatique ? Les industriels des télécommunications et leurs ingénieurs n'y croient pas.

Aucun des grands industriels ne voulut donc se lancer dans l'aventure...

Ce fut sans compter sur MM. les Ingénieurs des PTT - Jean Ribaud et Jean Fruchou qui prirent le problème à bras le corps dès 1945 et commencèrent une série d'études qui aboutirent à assembler différents matériels expérimentaux...

Il leur apparut assez rapidement que l'utilisation du matériel R6 donnait les meilleures chances de mise en compatibilité de réseau de Paris avec ceux de Province.

Tout d'abord réservée à un seul centre téléphonique, Paris-Ségur, avec ses deux Commutateurs ROTARY 7A1 d'abonnés Ségur et Suffren, les deux ingénieurs réussissent à ouvrir à l'exploitation interurbaine expérimentale de ce central parisien vers Fontainebleau, Lille et Roubaix dès le 5 novembre 1946 en réalisant une première maquette-type de ces nouveaux équipements..

Ayant donc réussi à résoudre les obstacles de l'adaptation des différents types de signalisation en vigueur entre Paris et la Province assez proche, le Comité Technique des PTT du 17 décembre 1946 décide d'engager le processus de généralisation à tous les abonnés de Paris et confie naturellement la conception et le suivi du projet à  MM. les Ingénieurs des Télécommunications - Jean Ribaud et Jean Fruchou, forts de leur premier succès.

Toutefois, une seconde expérimentation locale de même nature sera mise en œuvre avec succès à partir du centre téléphonique Paris-Littré, avec son Commutateur ROTARY 7A1 Littré et sa série Babylone fictive à l'été 1948 qui confirmera le principe de reproductibilité du procédé.

Passées les expérimentations préliminaires, est alors engagée la construction du premier centre de transit téléphonique interurbain automatique longue distance de France, et du monde. 

Il s'agit de la modeste Association des Ouvriers en Instruments de Précision (AOIP) qui sera chargée de fournir les différents organes du Commutateur de cette nouvelle catégorie, suivant les instructions précises de nos deux Ingénieurs, avec du matériel de type R6 normalisé d'après-guerre, similaire à celui qui sera mis en service à Rouen en Mai 1949.

Le Commutateur sera entièrement construit par les équipes d'ingénieurs, de techniciens et d'ouvriers du service du montage de la Direction du Service Téléphonique de Paris, c'est à dire par des fonctionnaires des PTT, fait très inhabituel rendu nécessaire pour contrer le refus collectif et unanime des grands constructeurs à se lancer dans une telle aventure...

Il est à noter que les organes Enregistreurs-Traducteurs interurbains nécessaires à ce Commutateur très spécial seront conçus par nos deux Ingénieurs MM. Ribaud et Fruchou. 

  • Enregistreurs-Traducteurs particulièrement complexes qui comprendront chacun 27 relais, 5 commutateurs rotatifs à 10 positions (qui enregistrent le numéro d'abonné demandé) et 2 commutateurs rotatifs à 51 positions (source : L' Écho des Recherches N°22 - Janvier 1956).


1952.06CommutateurInterurbain2FRR6Num103013

Ci-dessus : Travée d'Enregistreurs-Traducteurs interurbains du Commutateur 2FR.

  • Au premier plan, 3 Enregistreurs-Traducteurs sont visibles par retrait des caches. 
  • Chaque Enregistreur-Traducteur est protégé par 2 caches rectangulaires. 
  • Nous pouvons voir distinctement les gros commutateurs rotatifs à 51 positions qui tournent suivant un axe horizontal (Partie Traduction)
  • Plus discrètement, nous pouvons entrevoir les petits commutateurs rotatifs à demi-cachés, qui tournent suivant un axe vertical (Partie Enregistrement).
  • Au dessus, la cohorte de relais des Enregistreurs-Traducteurs.

Photographie PTT - Juin 1952 - Coll. Orange DGCI.

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Ce Commutateur est implanté dans le complexe téléphonique national et international de Paris-Inter-Archives (PIA) précisément dans une partie de l'immeuble Dabout.

Nommé officiellement 2FR, des initiales du nom de famille de leur deux ingénieurs-concepteurs Fruchou & Ribaud en leur honneur, le Commutateur 2FR est mis en service le 26 mai 1951 pour tous les abonnés de Paris. 

Le Commutateur Interurbain 2FR est doté d'une capacité de 200 circuits de départ, c'est à dire qu'à plein rendement, il peut acheminer jusqu'à 200 communications interurbaines au départ de Paris, simultanément. Capacité inédite pour cette époque...

  • Le 26 mai 1951, la première relation interurbaine par voie entièrement automatique est ouverte de Paris vers Fontainebleau.
  • Le 23 juin 1951, la seconde relation interurbaine par voie entièrement automatique est ouverte de Paris vers Rouen.
  • Le 1er décembre 1951, la troisième relation interurbaine par voie entièrement automatique est ouverte de Paris vers Lyon. Il s'agit en outre de la première relation interurbaine entièrement automatique de longue distance (500 km).
  • Le 2 août 1952, la quatrième relation interurbaine par voie entièrement automatique est ouverte de Paris vers Toulouse. Il s'agit en outre de la deuxième relation interurbaine entièrement automatique de longue distance (800 km).
  • Le 5 janvier 1953, la totalité des abonnés au téléphone de la Circonscription de Paris (incluant la 1ère couronne) peut désormais téléphoner par voie entièrement automatique vers les villes de Fontainebleau, Rouen, Lyon et Toulouse.
  • Le 1er avril 1954, la cinquième relation interurbaine par voie entièrement automatique est ouverte de Paris vers Lille et Roubaix.

1951.12.01InaugParisLyonAutom2FRref134292

Ci-dessus : inauguration de la première liaison téléphonique Interurbaine à très-grande distance Paris - Lyon (500 km), dans les locaux du Commutateur Interurbain 2FR.

  • de dos : M. l'Ingénieur des Télécommunications, co-concepteur du 2FR - Jean Ribaud.
  • de face, lunettes : M. le Directeur des Services Télégraphiques et Téléphoniques de Paris - Yves Uzenot.
  • de face, cheveux noirs : M. l'Ingénieur des Télécommunications, co-concepteur du 2FR - Jean Fruchou.
  • de profil, cravate rayée : M. le Directeur Général des Télécommunications - Jean Rouvière.
  • de profil, chauve : M. le Secrétaire Général des PTT - Honoré Farat.
    • Réunis pour cette journée historique sur le site de Paris Inter Archives (PIA), dans l'immeuble Dabout, qui abrite alors le 1er Commutateur Interurbain automatique français, le 2FR.

Photographie AOIP - 30 novembre 1951 - Coll. Orange DGCI.

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  • 1953.01CommutateurInterurbain2FRR6Num105676
  • 1953.01CommutateurInterurbain2FRR6Num105675
  • 1953.01CommutateurInterurbain2FRR6Num105678
  • 1953.01CommutateurInterurbain2FRR6Num105677

Ci-dessus : quelques vues du Commutateur Interurbain 2FR.

Photographies PTT - Janvier 1953 - Coll. Orange DGCI.

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1953.01TableEssaisDu2FRNum105674

Ci-dessus : la Table d'Essais et Mesures des Jonctions du Commutateur Interurbain 2FR.

  • Travaux de câblage en cours sur la Table d'Essais et Mesures.
  • Chaque jonction est numérotée de 1 à 200 sur le meuble.

Photographie PTT - Janvier 1953 - Coll. Orange DGCI.

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Secondé dans le trafic interurbain à partir du 18 janvier 1958 par un second centre de plus grande capacité (le CIAD Paris Bonne-Nouvelle) pour de nouvelles destinations, le Commutateur 2FR fut à partir de 1959 reconverti en Centre de Transit téléphonique Régional, et sera désormais utilisé pour écouler une partie du trafic téléphonique régional entre Paris intra-muros et la deuxième couronne.

La mise hors service définitive du premier centre interurbain automatique de départ français intervient le 26 octobre 1972.



SRCT, de l'acronyme Service des Recherches et du Contrôle Technique l'ayant conçu, est un petit autocommutateur fabriqué à partir de matériel R6, de catégorie secondaire et en conséquence destiné au déploiement dans les campagnes, dans le but de remplacer le système dit automatique-rural qui était en fait semi-automatique déployé à partir de 1935 sur instruction de Georges Mandel, Ministre des PTT. Ce système, au lieu d'avoir été conçu par un industriel comme l'ont été tous les précédents, est le premier conçu au sein de l'Administration des PTT. Conçu par l'Ingénieur en chef des Télécommunications Albert de Villelongue, le SRCT permet d'automatiser les campagnes.

Il s'agit d'un véritable Commutateur à autonomie d'acheminement (et non pas d'un concentrateur de lignes) ; si l'abonné appelant et l'abonné appelé appartiennent au même Commutateur SRCT, la communication est alors établie par ledit commutateur SRCT. Si l'abonné demandé est extérieur, la communication est acheminée vers le centre de groupement (nodal) de rattachement.

- La capacité typique de raccordement est de 200, 400 ou 900 lignes d’abonnés au maximum suivant les variantes.

- La portée de raccordement entre un Commutateur SRCT et un centre nodal est de 40 km maximum.

- Une ou plusieurs "centaines" d'abonnés peuvent être déportées (détachées) du cœur jusqu'à 20 km de distance pour constituer un sous-centre, mais ce sont autant de "centaines" qui sont à déduire de la capacité totale maximale du Commutateur SRCT.

  • - Le premier Commutateur SRCT est mis en service à Perros-Guirec le 5 novembre 1950, en présence de M. René Pleven, Président du Conseil des ministres, et de M. Charles Brune, Ministre des PTT.
  • - Le système SRCT fut déployé jusques en 1961.

PrototypeSRCT

Ci-dessus : prototype laboratoire du système SRCT de 1949. 

  • Sont reconnaissables en haut des baies les commutateurs pas à pas à 51 positions empruntés au système R6.

Photographie Collection Historique des Télécommunications.

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1950PerrosGuirecSrctNum00826

Ci-dessus : Commutateur SRCT de Perros-Guirec.

  • Mis en service le 5 novembre 1950. 
  • Sont visibles 5 boîtiers, au bas de l'armoire, contenant chacun 1 Enregistreur-Traducteur, dont un avec cache retiré.

Photographie PTT - 1950 - Coll. Orange DGCI.

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1955CommutateurSRCTdeMeriel

Ci-dessus : Commutateur SRCT de Mériel.

  • sont visibles 5 boîtiers contenant chacun 1 Enregistreur-Traducteur, dont un avec cache retiré.

Photographie PTT - Printemps 1952 - Coll. C. R-V.

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P28.SRCTCommutateurPlaqueIidentification

Vue d'une plaque signalétique d'un Commutateur SRCT. Collection C. R-V.

1951.09MaquetteCentreDeSecteurR6Issy

Ci-dessus : Maquette d'études du système SRCT installée dans les laboratoires de Commutation téléphonique d'Issy-les-Moulineaux.

Photographie PTT - Septembre 1951 - Coll. C. R-V.

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L 43 (nom complet : LESIGNE 43) est un Commutateur, mis en conception par la Compagnie Industrielle des Téléphones, sous la responsabilité de M. l'Ingénieur Henri Louis Lesigne à partir de l'année 1943, utilisant le même matériel que le R6 N1 mais adopte un principe de sélection différent, sans dispositif Orienteur. En effet, dans ce système, les sélecteurs sont actionnés directement par les enregistreurs, à l’aide d’un réseau de commande par fils distincts des fils véhiculant les conversations téléphoniques, ce qui permet d'économiser des baies d'équipements et de faire théoriquement baisser le coût des Commutateurs.

Le 22 janvier 1948, le Conseil Technique des PTT propose de faire construire un prototype L43 à Nancy.

Officiellement, le Conseil Technique des PTT adopte dans son avis du 6 octobre 1950 le système L43.

Il est alors affirmé jusque dans la presse que le prix de revient du système L43 serait deux fois moins cher que celui du système ROTARY 7A1 américain, et permettrait de se délivrer de la mainmise U.S. en matière de télécommunications. La réalité sera tout autre.

La mise au point de ce type de Commutateur téléphonique assez complexe nécessite même la création d'une Commission le 9 octobre 1950 chargée de contrôler le fonctionnement de l'autocommutateur de Nancy équipé en système automatique L43. Cette commission est notamment composée de MM. Charles Lange, Jean Rouvière et Pierre Marzin, qui sont ou seront tous trois Directeurs Généraux des Télécommunications.

  • - À partir du mois d'Avril 1951, le prototype nancéien (Nancy-Stanislas II) enfin achevé est mis en expérimentation interne.
  • - Première mise en service d'un Commutateur L43 dans le réseau téléphonique en France le 7 juillet 1951 à Nancy-Stanislas II. Ce Commutateur L43 subit un important incendie le 19 octobre 1951 mais sera sauvé.
  • - Bien que n’ayant pas été massivement déployé, ce modèle de Commutateur a toutefois permis une mise en concurrence des différents constructeurs et amènera à la mise au point ultérieure d’une nouvelle version améliorée des commutateurs R6 : le R6N2. 
  • - Un total de 13 Commutateurs L43 est mis en service en France. 
  • - Le système L43 n'a pas donné toutes les satisfactions attendues autant en terme de fiabilité de fonctionnement que d'économies d'exploitation. Les dernières commandes sont passées en 1958.
  • - Le Commutateur LESIGNE 43 le plus récent est mis en service le 1er octobre 1960 à Nancy, une fois encore : Nancy-Stanislas III.
  • - La dernière extension d’un Commutateur L43 est commandée en Juillet 1978 (L43 Chambéry).
  • - Comme il est précisé dans l'ouvrage intitulé, Cinquantenaire du CNET - Forum N°1 : le CNET et son histoire : "l'aventure du L43 constituait un échec indéniable pour le CNET".
    • -Mais il convient de tempérer ce jugement un peu trop sévère, car le système L43 accomplit une belle carrière en Télégraphie, où le système se révéla tout à fait compatible et permit l'automatisation progressive du Telex en France, fait non négligeable.


R6 N2 (normalisé type 2 - à enregistreurs et muni de traducteurs séparés et à relais), issu des évolutions du L43. Comme les enregistreurs-traducteurs du R6N1 n'ont finalement pas donné entière satisfaction en interurbain, il a été décidé de séparer la fonction Enregistreur de la fonction Traducteur. 

Désormais, 90 Enregistreurs seront contrôlés par seulement 2 Traducteurs à relais. En fait, cette nouvelle architecture autorise une nouvelle amélioration du routage des communications interurbaines par voie automatique : il faut savoir qu'un Traducteur n'est utilisé pour établir une communication, que durant une fraction de seconde ; d'où le fait de pouvoir profiter de la séparation de la fonction de traduction de celle d'enregistrement pour pouvoir réduire le nombre de Traducteurs dans un Commutateur R6N2 (simplification du commutateur et baisse de prix), mais par la même occasion construire des Traducteurs beaucoup plus perfectionnés (ce qui revient à privilégier la qualité sur la quantité).

  • - 27 Commutateurs R6 N2 sont installés en France.
  • - Premières mises en service en France de Commutateurs R6 N2 le 22 mars 1958 à Poitiers par la CGTT et à Boulogne-sur-mer le 22 juin 1958 par l' AOIP.
  • - Le Commutateur ROTATIF 1926 N2 le plus récent de France est mis en service le 17 avril 1962 à Annecy. 
  • - Les dernières extensions de systèmes R6 déjà installés auparavant ont été commandées en Octobre 1978.

1958.11.25PoitiersR6N2Num137688

Ci-dessus : le Commutateur R6N2 de Poitiers - Grailly 1 (PT10).

  • Mis en service le 22 mars 1958 à 12H30 - Hors service le 18 février 1981.
  • vue sur une Travée de Chercheurs du Réseau de Connexion, et de Compteurs de taxes.

Photographie PTT - 25 novembre 1958 - Coll. Orange DGCI.

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1958.11.25PoitiersR6N2Num137689

Ci-dessus : le Commutateur R6N2 de Poitiers - Grailly 1 (PT10).

  • Mis en service le 22 mars 1958 à 12H30 - Hors service le 18 février 1981.
  • vue sur une Travée de Chercheurs du Réseau de Connexion (caches retirés), et de Compteurs de taxes.

Photographie PTT - 25 novembre 1958 - Coll. Orange DGCI.

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1958.11.25PoitiersR6N2Num137693

Ci-dessus : Tables d'Essais des organes du Commutateur R6N2 Poitiers-Grailly 1 (PT10).

  • Mis en service le 22 mars 1958 à 12H30 - Hors service le 18 février 1981.
  • vue avec caches de protection retirés.

Photographie PTT - 25 novembre 1958 - Coll. Orange DGCI.

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  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137690
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137691
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137692
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137697
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137696
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137695
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137702
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137698
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137700
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137701
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137699

Ci-dessus : divers organes du Commutateur R6N2 Poitiers-Grailly 1 (PT10).

  • clichés 1 et 2 : travée de Chercheurs R6, avec et sans caches de protection.
  • clichés 3 à 6 : baies d'organes d'Essais / Maintenance du Commutateur R6N2.
  • cliché 7 : travée d'Enregistreurs Interurbains, dont un groupe de 3 Enregistreurs sans caches de protection.
  • cliché 8 : les 2 Traducteurs Interurbains à Relais, dont un sans caches de protection, un avec caches de protection.
  • clichés 9 et 10 : un bloc de 3 Enregistreurs-Traducteurs Urbains, dont un sans caches de protection. En haut, le bloc d'enregistrement. En bas, le bloc de traduction.
  • cliché 11 : le Répartiteur de Jonctions, qui assure la liaison entre le Commutateur et la Salle des Transmissions ; Transmissions servant à relier ce Commutateur R6N2 à d'autres Commutateurs du Réseau Téléphonique.

Photographies PTT - 25 novembre 1958 - Coll. Orange DGCI.

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  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137706
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137705
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137704
  • 1958.11.25PoitiersR6N2Num137703

Ci-dessus : divers organes du Commutateur R6N2 Poitiers-Grailly 1 (PT10).

  • clichés 1 et 2 : vue d'ensemble du Commutateur R6N2, avec vue sur les établis des techniciens.
  • cliché 3 : Tables d'Essais et Mesures des Lignes Téléphoniques connectées aux abonnés (Service Technique des Abonnés). À noter l'utilisation de Cadrans Téléphoniques spéciaux à 11 trous, qui servaient à vérifier la bonne rotation complète des Chercheurs R6 de l'étage d'entrée du Commutateur.
  • cliché 4 : le Répartiteur Général, vu du côté Réglettes Horizontales. Le Répartiteur Général permet la liaison entre le Commutateur (côté Réglettes Horizontales) et l'ensemble des abonnés locaux (côté Têtes Verticales).

Photographies PTT - 25 novembre 1958 - Coll. Orange DGCI.

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1959.01OrleansR6N2Num138369

Ci-dessus : travée du Réseau de ConneXion du Commutateur R6N2 Orléans-Grenier à sel (OR503) - caches anti-poussière présents.

  • Mis en service le 13 décembre 1958 - Hors service le 28 juin 1979.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansR6N2Bloc3Enregistreurs

Ci-dessus : un bloc de 3 Enregistreurs Interurbains du Commutateur R6N2 Orléans-Grenier à sel (OR503).

  • Mis en service le 13 décembre 1958 - Hors service le 28 juin 1979.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansR6N2Les2Traducteurs

Ci-dessus : les deux Traducteurs Interurbains du Commutateur R6N2 Orléans Grenier-à-Sel (OR503).

  • Mis en service le 13 décembre 1958 - Hors service le 28 juin 1979.
  • Dès qu'un Enregistreur Interurbain a besoin d'interroger un Traducteur, le premier Traducteur disponible se connecte à cet Enregistreur pour déterminer la route de la communication demandée.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansR6N2Num138371

Ci-dessus : Relais de traduction du Commutateur R6N2 Orléans-Grenier à sel (OR503) - caches anti-poussière absents.

  • Mis en service le 13 décembre 1958 - Hors service le 28 juin 1979.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansR6N2JoncteursDepartNum138372

Ci-dessus : baie de Joncteurs de départ du Commutateur R6N2 Orléans-Grenier à sel (OR503) vers les autres Commutateurs, d'autres localités.

  • Mis en service le 13 décembre 1958 - Hors service le 28 juin 1979.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansChainesSrctR6N2Num138374

Ci-dessus : baie de Joncteurs de départ du Commutateur R6N2 Orléans-Grenier à sel (OR503) vers les petits Commutateurs (sous-centres) des petits localités autour d'Orléans.

  • Orléans Grenier-à-Sel R6N2 joue aussi le rôle de Centre Nodal pour les localités de Beaugency, Châteauneuf-sur-Loire, Jargeau, Meung-sur-Loire, Neuville-du-bois, Patay et Saint-Jean-de-Braye.
  • Mis en service le 13 décembre 1958 - Hors service le 28 juin 1979.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansR6N2BaiesEssaisOrganes

Ci-dessus : les 4 baies des Essais Systématiques des organes du Commutateur  R6N2 Orléans-Grenier-à-sel (OR503).

  • C'est à partir de ces pupitres que l'on peut tester le bon fonctionnement du Commutateur Téléphonique en lui-même, organe par organe.

Photographies PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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1959.01OrleansR6N2BaiesEssaisJonctions

Ci-dessus : les 3 baies des Essais des Jonctions reliées au Commutateur R6N2 Orléans-Grenier-à-sel (OR503).

  • C'est à partir de ces pupitres que l'on peut tester l'état des liaisons inter-centres qui relient ce Commutateur au reste du Réseau Téléphonique.

Photographie PTT - Fin Janvier 1959 - Coll. C. R-V.

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Concernant le cadran français spécifique à 11 trous, utilisé pour tester les Commutateurs de type R6, merci de se reporter au chapitre XVI.

http://telecommunications.monsite-orange.fr/page-5...



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Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 29 mai 2020.

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