XVII - Maillage du Réseau Téléphonique en France

1967.11CablageArriereBati

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Débuts progressifs en ordre dispersé

Il faut bien intégrer le fait qu'aux débuts du téléphone en France en 1879, chaque canton, chaque ville, chaque village se débat dans le millefeuille administratif, bancaire et politique en faisant jouer ses réseaux d'influence pour trouver des financements, via l'impôt, l'emprunt bancaire ou par le système de l'avance remboursable mis en place par l'arrêté du 29 juin 1899 pour faire construire son réseau local téléphonique dans son "pays".

Des départements ou encore des mairies, voire des groupes d'abonnés fortunés avancent une somme d'argent qui permet de construire le réseau local, puis se font rembourser par l'État en ne payant pas leur abonnement annuel et les consommations pendant plusieurs années.

Il y a une anarchie totale que l'Administration des P&T tente de réguler et d'harmoniser techniquement et réglementairement grâce au retour du Monopole Public de plein exercice après 1889 puis par les lois suivantes :

  • - La loi de finances du 30 juin 1923 (art. 70 à 79) (BO P&T 1923 n°15 page 307) dote les P&T d'un budget annexe qui permet sensiblement l'accroissement d'autonomie et de souplesse budgétaire qui aboutit à un net accroissement du nombre d'abonnés au téléphone dès 1925. Cette loi permet à l'Administration de financer de plus nombreux projets et d'étendre le réseau téléphonique global. 
  • - La loi de finances de 1926 (art.97) durcit les sanctions contre les fraudeurs et les installations dites irrégulières.

- L’État, même si la situation est très embrouillée, se préoccupe très tôt de développer les liaisons téléphoniques entre villes, et entre villes éloignées par de grandes distances. Il y a là un impératif de développement du territoire à assurer, la France étant encore un pays très rural au début du XXème siècle.

1940VoieFerreeNancyMetzDetruite

Ci-dessus : voie ferrée Nancy-Metz détruite pendant l'invasion de 1940 ainsi que l'artère téléphonique tombée à terre. Photographie PTT - 1940 - Coll. C. R-V.

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  • Le service des Lignes Souterraines à Grande Distance (LSGD) exerce son autorité sur :
    • Les Centres d'Amplification des Télécommunications à grande distance.
    • Les Centres Hertziens des Télécommunications à grande distance.
    • Les Centres d'Entretien des Télécommunications à grande distance.
  • Le service des LSGD est par la suite renommé service des Lignes Grande Distance (LGD) par décision n° 5079 du 23 septembre 1957. (En effet, l'arrivée des liaisons téléphoniques depuis le début des années 1950 par faisceaux hertziens nécessitait un ajustement de la dénomination.) 
  • Le service des LGD prend ensuite la dénomination de Direction des Télécommunications du Réseau National (DTRN), par décision n° 1678 du 5 juillet 1972.
  • Le service des Lignes à Grande Distance (LGD) exerce son autorité à partir du 1er août 1972, suite à l'arrêté n°2654 du 24 octobre 1972 sur :
    • Les Centres d'Exploitation des Télécommunications du Réseau National.
    • Les Centres d'Entretien des Câbles de Télécommunications du Réseau National.
  • La DTRN est ensuite subdivisée en 5 échelons déconcentrés appelés Directions Opérationnelles des Télécommunications du Réseau National (DOTRN), Lyon, Metz, Nantes, Paris et Toulouse, par arrêté n°787 du 2 mars 1978.
  • Les Centres Principaux du Réseau National (CPRN) sont créés au 15 décembre 1979 par l'arrêté n°254 du 30 janvier 1980.
    • Le principe consiste à regrouper, dans chaque DOTRN, les Centres d'Exploitation du Réseau National (CERN) et les Centres Hertziens du Réseau National (CHRN) d'une même zone (entre 4 et 10 centres), et d'instituer un des centres de chaque groupement en un Centre Principal du Réseau National.
    • Initialement, la France Métropolitaine compte 29 CPRN en charge de l'acheminement des Transmissions du Réseau National.
  • Les Centres de Câbles du Réseau National (CCRN) sont créés au 15 décembre 1979 dans chaque DOTRN, par l'arrêté n°255 du 30 janvier 1980.
    • Il s'agit d'une restructuration des Centres d'Entretien des Câbles de Télécommunications du Réseau National.
    • Initialement, la France Métropolitaine compte 19 CCRN en charge de la réparation des câbles de cuivre du Réseau National.
  • À partir du 1er février 1986 avec l'arrêté n°387 du 28 janvier 1986, les Centres Principaux du Réseau National (CPRN) sont transformés chacun leur tour en Centres Principaux du Réseau Interurbain (CPRI).
    • La transformation s'étale jusqu'au 21 décembre 1987 par l'arrêté n°263 du 19 janvier 1988.
    • Le premier CPRI créé est Villabé (91).
    • Il s'agit, avec les activités de Transmissions du Réseau National, de récupérer la Commutation de Transit Téléphonique de France Métropolitaine. Cette restructuration constitue une petite révolution dans le monde des télécommunications, qui jusques alors voyait les activités de Transmissions et de Commutation clairement séparées.
    • Ainsi donc, à partir de 1986, certains personnels Commutants se retrouvent-ils placés sous les ordres des personnels Transmetteurs, ce qui ne manque pas d'occasionner un certain choc culturel autant chez les Transmetteurs que chez les Commutants.
    • Toutefois, la Commutation d'Abonnés préserve son indépendance jusqu'au 1er juillet 2000, date de la dissolution des Unités d'Exploitation Réseau (UER).

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Soulignons les efforts titanesques qu'il a fallu pour concevoir puis construire des bâtiments téléphoniques de grande solidité, des commutateurs complexes et très lourds (où fait notable, beaucoup de dames sont employées notamment pour les soudures des imposants câblages), des installations téléphoniques diverses ainsi que la pose des lignes locales ou interurbaines, qu'elles soient aériennes ou souterraines par les équipes des services des lignes des P&T, où à cette époque n'existaient ni les pelleteuses ni les nacelles motorisées, et ou tout était creusé à la pelle et la pioche et posé à bras d'hommes.

Nous pouvons constater que nos aînés s'étaient alors lancés dans une aventure gigantesque voire même déraisonnable, mais ils eurent le courage de le faire pour ouvrir la voie avec le peu de moyens techniques, industriels et financiers dont ils disposaient, mais avec leur courage pour relever le défi et faire évoluer la France et ses contrées lointaines ainsi que le monde.

Ainsi, dès 1930, la circulaire n°2918 E. Tp. du 7 octobre (BO PTT 1930 n°23, page 929) définit et commence à organiser pour la première fois en France le Service Universel et Permanent.

« On dit que le service téléphonique est universel et permanent quand il permet à toute heure l'échange de conversations entre deux postes téléphoniques quelconques.»

La circulaire prévoit un délai de 5 ans pour généraliser le Service Universel en France, mais en réalité il faudra plusieurs décennies pour y parvenir.

BO PTT 1930 N° 23 incluant Circulaire n°2918 du 7 octobre 1930 Service Universel

Câbles souterrains urbains

Pour constituer un réseau téléphonique, il n'y a pas d'autre possibilité à l'époque de poser des câbles métalliques.

  • Les fils conducteurs en cuivre sont isolés au papier.
  • Le tout étant enceint dans une enveloppe de plomb et constitue un câble téléphonique.

1890PresseaPlombRecouvrirCablesTelephoniques

Ci-dessus : Presse à plomb, utilisée aux débuts du téléphone français, pour recouvrir les câbles téléphoniques dont les conducteurs de cuivre sont isolés au papier. Gravure Poyet - circa 1890 - Coll. C. R-V.

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  • Ainsi, dans les grandes villes, les câbles téléphoniques urbains passent-ils par les égouts. 
    • La loi du 2 juillet 1885 réglemente l'utilisation des égouts des villes concernant le passage des câbles télégraphiques et téléphoniques.
    • En effet, l'Administration des P & T avait initialement interdit de creuser de nouvelles tranchées notamment dans Paris. 
    • Le passage par les égouts étant alors obligatoire au début de la constitution du réseau téléphonique initié par la Société Générale des Téléphones (SGT).

1929PassageCablePlaceBastilleParis

Ci-dessus : pose d'un câble téléphonique à enveloppe de plomb, place de la Bastille à Paris, en 1929 ou 1930. Photographie X - Coll. C. R-V.

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Des galeries de câbles urbains ont donc été constituées dans les grandes villes, telles que Paris, en passant par le réseau d'égouts. 

  • En effet, l'on ne pouvait pas creuser une second réseau de galeries : trop coûteux d'une part, et quasiment impossible vu l'encombrement du sous-sol de ces grandes métropoles.

1954.01GalerieSouterraineParisN1

1954.01GalerieSouterraineParisN2

Ci-dessus : visite d'une galerie souterraine dans Paris, passant par les égouts. 

  • La nécessité de porter des bottes par les agents des lignes souterraines en est évidente, pour l'hygiène.
  • Les câbles isolés au plomb sont disposés le long de la galerie, de chaque côté, et reposent sur des consoles horizontales construites à cet effet.

 Photographies Monflier - Janvier 1954 - Coll. C. R-V.

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1951CablesPlombEgoutsRueDesSaintsPeresParis

Ci-dessus : conditions de travail très pénibles pour une équipe d'agents des lignes opérant sur câbles téléphoniques de plomb avec lampe à souder à l'acétylène, dans les égouts de Paris, sous la rue des Saints-Pères. 

  • Les câbles de plomb sont enchevêtrés à proximité d'une canalisation d'eau potable.

Photographie PTT - 1951 - Coll. C. R-V.

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1972ChambreIntraSouterraineCablesParis

Ci-dessus : galerie souterraine qui constitue la sortie de câbles d'un centre téléphonique parisien. (Quartier de la Porte Maillot)

  • Les câbles posés sur les consoles horizontales se présentent devant la conduite multitubulaire (râtelier de sortie.)
  • Chaque câble traverse une réservation et emprunte derrière ce mur le réseau d'égouts pour aller vers un autre centre ou vers un groupe d'abonnés de Paris.
  • Pour éviter tout risque d'inondation en cas de brusque montée des eaux dans les égouts de Paris, toutes les réservations doivent rester en permanence bouchées :
    • soit par un câble qui la traverse avec un joint d'étanchéité, 
    • soit par un cache plastique calibré à cet effet.

Photographie PTT - in DIT 07/1972 - Coll. C. R-V.

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1953RepartiteurParisienReglettesRotary7

Ci-dessus : vue des Réglettes Horizontales d'un Répartiteur parisien, dont les abonnés convergent par l'intermédiaire des Jarretières (une jarretière de 2 fils de cuivre pour un abonné) vers leur Commutateur ROTARY. 

  • Les jarretières sont soudés sur les Réglettes Horizontales d'abonnés, en norme ROTARY 7A1 ou 7B1.

Photographie Munich - 1953 - Coll. C. R-V.

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Concernant la ville de Paris, la situation concernant le passage des câbles souterrains est particulière.

  • En effet, la ville est divisée en deux par la Seine...
  • Ainsi donc, les Ingénieurs des PTT ont d'abord pensé utiliser les différents ponts de Paris pour y passer les câbles téléphoniques.
  • Mais il existe une limite imposée par le poids des câbles et la résistance des ponts...
  • Chaque pont ne peut supporter qu'un nombre limité de câbles constitués de plomb et de cuivre...
  • Après la seconde guerre mondiale, les besoins en lignes téléphoniques croissant, il a fallu trouver une solution pour enjamber la Seine...
  • Ainsi, entre 1952 et 1955 une galerie sous-fluviale (c'est à dire qui passe sous la Seine) est  construite entre la Place du Châtelet et la Place Saint-Michel, soit une longueur de plus de 600 mètres. 
  • Elle est mise en service en 1958. 
  • Ainsi, le problème de connexion entre centres téléphoniques parisiens (qui ont besoin d'être interconnectés pour que chaque parisien puisse joindre au téléphone n'importe quel autre parisien de la rive opposée) est -il résolu par cet ouvrage colossal.

1958MesGalSsFluvChateletStMichel150340

Ci-dessus : visite par deux Agents d'Exploitation du Service des lignes souterraines de Paris de la galerie sous-fluviale de Paris à l'époque de sa mise en service en 1958.

  • À noter, en 1958, le nombre réduit de câbles traversant la galerie sous-fluviale à sa mise en service.

Photographie PTT - 1958 - Coll. C. R-V.

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1960EpissureGalerieSousfluviale001

Ci-dessus : deux Agents d'Exploitation du Service des Lignes en train de réaliser une épissure (réparation) sur un des câbles téléphoniques empruntant la Galerie Sous-Fluviale. Photographie PTT - circa 1960 - Coll. C. R-V.

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Ouvrage soumis à rude épreuve, la galerie sous-fluviale parisienne a assuré un service satisfaisant durant 30 années.

  • Mais en 1989, au cours d'une inspection, des concrétions calcaires teintées de rouille sont détectées.
  • Les premières fuites apparaissent !
  • Les arceaux métalliques d'acier sont aussi attaqués par la rouille !
  • Ainsi, un chantier de restauration complète de la galerie sous-fluviale est-il décidé en urgence pour sauver la galerie. 
  • L'expertise préalable menée par le bureau SOCOTEC prend alors une année entière.
  • Il sera fait appel aux procédés les plus modernes utilisés dans les centrales électronucléaires et lors de la construction du tunnel sous-la Manche pour refaire l'étanchéité de manière efficace et pérenne.
  • Les matériaux utilisés font même que la galerie se retrouve désormais protégée des radiations atomiques.
  • Le réseau d'éclairage électrique de la galerie sous-fluviale est refait à neuf à l'occasion de ces travaux.

Le 9 décembre 1993, la galerie sous-fluviale de Paris est donc inaugurée pour la seconde fois.

  • Le chef de cérémonie est M. le Directeur du Centre de Construction des Lignes de Paris-Arcueil - Pierre Tauzin.

Sont notamment  présents lors de cette seconde inauguration :

  • M. le Directeur Régional de Paris-Sud - Jean-Paul Maury ;
  • M. le Directeur du Domaine Réseau d'Île-de-France - Alain Lacave, 
  • MM. les représentants des sociétés ayant réalisé les travaux de restauration.

1993.12.09GalSsFluvParisChateletStMichel02

Ci-dessus : la galerie sous-fluviale parisienne entièrement restaurée en 1993. 

  • À noter le nombre de câbles la traversant ayant nettement augmenté en 35 années de service...

Photographie PTT - 9 décembre 1993 - Coll. C. R-V.

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1968.12ExpositionEquipLignesN01

Ci-dessus : lors d'une exposition dans un Centre de Télécommunications, présentation sous forme de maquette des derniers progrès en matière de nouvelles Conduites en Polychlorure de Vinyle rigide (PVC) servant au passage et à la protection des nouveaux types de câbles téléphoniques gaînés de matière plastique. Photographie PTT - Décembre 1968 - Coll. C. R-V.

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1977PorteDeBagnoletTrancheePTT

Ci-dessus : inspection d'une tranchée en construction, destinée au passage de câbles téléphoniques, vers la Porte de Bagnolet, par les personnels des Lignes de la Direction des Télécommunications d'Île-de-France (DTIF). Photographie PTT - circa 1977 - Coll. C. R-V.

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Câbles souterrains interurbains

Pour mailler le territoire français, il ne suffit pas que chaque ville ou agglomération constitue son réseau de câbles...

Encore faut-il que toutes les villes de France soient reliées entre-elles par un réseau construit le plus rationnellement possible.

  • Si la toute première solution fut, au début de l'épopée téléphonique, de poser des liaisons dites aériennes le long des chemins de fer, tel qu'il avait été pratiqué pour le réseau télégraphique, cette solution s'est avérée rapidement saturée et de surcroît techniquement inutilisable pour les liaisons à très grande distance destinées à transporter les signaux électriques analogiques de la parole : au delà d'une certaine distance, l'on n'entendait plus que les parasites et les courants telluriques...

La solution adoptée pour les liaisons interurbaines fut la pose de câbles sous enveloppe de plomb, qui étaient enfouis sous la terre.

  • Ainsi donc, pour poser ces câbles interurbains, l'on utilise des Trancheuses.

1943TrancheusePoseCableInterurbain

Ci-dessus : vue d'une Trancheuse lors de la pose d'un câble interurbain le long d'une route, en 1943. Photographie PTT - 1943 - Coll. C. R-V.

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1954.01TrancheuseBarberGreene001

Ci-dessus : vue d'une Trancheuse Barber-Greene capable de creuser une tranchée de 15 cm de large, jusqu'à 110 cm de profondeur.

  • La Trancheuse est équipée de versoirs pour évacuer la terre sur les deux côtés de la tranchée.
  • Le chauffeur actionne le levier de profondeur de sa main gauche.
  • Chantier de creusement d'une tranchée PTT le long de la Route Nationale n°20 entre Étampes et Monnerville, dans l’Essonne.

Photographie Monflier - Janvier 1954 - Coll. C. R-V.

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1974.04.18TrancheuseJourneesLignesSeillac

Ci-dessus : présentation d'un nouveau modèle de Trancheuse lors de la Journées des Lignes qui s'est tenue à Souillac le 18 avril 1974. Photographie PTT - Coll. C. R-V.

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Une fois la tranchée creusée, les équipes spécialisées posent le câble.

  • Les premiers câbles interurbains étaient des câbles mutipaires à paires symétriques (semblables aux câbles urbains) ou les courant circulent à Basses Fréquences (BF) c'est-à-dire à la modulation de la voix.
  • La technologie suivante apparaît à la fin des années 1940. Il s'agit de câbles à paires coaxiales, où les courants analogiques vocaux sont modulés analogiquement en fréquence (Voir page Transmission Analogique).

1949.11.24PoseCableCoaxial4PairesGrenoble

Ci-dessus : pose en 1949, dans les environs de Grenoble, du câble coaxial téléphonique interurbain entre Grenoble et Lyon. Câble coaxial à 4 paires, de 2.400 voies simultanées en tout, faisant partie de la rocade Lyon - Roanne - Saint-Étienne - Grenoble destinée à acheminer les communications interurbaines automatiques à l'intérieur de cette zone, ainsi que celles provenant de Paris via Lyon à partir du 30 novembre 1951. Photographie Agence Intercontinentale - 24 novembre 1949 - Coll. C. R-V.

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Avant de poser de nouveaux câbles téléphoniques interurbains le long des routes ou dans la campagne, il s'agit aussi de déterminer leur future longueur. À cet effet ont été créés des véhicules-odomètres.

  • Il s'agit naturellement d'un véhicule 4x4 tout terrain,
  • Un agent du Centre de Construction des Lignes conduit le véhicule,
  • Un second agent, à l'arrière, manipule les équipements informatiques reliés aux odomètres électriques.
  • 1990.08.09VehiculeOdometre001
  • 1990.08.09VehiculeOdometre002
  • 1990.08.09VehiculeOdometre003

Ci-dessus : Véhicule-odomètre Peugeot utilisé par deux agents d'un Centre de Construction des Lignes d'Ille-et-Vilaine (Rennes 1 ou Rennes 2), entièrement équipé pour la mesure de tronçons en vue de définir les futures longueurs de câbles téléphoniques à poser. Photographies PTT - 9 août 1990 - Coll. C. R-V.

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Épissure des câbles téléphoniques

Le travail du plomb est inhérent au métier des lignes. Il en est la règle jusque dans les années 1960, où les câbles gaînés de matière plastique apparaissent, mais se poursuit encore de nos jours.

1953OuvertureManchonPlomb

Ci-dessus : Agent des Lignes se préparant à ouvrir un Manchon de plomb, en réchauffant l'enveloppe de plomb au chalumeau à acétylène et se préparant à la couper prudemment à l'aide d'un couteau . Photographie PTT - 1953 - Coll. C. R-V.

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Lorsque le câble est plus long que la longueur du touret où il est enroulé, il s'avère nécessaire de dérouler d'autres tourets jusqu'à joindre la localité voulue.

  • Qu'il s'agisse d'un câble urbain ou d'un câble interurbain, il s'avère nécessaire procéder à ce que l'on nomme l'Épissure des câbles téléphoniques.

1953EpissureChambreCableUrbain110098

Ci-dessus : deux agents des lignes en train de procéder à l'épissure de deux extrémités de câbles urbains, logés dans ce que l'on nomme une chambre souterraine. 

  • Cette chambre est bétonnée, elle débouche au niveau de la chaussée.

Photographie PTT - 1953 - Coll. C. R-V.

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1955EpissureSurCableInterurbain

Ci-dessus : deux agents des lignes en train de procéder à l'épissure de deux tronçons d'un câble interurbain.

  • Cette épissure est située en pleine campagne et il n'existe pas de chambre à proprement parler, mais un creusement dans la terre (une fouille)
  • Le tout est rebouché à la fin des travaux, une fois l'épissure enceinte dans un manchon constitué de plomb.

Photographie PTT - circa 1955 - Coll. C. R-V.

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Concernant les câbles interurbains qui atteignent de longues distances, nous ne pouvons pas nous contenter de raccorder bout-à-bout une multitude de tronçons de câbles par la technique de l'épissure.

  • En effet, en raison de l'affaiblissement linéique et des courants telluriques, toute conversation téléphonique devient inaudible au bout de quelques kilomètres.

Il est alors nécessaire : 

  • soit de poser des filtres passifs spéciaux (dit boîtes Pupin) qui fut la première technologie utilisée (voir la page Transmission Analogique),
  • soit de poser des amplificateurs électroniques actifs (à tubes électroniques au début, puis à transistors ultérieurement ; voir la page Transmission Analogique).

1929TestCableInterurbain

Ci-dessus : pose et tests en cours par des employés de la société Siemens-France d'un dispositif à amplification sur un câble interurbain en construction le long d'une route menant à Monteaux (Loir-et-Cher) en 1929. Photographie PTT - 1929 - Coll. C. R-V.

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Parfois, les câbles tombent en panne (comme toute création humaine).

  • Soit le filtre ou l'amplificateur tombe en panne,
  • Soit le câble lui-même subit une avarie (par poinçonnement, cisaillement ou par perte d'isolement lorsque l'enveloppe de plomb se retrouve percée)

Auquel cas, il s'avère nécessaire de réparer.

1950ReparationAmpliCableInterurbain105402

Ci-dessus : quelque part en France, pendant l'hiver 1950, réparation en cours sur un câble interurbain par des employés de la société des Câbles de Lyon. Photographie PTT - 1950 - Coll. C. R-V.

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Nota : les tentes ainsi installées au dessus de chaque fouille servent à protéger le câble ouvert isolé au papier, de la pluie, pour des raisons évidentes d'isolement électrique...

1978.06ReparationCableAuBordRouteDpt35

Ci-dessus : réparation d'un câble téléphonique souterrain le long d'une route d'Ille-et-Vilaine par une équipe d'une Subdivision du Service des Lignes de Rennes (Rennes 1 ou Rennes 2). Sont présents 2 camions-laboratoires de mesures d'affaiblissement sur ce chantier.

  • à gauche, un Agent prépare un groupe électrogène.
  • au centre, l'autre agent est dans la fouille, et opère sur le câble.
  • à noter la présence d'un extincteur placé à proximité de la fouille.

Photographie PTT - 23 août 1978 - Coll. C. R-V.

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  • 1986InterventionDergtCablesPvcLilleCCLn01
  • 1986InterventionDergtCablesPvcLilleCCLn02

Ci-dessus : équipe de jeunes Agents des Lignes du CCL de Lille en intervention sur un gros dérangement dans le département du Nord (59), pour un changement de tronçons de câbles téléphoniques.

  • cliché gauche : passage et récupération des nouveaux tronçons de câbles téléphoniques (PVC) et retrait des vieux câbles endommagés.
  • cliché droit : agent en train d'épisser deux extrémités de câbles téléphoniques (PVC) à l'aide de connecteurs étanches Scotchlock. Le manchon final de protection de ce raccord sera réalisé après raccordement de l'ensemble des paires du câble ainsi "suturé", où tout se retrouvera enceint endéans.
  • nota : en Centre de Construction des Lignes (CCL), mieux vaut commencer une carrière de lignard très jeune, être un homme bien bâti et en excellente santé physique, étant donnée la pénibilité réelle de cette activité au demeurant très physique.

Photographies PTT - 1986 - Coll. C. R-V.

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Câbles téléphoniques aériens

Pour raccorder les abonnés des villages, petites villes et des villes moyennes jusque 15 à 20 kilomètres de distance, la solution qui est la plus utilisée jusqu'à la fin du XXème siècle fait appel aux câbles téléphoniques aériens.

  • Solution initiale la moins coûteuse, les poteaux en bois ont d'abord été utilisés (traités à la créosote), puis ont été utilisés les poteaux EDF en béton armé (utilisation partagée avec les PTT) et enfin les poteaux en acier galvanisé.
  • Toujours utilisée en France, surtout en province, cette solution tend à disparaître depuis les années 1990, où l'on enterre désormais le plus possible les câbles téléphoniques, pour des raisons de sauvegarde des paysages.

1947CircaDapannageLignesPoteauRenault1000KG

Ci-dessus : deux agents des lignes en intervention sur un poteau téléphonique en bois pour réparer le téléphone. Équipés d'une fourgonnette PTT Renault 1000KG et d'une remorque. Photographie X - circa 1947-1954 - Coll. C. R-V.

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1969.05TvxPoteauxBoisIsolateurs001

Ci-dessus : un agent des lignes en haut d'un poteau téléphonique en bois, pour une intervention au niveau des isolateurs de verre.

  • À noter la présence d'un harnais de cuir autour de la taille.
  • Si celui-ci rompt, c'est la chute probablement mortelle.

Photographie PTT - Mai 1969 - Coll. C. R-V.

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1970AgentLignesMontantSurPoteau003

Ci-dessus : agent des lignes en train de monter au poteau en bois, à l'aide de griffes d'acier et d'un harnais de cuir.

  • Cette méthode d'intervention a été strictement interdite en France dans les années 1990 pour cause de risques d'accidents de service souvent mortel, ou alors, si l'agent survit, de lourds handicaps pour le restant de la vie.

Photographie PTT - 1973 - Coll. C. R-V.

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  • 1970AgentsLignesSurPoteau001
  • 1970AgentsLignesSurPoteau002

Ci-dessus : un binôme d'agents des lignes en cours d'intervention sur un poteau téléphonique en bois particulièrement chargé de paires de cuivre (à noter un des agents avec sa cigarette : époque encore normale).

  • Le travail en binôme est un gage de sécurité lors d'interventions de ce type. Il est même une nécessité de facto. 
  • Gage de rapidité pour redescendre au plus vite une fois le travail (bien) fait, une parfaite entente entre les deux agents est alors une nécessité impérieuse. 
  • On ne fait pas binôme avec n'importe quel autre agent des lignes. 
  • En plus des capacités techniques, une vraie entente personnelle est requise.
  • Le mythe de l'agent interchangeable n'est qu'un leurre propagé par des personnes, nonobstant tout niveau de responsabilité, ne connaissant en rien le travail réel du domaine des Lignes et les risques mortels encourus.

Photographies PTT - 1973 - Coll. C. R-V.

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  • 1975PoteauxBoisN01
  • 1975PoteauxBoisN02
  • 1975PoteauxBoisN03
  • 1975PoteauxBoisN04
  • 1975PoteauxBoisN05
  • 1975PoteauxBoisN06

Ci-dessus : quelques exemples parmi une multitude de possibilités de fixation, étaiement, haubanage sur poteaux normalisés en bois. Photographies PTT - circa 1975 - Coll. C. R-V.

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  • 1975PoteauxArbresN01
  • 1975PoteauxArbresN02

Ci-dessus : dans la France profonde, en lisière de forêt, l'Administration des PTT a parfois utilisé des arbres comme poteaux téléphoniques ! 

  • Nous ignorons si cette utilisation de végétaux vivants en "appui partagé" était réglementairement autorisée, ou s'il s'agissait d'une "tolérance" concernant certaines pratiques locales...

Photographies PTT - circa 1975 - Coll. C. R-V.

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1965AgentLignesSurPoteauParafoudres

Ci-dessus : agent des lignes en cours d'intervention sur échelle contre un poteau en bois haubané, au niveau des boîtiers de raccordements des abonnés dits RPF (Raccordements - Parafoudres - Fusibles) - une tête de ligne - (donc sis à proximité d'habitations).

  • À noter la présence de parafoudres de protection et de fusibles. 
  • Autrefois, les parafoudres utilisés étaient légèrement radioactifs. 
  • Les parafoudres radioactifs sont interdits et retirés depuis les années 2000.

Photographie PTT - circa 1965 - Coll. C. R-V.

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1975.09GammeDeParafoudresDontAuRadium

Ci-dessus : gamme complète des parafoudres utilisés en 1975 dans les équipements de télécommunications français par l'Administration des PTT. 

  • Les gros modèles avec tube de verre sont radioactifs. 
  • Les modèles radioactifs ont été interdits à la vente en 1978, et les stocks déjà installés ont été retirés dans les années 2000.

Photographie PTT - Septembre 1975 - Coll. C. R-V.

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1981AgentLignesSurNacelle001

Ci-dessus : agent des lignes équipé d'un camion-nacelle en intervention sur un poteau téléphonique en bois haubané.

  • Depuis les années 2000, l'accès au sommet des poteaux téléphoniques n'est autorisé qu'avec une nacelle.
  • La trajectoire de la nacelle est télécommandée par l'occupant de la nacelle lui-même.
  • Méthode beaucoup moins accidentogène que l'escalade aux griffes et harnais, le risque accidentel existe toujours.
    • D'une part si les camions-nacelle sont mal équilibrés (mal conçus ou en cas d'affaissement de l'accotement), ils peuvent se renverser et tuer leur occupant dans la chute.
    • D'autre part, en cas de mauvaise estimation de la trajectoire, si l'occupant touche un câble EDF situé à proximité sur un poteau électrique contigu, voire sur le même poteau (dit partagé), l'électrocution est certaine.

Photographie PTT - 1981 - Coll. C. R-V.

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1985InterventionLignesSurRoute

Ci-dessus : intervention des Lignes sur une route pour un remplacement de poteau. 

  • à noter la présence de 2 camions-nacelle pour monter en haut des poteaux.

Photographie PTT - 1985 - Coll. C. R-V.

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1955CamionTreuilRetraitPoteau

Ci-dessus : camion-treuil des PTT utilisé pour arracher un poteau en bois qui doit être changé. 

  • L'inconvénient des poteaux de bois, nonobstant leur prix bon marché et le traitement à la créosote dont ils profitent, finissent toujours par pourrir au niveau de la chaussée ou légèrement en dessous.
  • Les agents des lignes, qui autrefois grimpaient directement aux poteaux, avaient pour habitude de tapoter chaque poteau avant de l'escalader pour vérifier qu'il ne sonnait pas creux...

Photographie PTT - circa 1955 - Coll. C. R-V.

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1978.05.25CnetLignesLannion

Ci-dessus : Centre d'Essais des Lignes installé à Lannion, sous commandement du CNET. C'est sur ce site que sont alors testés les différents équipements aériens des lignes téléphoniques (résistance au vent...). Photographie PTT - 25 mai 1978 - Coll. C. R-V.

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  • À partir des années 1970 sont apparus les poteaux téléphoniques en acier galvanisé, immunisés contre la putréfaction et plutôt bien protégés contre la corrosion.

1975PoteauxAcierGalvaniseN01

Ci-dessus : exemple d'un transport de lignes téléphoniques le long d'une route d'un centre téléphonique jusqu'à un bourg, au moyen d'un câble téléphonique aérien porté par poteaux téléphoniques en acier galvanisé.

  • À noter que certains poteaux sont doublés lorsqu'une résistance accrue est exigée (résistance au vent ou meilleure portance jugée nécessaire).

Photographie PTT - circa 1975 - Coll. C. R-V.

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  • 1975PoteauxAcierGalvaniseN02
  • 1975PoteauxAcierGalvaniseN03
  • 1975PoteauxAcierGalvaniseN04
  • 1975PoteauxAcierGalvaniseN05
  • 1975PoteauxAcierGalvaniseN06
  • 1975PoteauxAcierGalvaniseN07

Ci-dessus : quelques exemples parmi une multitude de possibilités de fixation, étaiement, haubanage sur poteaux en acier galvanisé. Photographies PTT - circa 1975 - Coll. C. R-V.

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  • Malheureusement, les poteaux téléphoniques en acier galvanisé souffrent d'un défaut majeur : ouverts en leur sommet, ils constituent un piège mortel pour n'importe quel oiseau ou rapace qui y tomberait dedans. 
  • Dès 1979, un modèle d'obturateur est déployé dans le parc de poteaux. 
  • Mais au début des années 1990, il est constaté que ce modèle d'obturateur vieillit mal et finit assez souvent par se déboîter, réactivant ces pièges mortels.
  • Aussi en 1992 une seconde campagne massive de déploiement d'un nouveau modèle d'obturateur est engagée.
  • Une fois les poteaux d'acier galvanisé inventoriés, un agent se rend sur place et à l'aide d'une perche télescopique construite à cet effet, pose un nouvel obturateur en leur sommet.

1992.03PerchePosedObturateurs

Ci-dessus : pose d'un obturateur à l'aide d'une perche télescopique. Photographie France-Télécom - Mars 1992 - Coll. C. R-V.

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  • 1975PoteauxBetonEDF01
  • 1975PoteauxBetonEDF02
  • 1975PoteauxBetonEDF03
  • 1975PoteauxBetonEDF04
  • 1975PoteauxBetonEDF05
  • 1975PoteauxBetonEDF06

Ci-dessus : quelques exemples parmi une multitude de possibilités de fixation, étaiement, haubanage en partage sur les poteaux EDF en béton.

  • Note : l'utilisation partagée des poteaux de distribution d'électricité est à éviter pour y transporter les câbles téléphoniques. En effet, lors d'intervention sur ces poteaux avec une nacelle, le risque existe d'accident par électrocution.

Photographies PTT - circa 1975 - Coll. C. R-V.

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Raccordement de l'abonné

Il s'agit, en quelque sorte, de la logistique téléphonique du dernier kilomètre.

  • L'intervention est réalisée par l'agent des lignes du Centre Principal d'Exploitation téléphonique (CPE) dont dépend l'abonné.
  • L'agent rend visite à l'abonné pour mettre en service son installation téléphonique, lui expliquer son fonctionnement, pour modifier son installation ou pour la dépanner.
  • Tout agent des lignes se déplaçant pour une intervention au domicile d'un abonné doit être muni de son Ordre de Construction, d'Intervention ou de Travaux et de sa Carte Professionnelle pour identification.
  • Depuis les années 2010, les Ordres de Travaux sont informatisés et les agents des lignes, renommés Techniciens d'Intervention Client (TIC) sont désormais pourvus chacun d'une tablette tactile.

1975PoteauxDistributionVillage56

Ci-dessus : vue de l'entrée d'un village du Morbihan avec poteau acier galvanisé au premier plan, puis poteau bois au second plan. Photographie PTT - circa 1975 - Coll. C. R-V.

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1960SousRepartitiondeZoneEnVille

Ci-dessus : vue d'une Sous-Répartition de Zone (SRZ), en ville. C'est dans cette armoire que les abonnés au téléphone d'une rue ou d'un pâté de maisons sont raccordés.

  • de cette SRZ un câble souterrain est raccordé au Centre Téléphonique de rattachement.
  • à noter que de nos jours (2019) ce type de SRZ reste encore largement déployé en France, preuve de la robustesse du modèle administratif jadis choisi.

Photographie PTT - circa 1960 - Coll. C. R-V.

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1960SousRepartiteurAbonnes165272

Ci-dessus : Agent des lignes opérant dans un Sous-Répartiteur situé au bas d'un immeuble d'habitations. Photographie PTT - circa 1960 - Coll. C. R-V.

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1984.10AgentEnSrzDrtToulouse

Ci-dessus : Agent des lignes en intervention dans une Sous-Répartition de Zone (SRZ) de la Direction des Télécommunications de Toulouse, équipé de combiné de test et d'un multimètre Métrix pour réaliser ses essais et mesures. Photographie PTT - Octobre 1984 - Coll. C. R-V.

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1976.01.15AgentLignesChezAbonne002

Ci-dessus : agent des lignes muni de son Ordre de Construction, en cours de test dans le Sous-Répartiteur de Zone (SRZ) au pied du pavillon qu'il doit équiper du téléphone. Photographie PTT - 15 janvier 1976 - Coll. C. R-V.

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1976.01.15AgentLignesChezAbonne001

Ci-dessus : ce même agent des lignes qui installe la ligne téléphonique dans le pavillon de banlieue de cet abonné pourvu d'un superbe téléphone administratif S63 gris à cadran d'appel. Photographie PTT - 15 janvier 1976 - Coll. C. R-V.

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Bureau d'Étude du Réseau Téléphonique

Évidemment, avant de déployer un réseau de câbles téléphoniques, encore faut-il disposer d'équipes réparties sur tout le territoire national. 

  • Parmi ces équipes, il convient de citer le corps des Dessinateurs Professionnels (DESPRO) qui réalisent alors au crayon de papier puis au tire-ligne (ou au Rotring) et à l'encre de Chine les plans (sur calque) de passage des futurs câbles téléphoniques urbains, interurbains et internationaux pour tout le territoire.
  • Des copies sont ensuite tirées par diazographie (plans à l'ammoniaque).
  • Chaque câble aérien ou souterrain du territoire national doit voir son parcours dûment archivé sur plan.
  • Depuis la fin des années 1990, tout le processus a été informatisé sur l'application n°104. 
  • Tous les nouveaux plans sont désormais conçus par Dessin Assisté par Ordinateur (DAO).

1978DessProLignesVillabe01

1978DessProLignesVillabe02

Ci-dessus : bureau des dessinateurs professionnels (DESPRO) de la Subdivision du Service des Lignes installée à Villabé (91) depuis le 26 septembre 1978 - Photographies PTT - 1978 - Coll. C. R-V.

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Fichier Technique des Abonnés

Il s'agit que sur tout le territoire national, l'Administration des PTT sache sur quelle position, sur quel câble, sur quelle paire de fils, chaque abonné au téléphone est effectivement connecté.

  • Chaque service qui concourt à la création/ modification / maintenance / suspension / résiliation de lignes téléphoniques doit disposer d'un Ficher Technique des Abonnés en ce qui concerne les abonnés du secteur desservi par ledit-service.
  • Initialement , le Fichier Technique des Abonnés est constitué de fiches en carton-bristol où sont notées toutes les données de raccordement des abonnés, l'itinéraire complet de câblage en quelque sorte, ainsi que l'état d'occupation et le taux de remplissage des différents câbles téléphoniques du secteur desservi.
  • Chaque Centre de Construction des Lignes (CCL) est chargé de tenir à jour le Fichier Technique des Abonnés principal couvert par sa zone géographique.
  • Chaque Centre Principal d'Exploitation, par son Service Technique des Abonnés (STA) est chargé de tenir à jour une copie locale actualisée du Fichier Technique des Abonnés, en ce qui concerne la partie seulement desservie par ledit centre.
  • Chaque service d'exploitation chargé de concourir à la construction et au fonctionnement des abonnés au téléphone y étant rattachés sont pourvus d'une copie de ce fichier local du F.T.A. En pratique, une copie du fichier local du F.T.A est nécessairement implantée dans chaque Répartiteur d'Abonnés. Accessible lui-aussi sous forme de fiches en carton-bristol rassemblées dans un meuble métallique où des bacs motorisés commandés par des boutons permettent de faire émerger le bon bac où est rangé la fiche de l'abonné souhaitée par l'équipe d'agents du répartiteur.
  • Depuis environ l'année 1986, le Fichier Technique des Abonnés a été totalement informatisé. Accessible désormais par des consoles dédiées, puis depuis les années 2000 par des micro-ordinateurs de type PC, la gestion du F.T.A a été sérieusement modernisée et allégée aux PTT devenus France-Télécom au 1er janvier 1991.

1976MajFichierTechniquedesAbonnes78

Ci-dessus : deux agents des télécommunications du Centre Principal d'Exploitation (CPE) de Trappes (78) du Service Technique des Abonnés (STA) en train de mettre à jour consciencieusement les fiches d'occupation des sous-répartitions de leur zone géographique et les fiches d'abonnés avec leur constitution téléphonique respective. Photographie PTT - 1976 - Coll. C. R-V.

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1976TableauOccupationCablesUrbains78

Ci-dessus : un Tableau d'Occupation des Transports et des Distributions (en fait, des câbles) affiché au mur, avec des codes-couleur suivant le taux pour chaque câble pouvant aller jusqu'à la saturation, auquel cas il devient impossible de raccorder tout nouvel abonné supplémentaire sur le secteur saturé. 

  • De profil, 1er plan : M. le Directeur de la Production de la Région de Paris Extra-Muros - François Marchal.
  • En 1976, pas d'informatique, par encore d'ordinateurs... Il faut tout faire à la main et avec son cerveau. 
  • Tous ces tableaux muraux permettant de visualiser d'un rapide coup d’œil l'état global d'un réseau local autour d'un centre disparaîtront à la mitan des années 1980, pour être informatisés et rendus accessibles par des consoles dédiées puis par des micro-ordinateurs du type PC.

Photographie PTT - CPE Trappes - 1976 - Coll. C. R-V.

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1976Copie FTARepartiteurTrappes

Ci-dessus : copie locale du Fichier Technique des Abonnés (FTA) installée dans le meuble métallique spécialisé, dans le Répartiteur téléphonique du Centre Téléphonique de la ville de Trappes (78)

  • Visible à droite du cliché, le meuble où l'on entrevoit le bac accessible par commande qui fait tourner les bacs selon le principe bien connu de la grande-roue.

Photographie PTT - 1976 - Coll. C. R-V.

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1978DocumentationdUnCPE

Ci-dessus : un service de Documentation dans un CPE ou dans un CCL, avant l'automatisation, où les agents mettent à jour les fiches cartonnées. 

  • Le Fichier Technique des Abonnés se trouve dans les deux grands meubles au fond à droite du cliché.

Photographie PTT - circa 1978-79 - Coll. C. R-V.

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1986CentralParisJemmapesDebuts42C

Ci-dessus : Fichier Technique des Abonnés ayant été informatisé en 1986 au Central Téléphonique Paris Nord-Jemmapes. Accessible désormais par des consoles dédiées. Photographie X - 1986 - CGT Orange Paris-Nord.

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Essais du Réseau Téléphonique

Chaque centre téléphonique doit pouvoir mener des essais et des mesures électriques pour chaque abonné et sur chaque équipement.

Par la Table d'Essais, l'on doive pouvoir vérifier l'état du Commutateur Téléphonique, des câbles et des lignes téléphoniques de cuivre ainsi que de tous type de points de coupure (Réglettes et Têtes de raccordement au répartiteur, borniers en Sous-répartitions et en Boîtiers de Raccordement, jarretières et câbles empruntés, jusqu'au Conjoncteur téléphonique installé chez l'abonné ainsi que son poste téléphonique agréé) de sa zone géographique.

  • Ainsi, chaque Centre Téléphonique est-il pourvu d'au moins une Table d'Essais.
  • Ultérieurement, au mitan des années 1980, toutes les tables d'essais ont été supprimées et remplacées par des applications informatiques accessibles par des consoles dédiées, puis au début des années 2000, par des micro-ordinateurs de type PC.

1974AgentsTabledEssaisAbonnes

Ci-dessus : Table d'Essais dans un centre téléphonique (où se déroule un pot à ce moment-là, l'on reconnaît la bonne ambiance de cette époque)

  • Sorte de meuble en Formica pourvu de jacks, de boutons-poussoirs et de cadrans à aiguilles, permettant de visualiser l'état électrique de chaque ligne téléphonique (court-circuit, bon isolement, fuite-batterie, terre, coupure, bon aux essais... etc...).

Photographie PTT - 1974 - Coll. C. R-V.

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1978TabledEssaisCentreBrunoyCP400

Ci-dessus : Table d'Essais du Centre Téléphonique de Brunoy dans l'Essonne, associée au Commutateur CP400 Brunoy B1 (SD11) de ce centre. Photographie PTT - 1978 - Coll. C. R-V.

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Opération Temporaires

Surnommées "les Tempos" dans le métier, les opérations temporaires sont des opérations spéciales ayant vocation à ne pas s'étendre dans le temps. De quelques jours à quelques mois seulement.

Deux types d'opérations temporaires existent :

  • Les opérations temporaires planifiées : événements sportifs (Tour de France, Jeux Olympiques etc.), foires (Foire de Paris, Foire de Marseille, Foire de Lille etc.) , festivals... (Aix en Provence, Avignon, Cannes, La Roque-d'Anthéron etc.)
  • Les opérations temporaires non planifiées : suite à catastrophes (naturelle, domestique ou industrielle), attentats, décès de personnages célèbres.

Dans tous les cas de figure, l'Administration des Télécommunications doit être en mesure de fournir les moyens nécessaires :

  • aux protagonistes (organisateurs des événements planifiés),
  • aux forces de sécurité et de secours,
  • à la presse et aux médias d'information en général pour couvrir cette actualité, de la plus joyeuse à la plus tragique.

Cas d'un événement non planifié : le décès de M. Charles de Gaulle survenu le 9 novembre 1970.

  • 1970.11.13TemposColombeyMortDeGaulle001
  • 1970.11.13TemposColombeyMortDeGaulle002

Ci-dessus à gauche : aménagement d'une salle de presse dans des locaux de fortune, par la Brigade de Presse avec téléphones automatiques et bélinographes (transmission de photographies) à Colombey-les-Deux-Églises suite au décès soudain de M. Charles de Gaulle.

Ci-dessus : à droite : aménagement d'un multiple téléphonique (dans une pièce exiguë) avec opératrices PTT chargées de recevoir et d'établir les communications avec les zones manuelles ou semi-automatiques, notamment les communications internationales (encore largement manuelles en 1970).

Photographies PTT - 13 novembre 1970 - Coll. C. R-V.

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Cas d'un événement planifié : le sommet du G7 qui s'est tenu au Château de Versailles du 4 au 6 juin 1982.

  • 1982.06.04SommetVersaillesG7n01
  • 1982.06.04SommetVersaillesG7n02
  • 1982.06.04SommetVersaillesG7n03
  • 1982.06.04SommetVersaillesG7n04
  • 1982.06.04SommetVersaillesG7n05
  • 1982.06.04SommetVersaillesG7n06

Ci-dessus, de haut en bas, de gauche à droite - Sommet du G7 à Versailles le 4 juin 1982.

  • N°1 : arrivée de M. le Ministre des PTT - Louis Mexandeau au Château de Versailles (collier de barbe - premier plan). Accompagné de M. le Directeur Général des Télécommunications - Jacques Dondoux (lunettes et costume gris foncé deux pièces, vers la droite).
  • N°2 : M. le Ministre des PTT - Louis Mexandeau salue les agents PTT qui tiennent le Point Messages (Fax et Minitel : équipements dernier cri), installé dans l'Orangerie.
  • N°3 : l'Orangerie qui abrite la Salle de Presse où sont installées 90 cabines téléphoniques avec abat-son.
  • N°4 : vue de la Salle des Téléscripteurs (Télex) destinée aux journalistes du monde entier présents pour couvrir l'événement.
  • N°5 : le Poste de Commandement des Télécommunications installé dans l'Orangerie d'où les équipes de fonctionnaires sont coordonnées.
  • N°6 : agents des lignes en intervention dans le Sous-Répartiteur principal de l'Orangerie.
  • À noter que l'essentiel des moyens humains est alors pourvu par le Centre Principal d'Exploitation (CPE) de Vélizy.

Photographies PTT - 4 juin 1982 - Coll. C. R-V.

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Cas d'un événement planifié : Sommet France-Afrique avec la participation de M. le Président de la République Française - Jacques Chirac, au Burkina-Faso, les 5 et 6 décembre 1996 à Ouagadougou.

  • 1996.12SommetFranceAfriqueOuagadougou001
  • 1996.12SommetFranceAfriqueOuagadougou002
  • 1996.12SommetFranceAfriqueOuagadougou003
  • 1996.12SommetFranceAfriqueOuagadougou004

Ci-dessus : la Salle de Presse montée en coopération entre l'ONATEL (Office National des Télécommunications du Burkina-Faso) et France-Télécom (service Bureau Temporaire) mettant à disposition des journalistes couvrant le Sommet France-Afrique les 5 et 6 décembre 1996 à Ouagadougou, les moyens de télécommunications nécessaires.

  • À noter que la mission du Bureau Temporaire de France-Télécom s'est déroulée sur deux semaines (montage des installations - raccordement au réseau téléphonique - assistance durant l'événement temporaire - démontage).
  • L'on peut voir que les terminaux sont du matériel provenant de France.
  • Très bonne ambiance entre les personnels de l'ONATEL et l'équipe de France-Télécom.

Photographies X - Décembre 1996 - Coll. Michel Palix

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Opérations de Secours

Cas de tempêtes et autres sinistres climatiques de grande ampleur :

Dans le cas de catastrophes d'ampleur nationale ou régionale, il est créé le Service National du Train-Parc, constituée d'équipes centrales d'agents des lignes entraînés aux travaux les plus lourds de reconstruction du réseau en milieu hostile.

  • Le "Train-Parc" a été créé en 1941 au lendemain de la défaite, pour hâter la remise en état du réseau téléphonique français après les pluies de bombardements allemands subies.
  • Ultérieurement le Train-Parc fut renommé UCIL pour Unités Centrales d'Intervention Lignes.
  • L'Administration des Télécommunications a compté 2 UCIL en France.
  • Article sur le Train-Parc - Revue Messages des PTT n°365 - Avril 1987 , avec un des agents que j'ai bien connu en fin de carrière à Paris : M. Michel Catros !
  • Après la privatisation et à la défaveur de la nomination du Président Directeur Général de France-Télécom - Michel Bon, icelui décida que les UCIL coûtaient trop cher pour entretenir le réseau de télécommunications français, et furent liquidées en Octobre 1999, soit 2 mois avant la tempête climatique du siècle survenue en France le 26 décembre 1999 .

"Si gouverner c'est  prévoir, la clairvoyance de ce dirigeant fut démontrée dès Décembre 1999 d'une bien curieuse manière".

1990.05UcilWagonTrainParc1

Ci-dessus : Wagon d'un Train-Parc de l'Administration des PTT. Photographie PTT - Mai 1990 - Coll. C. R-V.

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Cas d'incendie d'un Centre de Télécommunications :

  • Le 9 novembre 1981, un incendie se déclare dans le Centre d'Amplification des Télécommunications de Lyon-Sévigné, et Lyon se retrouve coupée du monde.
  • Retrouvez le déroulement de la catastrophe dans cette notice d'information éditée par le Ministère des PTT en fin 1981 (don de M. le Directeur Régional des Télécommunications - Pierre Cordero).

1981PlaquetteIncendieLyonSevigne001

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Repères administratifs :

  • Avant 1969, concernant la construction et la maintenance des différents réseaux téléphoniques locaux, les textes citent le Service des Lignes, ou encore le Service des Lignes et des Installations.
  • À compter du 1er août 1969, le Service des Lignes est placé sous l'autorité directe des Directeurs Régionaux des Télécommunications (Arrêté n°1547 du 16 juin 1969).
  • À compter du 18 janvier 1971, le Service des Lignes est placé sous l'autorité directe des Directeurs Régionaux des Télécommunications (Décret n°71-48 du 6 janvier 1971) (les transferts de responsabilités se sont faits en deux étapes).
  • À compter du 1er mai 1976, sont créées les Subdivisions du Service des Lignes qui exercent leur emprise sur le territoire d'un ou plusieurs Centres Principaux d'Exploitation des Télécommunications (CPE) - (Arrêté n°1374 du 22 avril 1976).
  • À compter du 1er juillet 1979, les Subdivisions du Service des Lignes prennent la dénomination de Centres de Construction des Lignes (CCL) - (Arrêté n°2286 du 23 juillet 1979).
  • À compter du 1er septembre 1996, les CCL prennent la dénomination d'Unités d'Infrastructure Réseau (UIR) - Évolution de l'Organisation 2ème phase (EO2).
  • À compter du 1er juillet 2000, les UIR sont transformées en Unités Régionales de Réseau (URR) par reprise des activités des UIR ainsi que la partie intervention des Unités d'Exploitation Réseau (UER) et des Unités du Réseau National (URN). 47 URR sont créées à cette date.
  • À compter de la mi-2006, les Unités Régionales de Réseau (URR) sont dissoutes. 
    • Les équipes d'études sont regroupées en 7 Unités de Pilotage Réseau (UPR) - (qui deviendont 5 UPR en fin 2008 après nouvelles fusions)
    • Les équipes d'intervention restantes des URR sont rattachées aux 27 Unités d'Interventions Client (héritières indirectes des anciens Centres Principaux d'Exploitation (CPE))  pour former 27 nouvelles Unités d'Intervention (UI) - suite à la mise en place du plan NExT à marche forcée.

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Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 26 juin 2019.

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