Historique des types de commutateurs téléphoniques automatiques en France


II - Les commutateurs rotatifs à commande par impulsions de contrôle indirect

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Historique général des commutateurs rotatifs de type pas à pas à contrôle indirect :

Les seconds commutateurs conçus sont électromécaniques et à organes tournants, de la famille des commutateurs à impulsions de contrôle indirect, c'est à dire de type pas à pas à fonctionnement saccadé, mais désormais équipés d'enregistreurs. Ils sont aujourd'hui totalement obsolètes.

  • - En France, le premier commutateur rotatif de type pas à pas à contrôle indirect est mis en service en 1932 à Lille, (R6 à enregistreurs)
  • - Suite à l'avis du Conseil Technique des PTT du 16 novembre 1960, les dernières commandes de nouveaux commutateurs à organes tournants ont lieu en 1961. (R6N2)
  • - Le plus récent commutateur pas-à-pas avec enregistreurs est mis en service le 17 avril 1962. (R6N2)
  • - Les dernières extensions pour commutateur avec Enregistreurs sont commandées en 1978, (arrêt initialement prévu en 1971 reporté de 7 ans).
  • - Le dernier commutateur de type pas à pas avec enregistreurs est démonté fin 82 / début 83 (notamment un des derniers, sinon le dernier étant Bordeaux Chartrons R6 (BX590)).

Sauf exception et pour ne pas trop complexifier l’ensemble, chaque commutateur à organes tournants de type pas à pas à contrôle indirect ne peut prendre en charge qu’un maximum de 10.000 abonnés.

Les systèmes rotatifs de type pas à pas à contrôle indirect déployés en France sont : 

  • - le R6 avec enregistreurs, 
  • - le R6N1, 
  • - le R6N2, 
  • - le SRCT,
  • - le L43,
  • - le ROTARY 7D (expérimentation).

Commutateurs pas-à-pas avec Enregistreurs - Avantages et Inconvénients : dans le cas des commutateurs  comme les R6 avec enregistreurs, les R6N1, les R6N2, le ROTARY 7D et les L43, les Cadrans Téléphoniques des abonnés ne constituent plus l’organe de commande direct du commutateur, car le commutateur est équipé d’un étage spécifique constitué par des Enregistreurs qui sont dans un premier temps chargés de mémoriser les numéros de téléphone composés aux cadrans par les abonnés, puis en fonction des numéros demandés vont commander eux-mêmes (ou passer par des Traducteurs intermédiaires) à tour de rôle les sélecteurs nécessaires à l’établissement des communications : le routage.

En comparaison avec un système à contrôle direct, un système à contrôle indirect est sensiblement plus complexe à concevoir et onéreux à fabriquer, mais le fait de mettre désormais en mémoire, dans un Enregistreur, le numéro d'abonné demandé par un appelant permet d'éliminer l'inconvénient majeur des systèmes à contrôle direct. En effet, désormais, une fois le numéro de téléphone de l'abonné mémorisé par le commutateur, le commutateur peut ensuite prendre tout son temps pour chercher et trouver un équipement de libre à chaque niveau de sélection. Il n'y a plus d'appels perdus grâce à l'ajout d'un étage d'Enregistreurs !

De surcroît, l’ajout de ces organes spécialisés à la réception de la numérotation provenant du cadran des abonnés permet un comportement plus réactif en fonctionnement et dans de plus larges tolérances et ainsi d’accepter la numérotation provenant de Cadrans Téléphoniques dont les réglages ne seraient pas idéaux : les enregistreurs sont des organes légers et adaptés à la réception rapide des numéros de téléphones, avec peu d'inertie mécanique ; plus légers que le reste des équipements tels que les Sélecteurs de dimensions, de poids et d'inertie plus élevés...

L’étage de l’Enregistreur (ou de l’Enregistreur-Traducteur) permet d’une part de recalibrer la numérotation provenant des cadrans, puis de la délivrer en léger différé aux différents étages de sélecteurs à la cadence idéale et fiabilise ainsi le fonctionnement global du commutateur.

Chaque sélecteur nécessaire effectue alors en pas à pas une rotation angulaire saccadée (et éventuellement un mouvement ascensionnel saccadé suivant les systèmes : cas du Strowger) du même nombre de sauts que celui mémorisé dans chaque Enregistreur, jusqu'à atteindre la bonne position.

Une fois que tous les sélecteurs auront été commandés par les Enregistreurs et que l'abonné demandé aura éventuellement décroché son téléphone, la communication sera établie et dûment taxée.

L'ensemble des Sélecteurs ainsi utilisés restent mobilisés durant toute la durée de la conversation, et ne peuvent plus être utilisés par d'autres abonnés. Cette immobilisation des ressources pose problème : c'est ici la grande limitation de la capacité d'écoulement des commutateurs rotatifs de tous les types, d'autant qu'ils ne peuvent pas être miniaturisés...

Dans tout système équipé d’Enregistreurs et de Traducteurs, ou d’Enregistreurs tenant lieu également de Traducteurs, l’Organe de Commande du Commutateur est bel et bien constitué par l’ensemble des Enregistreurs et des Traducteurs qui le composent.


Obtention de la tonalité d’invitation à numéroter : rôle des Chercheurs dans les systèmes à organes tournants.

Alors que nous sommes tous habitués depuis plusieurs décennies à obtenir la tonalité d’invitation à numéroter dès le décrochage du combiné téléphonique, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, dans les commutateurs téléphoniques à organes tournants (tous systèmes confondus), l’obtention immédiate de la tonalité au décrochage n’est ni immédiate, ni garantie…

Lorsqu’un abonné raccordé à un commutateur rotatif va décrocher son combiné, la ligne téléphonique se ferme, le courant électrique est établi et son impédance diminue.

Dans n’importe quel type de commutateurs, il n’y a jamais un détecteur de prise de ligne affecté en permanence à chaque ligne téléphonique. En revanche, il y a un certain nombre de chercheurs primaires (ou de présélecteurs) qui analysent successivement à intervalle régulier le parc de lignes téléphoniques raccordés.

Alors que dans les systèmes ultérieurs, la position de chaque ligne est analysée à intervalle régulier toutes les quelques millisecondes voire microsecondes, dans les systèmes à organes tournants, il y a des groupes de chercheurs primaires qui sont des organes rotatifs qui vont, eux aussi, analyser les lignes téléphoniques successivement à intervalle régulier, en balayant 24 heures sur 24 les positions de tous les abonnés, mais à un vitesse très lente.

Ainsi, il n’est pas rare de devoir attendre plusieurs secondes qu’un chercheur primaire s’arrête sur l’abonné qui a décroché son téléphone, pour que le chercheur s’immobilise sur cette position en ayant détecté électriquement le décrochage de l’abonné considéré.

Ensuite, le chercheur secondaire, qui est associé à son chercheur primaire doit lui aussi trouver, en tournant très lentement, une position d’accès à un enregistreur libre.

Ce n’est que lorsqu’un chercheur primaire et un chercheur secondaire croisent d’une part la ligne décrochée de l’abonné et d’autre part un enregistreur libre du commutateur téléphonique, que la tonalité d’invitation à numéroter au cadran téléphonique est alors envoyée sur le poste téléphonique de l’abonné.

De surcroît, dans les zones à forte densité d’abonnés et pendant les heures de pointe (heures de bureau  et début de soirées) le nombre de chercheurs disponibles par groupe d’abonnés et par groupe d’enregistreurs se révèle notoirement insuffisant, et il n’est alors pas rare de ne pas pouvoir obtenir de tonalité : le téléphone de l’abonné, bien que sous tension, reste muet...

À l'heure actuelle, et depuis plus de vingt ans, lorsqu’un tel événement se produit, d’ailleurs très rarement, il s’agit soit d’un dérangement de la ligne téléphonique considérée, soit d’une panne sérieuse dans tout ou partie du commutateur de rattachement. Mais à l’époque des centres téléphoniques à organes tournants, ceci était la norme.



Risque de surcharge des commutateurs à organes tournants :

Dans un commutateur à organes tournants, le risque de panne par surcharge exceptionnelle momentanée qui se produirait si presque tous les abonnés décrochaient leur téléphone en même temps est à peu près nul. En effet, si tel était le cas, la quasi totalité des abonnés se retrouverait avec une ligne téléphonique inerte ; excepté quelques rares privilégiés qui auraient eu la chance par ce "tirage au sort" de recevoir la tonalité d'invitation à numéroter... 

Mais le danger réel est tout autre : en cas de surcharge du commutateur durant des heures entières sans discontinuer, et aux limites absolues de leur capacité d'établissement et d'écoulement des communications, les organes tournants tournent alors sans arrêt si bien qu'ils finissent au bout de plusieurs heures par s'échauffer par effet de frottement mécanique... 

Si un délestage d'urgence (un arrêt total ou partiel du commutateur, entraînant la coupure des abonnés) n'est à ce moment là pas décidé par l'équipe de commutants présente sur place dans la salle du commutateur, le système peut en arriver à un point où tout le commutateur devient si brûlant qu'il finisse par prendre feu, et être détruit en totalité, y compris le bâtiment qui l'héberge  !

Ceci fut notamment le cas du commutateur L43 de Nancy, mis en service en 1951, qui saturé en permanence a brûlé quelques années seulement après sa mise en service... Les mauvaises langues parlaient de matériel flambant neuf...



R6 (avec enregistreurs de numéros) mis en conception pour les villes de province de plus grande importance dès 1930 après avis du Comité Technique des PTT rendu le 21 février 1930, ce système est aussi un hybride qui s'inspire des systèmes Rotary et Strowger, mais il est simplifié et moins coûteux que ceux-ci. Bien qu’étant plus coûteux qu'un R6 à contrôle direct, il permet une meilleure souplesse dans l'acheminement des communications, tout en restant moins performant que les ROTARY 7A, 7A1 et 7A2.

Un commutateur R6 avec enregistreurs est un commutateur R6 à contrôle direct dont les Orienteurs du premier étage de sélecteurs ont été remplacés par des enregistreurs simplifiés de numéros qui commandent en différé, après analyses des préfixes par blocs de chiffres, les orienteurs des étages de sélecteurs suivants pour acheminer de manière plus souple et plus optimale les communications en son propre sein pour les abonnés locaux, ou vers les centres de transit pour les abonnés plus éloignés.

  • - 21 commutateurs ROTATIF 1926 à enregistreurs sont installés en France, uniquement en province.
  • - L'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing est équipée en premier de ce système en 1932. 
  • - Un marché destiné à automatiser en commutateurs R6 Avec Enregistreurs le reste de la Côte d'Azur est signé le 10 juillet 1934 entre l'Administration et la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston. Les mises en service suivront entre 1936 et le 10 décembre 1938.
  • - Le déploiement du ROTATIF 1926 avec enregistreur de numéros est totalement interrompu en province dès la déclaration de guerre. Il ne reprendra qu'en 1945. Il se poursuivra jusqu'à l’arrivée de la version modernisée en Mai 1949.

Nota : en comptabilisant les commutateurs R6, qu'ils soient à contrôle direct, ou à contrôle indirect par enregistreurs, en incluant les petits bureaux satellites semi-automatiques-ruraux, le parc atteint 140 commutateurs R6 en 1939 à la veille de la seconde guerre mondiale.

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Ci-dessus : vue du commutateur de Biarritz R6 avec Enregistreurs, mis en service le 1er juin 1934. Héliogravure CTTH.

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Ci-dessus : vue d'ensemble du commutateur Bordeaux-Aquitaine R6 avec Enregistreurs, mis en service le 29 mai 1937. Héliogravure CTTH.

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ROTARY 7D un prototype expérimental est mis en service le 17 juillet 1937 à Angers, en vue d'équiper ultérieurement la grande banlieue de Paris par la société LMT (Seine-et-Marne, Oise...), mais n'est finalement pas retenu en France par l'Administration des PTT pour déploiement en raison de son coût. (Nota : Ce commutateur a été très endommagé le 10 août 1944 par l'occupant allemand. Il semble encore en fonction en 1964.)

En revanche, il est retenu dès le début des années 1930 par la compagnie française de chemins de fer d'Alsace-Lorraine, pour leurs réseaux de télécommunications internes, notamment dans les grandes gares - Strasbourg étant la première gare équipé ; il en est de même pour la Compagnie des Chemins de Fer de l'État - Gares de Paris Saint-Lazare, Montparnasse...

Le ROTARY 7D est par contre massivement déployé dans les campagnes de Grande-Bretagne ainsi qu'en Suisse et constitue un meilleur produit que notre système automatique-rural en déploiement dans nos campagnes à partir de 1935, adopté par l'énergique Ministre des PTT d'alors : Georges Mandel, système qui n'avait hélas d'automatique que le nom.

Malheureusement, le système automatique-rural (qui utilise en partie le matériel R6) adopté en France par le décret du 19 juillet 1935 (BO PTT 1935 n°23 page 509) a en fait accru le retard d'automatisation du réseau téléphonique français dans sa globalité, par rapport au reste de l'Europe qui n'a pas retenu cette demi solution à coût réduit. 

Le système automatique-rural a même par la suite, dans les années soixante, retardé l'automatisation totale des provinces. Par exemple, en 1968, est mis en service un centre automatique-rural à Corté, dans le département de Corse... 

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Ci-dessus : vue du commutateur Rotary 7D de la Gare de Paris Montparnasse en 1935. (Cliché LMT, collection C. R-V.)

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  • - Le ROTARY 7D est pourvu d'enregistreurs.
  • - Le ROTARY 7D est un commutateur de très-petite taille, entièrement automatique. Il est bien conçu pour être installé dans les campagnes et pour regrouper en réseau téléphonique entièrement automatique les petits bourgs. Par contre, son prix de revient par abonné est élevé, d'où son abandon par les autorités françaises qui n'étaient pas prêtes à y mettre le prix.
  • - Le ROTARY 7D est un commutateur pourvu de Chercheurs rotatifs utilisés aussi bien en tant que Chercheurs, qu'en tant que Sélecteurs unidirectionnels.
  • - Les Chercheurs rotatifs comprennent 100 positions. (Chercheurs probablement de Type 7002). Il s'agit du même modèle utilisé que dans le ROTARY 7A1.
  • - En revanche, bien que le ROTARY 7D utilise des organes communs aux autres ROTARY 7, il ne s'agit en fait pas d'un système à Impulsions de Contrôle Inverses, mais d'un système très similaire à un système pas à pas tel que le ROTATIF 1926 (R6) : il n'y a que des Impulsions calibrées en durée par un système d'engrenages à cliquet à 10 positions (en réalité 11 positions car 1 position est réservée à la maintenance technique), délivrées par l'Enregistreur pour avancer, mais il n'y a plus d'impulsions d'arrêt en tant que telles (dites Impulsions de Contrôle Inverses).


R6 N1 (normalisé type 1 - à enregistreurs - traducteurs à relais). Modernisation des commutateurs R6 à enregistreurs, elle est mise en étude à partir de 1944. Normalisation issue de la recommandation du Conseil Technique des PTT réuni en séance le 18 mars 1948, ces commutateurs ROTATIF 1926 Normalisés de type 1 sont équipés de nouveaux enregistreurs-traducteurs théoriquement aussi efficaces que ceux des ROTARY 7A1 utilisés dans le réseau parisien, afin de préparer l’automatisation à venir de l’interurbain.

  • - 35 commutateurs R6 N1 sont installés en France.
  • - Première mise en service en France dès Mai 1949 à Rouen, par la CGCT.  
  • - Le ROTATIF 1926 N1 le plus récent est mis en service le 17 octobre 1959 à Rennes.

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Ci-dessus : vue d'ensemble du commutateur R6N1 de Rouen. (caches protecteurs anti-poussière retirés)

(source : encyclopédie des PTT 1957, éd. Rombaldi)

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Ci-dessus : vue de côté du commutateur R6N1 de Rouen, mis en service en Mai 1949. Héliogravure CGCT.

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CommutateurLyonR6N1

Ci-dessus : vue d'ensemble du commutateur R6N1 de Lyon (Lyon-Franklin ou Lyon-Gailleton), mis en service le 26 janvier 1952 (caches protecteurs positionnés). Héliogravure CGCT.

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CommutateurMontpellierR6N1

Ci-dessus : vue d'ensemble du commutateur R6N1 de Montpellier, mis en service en 1951. Héliogravure CGCT.

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Ci-dessus : chaîne de montage des baies de Commutateurs R6N1. Circa 1953. Héliogravure CGCT.

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SRCT, de l'acronyme Service des Recherches et du Contrôle Technique l'ayant conçu, est un petit autocommutateur fabriqué à partir de matériel R6, de catégorie secondaire et en conséquence destiné au déploiement dans les campagnes, dans le but de remplacer le système dit automatique-rural qui était en fait semi-automatique déployé à partir de 1935 sur instruction de Georges Mandel, Ministre des PTT. Ce système, au lieu d'avoir été conçu par un industriel comme l'ont été tous les précédents, est le premier conçu au sein de l'Administration des PTT. Conçu par l'Ingénieur en chef des Télécommunications Albert de Villelongue, le SRCT permet d'automatiser les campagnes.

Il s'agit d'un véritable commutateur à autonomie d'acheminement (et non pas d'un concentrateur de lignes) ; si l'abonné appelant et l'abonné appelé appartiennent au même commutateur SRCT, la communication est alors établie par ledit commutateur SRCT. Si l'abonné demandé est extérieur, la communication est acheminée vers le centre de groupement (nodal) de rattachement.

- La capacité typique de raccordement est de 200, 400 ou 900 lignes d’abonnés au maximum suivant les variantes.

- La portée de raccordement entre un commutateur SRCT et un centre nodal est de 40 km maximum.

- Une ou plusieurs "centaines" d'abonnés peuvent être déportées (détachées) du cœur jusqu'à 20 km de distance pour constituer un sous-centre, mais ce sont autant de "centaines" qui sont à déduire de la capacité totale maximale du commutateur SRCT.

  • - Le premier SRCT est mis en service à Perros-Guirec le 5 novembre 1950, en présence de M. René Pleven, Président du Conseil des ministres, et de M. Charles Brune, Ministre des PTT.
  • - Le système SRCT fut déployé jusques en 1961.

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Ci-dessus : prototype du système SRCT de 1949. Sont reconnaissables en haut des baies les commutateurs pas à pas à 51 positions empruntés au système R6.

Photo Collection Historique des Télécommunications.

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Ci-dessus : commutateur SRCT de Perros-Guirec mis en service le 5 novembre 1950. Photo CNET.

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Vue d'une plaque signalétique d'un commutateur SRCT. Collection C. R-V.



L 43 (nom complet : LESIGNE 43) est un commutateur, conçu par la Compagnie Industrielle des Téléphones, sous la responsabilité de l'Ingénieur Henri Louis Lesigne à partir de l'année 1943, utilisant le même matériel que le R6 N1 mais adopte un principe de sélection différent, sans dispositif Orienteur. En effet, dans ce système, les sélecteurs sont actionnés directement par les enregistreurs, à l’aide d’un réseau de commande par fils distincts des fils véhiculant les conversations téléphoniques, ce qui permet d'économiser des baies d'équipements et de faire théoriquement baisser le coût des commutateurs.

Le 22 janvier 1948, le Conseil Technique des PTT propose de faire construire un prototype L43 à Nancy.

Officiellement, le Conseil Technique des PTT adopte dans son avis du 6 octobre 1950 le système L43.

La mise au point de ce type de commutateur téléphonique assez complexe nécessite même la création d'une Commission le 9 octobre 1950 chargée de contrôler le fonctionnement de l'autocommutateur de Nancy équipé en système automatique L43. Cette commission est notamment composée de Charles Lange, Jean Rouvière et Pierre Marzin, qui sont ou seront tous trois Directeurs Généraux des Télécommunications.

  • - À partir du mois d'Avril 1951, le prototype nancéien (Nancy-Stanislas II) achevé est mis en expérimentation interne.
  • - Première mise en service dans le réseau téléphonique en France dès Juillet 1951 à Nancy-Stanislas II. Bien que n’ayant pas été massivement déployé, ce modèle de commutateur a toutefois permis une mise en concurrence des différents constructeurs et amènera à la mise au point ultérieure d’une nouvelle version améliorée des commutateurs R6 : le R6N2. 
  • - Un total de 13 commutateurs L43 est mis en service en France. 
  • - Le système L43 n'a pas donné toutes les satisfactions attendues autant en terme de fiabilité fonctionnement que d'économies d'exploitation. Les dernières commandes sont passées en 1958.
  • - Le LESIGNE 43 le plus récent est mis en service le 1er octobre 1960 à Nancy, une fois encore : Nancy-Stanislas III.
  • - La dernière extension d’un commutateur L43 est commandée en Juillet 1978 (L43 Chambéry).


R6 N2 (normalisé type 2 - à enregistreurs et muni de traducteurs séparés et à relais), issu des évolutions du L43. Comme les enregistreurs-traducteurs du R6N1 n'ont finalement pas donné entière satisfaction en interurbain, il a été décidé de séparer la fonction Enregistreur de la fonction Traducteur. Désormais, 90 enregistreurs seront contrôlés par seulement 2 traducteurs à relais. En fait, cette nouvelle architecture autorise une nouvelle amélioration du routage des communications interurbaines par voie automatique : il faut savoir qu'un traducteur n'est utilisé pour établir une communication, que durant une fraction de seconde ; d'où le fait de pouvoir profiter de la séparation de la fonction de traduction de celle d'enregistrement pour pouvoir réduire le nombre de traducteurs dans un commutateur R6N2 (simplification du commutateur et baisse de prix), mais par la même occasion construire des traducteurs beaucoup plus perfectionnés (ce qui revient à privilégier la qualité sur la quantité).

  • - 27 commutateurs R6 N2 sont installés en France.
  • - Premières mises en service en France dès le 22 mars 1958 à Poitiers par la CGTT et à Boulogne-sur-mer le 22 juin 1958 par l' AOIP.
  • - Le ROTATIF 1926 N2 le plus récent est mis en service le 17 avril 1962 à Annecy. 
  • - Les dernières extensions de systèmes R6 déjà installés auparavant ont été commandées en Octobre 1978.


Concernant le cadran français spécifique à 11 trous, utilisé pour tester les commutateurs de type R6, merci de se reporter au chapitre XVI.

http://telecommunications.monsite-orange.fr/page-5...



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Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 17 mai 2017.

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