Historique des types de commutateurs téléphoniques automatiques en France


VIII - Les commutateurs électroniques de type temporel de 3ème génération

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Généralités

Les commutateurs électroniques de type temporel de 3ème génération sont, en France, mis en service pour la première fois le 4 janvier 1990 (système AXE10).

Ils sont aujourd'hui largement déployés sur le réseau téléphonique commuté français.

Ils sont caractérisés par une grande capacité de raccordement typique de 100.000 à 200.000 abonnés par cœur de chaîne, et une capacité accrue d'établissement d'appels téléphoniques supérieure à 500.000 appels à l'heure ; le tout avec une fiabilité renforcée par rapport à leurs prédécesseurs temporels de seconde génération.

Ils sont compatibles avec tous les services confort commercialisés, y compris la Présentation de l'Identité du Demandeur (PID) en vigueur depuis le 2 septembre 1997, ainsi que la Portabilité du Numéro depuis le 1er janvier 1998, sans limitation ni adaptation particulière.

Les systèmes électroniques de type temporel des 3ème génération déployés en France sont les suivants :

  • -E10B3,
  • -E10B3/CTN3G,
  • -AXE10,
  • -AXE TRANSGATE 4 / CTI4G.

Nota : concernant les commutateurs d'abonnés, depuis 2008, le support technique jusqu'alors fourni par les industriels qui fabriquaient ces commutateurs cesse définitivement, ne possédant même plus en leur sein la connaissance et les compétences requises (les départs massifs en retraite, pré-retraite et autres plans sociaux à répétition ayant dissous leur propre filière). Depuis lors, ce sont les équipes de commutants de France-Télécom Orange qui, en complète autonomie, maintiennent avec succès le Réseau Téléphonique Commuté de France.


Réseaux de Connexion numériques Intégralement Temporels

&

Réseaux de Connexion numériques Mixtes - Temporels et Spatiaux

En effet, certaines variantes existent dans les Réseaux de Connexion des commutateurs temporels.

Dans un Réseau de Connexion numérique intégralement temporel (PLATON, E10N3, E10B3, MT20 de petite capacité et MT25 de petite capacité), il faut beaucoup de Mémoires Tampon afin de stocker le temps nécessaire les signaux de conversation des voies entrantes pour les rediriger vers les bonnes voies de sortie.

Vu le prix de ces mémoires au début de la commutation temporelle, ainsi que par souci de simplification du Réseau de Connexion, il a parfois été décidé pour certains systèmes (AXE10, AXE Transgate 4, E12, E10N1, MT20 de grande capacité et MT25 de grande capacité) d’intégrer un ou plusieurs étages réalisés en électronique numérique spatiale entre l’étage d’entrée temporel et l’étage de sortie temporel des Réseaux de Connexion, afin de pouvoir se passer d’un maximum de Mémoires Tampon. Cet étage numérique spatial de brassage est plus simple à réaliser et beaucoup moins coûteux.

Par contre, un étage spatial numérique, même s’il permet d’améliorer le brassage, ne peut procéder qu’au basculement d'un Intervalle de Temps donné (IT) d'une Liaison MIC entrante vers une autre Liaison MIC sortante, toujours à la même position temporelle donnée.

Donc, un étage spatial numérique ne permet en aucun cas de décaler l’Intervalle de Temps (IT) entre une Liaison MIC entrante et une Liaison MIC sortante. Donc, ce ou ces étages ne viennent qu'en appoint dans un Réseau de Connexion numérique, mais ne peuvent pas assurer à eux seuls la commutation téléphonique complète.

Il s’agit là d’un compromis entre la technique pure et la finance, pour pouvoir réaliser un brassage entre les Liaisons numériques MIC entrantes et sortantes. Cette technique fonctionne tout aussi parfaitement que la technique de connexion purement temporelle. Cependant, l’intérêt de cet artifice tend depuis de nombreuses années à s’estomper, étant donné la baisse des prix vertigineuse des circuits Mémoires.

En revanche, dans un commutateur temporel, quelque soit sa génération et son modèle, le Réseau de Connexion temporel est systématiquement dupliqué.


Famille 1000-E10 : Incluant deux sous-familles : E10 et MT de la société française Alcatel qui fait aujourd'hui partie du groupe franco-américain Alcatel-Lucent :


Sous-famille E10, (abréviation : E pour Électronique car 100% électronique, projet n°10), (licence Alcatel époque CGE), dont le prototype est issu du projet PLATON, en France existe le type suivant de 3ème génération :


E10B3, est issu du E10B. Temporel de troisième génération. L'architecture de base est révisée en profondeur par rapport à ses deux prédécesseurs, les commutateurs E10N3 et E10N1. Le système E10B3 de conception très novatrice s'apparente plutôt à un système informatique qu'à un système téléphonique. 

Ce modèle de commutateur est le premier système d'abonnés à être mis en service après la dissolution en France de l'administration des PTT survenue le 1er janvier 1991.

Pour satisfaire aux desiderata de l’Administration qui souhaitait un successeur amélioré au commutateur E10N1, la société ALCATEL avait comme objectif de créer un nouveau commutateur avec les caractéristiques suivantes :

  • -Accroissement de la capacité de raccordement du nombre d’abonnés,
  • -Accroissement de la capacité de traitement d’appels à l’heure en pleine charge,
  • -Accroissement de la fiabilité et de la sécurité du système,
  • -Possibilités d’adjoindre dès le début de commercialisation, ou ultérieurement, de nouvelles fonctionnalités évolutives ou des matériels de technologies futures.

Pour y parvenir, ALCATEL avait comme contrainte interne de devoir réduire les coûts du nouveau système :

  • -d’une part en repartant de l’énorme base logicielle déjà existante et opérationnelle créée pour le prédécesseur E10N1,
  • -d’autre part en adoptant les composants électroniques courants et les processeurs disponibles dans le commerce grand public.
  • -de surcroît, un commutateur E10B3 ne comporte que 32 types de cartes différents, contre 160 pour son prédécesseur E10N1. Cet effort d'harmonisation des matériels participe aussi de la réduction du coût/abonné.

Au lieu d'utiliser comme le font ses prédécesseurs ou ses contemporains un bus temporel d'interconnexion des organes de commande, son fonctionnement interne utilise désormais le protocole de communication en Réseau Local d'Interconnexion en Anneau à Jeton (Token Ring), via des Multiplex de communication entre des blocs fonctionnels totalement informatisés (Stations Multiprocesseur -SM)  et qui sont décorrélés des organes physiques, si bien qu’en ouvrant la totalité des baies composant un commutateur E10B3, il soit très difficile à l’œil nu de différencier les différents organes qui semblent tous matériellement identiques.

Les différentes Station Multiprocesseur (SM) sont pilotées par un système d'exploitation nommé Hyperviseur chargé de les faire cohabiter ensemble. L'Hyperviseur est le logiciel de base de fonctionnement du commutateur E10B3.

Chaque Station Multiprocesseur est pilotée par de multiples microprocesseurs internes couplés entre eux, de la famille Motorola MC68000.

Pour les Machines Physiques (les différents Organes d'un commutateur) qui existaient auparavant sur les prédécesseurs E10N3 puis E10N1 et qui étaient matériellement distinctes les unes des autres, correspondent désormais sur le commutateur E10B3 à de nouvelles Machines Logiques basées sur les logiciels récupérés du système précédent E10N1, portés par les microprocesseurs de la famille MC68000.

Parmi les Stations Multiprocesseur d'un commutateur E10B3, il existe notamment :

- La Station Multiprocesseur de Commande principale (SMC), (il en existe au moins un exemplaire, mais il peut en exister plusieurs suivant l'importance du commutateur) : parmi laquelle sont incluses les Machines Logiques (ML), chacune pilotée par un logiciel indépendant. Chaque Machine Logique reproduit la fonction d'un Organe connu dans les commutateurs temporels à commande répartie :

- Les Taxeurs (ML TX)  chargés d'établir et comptabiliser les taxes des conversations pour chaque abonné.

- Les Traducteurs (ML TR) qui calculent les routages des conversations téléphoniques suivant les abonnés demandés.

- Les Multienregistreurs (ML MR) qui assurent le déroulement et le séquencement de l'établissement en temps réel des communications et leur arrêt.

- Les Marqueurs (ML MQ) sont l'interface entre les autres organes de commandes précités et les Unités de Raccordement d'Abonnés via le Réseau de Connexion (RCX).

Il existe donc dans un commutateur E10B3 autant de Machines Logiques (ML) que d'organes existants, sachant naturellement qu'il existe plusieurs Taxeurs, Traducteurs, Multienregistreurs et Marqueurs. Les Machines Logiques de même type fonctionnent, en service normal, en partage de charge.

- La Station Multiprocesseur de Connexion (SMX) : constituée d'un Coupleur Multiplex Principal, associé à un (ou deux) coupleur(s) spécialisé(s), chargé d'accéder au Réseau de Connexion temporel (RCX) du commutateur.

Il est à signaler que le Réseau de Connexion (RCX) du commutateur E10B3 est (à nouveau) 100% temporel, mais désormais pourvu de capacités accrues de connexions. Le Réseau de Connexion d'un commutateur E10B3 ne comporte qu'un unique étage Temporel, mais d'une puissance nettement améliorée par rapport aux précédents systèmes.

Chaque commutateur E10B3 permet le raccordement sur son Réseau de Connexion temporel synchrone (RCX) de 2048 multiplex numériques MIC entrants de 30 voies téléphoniques chacun, et 2048 multiplex numériques MIC sortants.

Ultérieurement, en 1997, un nouveau type de Réseau de Connexion (HC2) à commutation temporelle asynchrone (structure ATM) est mis au point et les commutateurs E10B3 qui en sont équipés permet le raccordement de 8.000 multiplex numériques MIC de 30 voies téléphoniques chacun.

- La Station Multiprocesseur de Terminaisons (SMT) : est chargée de relier au cœur de chaîne les éventuelles Unités de Raccordements d'Abonnés Distantes, via liaisons numériques MIC. 

Le type préférentiel d'unités déportées sont des CSND, mais également des équipements de générations plus anciennes : Les CSED, mais aussi les URA 2G de Thomson créées initialement pour le système MT25. (Les URA 2G  sont de moins en moins utilisées depuis le courant des années 2000 car elles ne supportaient pas le service de Présentation de l'Identité du Demandeur (PID) commercialisé en 1997...)

- La Station Multiprocesseur Maintenance (SMM) : constituée, par sécurité, de deux Stations Multiprocesseur Maintenance dupliquées et identiques (SMMA et SMMB), fonctionnant en synchronisme ; l'une fonctionnant en pilote, l'autre étant laissée en réserve en cas de défaillance, chargée d'assurer la fonction d'exploitation et de maintenance du commutateur. 

- Elle supporte l'Organe de Contrôle (ML OC) chargé des opérations de test et de maintenance du système.

- Elle assure la supervision et la gestion du système.

- L'archivage des données du système. (Plan de numérotage, tables de traduction des indicatifs téléphoniques, données des options des abonnés, compteurs de taxation...)

- L'interface homme-machine (alarmes, écrans, claviers...)

- La protection du système. (attaques, surcharges, avaries...)

- La réinitialisation du système en cas d'avarie grave. (en dernier recours)

Nota : dans un commutateur E10B3, les Centres de Traitement de l'Information (CTI) installés à distance et supervisant plusieurs commutateurs E10 de générations précédentes n'existent plus en tant que tel : désormais, chaque commutateur E10B3 possède sa propre Station Multiprocesseur de Maintenance (SMM), qui accomplit les mêmes fonctions de supervision que les anciens CTI.

- Il existe notamment la Station Multiprocesseur Auxiliaire (SMA) constituée des Machines Logiques (ML) suivantes : 

- ML ETA, pour Équipements de Tonalités et d'Auxiliaires, chargée d'émettre les tonalités, les sonneries...

- ML PUPE, chargée  de dialoguer avec les commutateurs extérieurs.

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La sauvegarde externe de sécurité peut être effectuée par des dérouleurs à bandes magnétiques, puis ultérieurement par des dérouleurs à cassettes (supprimés depuis 2000, remplacés par des liaisons entrée-sortie informatiques).

DerouleurBandeMagnetiquePertecE10B3

Ci-dessus : dérouleur de bandes magnétiques de marque Pertec, utilisé dans les commutateurs E10B3 au début des années 1990. Photo C. R-V d'un exemplaire survivant au C.T Paris Invalides.

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Protection d'un commutateur E10B3 contre d'éventuelles surcharges de fonctionnement.

Les commutateurs E10B3 bénéficient de protections contre les surcharges de fonctionnement très efficaces, par le biais de programmes de défense particulièrement puissants.

Dans la mesure où nous avons à faire à un commutateur à commande répartie de conception très décentralisée, et que les organes internes et les fonctions sont au minimum dédoublés, et que de surcroît chaque fonction assurée par un organe ou un groupe d'organes est équipée de programmes de surveillance de défauts dans toutes les parties stratégiques du commutateur, que ces programmes de défense sont en mesure de détecter, classer les incidents par ordre d'importance des défauts ; d'alerter l'équipe de maintenance, de désactiver un éventuel organe défaillant et de répartir sa charge de travail dans les organes disponibles restants, le temps qu'une équipe d'intervention répare l'avarie, la possibilité qu'une panne intrinsèque dans un organe provoque par "capillarité" l'arrêt total de fonctionnement d'un commutateur E10B3 est en réalité infime. Ce commutateur est réputé pour sa solidité "à toute épreuve" ou presque, ce qui fait son succès depuis 1991...

Mais il demeure cependant une seule possibilité gravissime de mettre très facilement en panne avec arrêt total ce type de commutateurs temporels : la surcharge grave d'appels téléphoniques à traiter. En effet, dans le cas d'une catastrophe, ou au moment des vœux de bonne année à minuit du 31 décembre au 1er janvier, ou encore d'un jeu concours particulièrement populaire par exemple, il pourrait se produire, si un bien trop grand nombre d'abonnés décrochait chacun leur téléphone au même moment, que la totalité des organes du commutateur se retrouvassent tous saturés au même moment et dans ce cas là, le système en entier se bloquerait et le commutateur tomberait totalement en panne immédiatement.

En effet, au contraire des anciens commutateurs à organes tournants et aux commutateurs crossbar qui étaient bien trop lents, et ainsi permettaient d'amortir un surplus de demandes à satisfaire, un commutateur électronique temporel est si réactif, si rapide à établir la relation avec les abonnés au décrochage des téléphones, qu'un tel amortissement est impossible.

Pour éviter qu'une telle surcharge puisse se produire, il a été mis en place une fonction de surveillance du trafic instantané dans le commutateur E10B3 toutes les 500 ms, aux points stratégiques qui sont les plus soumis aux surcharges en premier lieu : les Multienregistreurs (ML MR).

1) Dans le cas de surcharges exceptionnelles mineures (SCH1), chaque Multienregistreur surchargé (ML MR) refuse les appels de départ non urgents et ne provenant pas de lignes téléphoniques prioritaires.

2) Dans le cas de surcharges exceptionnelles importantes (SCH2), chaque Multienregistreur (ML MR) refuse les appels de départ et les appels d'arrivée non urgents et ne provenant pas de lignes téléphoniques prioritaires. (ce qui de ce fait renvoie sa propre charge de travail vers un Multienregistreur qui n'est peut-être pas surchargé)

3) Dans le cas de surcharges exceptionnelles graves (SCH3), tous les nouveaux appels de départ ou d'arrivée sont indistinctement rejetés, et ce sans même atteindre les Multienregistreurs (ML MR). La Machine Logique (ML PUPE) traitant des protocoles de signalisation entre commutateurs stoppe toute tentative d'arrivée d'appel entrant ou sortant du commutateur en danger.

Lorsqu'un nouvel appel de départ est refusé par le commutateur, le commutateur ne renvoie aucune tonalité, il n'aiguille pas l'abonné demandeur vers un répondeur téléphonique. L'abonné n'est que seulement connecté électriquement à une ligne téléphonique muette alimentée en 48 volts.

En revanche, toutes les conversations téléphoniques en cours avant le début de la surcharge sont préservées et maintenues jusqu'au raccrochage de l'un des deux correspondants.

Par cette méthode très astucieuse, un commutateur E10B3 est à peu près certain d'être protégé contre toute surcharge d'utilisation exagérée.

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Les CSN 1G :

Concernant les équipement de raccordement d'abonnés locaux, c'est à dire pour les équipements non délocalisés, et situés dans le même local que le cœur de chaîne : les équipements de raccordement d’abonnés retenus sont des CSN1G (Centres Satellites Numériques de 1ère génération) déjà mis au point depuis 1987 et employés avec le prédécesseur E10N1. Leur fonctionnement est sécurisé, leurs connexions internes étant dédoublées.

- Chaque CSN permet le raccordement de 5.120 abonnés !

Les CSE et les URA 2G ne peuvent pas être connectés directement à un cœur de chaîne E10B3, car ces technologies sont plus anciennes, et le passage par une Station Multiprocesseur de Terminaisons (SMT) est obligatoire pour assurer l'adaptation générationnelle des normes. Les CSE et les URA2G sont alors traitées comme s'il s'agissait d'Unités de Raccordement Distantes (Bien que pouvant se situer dans la même pièce que le reste du Commutateur.)

VueOrganesPrincipauxE10B3en1992

Ci-dessus : vue des organes principaux d'un Commutateur E10B3, photographié en 1992. Les Dérouleurs de Bande Magnétiques sont encore utilisés à cette époque. Photographie France-Télécom.

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E10B3avecCSN1G

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Ci-dessus : vues du Commutateur temporel E10B3 Beaujon 5 ET3 (AB35), équipé de CSN de 1ère génération. (Photographies © C. R-V. Paris)

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Les CSN HD :

À noter qu'à partir de 1997, une nouvelle technologie de Centres Satellites Numériques à Haute Densité (CSNHD) est mise service en surplus des CSN de 1ère génération. Cette technologie remplit les mêmes fonctions mais sous un volume deux fois moindre, d'où l'appellation CSN de Haute Densité.

Ces nouveaux CSNHD équipent en première monte les commutateurs E10B3 mis en service à partir de 1997, mais ces baies de CSNHD sont notamment installées lors de déménagements d'équipements vers d'autres sites. Elles permettent un gain de place par réduction de l'encombrement, et qui dit réduction d'encombrement implique réduction de coûts fixes récurrents.

E10B3avecCSNHD

Ci-dessus : vue du commutateur temporel E10B3 Gobelins 3 ET1 (AC15), équipé de CSNHD de 2ème génération. (Photographie © C. R-V. Paris)

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Ci-dessus : ce même commutateur dont les travaux préparatoires à sa mise hors service définitive sont en cours en Mars 2017. Photographie © C. R-V.

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Ci-dessus : vue d'une baie de CSNHD (CSN de seconde génération) équipant un commutateur E10B3. (Photographie © C. R-V. CT Paris-Ségur. CSN HD rattaché à distance sur Invalides 4 ET2 (AC34))

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Les CSN Mobiles :

En cas de sinistre (incendie, inondation, tempête, sabotage) entraînant tout ou partie la destruction d’un commutateur téléphonique, ou encore en cas de travaux lourds de déménagements d’infrastructures de commutation, il existe des Unités de Raccordement d’Abonnés mobiles de type CSN 1G ou CSN HD, installées dans des semi-remorques de poids total chargé de 16 tonnes, qui peuvent être livrées et installées en quelques heures par des équipes spécialisées de l’opérateur de référence ORANGE dans toute la France, ou sur demande d’assistance internationale dans n’importe quel pays du monde, afin, le cas échéant, de rétablir en urgence la continuité d’accès au service universel du téléphone filaire, ou d’en assurer le maintien, selon les situations.

Ces équipements mobiles remplissent les mêmes fonctions et sont identiques aux autres équipements « sédentaires » utilisés dans le réseau téléphonique commuté public français.

RemorquePourCSNMobile

Ci-dessus : vue générale d'une remorque mobile contenant un CSN (soit une capacité de raccordement de 5120 abonnés).

Photo : Fabien Mauclair (confrère à Orange).

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SortiesDeCablesCSNMobile

Ci-dessus : vue arrière d'une remorque mobile contenant un CSN. Sont visibles les emplacements de sorties de câbles de raccordement des abonnés, ceux des liaisons numériques MIC et l'alimentation électrique.

Photo : Fabien Mauclair (confrère à Orange).

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Ci-dessus : vue intérieure d'une remorque mobile contenant en son centre un CSN  ainsi que les Réglettes Horizontales de raccordement et les Têtes Verticales y attachées (bleues).

Photo : Fabien Mauclair (confrère à Orange).

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Ci-dessus : vue intérieure détaillée d'un CSN mobile de 1ère Génération.

Photo : Fabien Mauclair (confrère à Orange).

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CSNHDDansRemorque

Ci-dessus : vue intérieure détaillée d'un CSN mobile de Haute Densité. 

Photo : Fabien Mauclair (confrère à Orange).

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  • - 183 commutateurs E10B3 sont mis en service en France
    • dont 13 E10B3 équipés d'un Réseau de Connexion asynchrone amélioré HC2,
    • dont 10 E10B3 déployés en Outre-Mer, qui assurent à la fois leur rôle de Commutateurs d'Abonnés, mais qui cumulent le rôle de Centre de Transit. Ils sont ainsi chargés de renvoyer le trafic national éloigné, ainsi que le trafic international vers la métropole.
  • - Ce système très robuste et très stable, pourvu de nouveaux organes de connexion et de commande, est capable de gérer 200.000 abonnés par cœur de chaîne. 
  • - Ce système est capable d'écouler, selon le constructeur, jusqu'à 705.000 appels à l'heure, en pleine charge. (en réalité la valeur typique de 518.400 est retenue pour le dimensionnement).
  • - La mise en étude du système E10B3 débute dans les laboratoires de la CIT-Alcatel en 1986 à Lannion. La validation du système débute en Mars 1991 à Lannion.
  • - Pour la France, dans le réseau de France-Télécom, le premier E10B3 est mis en service à Brest le 6 novembre 1991 - 6H00 - (Brest Est 2 (QU74)). (Il s'agit du premier prototype)
  • - Concernant Paris, le premier E10B3 est mis en service au Centre Téléphonique Paris-Invalides le 13 janvier 1992 (Invalides 4 ET2 (AC34)) second E10B3 de France. (Il s'agit du second prototype).
    • - La mise en service de Invalides 4 ET2 est initialement prévue le 4 décembre 1991. Elle est reportée in extremis pour mise à jour du programme enregistré.
    • - Le troisième et ultime prototype expérimental E10B3 sera mis en service lui aussi avec un peu de retard le 19 mars 1992 : Paris Turbigo 5 ET2 (AE35).
  • - Concernant l'Île-de-France, le premier E10B3 est mis en service à Magny-le-Hongre (Magny-le-Hongre A1 (EE74)) le 14 février 1992, qui dessert aussi le parc d'attraction Euro-Disney Resort ouvert le 12 avril 1992. (Il s'agit du premier exemplaire de série).
  • - Le commutateur E10B3 Centrex Aéroport Nord 3 (ND03) (non géré par France Télécom) est mis en service le 4 juin 1997 à Roissy Charles De Gaulle. Il remplace l'E10N1 Centrex (ND02) de 1989.
  • - Concernant Paris, le commutateur E10B3 le plus récent mis en service le 8 décembre 1998 est Nord 7 (AD18).
  • - Concernant l'Île-de-France, le commutateur E10B3 le plus récent mis en service le 2 mars 1999 est Nemours A3 (EF23).
  • - Les dernières créations en E10B3 de France ont lieu en province. Elles datent de 2002 (Reims-Cérès 3 (HM37), le 24 septembre 2002).
  • - Le premier commutateur E10B3 à être démonté est celui de Nice-Carras (NC96) le 30 mars 2010. 
  • - Seuls 2 commutateurs E10B3 sont démontés à ce jour en 2016 en France.

En dehors d’Europe, le système E10B3 est connu sous la dénomination OCB-283 (Organe de Commande type B, version 2, calculateur Alcatel 8300 dupliqué).


E10B3/CTN3G est un E10B3 utilisé en Centre de Transit National. 

  • - La décision de déployer des commutateurs E10B3 utilisés en centre de transit national est prise en Décembre 1998 pour faire face à l'accroissement du trafic de transit téléphonique dans certaines zones très denses, pour le trafic du téléphone fixe.
  • - Le premier commutateur de transit E10B3/CTN3G est mis en service en France le 20 janvier 2000 à Lyon.
  • - Le commutateur de transit E10B3/CTN3G le plus récent de France est mis en service à Marseille le 24 octobre 2001.
  • - 7 commutateurs E10B3/CTN3G sont mis en service en France entre le 20 janvier 2000 et le 24 octobre 2001.
  • - Ils sont initialement pourvus de performances initiales améliorées, par rapport à celles des E10B3 utilisés en commutateurs d'abonnés : le raccordement sur Réseau de Connexion temporel asynchrone (HC2) de 2048 multiplex numériques MIC entrants de 30 voies téléphoniques chacun, et 2048 multiplex numériques MIC sortants.
  • - À partir de Novembre 2001, les commutateurs de transit E10B3/CTN3G sont équipés d'un nouveau Réseau de Connexion le plus récent (HC3) à commutation temporelle asynchrone (structure ATM) ce qui permet aux E10B3/CTN3G le raccordement de 16.000 multiplex numériques MIC 2Me.b/s de 30 voies téléphoniques chacun, ou directement de MIC 8Me.b/s de 120 voies chacun (MIC STM4). (HC = Haute Capacité)
  • - À titre de comparaison, un commutateur de transit CTN3G  HC3 remplace à lui seul 8 commutateurs MT20TN ; MT20TN qui sont pourtant déjà des commutateurs de grande capacité.
  • - 5 commutateurs CTN3G sont convertis en technologie HC3, et 2 autres sont livrés en technologie HC3 à l'état natif. La conversion du parc en HC3 est effective en Février 2002.
  • - Un commutateur de transit CTN3G est capable d'écouler, selon le constructeur ALCATEL, jusqu'à 2,5 millions d'appels à l'heure, en pleine charge.
  • - Un commutateur de Transit E10B3/CTN3G occupe moins de place qu'un E10B3 d'abonnés, étant dépourvu des nombreuses baies de type CSN où sont raccordés les abonnés. En effet, le commutateur de transit traite directement des liaisons numériques MIC entrantes et sortantes. Sa puissance de calcul et de commutation de conversations dans le temps n'en est pas moins importante pour autant.
  • - Ces 7 commutateurs E10B3/CTN3G sont toujours en activité en 2017.
  • - La mise en service d'un 8ème commutateur E10B3/CTN3G est actée depuis le 4 octobre 2016. Elle est imminente (2017). Il s'agit de Paris Beaujon CTN3G (RT96).
  • -Les 8 commutateurs E10B3/CTN3G assureront leur service jusqu'à la fin du Vrai Téléphone, envisagé tout d'abord en 2013, puis rapidement en 2018, puis repoussé en 2022, puis encore repoussé en 2025 et 2028 et désormais repoussé en 2030.

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Ci-dessus : vues "de face" d'un commutateur E10B3/CTN3G. 

Aspect semblable à un E10B3 d'abonnés de dernière fabrication. 

Photographies : © C. R-V.

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Ci-dessus : vue "de profil" de ce même commutateur E10B3/CTN3G. Il ne compte que deux travées, nonobstant sa puissance de service.

Photographie : © C. R-V.

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Ci-dessus : en visite devant le Commutateur de Transit Beaujon CTN3G (RT96) et de ses deux Dérouleurs de Bandes Magnétiques, aujourd'hui inutilisés mais par chance toujours présents. © 2017 Photographie : C. R-V.



AXE10, Temporel de troisième génération, de la société suédoise Ericsson. Ceux fabriqués en France le sont par la société Matra Ericsson Telecommunications (MET) dans l'usine de Longuenesse (62). En service dans presque tous les pays du monde, capable de gérer jusqu'à 128.000 abonnés sur un seul cœur de chaîne ! Il s'agit d'un système essentiellement centralisé (tout en étant partiellement décentralisé). - Prononcer : A. IXE. EU. DIS. -

En France, le système AXE10 est l'ultime système téléphonique ayant été mis en service dans le réseau téléphonique public avant la dissolution de l'Administration des PTT survenue le 1er janvier 1991. Le principe de son déploiement dans le réseau téléphonique français a été retenu en 1987.

Au niveau de l’interface logicielle homme-machine, le système AXE10 communique en langue française (Thomson étant chargée de la francisation). En revanche, tout comme son prédécesseur AXE spatial, les codes de commande utilisés pour communiquer avec le système sont directement basés sur la langue anglaise ce qui hélas n’est pas mnémotechnique pour les locuteurs français.

- Au premier niveau, l'Organe de Commande (CP) est historiquement constitué par deux calculateurs APZ212-10 aujourd'hui tous remplacés par des APZ212-20 fonctionnant en service normal en synchronisme, c'est-à-dire en exécutant les mêmes tâches en même temps.

  • Ultérieurement, courant 1999,les baies de mobilier de couleur bleue référencées BYB202 cessent d'être fabriquées par Ericsson. Ce mobilier est alors remplacé par un nouveau mobilier plus miniaturisé et moins cher à fabriquer car utilisant moins de métaux, référencé BYB501.
  • Dans le même laps de temps, une version modernisée et miniaturisée de calculateur APZ212-30 est conçue pour "rentrer" dans ce nouveau type de mobilier. Il s'agit de nouveaux calculateurs de modèle APZ212-30, quatre fois plus puissants que le modèle précédent en termes de puissance de calcul.
  • Ces nouveaux calculateurs APZ212-30 sont livrés avec les ultimes commutateurs  AXE10 pour abonnés au réseau téléphonique fixe mis en service en France et sont installés dans des baies de mobilier technique de modèle BYB501.
  • Lorsqu'en Janvier 2000 la décision est prise de retirer rapidement en moins de 3 ans et massivement les commutateurs E10N1, ce seront les derniers commutateurs AXE10 équipés de baies de modèle BYB501 qui reprendront les abonnés des derniers E10N1.
  • Certains commutateurs AXE10, équipés de calculateurs APZ212-20 à l'origine, verront leur calculateurs remplacés ultérieurement  en 2001 et 2002 par des calculateurs APZ212-30. (au prix d'un changement de baies des calculateurs de BYB202 en BYB501.)

- Le second niveau comporte un ensemble de processeurs régionaux (RP) (chargé d'accomplir certaines tâches répétitives et d'accéder au Réseau de Connexion), répartis dans les différents organes matériels du commutateur interne.

- Au troisième niveau, le Réseau de Connexion d'un commutateur AXE10 est du type temporel mais est formé de 3 étages : un étage d'entrée temporel, un étage de sortie temporel, mais au milieu de ces deux étages un étage spatial de technologie numérique, utilisé afin de pouvoir assurer à moindre frais et à moindres difficultés un brassage optimal entre les voies entrantes et sortantes.

- Au quatrième niveau architectural, nous avons les unités de raccordement d'abonnés d'un commutateur AXE10 qui sont dénommées SSS pour Suscriber Switching Stage. Chaque SSS peut héberger 2048 abonnés. 

- Les cartes d'abonnés analogiques 8 voies sont regroupées par 16 et constituent un module de commutation de lignes (LSM) pour 128 abonnés. 

- Chaque LSM comprend donc 128 joncteurs d'abonnés, ainsi qu'une unité d'essais chargée de tester les lignes et les joncteurs d'abonnés.

De plus, concernant les LSM qui seraient raccordés à des lignes analogiques à fort trafic, il existe une possibilité technique (qui n'est pas exploitée en France) d’ajouter des équipements supplémentaires afin de faciliter l'écoulement du trafic téléphonique : 2 joncteurs spéciaux éventuels directement raccordés au cœur de chaîne en option peuvent être rajoutés couplés avec un ensemble de 8 unités de réception de numérotation à fréquences vocales supplémentaires.

- Ces LSM sont regroupés jusqu'au nombre maximum de 16 pour former un commutateur numérique élémentaire de 2048 abonnés maximum. Suivant la capacité voulue du commutateur, plusieurs LSM sont ensuite combinés entre eux via un bus commun de commutation électronique temporelle.

Ce bus de commutation temporelle (TSB) permet à chaque LSM d'accéder au cœur de chaîne et ce afin d'établir les communications internes et externes au commutateur via le Réseau de Connexion interne.

Dès son introduction en France, le système AXE10 a fait l'objet d'adaptations exigées par l'administration des télécommunications pour être conforme aux standards français en matière de normes et de caractéristiques électriques, comme par exemple : l'envoi du courant alternatif (et équilibré) de sonnerie à la fréquence de 50Hz ; l'obligation de maintien de la réception de la numérotation par impulsions (clavier décimal ou cadran téléphonique administratif 1927) ; l'accroissement de la protection face aux surcharges électriques externes causées par le couplage du réseau électrique de distribution d'énergie ErDF ainsi qu'une protection accrue contre les courts-circuits en ligne par la présence de limiteurs de courant sur chaque voie d'abonné plus une présence de résistances fusibles de sécurité protégeant les étages supérieurs de toute propagation de dommages et ce par la conception d'un modèle spécifique de cartes de raccordement d'abonnés à 8 voies répondant aux normes françaises connues pour être parmi les plus sévères du monde. Depuis l’introduction de l’AXE10 en France, nous sommes, en 2015, à la 4ème génération de cartes analogiques.

À signaler que dans le réseau téléphonique français, la possibilité de réaliser l'écoulement direct du trafic entre les abonnés connectés dans le même commutateur sans passer par le cœur de chaîne (communications dites de voisinage direct) n’a pas été retenue par l’administration : en France toutes les communications d'un AXE10 passent obligatoirement par le cœur de chaîne.

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P46.AXE10CommutateurVueEnsemble

Ci-dessus : vue d'ensemble d'un commutateur temporel AXE10 de première époque en baies bleues de référence BYB202. (Photographie : © C. R-V. Paris-Beaujon 6 AT1 (AB37))

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BaiesBYB202Axe10Bagnolet2AT1

Ci-dessus : Baies AXE10 de type BYB202.

(Photographie : © C. R-V. Bagnolet 2 AT1 (BB32))

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AXE10CPA

AXE10CPB

Ci-dessus : vue à gauche d'un Calculateur Centralisé d'AXE 10 de l'unité A (CPA), et à droite d'un Calculateur Centralisé de l'unité B (CPB). Cachan 2 AT1 (CB26). Tous deux sont du type APZ212-20. Nous pouvons noter une petite différence d'aspect entre les calculateurs A et B si l'on est observateur.

Photographies © C. R-V.

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AXE10CPAdeTLF

AXE10CPBdeTLF

Ci-dessus : vue à gauche d'un Calculateur Centralisé d'AXE 10 de l'unité A (CPA), et à droite d'un Calculateur Centralisé de l'unité B (CPB). Tremblay-en-France 1 AT1 (BC85). Tous deux sont du type APZ212-20. Nous pouvons noter une petite différence d'aspect entre les calculateurs A et B si l'on est observateur. Photographies © C. R-V.

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À propos des différences visibles entre un calculateur CP-A et un Calculateur CP-B de type APZ212-20, installés en mobilier BYB202 (baies bleues) :

  • Dans chaque Calculateur Centralisé CP-B, sont implantées, en plus du Calculateur, les cartes de l'Outil de Maintenance (MAU) chargé d'effectuer en permanence une surveillance par un contrôle de comparaison des deux calculateurs (CP-A et CP-B) qui doivent normalement travailler en synchronisme total et à l'identique. 
  • Dans le cas où des erreurs apparaîtraient, seul cet Outil de Maintenance automatisé serait apte à décider, suivant les anomalies et les avaries constatées, de procéder aux corrections nécessaires, pouvant aller jusqu'à la décision d'arrêter le calculateur détecté comme fautif puis le redémarrer. 

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Charlebourg4ET2CalculateurA

Ci-dessus : vue comparative AXE 10 - Calculateur A (APZ212-20) / humain de taille moyenne.

(Photographie : © C. R-V. Charlebourg 4 ET2 (CB34))

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AXE10Constr

Ci-dessus : vue partielle d'un commutateur AXE10 en cours de construction en 1989 par les équipes du constructeur M.E.T. Assemblage des baies BYB202. Photo X.

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AXE10Raspail5EnDemontage2

AXE10Raspail5EnDemontage1

Ci-dessus : vues d'ensemble d'un commutateur temporel AXE10 en cours de démontage en 2013. (Photographies : © C. R-V. Paris-Raspail 5 AT1 (AD75)).

Nota : Raspail 5 AT1 a fonctionné entre le 10 juillet 1998 et le 31 mars 2009 soit environ 10 ans seulement.

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Ci-contre : un Dérouleur de Bandes Magnétiques (MTG2), installé sur un des premiers AXE10 de France (Cachan 2 ET1 (CB26)) ; dérouleur désormais inutilisé.

(Photographie : © C. R-V.)

AXE10DerouleurBandesMagnetiques

Axe10Nord6AT1

Ci-dessus : vue en enfilade d'un des deux Dérouleurs de Bandes Magnétiques (MTG1), puis d'un des deux Calculateurs Centralisés APZ212-20 (CP-A).

(Photographie : © C. R-V. Paris-Nord 6 AT1 (AD17)).

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Bagnolet2AT1Calculateurs

Bagnolet2AT1CalculateursVisibles

Ci-dessus : vues (fermé/ouvert) des Calculateurs centralisés CP-A / CP-B d'un AXE10 avec version APZ212-30 mise en service en France à partir du 15 juin 1999.

Nota : les deux calculateurs n'occupent que la baie de droite (2 cadres : en haut et au centre), ce qui démontre la miniaturisation intervenue entre les deux versions à 10 années d'intervalle.

(Photographies : © C. R-V. Bagnolet 2 AT1 (BB32))

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CPAxe10Bagnolet2AT1.BB32

Ci-dessus : vue comparative AXE10 - nouveau mobilier blanc BYB501 / ancien mobilier bleu BYB202 / humain de taille moyenne.

La comparaison étant rendue possible car Bagnolet 2AT1 (BB32) a vu ses Calculateurs initiaux APZ212-20 remplacés par la version ultérieure APZ212-30.

(Photographie : © C. R-V. Bagnolet 2 AT1 (BB32))

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  • - 91 commutateurs AXE10, utilisés uniquement en commutateur d'abonnés en France, sont mis en service chez nous, l'utilisation de l'AXE10 en centre de transit n'ayant pas été retenue par l'administration.
  • - Ce système est capable de gérer jusqu'à 128.000 abonnés par cœur de chaîne.
  • - Ce système est capable d'écouler, selon le constructeur, jusqu'à 800.000 appels à l'heure, en pleine charge. (en réalité la valeur typique de 440.000 est retenue pour le dimensionnement)
  • - Le prototype commandé à Matra Ericsson Telecommunications à la fin 1987, servant en outre à la mise au point aux standards français est mis en test par le CNET à partir du 30 janvier 1989, puis en fonctionnement "à vide" le 27 décembre 1989. Il est ensuite mis en exploitation sur le réseau public de l'État le 4 janvier 1990 à Chaville, en Île-de-France. Chaville A4 (CB72) ; (Capacité du prototype 32.000 abonnés)
  • - Le premier commutateur de série est mis en service le 27 février 1991 à Cachan (Île-de-France) (Cachan 2 AT1 (CB26)). Il est aussi le second AXE10 de France. Suivront notamment le 25 avril 1991 Clamart 2 ET1 (CB42), le 28 mai 1991 La Courneuve 2 ET1 (BB72), le 26 juin 1991 Choisy-le-Roi 2 AT1 (DB42)...
  • - Le premier commutateur AXE10 de province est mis en service le 19 mars 1991 à Maisons Neuves (LZ41) (vers Lyon).
  • - Le premier commutateur AXE10 de Paris intra-muros est mis en service le 7 décembre 1993 (Ménilmontant 2 AT1 (AC74)).
  • - Le commutateur AXE10 le plus récent de Paris intra-muros est mis en service le 29 octobre 1998 (Voltaire 4 ET1 (AE55)). 
  • - Le commutateur AXE10 le plus récent d'Île-de-France est mis en service à Sceaux le 24 novembre 1998 (Robinson 3 AT1 (CC93)).
  • - Le commutateur AXE10 le plus récent de France équipé de processeurs APZ212-20, en mobilier BYB202, est mis en service le 26 mai 1999 (Marseille Sainte-Marthe AXE (ML24)).
  • - Le premier des 10 commutateurs AXE10 créé à l'origine en mobilier BYB501 équipés de processeurs APZ212-30  est mis en service le 15 juin 1999 (Mulhouse Europe AXE10 (MH42))
  • - Le commutateur AXE10 le plus récent de France est mis en service à Niort le 21 novembre 2001 (Niort Clou Bouchet 3 (PT56)).
  • - À noter que 20 commutateurs créés à l'origine en mobilier BYB202 et équipés de processeurs APZ212-20 sont convertis en 2001 et 2002 en processeurs APZ212-30 au prix du changement du mobilier du cœur de chaîne en mobilier BYB501. Ces modernisations sont rendues nécessaires en cas de dépassement du seuil de 110.000 abonnés par cœur de chaîne et/ou par le dépassement constaté du seuil de 120.000 Tentatives d'Appel à l'Heure la plus Chargée (après étude menée).
  • - Du fait de l'obsolescence des matériels initiaux de 1ère génération BYB202 annoncée par Ericsson par la cessation de fabrication des cartes adaptées aux dimensions des baies BYB202, les dernières commandes d'extension de commutateurs équipés de processeurs APZ212-20, ou de conversion de ces commutateurs existants vers un nouveau cœur de chaîne équipé de nouveaux processeurs APZ212-30 (nécessitant tout de même certaines cartes d'adaptation livrables aux anciennes dimensions du mobilier BYB202) doivent toutes être passées avant la date limite du 30 septembre 2002.
  • - Un début de retrait des commutateurs AXE10 a commencé en France, par la province, très progressivement, le 18 novembre 2008 à Avignon-Le Pontet (Le Pontet-Fargues AXE (AV12)).
  • - Le premier commutateur AXE10 de Paris intra-muros à être arrêté le 31 mars 2009 est Raspail 5 AT1 (AD75).
  • - Le premier commutateur AXE10 d'Île-de-France à être arrêté le 22 juin 2010 est Robinson 3 AT1 (CC93).

(à ne pas confondre avec l'AXE Spatial mis en service en fin d'année 1978 !)

Remerciements à M. Patrick Boch, Directeur, et à son équipe, confrères à Orange et grands connaisseurs de l'AXE10 pour les précisions et corrections qu'ils ont pu m'apporter concernant ce système relativement méconnu en France.



AXE TRANSGATE 4 / CTI4G, Temporel présenté comme étant de quatrième génération, utilisé en Centre de Transit International de 4ème génération (NGN - Next Generation Network). Il s'agit d'un système essentiellement centralisé (tout en étant partiellement décentralisé).

Pour rappel, en France, les 3 premières générations de Centres Internationaux automatiques furent : 

  • - 1ère génération : les Commutateurs Électromécaniques de type CROSSBAR PENTACONTA CIA (dont CADET, CINAT, CATON...) et CROSSBAR CP400 CIA
  • - 2ème génération : les 2 Commutateurs Semi-Électroniques de type MÉTACONTA 11A (Paris & Reims)
  • - 3ème génération : les 17 commutateurs Électroniques Temporels de type MT20CIA (13 pour la métropole, 4 pour les D.O.M)

Ce commutateur a été présenté comme étant de 4ème génération, car il est certes la 4ème génération de commutateurs internationaux. Mais à titre général, l'AXE TRANSGATE 4 est bien un commutateur temporel de 3ème génération.

L' AXE TRANSGATE 4 est très similaire à un commutateur AXE10 temporel de 3ème génération. Aussi, est-il classé dans la rubrique des commutateurs électroniques de 3ème génération. 

En revanche, l'AXE TRANSGATE 4 est de dimension plus compacte qu'un AXE10 classique, à puissance de traitement équivalente, étant de conception sensiblement plus récente. En effet, à partir de 1999, le mobilier AXE10 de 1er modèle (BYB202) cesse d'être fabriqué par Ericsson (baies bleues). Il est remplacé par du mobilier plus compact de référence BYB501. 

La structure de base d'un AXE TRANSGATE 4 est en fait calquée sur le commutateur AXE10, mais il est spécialisé transit : il est donc dépourvu de baies de cartes de raccordements d'abonnés. En lieu et place, il permet le raccordement jusqu'à 4096 liaisons numériques MIC à 2048 Kbit/s.

(soit une capacité maximale de 122.880 voies de conversations en transit à pleine charge)

Modernisation oblige, un commutateur AXE TRANSGATE 4 accepte aussi de brasser directement des entrées de jonctions de fibres optiques ; chaque fibre optique remplaçant 63 liaisons MIC numériques métalliques.

Au niveau de l’interface logicielle homme-machine, le système AXE TRANSGATE 4 communique en langue française (Thomson étant chargée de la francisation). En revanche, tout comme son prédécesseur AXE Spatial, les codes de commande utilisés pour communiquer avec le système sont directement basés sur la langue anglaise ce qui hélas n’est pas mnémotechnique pour les locuteurs français.

Tout comme dans l'AXE10, le système de commande possède une structure à deux niveaux de traitement logiciel. Le premier niveau est équipé de deux processeurs centraux : le cœur de chaîne qui est constitué par deux calculateurs APZ212-50 fonctionne en service normal en synchronisme, c'est-à-dire en exécutant les mêmes tâches en même temps par redondance, pour raison de sécurité. Le second niveau comporte un ensemble de processeurs régionaux, répartis dans les différents organes matériels du commutateur interne chargés notamment d'accéder au Réseau de Connexion.

Le Réseau de Connexion d'un commutateur AXE TRANSGATE 4 est du type temporel mais est formé de 3 étages : un étage d'entrée temporel, un étage de sortie temporel, mais au milieu de ces deux étages un étage spatial de technologie numérique, utilisé afin de pouvoir assurer à moindre frais et à moindres difficultés un brassage optimal entre les voies entrantes et sortantes.

Objectifs de l'implantation de CTI/4G :

Avec la fin du monopole téléphonique en France et l'arrivée des opérateurs tiers (nationaux et internationaux, des nouveaux systèmes de call-back), il est alors nécessaire à partir de 1998 de réagir en réduisant substantiellement le coût moyen de la minute téléphonique internationale, afin pour l'opérateur France Télécom de préserver sa marge, tout réduisant les prix facturés aux abonnés.

Avec l'implantation de 3 "super commutateurs" de transit téléphonique de 4ème génération à la place des 17  Commutateurs Internationaux de 3ème génération, ceci entraîne une cascade d'effets vertueux, tant financiers que techniques (mais moins au niveau de l'emploi) :

  • Baisse du coût d'exploitation de la consommation électrique globale du réseau de commutation, par la réduction du nombre de commutateurs internationaux par 4,
  • Baisse des coûts de maintenance des commutateurs, car moins de commutateurs à entretenir, et désormais plus récents et encore plus fiabilisés,
  • Réduction des effectifs nécessaires à l'exploitation et à la maintenance, donc réduction des coûts...
  • Simplification drastique de l'organisation du réseau, par l'élimination de 2 niveaux hiérarchiques internationaux. En effet, la hiérarchie de 3 ème génération, était constituée de 3 niveaux de MT20CIA car l'on ne savait pas faire techniquement plus simple dans les années 1980. Avec les nouveaux CTI4G, il n'existe désormais plus qu'un seul niveau de commutateurs internationaux. 
  • De ce fait, les transmissions reliant les Commutateurs de Transit National aux Commutateurs de Transit International se retrouvent simplifiées, car il y a beaucoup moins de renvois d'un commutateur international à un autre (Le parcours d'une communication est plus direct, "il ne tourne plus en rond").
  • Désormais, dès qu'une communication émanant du Réseau Téléphonique Commuté National atteint un des 3 Commutateurs de Transit International de 4ème génération, celle-ci est immédiatement aiguillée vers son pays de destination.
    • En général les communications internationales au départ vers l'etranger parviennent d'un Commutateur de Transit National,
    • Mais les commutateurs d'abonnés coutumiers d'un trafic téléphonique international élevés sont directement reliés à un ou plusieurs Commutateurs Internationaux CTI / 4G, ce qui simplifie encore plus le parcours des communications, et réduit encore plus les coûts globaux...
  • L'acheminement d'une communication, en plus d'en être simplifié, en est de surcroît techniquement fiabilisé, ce qui permet par ricochet de diminuer en conséquence les effectifs affectés à la construction et à la maintenance des Transmissions Numériques...

La libéralisation des télécommunications tant nationales qu'internationales a de facto précipité la fin des MT20 affectés au transit international, qui, sinon, auraient aisément pu techniquement fonctionner jusqu'en 2015-2020.

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VueBaiesAXETG4

Ci-dessus : vue de baies de type BYB501 d'un commutateur AXE TRANSGATE 4 / CTI4G.

© photographie C. R-V.

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VueGeneraleAXETG4

Ci-dessus : vue d'ensemble d'un commutateur AXE TRANSGATE 4/CTI4G (RT60), en mobilier BYB501 (au premier plan, les Calculateurs Centralisés A & B).

Remarquons la compacité de la machine, nonobstant sa puissance de calcul et de commutation de conversations téléphoniques à répartition dans le temps.

© Photographie C. R-V.

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VuedEnsembleRT18CTI4G

Ci-dessus : vue d'ensemble d'un commutateur AXE TRANSGATE 4/CTI4G (RT18), en mobilier BYB501 (au fond à droite, les Calculateurs Centralisés A & B).

© Photographie C. R-V.

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Ci-dessus : Mur de Supervision du Trafic International - Époque CTI4G.

©Photographie C. R-V.

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  • - L'appel d'offres destiné à remplacer les commutateurs MT20 CIA de la précédente génération est gagné par Matra Ericsson Telecommunications en 1998 (au détriment d'Alcatel).
  • - Mis en construction d'abord à Paris-Pastourelle, le premier commutateur AXE TRANSGATE 4/CTI4G, Pastourelle 5CTIP (RT60), est mis en service le 13 Septembre 1999. 
  • - Les premières relations ouvertes à l'international en CTI4G sont l'Allemagne et la Suisse.
  • - Suivent dans la foulée les Centres Internationaux Automatiques Reims Murigny CITP4 (HM44) le 6 Juillet 2000, puis Bagnolet 6 CTIP (RT18) le 16 Juillet 2001.
  • - La mise en service initialement prévue en Juin 1999 du CTI4G de Marseille 2 (MA34) a finalement été annulée. En effet, ce commutateur a bel et bien existé, ayant fonctionné à titre expérimental, mais a finalement été démonté de Marseille puis remonté à Reims (HM44).
  • - Depuis 2008, ces 3 commutateurs sont adaptés pour traiter, en plus de la voix commutée (norme RTC), l'écoulement du trafic Voix par le Protocole Internet (norme VoIP).
  • - 3 commutateurs AXE TRANSGATE 4/CTI4G sont installés en France et assurent donc, depuis le 9 décembre 2002 à 10H30, tout le trafic téléphonique commuté entrant et sortant du territoire métropolitain depuis l'arrêt total des MT20CIA à cette date ; ainsi que tout le trafic téléphonique international commuté des DOM depuis l'arrêt total des MT20CIA le 20 mai 2003.

Remerciements à M. Christian Kling, Chef de projet & Responsable d'Études, connaisseur de l'AXE TRANSGATE 4/CTI4G, pour les précisions historiques et informations techniques qu'il a pu m'apporter concernant ce système relativement méconnu en France.



 Histoire des Télécommunications Françaises ­© Claude Rizzo-Vignaud, 5 octobre 2017.

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Tout nos plus vifs remerciements aux Ingénieurs E.R. de la CIT-Alcatel, dont M. Jean-Yves Marjou pour leur aide précieuse dans la compréhension de certaines notions très particulières à la technologie temporelle.

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