XII - Considérations sur la gestion technique du numéro de téléphone des abonnés en fonction des différentes générations de commutateurs

-Concernant les commutateurs électromécaniques d’abonnés à organes tournants ou à barres croisées, chaque numéro de téléphone est physiquement lié en trois dimensions à son point de connexion ayant une situation prédéfinie et dûment numérotée sur son commutateur d’abonnés de rattachement. Si l’équipement de l’abonné intégré dans le commutateur tombe en panne, il doit être dépanné ou remplacé au plus vite par les contrôleurs ou par les vérificateurs des installations électromécaniques. Il est impossible de muter le câblage de l’abonné sur un autre point de connexion du commutateur sans que ceci ne modifie le numéro de téléphone de cet abonné. Le numéro de téléphone et le numéro d’équipement de connexion de l’abonné sont une seule et même entité indissociable. Aucune souplesse dans la gestion technique des numéros de téléphones d’abonnés n’est possible concernant ces systèmes.

-Concernant les commutateurs électroniques d’abonnés de type spatial ou de type temporel, un numéro de téléphone géré par un commutateur n’est plus intimement lié à une position de connexion physiquement prédéfinie sur son commutateur de rattachement. Ceci est une évolution majeure permise par l’informatique dès 1970 avec PLATON. Ainsi, en cas de panne de son équipement de connexion au commutateur, il est possible, sans restriction, de connecter l’abonné sur un autre équipement de connexion de ce même commutateur. Ainsi l’abonné conservera son propre numéro de téléphone. Il suffira ensuite d’une part de déplacer au répartiteur d’abonnés une jarretière vers le nouvel équipement de connexion de ce même commutateur, puis d’autre part de reprogrammer le logiciel du cœur de chaîne qui stocke dans sa mémoire « l’image cartographique » du commutateur, pour que tout rentre dans l’ordre. L’équipement en panne pourra ensuite être dépanné ou remplacé ultérieurement sans caractère d’urgence, puis réattribué à un nouvel abonné dès que l’occasion se présentera.

-Concernant les commutateurs électroniques d’abonnés de type temporel de seconde et de troisième génération, il est désormais possible depuis le 1er janvier 1998, grâce à la création d’une « table intermédiaire de numérotation », de mettre à la disposition du public ce qui a été nommé la portabilité du numéro, afin que des abonnés changeant d’opérateur ou déménageant d’adresse géographique puissent conserver leur numéro de téléphone original, ce qui était jusque là impossible, exceptés les déménagements ne concernant que quelques pâtés de maison à la condition expresse que la nouvelle adresse fût desservie par chance par le même commutateur d’abonnés de rattachement. Concernant les numéros actuels à dix chiffres liés à une zone géographique : (01, 02, 03, 04 et 05), la portabilité demeure cependant très limitée. Elle ne peut s’appliquer qu’à l’intérieur d’une même zone géographique et seulement dans une certaine partie regroupant les ABPQ d’une seule et même ZNE (Zone de Numérotation Élémentaire - qui est l’appellation de l’ARCEP de la Circonscription Tarifaire de France-Télécom / Orange) de la taille d’un arrondissement de cantons, sachant que le territoire métropolitain est découpé actuellement en 412 ZNE depuis le 4 octobre 2011. Concernant les numéros des zones délocalisées, donc sans ancrage géographique, commençant par exemple par 06 ou 08, la portabilité totale dans tout l’hexagone est possible depuis le 30 juin 2003.



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Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 03 septembre 2015.

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