XXII – Étude et évolution du plan de numérotage téléphonique en France

Nous nous proposons de réaliser l'étude la plus poussée des différents plans de numérotage successifs qui aient (eu) cours en France depuis le début du téléphone ouvert au public.

Sans notions sur le plan de numérotation, il est impossible de comprendre ce qu’est le réseau du téléphone automatique. La numérotation téléphonique incarne au moins autant le Réseau Téléphonique Commuté que l’ensemble des commutateurs qui le composent, en permettant le routage des communications téléphoniques jusqu’à destination. Un plan de numérotage doit être vu comme une programmation logicielle à l’échelle d’un pays entier. Un plan vit, un plan évolue, un plan s’adapte aux réalités du territoire et des habitants qui y vivent.

P18.CadranTelephoniqueModele1927

(Photographie : C. R-V)


En 1912, alors que le téléphone est alors uniquement manuel en France, la circulaire n°53 datée du 27 septembre 1912 crée dans le réseau de Paris, avec effet au 1er octobre 1912, les fameux indicatifs littéraux. 

La Circulaire n°35 du 28 octobre 1912 reprend la circulaire de la note précédente. C'est celle-ci qui sera publiée au Bulletin Officiel des P & T.

En effet, avant cette date, les abonnés parisiens sont dotés uniquement d'un numéro à 5 chiffres rattachés chacun à un Bureau, puis à partir de Janvier 1910, certains des abonnés parisiens sont désormais dotés d'un numéro d'appel à 6 chiffres (conséquence de l'accroissement du nombre d'abonnés), tandis que les abonnés plus anciens conservent leur numéro d'appel à 5 chiffres, ce qui a eu pour effet d'entraîner "certains inconvénients d'ordre divers" jadis dénoncés par l'Administration. 

Pour remédier aux problèmes d'organisation naissants, le système est donc refondu en 1912 en créant dans Paris et sa banlieue les indicatifs littéraux abrégés en 3 caractères, suivis d'un numéro à 4 chiffres ou 5 chiffres. 

Les 9 premiers Bureaux de Paris sont ainsi baptisés des noms suivants :

  • 1er bureau : Gutenberg - 24 septembre 1893, (détruit par incendie le 20 septembre 1908. Reconstruction provisoire et remise en service 3 mois plus tard, puis entièrement reconstruit et remis en service le 20 septembre 1912).
  • 2ème bureau : Central - avant 1903 (dans les murs de Gutenberg),
  • 3ème bureau : Louvre - avant 1908 (dans les murs de Gutenberg),
  • 4ème bureau : Nord - avant 1899 (rue Chaudron),
  • 5ème bureau : Wagram - avant 1908 (rue Desrenaudes),
  • 6ème bureau : Passy - Avril 1908 (rue des Sablons),
  • 7ème bureau : Saxe - 1900 (avenue de Saxe), devient Ségur le 27 mars 1922 (confusion auditive entre Passy et Saxe),
  • 8ème bureau : Gobelins - avant 1908 (boulevard de Port-Royal),
  • 9ème bureau : Roquette - 15 juillet 1896 (144, rue de la Roquette).

Progressivement Paris comptera 26 Bureaux manuels en 1927 par création de bureaux supplémentaires à la veille du début de la transformation en Automatique Urbain :

  • Archives - 2 février 1913 (61, rue des Archives),
  • Auteuil - 1915,
  • Bergère - Mai 1913, devient Provence le 17 décembre 1926.
  • Carnot - 4 juin 1926 (10, rue de Madrid).
  • Combat - Novembre 1922 (rue Chaudron), 
  • Diderot - 19 février 1922,
  • Élysées - 20 février 1918 (rue de la Boëtie) - (ouverture de la série "fictive", dans les murs de Gutenberg et de Wagram le 8 septembre 1913 sur deux multiples manuels provisoires) ,
  • Fleurus - 27 juillet 1924, avec distributeur automatique d'appels aux opératrices, (indicatif dépendant antérieurement de Ségur), puis devient Littré en Février 1927, avant le début de la mise de Paris en Automatique en 1928.
  • Galvani - Août 1915 ou avant,
  • Invalides - avant Août 1914,
  • Laborde - 28 janvier 1925 (rue de Madrid),
  • Marcadet - 16 mai 1913,
  • Ménilmontant - avant Juin 1926,
  • Opéra - 6 mars 1927,
  • Richelieu - avant Mai 1925,
  • Trudaine - 2 juillet 1921.
  • Vaugirard - Mars 1925 (avenue de Saxe).

Cette organisation demeurera en vigueur 51 ans jour pour jour jusques au 1er octobre 1963.

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En 1928, nécessité absolue de procéder à la normalisation de l'impression des Annuaires Officiels des Abonnés aux Réseaux Téléphoniques des Départements en vue des débuts de l'Automatisation.

En effet, le rôle du Chiffre Zéro, inexistant dans la Téléphonie Manuelle, devient capital dans la Téléphonie Automatique :

  • - Dans la Téléphonie Manuelle, nous sommes dans un Plan de numérotage Ouvert, où l'intelligence de l'Opératrice assure la sélection et le routage de l'appel, et que de ce fait, l'abonné ayant le numéro de téléphone n° 8 dans une quelconque ville sera égal à 08, à 0.08 ou à 00.08, par exemple... Donc, la terminologie employée à l'écrit comme à l'oral sera le "8" de telle ville.
  • - Dans la Téléphonie Automatique, nous sommes dans un Plan de numérotage Fermé, où ce sont des systèmes séquentiels astucieux certes, mais dépourvus de toute intelligence, qui assurent la sélection et le routage de l'appel : le format des numéros doit à ce moment-là être normalisé de manière stricte.

Ainsi, si un abonné ayant le numéro 9 dans un réseau téléphonique automatique à 5 chiffres doit être joint, celui-ci devra être numéroté au cadran d'appel par l'appelant d'un même réseau en composant le 0.00.09. Tout simplement parce que si seul le chiffre 9 était composé au cadran d'appel, le commutateur automatique attendrait en vain les 4 autres chiffres... Et l'appel n'aboutirait jamais.

D'où l'édition de la circulaire de l'Exploitation Téléphonique n° 2430 du 18 octobre 1928 visant à normaliser l'impression dans les Annuaires Officiels des Abonnés aux Réseaux Téléphoniques des Départements (imprimés par l'Imprimerie Nationale) où jusqu'alors est appliquée la coutume de ne pas faire figurer les chiffres zéro devant les numéros de téléphone.


1928.10.18Circ2430ETpFormatNumeros

Ci-dessus, la circulaire de l'Exploitation Téléphonique n° 2430 du 18 octobre 1928 expose déjà les grands principes retenus pour le téléphone automatique (tout en cohabitant avec le téléphone manuel).

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Par exemple, en Juin 1926 dans l'Annuaire Officiel des Bouches-du-Rhône, les zéros devant les numéros "courts" n'apparaissent pas dans le réseau de Marseille, alors que Marseille-ville est pourtant équipée en système ROTARY 7A Semi-Automatique depuis le 19 avril 1919 (Marseille-Colbert I) et qui est appelé à être automatisé le 1er janvier 1928 et que de plus, Marseille-Dragon en système ROTARY 7A1 automatique est également mis en service le 6 mai 1928...

Autant, en Semi-Automatique, la situation est encore tolérable, étant donnée que la numérotation des abonnés demandés est assurée par des Opératrices professionnelles des PTT, autant en Automatique pur, "l'oubli du Zéro" au cadran est impossible.

1926.06ExtraitAnnuaireBdR


Extrait de l'Annuaire Officiel des Abonnés aux Réseaux Téléphoniques - B-d-R. 

Exemple de la situation à Marseille-ville en Juin 1926, avant la normalisation des annuaires de 1928...

Alors que Marseille-Colbert I ROTARY 7A possède une capacité de 10.000 abonnés en 1926, les 1.000 premiers numéros d'abonnés branchés sur Colbert ne sont pourtant jamais précédés du chiffre zéro...

Situation tolérable en Manuel ou en Semi-Automatique, impossible en Automatique pur.

(Collection Claude Rizzo-Vignaud)


En 1932, depuis le 1er novembre, est mis en service partout en France le Service du Réveil par téléphone (première expérimentation en France, à Marseille dès Mars 1929)

  • - Le Service du Réveil est initialement accessible par le numéro de téléphone 12 dans les réseaux automatiques, 
  • - Dès Janvier 1936, un dispositif de Réveil Automatique par Téléphone est mis en service dans le Secteur Auteuil de Paris. Le service étant victime de son succès, la nécessité est d'automatiser le dispositif de réveil dans les secteurs les plus demandeurs. Couplé avec l'horloge parlante, le système fait sonner jusqu'au décrochage de l'abonné (durée de la sonnerie limitée à 7 minutes et 30 secondes).
  • - Le numéro d'accès à ce service devient le 13 à partir du 18 juin 1939 : en effet, il fallait appeler le service des Réclamations au 13 pour obtenir une opératrice, qui remplissait une fiche avec le jour et l'heure souhaités par l'abonné pour être rappelé par une opératrice... 
  • - A partir d'Avril 1971 le service du Réveil à Paris et de la 1ère couronne devient accessible par le 10.13. (cet accès est possible jusqu'en Juillet 1976)
  • - Le 13 a été utilisé pour le Service du Réveil manuel jusques en Mars 1973.
  • - En Mars 1973, le Service du Réveil manuel est dissocié du service des Réclamations et devient accessible par le 463.71.11 (en IDF) 
  • -  le 24 janvier 1979, le Service du Réveil devient automatique à Paris pour certains centres téléphoniques. Il est alors accessible en automatique par le 463.71.71.
  • - Puis, à partir du 17 mars 1983, le Service du Réveil devient accessible par le 688.11.11 (en IDF). En province le Service du Réveil est accessible par le 10.
  • - À partir du 25 octobre 1985, le Service du Réveil devient accessible par le 36.88 sur tout le territoire.
  • - Le 16 septembre 1986 à 8H00 du matin, le service devient entièrement et exclusivement automatique. Le 36.88 est supprimé. Fini l'opératrice à qui l'on indiquait l'heure à laquelle nous devions être rappelé...
  • - Connu actuellement comme le service Mémo Appel, accessible désormais par le *55*, via son téléphone à  Clavier FV, où l'on aboutit sur une machine automatique que l'abonné doit programmer lui-même...

En 1933, l'Horloge Parlante automatique est mise en service le 14 février 1933 dans le réseau téléphonique automatique parisien.

Inventée par M. le Directeur de l'Observatoire de Paris - Ernest Esclangon en 1931, il fait fabriquer son invention par la société horlogère Brillié. Elle est présentée en démonstration à l'Académie des Sciences le 14 mars 1932, puis elle est installée dans les sous-sol de l'Observatoire de Paris où elle fonctionne parfaitement en interne depuis le mois d'Octobre 1932 pour en éprouver la fiabilité.

L'Administration des PTT, contactée par M. Esclangon se montre très intéressée par l'Horloge Parlante et en réalise l'adaptation au Réseau Téléphonique Commuté public.

l'Horloge Parlante automatique est mise en service en France dans le Réseau Téléphonique le 14 février 1933 à 9H00, à partir de l'Observatoire Astronomique de Paris. (Première horloge parlante mise en service dans le monde.)

  • Le service est diffusé initialement par le Centre Téléphonique de Danton. À la création du service en automatique, 20 équipements pointant que le Commutateur ROTARY 7A1 Odéon peuvent délivrer simultanément l'heure à 20 abonnés, poussé à 30 équipements quelques semaines plus tard.
  • Ce service se substitue au Service de l'Heure ouvert en Février 1929, obtenu en manuel via l'opératrice de son bureau manuel de rattachement qui lit l'heure sur le cartel du Bureau.
  • Le numéro d'appel initial à ce service est ODEon 84.00 pour le réseau de Paris et la Région Parisienne,
  • La voix enregistrée sur les films à lecture optique est celle du doyen des pensionnaires de la Comédie Française à la diction impeccable Georges Dorival - décédé en 1939, et reste en usage jusqu'en 1964 et le remplacement des machines d'origine par de plus modernes. C'est aussi G. Dorival qui enregistre les premiers messages parlés d'erreurs de numérotation, ou de changement de numéros d'abonnés diffusés par les premiers Commutateurs Automatiques en service.
  • Dès 1934, le nombre d'équipements pointant simultanément vers l'Horloge Parlante passe à 100, en raison du succès considérable de ce nouveau service auprès des usagers du téléphone automatique parisien.
  • Le 27 avril 1935, l'Horloge Parlante automatique est mise en service à Marseille accessible par le numéro Colbert 89.80.
  • Le 30 juin 1935, l'Horloge Parlante automatique est mise en service à Lyon accessible par le numéro Franklin 84.
  • Le 22 décembre 1937, l'Horloge Parlante automatique est mise en service à Bordeaux accessible par le numéro 984.00.
  • De Juin à la mi-Octobre 1940, l'Horloge Parlante de Paris n'est plus accessible par téléphone. Cause technique ou ordre politique suite à la débâcle de Juin 1940 ?
  • Puis, au fur et à mesure de sa généralisation en province, le service de l'Horloge Parlante devient accessible en automatique par des numéros d'appel se terminant toujours par 84.00. (##.84.00 en zone 6 chiffres ou ###.84.00 en zone 7 chiffres)
  • Courant Mars 1973, concernant l'Île-de-France, le service de l'Horloge Parlante devient désormais accessible par le numéro INF.84.00 (= 463.84.00), car les 160 circuits de Danton affectés à la diffusion de l'heure aux appelants du service ne pouvaient plus honorer convenablement la demande. (système mécanique rotatif saturé). Désormais la diffusion de l'heure officielle se retrouve répartie sur 5 centres téléphoniques parisiens.
  • Le 16 décembre 1982, le numéro d'appel, concernant l'Île-de-France devient 699.84.00 (Note du 3 décembre 1982). Il fonctionne en doublon avec le numéro INF.84.00 (= 463.84.00) jusqu'au 8 novembre 1983 date de sa suppression (Télex des 18 et 24 octobre 1983).
  • Actuellement, depuis le 25 octobre 1985 à 23H00, le numéro d'accès à ce service est le 36.99.
  • Depuis le 18 septembre 1991, l'Horloge Parlante est entièrement électronique (numérique).

1933HorlogeParlanteFrance

Ci-dessus : la première Horloge Parlante du monde, mise en service à Paris à l'Observatoire, le 14 février 1933. Photographie X - Coll. C. R-V.

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  • P.C.V : par une note du 28 mars 1933 (BO PTT 1933 n°11 page 200), le service du P.C.V international est mis en service, à titre d'essai, en France. Ce service sera dissous le 1er août 2014 par Orange France.

En 1939, le 18 juin, est inauguré le numéro d'appel 12 en tant que service des Renseignements Téléphoniques pour les abonnés reliés au réseau téléphonique automatique. Le premier Centre de Renseignements Téléphoniques est ouvert dans le central Paris-Anjou. (Nota, dès 1935, à Paris, l'existence du 12 est attestée pour certains commutateurs)

De ce fait, les numéros spéciaux en vigueur dans la circonscription de Paris deviennent à cette période :

  • 10 - Interurbain (manuel),
  • 11 - Régional (manuel),
  • 12 - Renseignements,
  • 13 - Réclamations,
  • 14 - Télégraphe,
  • 17 - Secours-Police (puis Police-Secours après la seconde guerre mondiale)
  • 18 - utilisé d'abord pour les Réclamations, puis attribué à Paris aux Pompiers à partir du 24 juin 1938 une fois installés dans leur nouvelle caserne de la Porte de Champerret.

Ce numéro à deux chiffres, s'il survivra à la seconde guerre mondiale, sera toutefois contraint par le Conseil d’État dans sa décision du 25 juin 2004 de cesser ses activités au terme d'une procédure de 4 années. Ce sera chose faite le 3 avril 2006 à 00h00. (affaire judiciaire ouverte à l'initiative d'opérateurs téléphoniques indépendants qui crurent pouvoir s'enrichir d'un claquement de doigts en ouvrant des services de renseignements téléphoniques... Aujourd'hui l'immense majorité de ces opérateurs a disparu... Fin du mirage... Retour aux réalités).

Le 118 712 qui remplace le 12 est mis en service dès le 2 novembre 2005.

Les Centres de Renseignements Téléphoniques ouverts en Île-de-France sont alors : 

  • Paris-Anjou le 18 juin 1939,
  • Paris-Bobillot en 1970,
  • Paris Auteuil en 1973,
  • Paris Brune en 1975,
  • Paris Philippe-Auguste en 1976,
  • Nanterre le 21 mars 1979,
  • Champigny-sur-Marne 1980.

1955CentredeRenseignementsTelephoniquesAnjou

Ci-dessus : vue du Centre de Renseignements Téléphoniques de la rue d'Anjou, à Paris - Premier CRT de France en 1939. Ici vers 1955-60. Le système de recherche des numéros de téléphone est alors rotatif. Photographie PTT - Coll. C. R-V.

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1975.09.30UnServiceDu12parMicrofiches

Ci-dessus : vues d'un Centre de Renseignements Téléphoniques équipé en Lecteurs de Microfiches - Photographie PTT - 30 septembre 1975 - Coll. C. R-V.

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1974CentredeRenseignementsTelephAuteuil

Ci-dessus : vue du Centre de Renseignements Téléphoniques de Paris Auteuil ouvert en 1973 ; ici en 1974, équipé en Lecteurs de Microfiches. Les Microfiches seront utilisées de 1970 à 1988. Photographie PTT - Coll. C. R-V.

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1985CentredeRenseignementsTelephoniquesAnjou

Ci-dessus : vue du Centre de Renseignements Téléphonique de Paris Anjou en 1985, une fois la base annuaire informatisée. Photographie PTT - Coll. C. R-V.


Dès 1941, une des principales tâches de la nouvelle Direction des Télécommunications est de concevoir un Nouveau Plan de Numérotage téléphonique afin de mettre un terme à l’anarchie qui régnait en France. 

Ainsi, avant l’importante harmonisation à venir, les villes ou les villages étaient pourvues :

  • de numéros de téléphone à 1, 2, 3, ou 4 chiffres en réseaux manuels
  • de numéros de téléphone à 4 ou 5 chiffres pour les réseaux  automatiques (par exemple, Orléans 4 chiffres),
  • de numéros de téléphone à 5 caractères pour Marseille-ville et Lyon,
  • de numéros de téléphone à 7 caractères pour Paris et la 1ère couronne.

Les numéros étant associés au nom du bureau de raccordement (nom qui était soit le nom d’un village, d’une ville, ou pour les grandes villes, le nom d’un quartier ou lieu-dit). Nous étions auparavant dans un plan de numérotage ouvert, qui s’était construit progressivement depuis la naissance du téléphone qui était alors entièrement manuel. 

  • La situation était d'ailleurs la même dans  l'Union Française : ainsi, en Tunisie, le numéro de téléphone attribué vers 1946-47 à mon grand'père établi à La Goulette, ville portuaire principale de Tunis, était le 51. La difficulté d'obtenir alors une ligne téléphonique était telle qu'il fallut l'intervention personnelle de Son Excellence Sidi Lamine Pacha-Bey, le Bey de Tunis !
  • Le téléphone manuel fut mis en service en Tunisie le 1er avril 1891 (Réseau Tunis-Goulette-Marsa). L'installation en a d'ailleurs été effectuée par la Société Générale des Téléphones. 
  • Puis le 29 juillet 1928, un commutateur R6 de la Thomson-Houston est mis en service avec 500 abonnés prioritaires raccordés en automatique et les 4000 autres abonnés du réseau étant raccordés sur ce commutateur en semi-automatique, avec pupitres d'opératrices obtenues par simple décrochage des abonnés. Ce commutateur R6 compta au moins 8.000 lignes. L'automatique intégral arriva jusques à La Goulette vers 1951-52, une fois que les équipements d'extension furent ajoutés au commutateur R6 de Tunis. Le cadran du poste PTT 1924 servait enfin à quelque chose.
  • En 1953, le plan était entre temps passé à trois chiffres : lorsque mon grand'père souscrivit à une deuxième ligne téléphonique pour le bureau de l'entreprise, ce numéro était le 224 à Goulette-casino... 
  • Jusqu'à la démolition de notre ancienne maison de famille en 2014 (vendue depuis 1971), le nouveau propriétaire avait conservé le numéro de téléphone 51, auquel il fut adjoint au fur et à mesure des préfixes successifs, si bien que le numéro d'appel, 70 ans plus tard, finissait toujours par le 51 !

Il est à noter qu’aucun système de commutation automatique conçu depuis n’a jamais pu dépasser le niveau d’intelligence du système de commutation manuelle. En effet, avant l’arrivée de l’automatique, il n’était pas plus difficile pour une opératrice d’identifier le 13.07 à l’Opéra que le 22 à Asnières.

Du fait du contexte historique dramatique, les travaux sont lents. Ils sont interrompus en 1942 et ne reprendront qu’à la Libération en 1945.


En 1946, le Plan de Numérotage étudié initialement en 1941 entre progressivement en vigueur. Le type de plan retenu, par obligation technologique en raison de la présence appelée à se généraliser des enregistreurs / traducteurs dans les commutateurs automatiques, devient un plan fermé. C'est-à-dire que le commutateur doit pouvoir « savoir » à l’avance quel nombre de caractères composés au cadran il doit recevoir pour pouvoir analyser le numéro par bloc en léger différé, ainsi que pour « savoir » quand le numéro du correspondant est terminé pour débuter l’établissement d’une communication.

Ce plan a l’avantage de pouvoir fonctionner à une époque où les commutateurs ne sont pas encore munis de calculateurs électroniques, mais porte l’inconvénient d’être très rigide et compliqué à modifier ultérieurement.

  • Pour la Région Parisienne, chaque abonné se voit attribuer un numéro de téléphone composé de 7 caractères : 3 lettres rattachées à la ville considérée, ou un lieu-dit, un quartier voire une rue, suivies de 4 chiffres : le chiffre du millier, le chiffre de la centaine, le chiffre de la dizaine et le chiffre de l’unité : c’est le MCDU.
  • Pour la plupart des villes de province, l'objectif est que chaque abonné se voie attribuer un numéro de téléphone composé de 6 caractères : 2 lettres rattachées à la ville considérée, ou un lieu-dit, un quartier voire une rue, suivies des 4 chiffres MCDU. Pour d'autres, 1 lettre rattachée à la ville considérée, ou un lieu-dit, un quartier voire une rue, suivie des 5 chiffres QMCDU. 
  • Pour certaines villes, bien que faisant partie d'un réseau automatique, les numéros ne comportent que :
    • 4 chiffres dans le cas de Nancy,
    • 4 chiffres ou 5 chiffres dans le cas de Bordeaux (desservi par le Commutateur STROWGER Palais-Gallien de 12.000 lignes : 4 chiffres pour les 6.000 premiers numéros, 5 chiffres pour les 6.000 numéros suivants).
    • 5 chiffres dans le cas de Nice, 
    • 5 caractères (1 lettre + 4 chiffres) dans le cas de Marseille et de Lyon dès leur mise en automatique en 1928.
      • Marseille passe à 6 caractères (2 lettres + 4 chiffres) le 1er mars 1951 (ou peu avant) en intégrant la deuxième lettre du nom du Commutateur. Exemple Colbert 12.34 devient COlbert 12.34.
      • Lyon passe à 6 caractères le 26 janvier 1952 (2 lettres + 4 chiffres), ainsi que la banlieue de Lyon (1 lettre + 5 chiffres).
  • Pour les « Services Spéciaux » existants (le 10 ou le 15 par opératrices manuelles par exemple) ou à venir, il est cependant décidé de créer un plan de numérotage à 2 chiffres, pour tous les numéros téléphoniques commençant par le chiffre 1.

C’est l’époque mythique des numéros de téléphones de type BALzac00.01 de l’agence publicitaire parisienne de Jean Mineur. À cette époque, ce plan très novateur permet l’harmonisation du réseau téléphonique. Il sera suffisant pour assurer le fonctionnement du réseau téléphonique tant que les communications interurbaines seront assurées par la voie manuelle via les opératrices des PTT.

P52.PubliciteAgenceJeanMineurBalzac00.01

En 1946, encore, est ouvert le 23 septembre, sous le numéro ETOile 84.00 le Service des Renseignements Postaux et Télégraphiques, le pendant du Service des Renseignements Téléphoniques. Ce numéro sera modifié en ETOile 64.00 courant 1956. Ce service était initialement basé dans le Centre Téléphonique de Paris-Carnot, rue de Médéric. Nous ne savons pas ce qu'est devenu ce service depuis.


En 1951, début de l'exploitation Interurbaine Automatique au départ de Paris : 

  • - En préambule, tous les Commutateurs automatiques mis en service à partir de 1945 comportent d'office une chaîne interurbaine automatique de jonctions entrantes et sortantes.
  • - Les Commutateurs automatiques plus anciens sont progressivement et rétroactivement équipés d'une chaîne interurbaine automatique.
  • - Après une première expérimentation locale à partir de deux commutateurs téléphoniques d'abonnés de Paris (Ségur ROTARY 7A1 et Suffren ROTARY 7A1, sis dans les mêmes murs) à partir du 5 novembre 1946 entre :
    • Paris et Lille (joignable de Paris par le préfixe 95 suivi du n°lillois à 5 chiffres),
    • Paris et Roubaix (joignable de Paris par le préfixe 97 suivi du n°roubaisien à 5 chiffres)
    • Paris et Fontainebleau (joignable depuis Paris par le préfixe 931 suivi du n°bellifontain à 4 chiffres),
  • - Après sa mise à l'étude pour généralisation ultérieure à partir du Comité Technique des PTT du 17 décembre 1946,
  • - Après l'extension de l'expérimentation à un autre commutateur de Paris (Littré ROTARY 7A1 -  et sa série Babylone "fictive") à partir de l'été 1948 pour joindre Lille, Roubaix et Fontainebleau,

- L'exploitation automatique interurbaine est généralisée à tout Paris le 26 mai 1951, à la mise en service du premier centre interurbain automatique de départ spécialisé d'une capacité de 200 circuits : 

  • - Le Centre Automatique 2FR (du nom de leurs deux concepteurs MM. Jean Fruchou* et Jean Ribaud**) ouvert le 26 mai 1951 au départ de Paris-Dabout, réalisé en matériel R6 par l'A.O.I.P. et qui fonctionnera jusques au 26 octobre 1972. (200 circuits de départ)

Ensuite viendront :

  • - Le CIAD (Centre Interurbain Automatique de Départ) (conçu par MM. Jean Ribaud et Fernand Dupré***) réalisé en matériel ROTARY 7B1 mis en service à Paris - Bonne Nouvelle le 18 janvier 1958. (900 circuits de départ). (avec mise en utilisation du préfixe téléphonique interurbain dédié 16)
  • - Le CEZAR (Centre d’Écoulement vers la Zone Automatique Régionale) en matériel PENTACONTA le 18 mars 1966, à Paris-Pastourelle I. 
  • - Le CEZAR 2 (Centre d’Écoulement vers la Zone Automatique Régionale) en matériel PENTACONTA en Novembre 1969, à Paris-Pastourelle II.
  • - Le CADIS (Centre Automatique de Départ Interurbain Saint-Lambert) réalisé en matériel PENTACONTA est mis en service le 3 juin 1972 à Paris-Saint-Lambert.
  • - D’autres centres interurbains à préfixe 16 se multiplièrent également dans tout l’hexagone, massivement en matériel PENTACONTA et CP400.

Évidemment, comme des centres automatiques interurbains au départ de Paris furent créés, il fallut également mettre en service des centres interurbains automatiques d’arrivée des télécommunications à Paris, afin de pouvoir écouler le trafic à l’arrivée allant croissant : sont ouverts 3 centres téléphoniques d’arrivée réalisés en matériel ROTARY :

  • - Le centre Paris-Dabout (site Inter-Archives) en 1948 d'une capacité de 400 circuits (portée en 1950 à 800 circuits) de transit d'arrivée, adaptés à l'automatique le 23 mars 1954, construit en matériel ROTARY 7A1.
  • - Le centre Paris-Vaugirard (Rue Jobbé-Duval) en 1950 d'une capacité de 800 circuits de transit d'arrivée, adaptés à l'automatique le 23 mars 1954, construit en matériel ROTARY 7A1.
  • - Le centre Paris-Bonne Nouvelle le 18 janvier 1958 d'une capacité de 2160 circuits de transit d'arrivée, construit en matériel ROTARY 7B1. 

Ensuite, sont adoptées les technologies crossbar : 

  • - Le CINAT (Centre International et National d’Arrivée et de Transit) réalisé en matériel PENTACONTA CT4 (Commutation sur 4 fils) est mis en service le 10 Juillet 1963 à Paris-Pastourelle I. 
  • - Le CNAP (Centre National d’Arrivée Pastourelle) réalisé en matériel PENTACONTA est mis en service en 1966 à Paris-Pastourelle I
  • - Le CATON (Centre d’Arrivée et de Transit d'Origine Nationale) réalisé en matériel PENTACONTA CT4 (Commutation sur 4 fils) est mis en service le 16 février 1971 à Paris-Pastourelle II
  • - Le Centre Interurbain Automatique d'Arrivée réalisé en matériel PENTACONTA est mis en service le 26 mars 1972 à Paris-St Lambert.

Le préfixe interurbain 16, mis en service à partir du 18 janvier 1958 perdurera jusqu’au 18 octobre 1996.

  • * M. Jean Fruchou : nommé chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur par décret du 18 février 1952 ; promu officier dans l'Ordre du Mérite postal par décret du 18 octobre 1961 (BO PTT 1961, 292 Cab 9, page 45)
  • ** M. Jean Ribaud : nommé chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur par décret du 12 juillet 1950 et chevalier dans l'Ordre du Mérite postal par arrêté du 27 août 1954 (BO PTT 1954, 265 Cab 9, Page 67)
  • *** M. Fernand Dupré : nommé chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur par décret du 28 mars 1961

Nota : en 1951, le préfixe interurbain 16 n'existe pas encore. Il ne sera réservé qu'en 1955 et mis en service réel à partir du 18 janvier 1958. Les liaisons sont avant cette date établies au moyen de numéros à 7 chiffres, comme s'il s'agissait tous d'abonnés parisiens. 

  • - L'avantage de cette solution est de permettre rapidement l'ouverture de liaisons interurbaines automatiques au départ de Paris.
  • - Mais l'inconvénient est de consommer des préfixes à 3 chiffres POUR Paris, qui sont limités à un maximum de 150 par les possibilités de mémorisation des traducteurs ROTARY. 
  • - Les deux premières destinations interurbaines de distances régionales ouvertes à l'automatique sont alors Paris - Fontainebleau le 26 mai 1951 puis Paris - Rouen le 23 juin 1951 en câbles multipaires symétriques.
  • - Les deux premières destinations interurbaines automatiques à très grande distance sont Paris - Lyon en câble multipaires symétriques le 30 novembre 1951 (500 km) ; puis Paris - Toulouse en câble coaxial en Août 1952 (800 km).
  • - La première ville pouvant appeler Paris par voie entièrement automatique sera Montpellier le 25 mars 1954, suivie de Lille le 1er avril 1954.
  • - Les limitations de combinaisons possibles dans les traducteurs de Paris et Région Parisienne (150 directions) imposeront en 1955 la réservation de l'indicatif interurbain 16 pour une mise en service réelle le 18 janvier 1958 (seul numéro spécial alors encore disponible entre le 10 et le 19).

En 1953, en raison de l’extension du réseau téléphonique, du succès qu’il rencontre et en raison des pénuries de combinaisons prononçables des préfixes à 2 lettres devant toujours être de surcroît attribués en relation à un lieu particulier de la zone à numéroter, la Commission du Plan de Numérotage National des Abonnés décide que l’hexagone (hors département de la Seine 75) bascule à la numérotation tout en chiffres pour tous les nouveaux commutateurs ou toutes les nouvelles extensions mises en service à partir de cette année.

Cas de la Province :

  • - La province conserve les anciens préfixes à 2 lettres préexistants (par exemple Lyon ou Marseille), ou suivant les cas les préfixes à 1 lettre (par exemple Rouen) en les transformant dans les chiffres correspondants : par exemple, à Marseille-ville, le Préfixe COlbert devient le Préfixe 20.
  • - Attention, certaines villes n'ont jamais utilisé de lettres dans leur numéros de téléphones (Par exemple Strasbourg, Bordeaux ou Grenoble) et ne sont donc pas concernées par les affres de la conversion.
  • - La province adopte les préfixes ultérieurement créés directement à 2 chiffres (par exemple Lyon ou Marseille), ou suivant les cas, les préfixes à 1 chiffre (par exemple Rouen).

Cas de la 2ème couronne en Région Parisienne :

  • - Les nouveaux préfixes créés en grand banlieue de Paris (départements 77 et 78 : 2ème couronne ainsi que l'Oise) sont dès 1954 créés tout en chiffres (3 chiffres) avec l'arrivée des Commutateurs ROTARY 7B1 dont Enghien-les-Bains ROTARY 7B1 est le prototype.
  • - Ces départements de Seine-et-Marne, d’Oise (alors en Région Parisienne) et de Seine-et-Oise (c'est-à-dire actuellement les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise) remplacent à partir du 18 juillet 1958 et jusqu'au 25 mai 1959 les quelques préfixes à 3 lettres déjà existants par de nouveaux préfixes à 3 chiffres qui n'ont rien à voir avec les préfixes littéraux initiaux : par exemple, le préfixe PRIncesse devient le préfixe 966 le 18 juillet 1958.

Cas de Paris et de la 1ère couronne :

  • - Le département de la Seine (c'est-à-dire actuellement les départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne plus quelques villes détachées de la Seine-et-Oise) conserve ses préfixes à 3 lettres jusques au 1er octobre 1963, où à cette date, ils seront convertis tout-en-chiffres tels qu'ils correspondent sur le cadran : par exemple, le préfixe ELYsées devient le préfixe 359.

En 1955, suite aux travaux de la Commission Administrative des PTT créée en 1952 et qui rendit ses conclusions dès 1953, présidée par M. l'Ingénieur Général Antoine Chovet (Commandeur dans l'Ordre du Mérite Postal - décret du 13 mars 1961 ; Commandeur dans l'Ordre National du Mérite - décret du 16 décembre 1966 ; Commandeur dans l'Ordre National de la Légion d'Honneur - décret du 27 décembre 1968), le Plan de Numérotage téléphonique entre en vigueur par déploiement progressif commutateur par commutateur, pour faire face à l’extension du réseau téléphonique qui avait été insuffisamment anticipée au départ, ainsi qu’à l’automatisation interurbaine débutée en 1951, nécessitant alors une rationalisation « mathématique » dans l’attribution des numéros des abonnés, en fonction de critères géographiques et organisationnels novateurs, en tenant compte que la plupart des destinations demandées concernent par ordre d’importance : des appels urbains, puis des appels passés dans le même département, puis dans les départements limitrophes ; les appels de longue distance étant alors marginaux ainsi que les internationaux.

Le cahier des charges est donc à cette époque :

- De faire en sorte que les abonnés composent le moins de chiffres possibles sur leur cadran téléphonique d’appel par commodité,

- De préparer l’automatisation interurbaine dans l’hexagone qui reste en réalité à déployer,

- De traiter en conséquence le plus localement possible par le même commutateur, ou par un commutateur le plus voisin possible, la communication demandée en mode automatique sans passer par de grands centres interurbains automatiques de transit qui n’existent encore pratiquement pas,

- De tenir compte également que les capacités d’écoulement d’un réseau, alors constitué de commutateurs téléphoniques à organes tournants, possède une capacité d’écoulement de trafic intercentre des plus symboliques qui est d’autant plus faible au fur et à mesure que la distance entre les deux abonnés s’accroît car les faisceaux de communication de grande longueur n’existent alors qu’en nombre restreint voire contingenté, au sortir d’une crise boursière planétaire, de deux guerres mondiales et en pleine guerre d’Indochine…

- De tenir compte que plus la numérotation de base comporterait de chiffres à composer, plus elle nécessiterait la multiplication pléthorique d’équipements électromécaniques coûteux et très volumineux (comme des baies de sélecteurs supplémentaires) dans les centraux où la quasi-totalité des commutateurs sont électromécaniques à organes tournants à cette époque.

ZND : Le réseau se maille de plus en plus et la solution décidée tenant compte de tous les facteurs précités consiste à réorganiser le plan de numérotage téléphonique par Zones de Numérotage de Département (ZND) qui se superposent plus ou moins aux départements. C’est ce que l’administration des télécommunications tente de réaliser le plus souvent possible. Un département, donc une ZND, reçoit en général un seul indicatif (AB).

Nota : chaque ZND est constituée par un regroupement de plusieurs Circonscriptions de Taxe qui ne se chevauchent pas. Dans chaque Circonscription de Taxe les abonnés téléphonent au tarif local de 1 Taxe de Base. Dès qu'un appel sort de la circonscription de l'appelant, un système de tarification complexe basé sur la distance entre les deux chefs-lieux de Circonscriptions de Taxes détermine un tarif de conversation.

Il existe alors en France un nombre important de tarifs basés d'une part sur la distance à vol d'oiseau entre chefs-lieux, et d'autre part à l'appartenance des chefs-lieux au même département (intra ZND), ou à des départements limitrophes (intra ZRN), ou en dehors de la ZRN.

Les combinaisons de ces multiples facteurs sont très complexes et en font d'ailleurs le système tarifaire de taxation le plus complexe du monde à cette époque.

À signaler le cas particulier du département de la Seine ne formant qu'une seule Circonscription de Taxe dans une seule et unique ZND, la ZND dite de Paris et 1ère couronne, la 1ère couronne, encore nommée zone suburbaine, étant constituée des communes limitrophes à Paris ainsi que des communes limitrophes à celles-ci.

ZRN : Sont aussi formées des Zones Régionales de Numérotage (ZRN) : schématiquement, il est créé une ZRN par département, qui comprend ce département considéré ainsi que les départements limitrophes. Ainsi chaque ZRN à 6 chiffres en chevauche plusieurs autres. Dans une même ZRN, les abonnés se téléphonent entre eux en composant seulement les 6 chiffres de leur correspondant : PQ MC DU.

Nota : même si les ZRN à 6 chiffres se chevauchent en France, il est impossible qu’une ZRN de province chevauche la ZRN de la Région Parisienne, vu que la numérotation régionale y est à 7 chiffres.

Dès 1955, le principe d’une double numérotation est mis en œuvre. Chaque abonné se voit donc attribuer un numéro national (aussi dénommé numéro significatif) à 8 caractères, associé au numéro régional correspondant de 6 chiffres ou 7 caractères :

C’est à cette époque que naît la dénomination ABPQMCDU de la numérotation téléphonique.

Concernant la Province :

- Le AB PQ MC DU représente le numéro national à 8 chiffres de l’abonné.

- Le PQ MC DU son numéro régional à 6 chiffres correspondant.

- Un indicatif (AB) représente le numéro de Zone de Numérotage de Département (le département, en général).

- Un Préfixe Quantitatif, noté PQ, représente à cette époque le numéro du commutateur.

- Il ne peut exister sur l’ensemble du territoire métropolitain qu’un maximum de 80 indicatifs (AB) vu qu’il a été historiquement décidé que le chiffre 0 ne commencerait jamais de numéro téléphonique national, ainsi qu’un maximum de 90 PQ possibles pour chaque ZRN, pour la simple raison que les 2 premiers chiffres composés au cadran compris entre 10 et 19 sont affectés (ou réservés pour le futur) aux « Services Spéciaux » (comme le préfixe 16 pour l’interurbain automatique) et ne sont donc ni intégrables au plan de numérotage national à 8 chiffres, ni aux plans de numérotage régionaux à 6 chiffres.

- De plus, dans chaque ZRN à 6 chiffres, bien que comportant en général plusieurs indicatifs (AB), nous sommes donc toujours limités à 90 combinaisons de PQ de 10.000 abonnés MCDU chacune : 900.000 abonnés maximum par ZRN. En effet, si un PQ pouvait être attribué à plusieurs indicatifs (AB) d’une même ZRN, il existerait alors dans cette ZRN plusieurs numéros de téléphones régionaux identiques à 6 chiffres PQ MC DU, ce qui rendrait l’acheminement des communications impossible en mode automatique. Ceci provoque une perte inévitable de ressources en numéros téléphoniques attribuables.

Concernant la Région Parisienne :

- Le A BPQ MC DU représente le numéro national à 8 caractères de l’abonné.

- Le BPQ MC DU son numéro régional à 7 caractères correspondant.

- Un indicatif (A) –fixé à la valeur (1) en 1955– représente le numéro de Zone Régionale de Numérotage (c'est-à-dire l’ensemble de la Région Parisienne de l’époque : les départements de la Seine, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne et d’Oise).

- Un Préfixe Quantitatif à 3 caractères, noté BPQ.

- Il ne peut exister que 900 combinaisons BPQ possibles, pour la simple raison que les 2 premiers chiffres composés au cadran compris entre 10 et 19 sont affectés (ou réservés pour le futur) aux « Services Spéciaux » (comme le préfixe 16 pour l’interurbain automatique), ce qui fait que le (B) égal à 1 en Région Parisienne ne peut pas exister. Par voie de conséquence ceci interdit techniquement l’usage de 100 combinaisons BPQ dans cette ZRN à 7 chiffres.

- De plus, par souci d’harmonisation par rapport à la province, les numéros PQ de 10 à 19 sont volontairement éliminés de la numérotation régionale parisienne. Ceci est la raison pour laquelle il n’existe jamais de lettres rouges autour du chiffre 1 de l’émail des cadrans téléphoniques administratifs apparus en 1927. Donc, en Région Parisienne, 10 PQ commençant par le chiffre 1 pour les 9 B possibles sont volontairement éliminés, soit 90 PQ supplémentaires à retrancher.

- En revanche, la ZRN de Région parisienne à 7 chiffres ne peut pas chevaucher de ZRN limitrophe, ce qui fait que dans cette ZRN à 7 chiffres, il est possible d’attribuer un maximum réel de 9 B de 90 PQ chacun, soit 810 BPQ de 10.000 abonnés MC DU. Soit un maximum de 8,1 millions d’abonnés

- Sachant que pour les départements de Seine-et-Marne, Oise et Seine-et-Oise, le préfixe (B) est fixé à la valeur 9 et donc limite le nombre de lignes téléphoniques maximal pour la 2ème couronne et la grande banlieue qu’à 1 B de 90 PQ, soit 90 BPQ de 10.000 abonnés MCDU possibles soit 900.000 abonnés maximum,

- Sachant que pour le département de la Seine (Paris et 1ère couronne), sont disponibles 8 B de 90 PQ, soit 720 BPQ de 10.000 abonnés MC DU. Soit un maximum de 7,2 millions d’abonnés pour Paris et la 1ère couronne.

Nota : Concernant les Préfixes Quantitatifs PQ, la multiplication du nombre de commutateurs puis l’avènement ultérieur des commutateurs à grande capacité supérieurs à 10.000 abonnés signe ici le fait que depuis plus de 40 ans, les numéros de commutateur soient complètement disjoints des Préfixes Quantitatifs téléphoniques, un seul commutateur pouvant inclure jusqu’à 10 Préfixes Quantitatifs (soit 100.000 abonnés). De nos jours, un numéro de commutateur est composé par 4 caractères : 2 lettres suivies de 2 chiffres, ce qui n’a donc plus aucun point commun avec les Préfixes Quantitatifs qu’il gère.

- Lorsqu’un abonné de province souhaite appeler un abonné situé dans sa propre ZRN (c'est-à-dire dans son département et les départements limitrophes), il ne compose alors que les 6 chiffres du numéro régional de son correspondant : PQ MC DU, comme à l’époque du plan de 1946.

- Lorsqu’un abonné de province souhaite appeler un abonné situé en province hors de sa propre Zone Régionale de Numérotage, ou en Région Parisienne, il compose le préfixe interurbain 16 si sa zone est équipée de l’interurbain automatique, attend la tonalité spécifique du centre interurbain (mélange de 330Hz et 440Hz), puis compose le numéro national à 8 chiffres de son correspondant : AB PQ MC DU ou à 8 caractères (dont 3 lettres) pour joindre le département de la Seine : 1 £££ MC DU. En automatique, le préfixe interurbain 16 sert à indiquer au commutateur d’abonnés que l’abonné va traiter un appel national, situé en dehors de la zone de l’appelant.

- Lorsqu’un abonné de Région Parisienne souhaite appeler un abonné situé en Région Parisienne, il téléphone en fait dans la même ZRN que lui, donc il compose alors le numéro régional de son correspondant comme à l’époque du plan de 1946 : les 3 lettres suivies des 4 chiffres MC DU si le correspondant est situé dans le département de la Seine, ou les 7 chiffres BPQ MCDU si le correspondant est situé dans le département de Seine-et-Marne, d’Oise ou de Seine-et-Oise.

- Lorsqu’un abonné de Région Parisienne relié à l’automatique interurbain souhaite appeler un abonné situé hors de Région Parisienne, il téléphone en fait hors de sa ZRN, donc il compose alors le préfixe interurbain 16, puis attend la tonalité spécifique du centre interurbain et compose le numéro national à 8 chiffres de son correspondant : AB PQ MC DU.

Le plan de numérotage de 1955, basé simultanément sur des numéros nationaux à 8 chiffres et de numéros régionaux correspondant à 6 ou 7 chiffres fut une réponse astucieuse à cette époque de contraintes et de pénuries en financements, en commutateurs et en voies de transmission des communications ; en fait d’un réseau notoirement sous-équipé, situation qui sera décrite par Fernand Raynaud dans son célèbre sketch du 22 à Asnières.

Ce plan fut le seul moyen possible utilisé pendant 30 ans par l’administration des télécommunications pour gagner du temps en gérant au mieux la pénurie de ressources, au prix cependant, d’une exploitation des ressources en numéros téléphoniques disponibles qui ne pouvait pas être optimale en raison du découpage même organisé par ce plan en Zones Régionales de Numérotage « intermédiaires » à 6 chiffres et ceci pour deux raisons majeures :

1° Il y a une première neutralisation massive des combinaisons de numéros possibles vu qu’à l’intérieur d’une ZRN de province où le plan de numérotage est fixé à 6 chiffres, les indicatifs (AB) qui la composent ne sont jamais utilisés pour différencier les numéros d’abonnés. Donc dans une ZRN, ne sont de toute manière possibles que 90 combinaisons de PQ, soit 900.000 abonnés au maximum quel que soit le nombre d’indicatifs (AB) qui la composent. Un numéro PQ ne peut donc être attribué qu’à un seul indicatif (AB) de la même ZRN à 6 chiffres. Prenons l’exemple d’une ZRN de province qui comporte 4 départements pourvus chacun d’un indicatif (AB), il y a donc 4 indicatifs (AB) dans cette ZRN. Comme le plan téléphonique dans une ZRN de province est fixé à 6 chiffres, seuls 90 PQ sont donc possibles, soit 900.000 numéros de téléphones et ce malgré l’emploi de 4 indicatifs (AB) qui ne seront jamais utilisés à plein rendement dans cette ZRN, vu qu’il préexiste cette limite infranchissable de 900.000 abonnés par ZRN à 6 chiffres. Pour cette ZRN à 4 départements, nous avons donc (90 combinaisons de PQ x 4(AB) différents – 90 combinaisons de PQ réellement possibles), soit 360-90 = 270 combinaisons de 10.000 abonnés, soit 2,7 millions de numéros téléphoniques irrémédiablement perdus pour une ZRN à 4 départements et à 4 indicatifs (AB).

2° De surcroît, comme les ZRN de province (environ 80, soit le nombre approximatif de départements) en chevauchent plusieurs autres, encore plus de numéros de téléphones supplémentaires sont « détruits » à cause du chevauchement ! Par exemple, imaginons le cas d’un département qui fasse partie de 2 ZRN et que ce département possède un indicatif (AB) qui lui soit propre. La ZRN n°1 va lui interdire d’employer un certain nombre de PQ avec son indicatif départemental (cas étudié au 1°), mais la ZRN n°2 qui chevauche ce même département ne pourra plus que choisir, pour ses autres départements restants à pourvoir, des PQ différents de ceux déjà utilisés par le département chevauché. Sachant qu’une ZRN chevauche plusieurs autres ZRN (3, 4, 5 voire 7), des combinaisons interdites supplémentaires vont apparaître et neutraliseront plusieurs blocs de numéros téléphoniques AB PQ.

3° En revanche, même si un PQ ne peut être associé qu’à un seul indicatif (AB) des différentes ZRN dont il fait partie et qui se chevauchent, un PQ peut être associé à d’autres indicatifs (AB) faisant partie d’autres ZRN qui ne se chevauchent jamais (donc à d’autres ZRN géographiquement très éloignées). Par ce moyen, les pertes sont en parties limitées au niveau national, d’où l’importance de procéder à un judicieux découpage des ZRN ainsi qu’à un choix astucieux de leurs chevauchements respectifs ainsi que dans l’attribution des valeurs numériques suivant des critères géographiques aux indicatifs (AB) et aux PQ pour chaque ZRN ; attribution qui ne peut donc jamais être optimisée partout en même temps sur le territoire métropolitain (Optimisation possible jusqu’à 60% de numéros utilisables suivant les régions en cas de forte densité et choix judicieux mais pouvant tomber jusqu’à 20% dans des régions à faible densité.)

Cette situation de gaspillage de numéros de téléphones, supportable tant que le nombre d’abonnés au téléphone restait limité, ne pouvait qu’exploser ultérieurement concernant les zones à forte densité de population. C’est ainsi que des mesures correctives seront successivement prises dans l’urgence entre 1974 et 1980 pour parer à la pénurie de numéros téléphoniques attribuables dans les départements les plus saturés.

ExtraitTableauZRN

Ci-dessus : représentation partielle de l’enchevêtrement des Zone Régionales de Numérotation. (source : Encyclopédie des PTT, 1957, éd. Rombaldi)

Parmi, prenons un cas concret : le département de la Haute-Garonne est une Zone de Numérotage Départementale dotée de son indicatif interurbain AB = 61. Comme toute ZND il va constituer sa propre Zone Régionale de Numérotage à 6 chiffres en y intégrant ses départements mitoyens, au nombre de 7.

Mais ce département va aussi faire partie de 7 autres Zones Régionales de Numérotage, en plus de la sienne, soit 8 ZRN en tout.

De surcroît, ces 7 départements mitoyens vont aussi constituer leur propre Zone Régionale de Numérotage à 6 chiffres en y intégrant à leur tour leurs départements mitoyens, et ainsi de suite, sachant que nous sommes toujours limités à 90 combinaisons de PQ (soit 900.000 abonnés) par ZRN. Or, les ZRN se chevauchent !

Il s’agit bel et bien de cet enchevêtrement de ZRN non disjointes, qui se recouvrent donc partiellement, qui fait perdre une grande partie de la ressource mathématique en numéros disponibles avec ce plan de numérotage à 6 chiffres régionaux.

En plus de risquer la pénurie d’équipements téléphoniques de commutation, l’on pouvait, si l’organisation du plan de numérotage était traitée à la légère de surcroît souffrir de pénuries de numéros de téléphones mathématiquement attribuables pour pouvoir mettre en service les abonnés, et ce même si l’administration disposait des équipements matériels en nombre suffisant !

En 1955, la France est désormais découpée en 80 Zones Régionales de Numérotage.

  • - 79 ZRN avec un format de numéros régionaux à 6 chiffres (indicatif interurbain AB à 2 chiffres) ,
  • - 1 ZRN avec un format de numéros régionaux à 7 chiffres (indicatif interurbain A à 1 chiffre) , en l'occurrence Paris et la Région de Paris.

TableauDesIndicatifsABen1955

Ci-dessus :  tableau des indicatifs interurbains AB en vigueur en 1955. 

( chaque AB correspond à 1 Zone de Numérotage Départementale, c'est à dire sauf quelques exceptions, à 1 département ).

Il ne subira que quelques modifications jusqu'en 1973.

À noter que l’AB = 50 n’est pas utilisé, il est gardé en réserve.

(source : Encyclopédie des PTT, 1957, éd. Rombaldi)


PlanVers1955

Ci-dessus : Plan des indicatifs interurbains AB en vigueur peu après 1955.

( chaque AB correspond à 1 Zone de Numérotage Départementale, c'est à dire à quelques exceptions, à 1 département ).

 À noter que le département de l'Oise est désormais rattaché à la Région Parisienne (A=1).

À noter que l'AB = 30, anciennement affecté à l'Oise et l'AB = 50 ne sont pas utilisés, il sont gardés en réserve.

(source : CNET 1974)


En 1956, début de l'International Automatique dans le sens Réception : concernant les communications en provenance de l'étranger, elles sont toutes reçues en France par voie manuelle, et acheminées manuellement par nos opératrices d'arrivée.

Il faut attendre le 29 mai 1956 pour que la première liaison automatique internationale dans le sens Étranger vers France soit ouverte, entre la Belgique (Bruxelles) et la France (Lille et Paris).

Fait remarquable, il s'agit de la première liaison internationale ouverte en automatique intégral dans le monde.


En 1958, début de l'International Automatique dans le sens Émission : concernant les communications à destination de l’étranger, rien n’est encore automatisé. Avant 1958, le demandeur passe toujours par la voie manuelle. Il est mis en relation avec des opératrices de départ qui s’occupent manuellement de l’établissement de la communication avec le pays demandé. 

Ce n’est qu’à partir du 29 mars 1958 que la situation commence timidement à changer : la première liaison automatique internationale sera ouverte dans le sens France vers Étranger entre la France et la Belgique (Paris et Bruxelles) par le biais d’une sorte d’expérimentation «locale» inaugurée par M. le Secrétaire d’État aux PTT - Eugène Thomas via le CIAD (Centre Interurbain Automatique de Départ) réalisé en matériel Rotary 7B1 mis en service récemment à Paris - Bonne Nouvelle le 18 janvier 1958.

À ces débuts, les communications à destination de Bruxelles obtenues à partir de Paris sont routées comme s'il s'agissait de communications interurbaines, via le récent préfixe interurbain (16). 

  • Bruxelles est obtenu à partir de Paris en composant le 16 (02) suivi des 6 chiffres de l'abonné belge.

Dans le but d'unifier les systèmes de télécommunications internationaux Le CCITT attribue en 1962, pour chaque pays, un indicatif qui lui est propre, pour que chaque pays puisse être joint facilement. La France se voit affecter l'indicatif de pays : 33.

À partir de la France, pour joindre l'étranger, le préfixe international automatique d'appel dédié (19) ne sera créé qu'en 1964 (voir année 1964 de la chronique)

Nota : le préfixe (19) a été précédemment utilisé pour les Dérangements, vers la fin des années 1950, quand à cette époque les Dérangements furent dissociés du service des Réclamations (13). Cet usage séparé n'a donc pas duré. L'on retrouve parfois sur d'anciens téléphones modèles U43 de cette période une étiquette comportant cette numérotation, étiquette spéciale toujours fabriquée en aluminium, et non comme à l'habitude en carton bristol.


En 1963, par la circulaire du 21 septembre 1963 (BO PTT 1963, document 258 T 34 page 89), constatant que le département de la Seine (Paris et 1ère couronne) commence à subir la même pénurie de combinaisons prononçables et vraisemblables de lettres à mettre en relation avec un lieu considéré, comme ceci arriva en province dix ans auparavant, l’administration des télécommunications décide unilatéralement de supprimer l’emploi des lettres pour les numéros de ce département à partir du 1er octobre 1963.

C’est une petite révolution qui est mal vécue par les parisiens, mais qui permet d’une part l’harmonisation de l’emploi de la numérotation en l’alignant sur l’ensemble de l’hexagone, mais permet de surcroît de créer de nouvelles combinaisons qui eussent été invraisemblables ou imprononçables sous forme de lettres. Il est à noter que malgré ce changement, l’emploi des anciens préfixes à lettres préexistant à ce changement reste alors en usage et même toléré par l’administration des télécommunications. Cet usage perdure donc, pour les plus âgés des parisiens et de la 1ère couronne, jusqu’au futur plan de numérotation qui interviendra en 1985.

Par exemple, le préfixe ANJou devient le préfixe 265, ce qui a moins de charme, mais du coup il devient possible de créer le préfixe supplémentaire contigu 266 qui n’est rattaché à aucun lieu-dit particulier, afin de pouvoir facilement doubler, avec le moins d’équipements électromécaniques supplémentaires possibles, la capacité de ce centre téléphonique de Paris très saturé en créant de nouvelles combinaisons de numéros devenues possibles, pour peu que les extensions électromécaniques des commutateurs qui correspondent soient installées...

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Ci-dessus :

Circulaire du 21 septembre 1963 généralisant l'usage des chiffres dans les numéros de téléphones de Paris (et première couronne - zone suburbaine).

L'annexe N°1 désigne les ultimes BPQ de Paris utilisés juste avant leur conversion en chiffres.

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Notons au passage que les BPQ, qui sont des Préfixes Quantitatifs venant après l'Indicatif, sont désignés par abus de langage comme étant des Indicatifs...


En 1964, le préfixe international automatique 19 est mis en service le 24 novembre 1964 (Il avait été réservé dès 1960). Les premières chaînes dédiées de départ automatiques vers l’international sont mises en service, uniquement pour quelques pays, comme l’Allemagne ou le Maroc. Ce n'est qu’au fur et à mesure de l’automatisation du réseau téléphonique de chaque pays que l’international deviendra progressivement automatique…

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L’abonné compose alors le préfixe 19, attend la tonalité spécifique du Centre International Automatique (il s'agira d'abord d'un indicatif musical, qui sera ultérieurement remplacé à partir du 4 décembre 1971 à 8H00 du matin par une tonalité à 850 Hz, puis ultérieurement (avant 1977) par une tonalité différenciée (330Hz et 440Hz mélangés)), puis compose l’indicatif du pays suivi immédiatement du numéro de son correspondant à l’étranger.

  • - En France, le premier centre téléphonique international automatique de départ CADET (Centre Automatique de Départ vers l’ÉTranger), construit en matériel Pentaconta à partir de 1961 est mis en service à Paris le 24 novembre 1964 à Paris-Pastourelle I (il s'agit de la chaîne 1). (les deux premières destinations ouvertes sont l'Allemagne et la Grande-Bretagne)
  • - Concernant le trafic arrivée en provenance de l'international automatique, c'est le CINAT (Centre International et National d’Arrivée et de Transit) réalisé en matériel Pentaconta déjà mis en service le 10 juillet 1963 qui assure cette fonction (il s'agit de la chaîne 2).
  • - Puis à partir du 16 février 1971, le CATON (Centre d’Arrivée et de Transit d'Origine Nationale) réalisé en matériel Pentaconta CT4 (Commutation sur 4 fils) à Paris-Pastourelle II sera chargé, comme seconde mission, d'accroître les capacités du réseau international d'arrivée de la chaîne 2. (CATON étant commandé à la fin de 1968)

Pour la France, le 33 est l’indicatif entrant vers notre pays attribué par le Comité Consultatif International Téléphonique et Télégraphique par sa recommandation E.29 du 26 juin 1964.

Quelques exemples d'automatisations entre la France et le reste du monde :

  • en Décembre 1965, les relations téléphoniques entre la France et la Suisse sont automatisées.
  • en Juillet 1970, les relations entre la France et l'Espagne sont automatisées.
  • le 1er mai 1971, les relations entre la France et les USA sont automatisées.
  • en Octobre 1973, les relations entre la France et le Canada sont automatisées.
  • en Juillet 1974, les relations entre la France et la Tunisie sont automatisées.
  • le 28 février 1975, les relations téléphoniques entre la France et l'Algérie sont automatisées.
  • le 10 mars 1975, les relations téléphoniques entre la France et la République d'Irlande sont automatisées.
  • en Avril 1975, les relations téléphoniques entre la France et le Portugal sont automatisées.
  • le 10 novembre 1975, les relations téléphoniques entre la France et Chypre sont automatisées.
  • le 2 juillet 1976, les relations téléphoniques entre le France et la République Démocratique Allemande sont automatisées.
  • le 12 février 1977, les relations téléphoniques entre la France et : le Sénégal et Singapour sont automatisées.
  • le 24 juin 1977, les relations téléphoniques entre la France et l'Iran sont automatisées.
  • en Novembre 1977, les relations téléphoniques entre : le Chili, la Hongrie, le Koweit et la Nouvelle-Calédonie sont automatisées.
  • le 15 octobre 1979, les relations téléphoniques entre la France et les Émirats Arabes Unis sont automatisées.
  • le 23 octobre 1979, les relations téléphoniques entre la France et la Lybie sont automatisées.
  • le 14 novembre 1979, les relations téléphoniques entre la France et : la Corée du Sud, le Nicaragua, le Kenya, le Guatemala et l'Equateur sont automatisées.
  • le 31 mars 1980, les relations téléphoniques entre la France et : l'Arabie Séoudite, le sultanat d'Oman et Taïwan (Chine nationaliste) sont automatisées.
  • le 12 mai 1980, les relations téléphoniques entre la France et Moscou sont automatisées.
  • le 1er septembre 1980, les relations téléphoniques entre la France et l'URSS 'occidentale' sont automatisées.
  • en Janvier 1981, les relations téléphoniques entre la France et : le Nigéria, les Antilles Néerlandaises, les Bermudes, les Îles-Vierges et Gibraltar sont automatisées.
  • en Avril 1981, les relations téléphoniques entre la France et Saint-Pierre et Miquelon sont automatisées.
  • en Décembre 1982, les relations téléphoniques entre la France et : la Jordanie, l'Uruguay et le Vanuatu (Nouvelles-Hébrides).
  • le 17 juillet 1985, les relations téléphoniques entre la France et : le Burundi, la Somalie, Grenade, Saïpan, le Pérou, Macao, le Népal et la Zambie sont automatisées.
  • le 21 août 1985, les relations téléphoniques entre la France et Maurice sont automatisées.
  • le 13 mars 1986, les relations téléphoniques entre la France et la Bulgarie sont automatisées.
  • le 8 octobre 1986, les relations téléphoniques entre la France et la Chine (communiste) sont automatisées.
  • le 9 avril 1991, les relations téléphoniques entre la France et la Corée du Nord sont automatisées.
  • le 16 avril 1991, les relations téléphoniques entre la France et l'archipel des Comores sont automatisées.
  • le 20 août 1991, les relations téléphoniques entre la France et l'île de Sainte-Hélène sont automatisées.
  • le 17 décembre 1991, les relations téléphoniques entre la France et Cuba sont automatisées.
  • le 20 octobre 1992, les relations téléphoniques entre la France et le Laos sont automatisées.

1975.02.28AutomatisationFranceAlgerieFould

1975.03.10AutomatisationFranceIrlandeFould

Ci-dessus : de Paris, M. le Secrétaire d'État Autonome des Postes et Télécommunications - Aymar Achille-Fould le 28 février 1975 en pleine conversation avec le Ministre algérien des P et T M. Saïd Aït Messaoudène, à Alger. Photographie PTT - Coll. C. R-V.

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Ci-dessus : de Paris, M. le Secrétaire d'État Autonome des Postes et Télécommunications - Aymar Achille-Fould le 10 mars 1975 en pleine conversation avec le Ministre irlandais des P & T M. Conor Cruise O'Brien TD, à Dublin. Photographie PTT - Coll. C. R-V.

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En 1967, un préfixe supplémentaire, le 15, est mis à la disposition des abonnés de la Région Parisienne pour l’accès à l’interurbain automatique (préfixe déjà utilisé en outre en province en interurbain manuel), via le centre DIANE (Deuxième Interurbain Automatique National d'Extension), à Paris-Bonne Nouvelle, réalisé en matériel Pentaconta ouvert à Paris le 20 juillet 1967.

À cette époque, lorsqu’un abonné relié à l’automatique de Région Parisienne souhaite appeler un abonné situé hors de Région Parisienne, il compose alors le préfixe interurbain 16 ou 15 suivant la moitié de la France que l’abonné de Paris ou de Région Parisienne souhaite joindre, puis attend la tonalité spécifique du centre interurbain (il s'agira d'abord d'un indicatif musical, qui sera ultérieurement remplacé à partir du 4 décembre 1971 à 8H00 du matin par une tonalité à 850 Hz, puis ultérieurement (avant 1977) par une tonalité différenciée (330Hz et 440Hz mélangés)) et compose le numéro national à 8 chiffres de son correspondant : AB PQ MC DU.

Le préfixe interurbain 15 ne se généralisera pas et sera repris par le préfixe 16 courant 1978 ; le préfixe 15 étant réaffecté dès 1979 au SAMU. (ouverture à partir du 27 mai 1980 du 1er Centre SAMU 15, dans l'Aube).

De plus après l'ouverture à Paris-St Lambert, du Centre interurbain automatique d'arrivée le 26 mars 1972, l’ouverture du CADIS (Centre Automatique de Départ Interurbain Saint-Lambert) le 3 juin 1972, réalisés en matériel Pentaconta, permettant à une moitié de la Région Parisienne de joindre la totalité de la France en automatique via le préfixe 16, active la généralisation du préfixe 16 au détriment du préfixe 15.

Ainsi durant l’existence du centre interurbain parisien DIANE, les abonnés de la Circonscription de Taxe de Paris (incluant l’ancien département de la Seine, plus Meudon, Sèvres, Saint-Cloud et les trois aéroports du Bourget, Orly et Villacoublay) composaient le préfixe interurbain 15 pour joindre les départements suivants : 01, 03, 04, 05, 06, 07, 09, 12, 13, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 2A, 2B, 23, 24, 26, 28, 31, 32, 33, 36, 37, 38, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 49, 53, 54, 55, 57, 63, 64, 65, 69, 72, 73, 74, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87 et 88.

Quant aux autres départements : 02, 08, 10, 11, 14, 21, 22, 25, 27, 29, 30, 34, 35, 39, 48, 50, 51, 52, 56,58, 59, 61, 62, 66, 67, 68, 70, 71, 76, 89 et 90, il sont obtenus au départ de Paris à partir du préfixe interurbain « habituel »16.


En 1970, sous l’impulsion de M. le Directeur Général des Télécommunications - Pierre Marzin, débute l’étude d’un nouveau plan de numérotage national à venir, en raison de la saturation prévisible dans les zones à forte densité de population qui point.

Situation particulièrement complexe du Téléphone en 1970, (Automatique, Semi-Automatique, Manuel, Automatique-Rural se partagent le réseau) au départ de la Circonscription de Taxe de Paris, tirée de l' Annuaire des abonnés au téléphone de Paris - 1970.

En 1972, sous l'impulsion du nouveau Directeur Général des Télécommunications - M. Louis-Joseph Libois, est créée au début de cette année une Commission chargée de préparer un Nouveau Plan de Numérotage. Cette Commission se réunit pour la première fois dès le 15 février 1972 et ouvre officiellement ses travaux.


Fin 1973, la France demeure toujours  découpée en 80 Zones Régionales de Numérotage (même si quelques découpages géographiques et quelques renumérotations d'indicatifs interurbains se produisirent depuis 1955.)

  • - 79 ZRN avec un format de numéros régionaux à 6 chiffres (indicatif interurbain AB à 2 chiffres) ,
  • - 1 ZRN avec un format de numéros régionaux à 7 chiffres (indicatif interurbain A à 1 chiffre) , en l'occurrence Paris et la Région de Paris incluant alors l'Oise.

TableauDesIndicatifsABen1973

Ci-dessus : tableau des indicatifs interurbains AB en vigueur en Août 1973.

(Chaque AB correspond à 1 Zone de Numérotage Départementale, c'est à dire sauf exception, à 1 département)

À noter que l’AB = 50 est désormais utilisé, mais que l’AB = 44 ne l'est plus : il a été récupéré de la Vendée depuis le 1er mai 1967 pour pouvoir le redonner ultérieurement à l'Oise. Et à la Vendée, l'AB=30 lui a été rétrocédé (sachant que l'AB=30 était en 1955 utilisé par... l'Oise !)

(source : Documents d'Information des Télécommunications)


PlanEntre1955Vers1974

Ci-dessus : Plan des indicatifs interurbains AB en vigueur vers 1974-76.

( chaque AB correspond à 1 Zone de Numérotage Départementale, c'est à dire à quelques exceptions, à 1 département ).

À noter que le département de l'Oise n'est désormais plus rattaché à la Région Parisienne.

À noter que certaines zones ont été découpées de manière particulière, à l'intérieur même des départements, notamment autour de Lyon+Savoie, et au niveau des Bouches-du-Rhône vers le début des années 1970.

À noter que l' AB = 30 a été réaffecté à la Vendée, mais que l'AB 44 est réutilisé par l'Oise. L'AB = 50 est affecté à la Haute-Savoie.

(source : CNET)


De 1974 jusqu’en 1981, l’administration des télécommunications constatant les graves signes de faiblesse du plan de numérotage téléphonique de 1955 décide d’agir via la note circulaire n° T59 du 27 mai 1974 de M. le Directeur Général des Télécommunications - Gérard Théry.

En effet, il est constaté d’une part que certaines zones à faible densité de population mobilisent des indicatifs de Zones de Numérotage de Département (AB) qui ne seront jamais employés à pleine capacité dans ces départements et d’autre part que certains territoires ont vu en une génération leur population et leurs besoins en ressources téléphoniques exploser.

Le principe est de réduire le nombre de Zones de Numérotage de Département (AB) en fusionnant les plus "désertiques", et de récupérer ainsi quelques indicatifs (AB) qui pourront être réutilisés ailleurs dans des zones à forte densité de population.

Ainsi, les zones à faible densité de population sont dénumérotées puis renumérotées en les regroupant sur un nombre plus réduit d’indicatifs de Zones de Numérotage de Département (cas des départements montagneux, par exemple).

Liste des cas de regroupements de départements intervenus à partir de 1974, en vue de récupération d’indicatifs (AB), et / ou d’opérations ultérieures plus complexes :

  • -le 14 août 1974, la Nièvre (AB=83) et l’Yonne (AB=86) sont regroupées sous un même AB=86, afin de récupérer l’AB=83. (ultérieurement pour la Meurthe-et-Moselle)
  • -le 1er février 1975, le Gard (AB=66) et la Lozère (AB=68) sont regroupés sous un même AB=66, afin de récupérer l’AB=68 pour être réutilisé le 14 février 1976 et le 14 mai 1976. (ultérieurement pour l’Aude et les Pyrénées-Orientales)
  • -le 1er février 1975, la Haute-Vienne (AB=55), la Corrèze (AB=52) et la Creuse (AB=51) et sont regroupées sous un même AB=55, afin de récupérer l’AB=51 (ultérieurement pour la Vendée) et l’AB=52 (envisagé pour le département du Nord, puis finalement mis en réserve).
  • -le 5 mars 1975, la Sarthe (AB=43) et la Mayenne (AB=42) sont regroupées sous un même AB=43, afin de récupérer l’AB=42. (ultérieurement pour les Bouches-du-Rhône)
  • -le 7 mai 1975, le Lot-et-Garonne (AB=58) et les Landes (AB=57) sont regroupés sous un même AB=58, afin de récupérer l’AB=57 (un temps envisagé pour la Vendée, puis finalement mis en réserve pour la Gironde).
  • -le 30 juin 1975, l’Aveyron (AB=65) et le Lot (AB=60) sont regroupés sous un même AB=65, afin de récupérer l’AB=60. (ultérieurement pour l’Île-de-France)
  • -le 8 juillet 1975, le Cantal (AB=71) et la Haute-Loire (AB=72) sont regroupés sous un même AB=71, afin de récupérer l’AB=72. (ultérieurement pour l’agglomération de Lyon)
  • -le 6 mai 1976, l’Aube (AB=25) et la Haute-Marne (AB=27) sont regroupées sous un même AB=25, afin de récupérer l’AB=27. (ultérieurement pour le sud du département du Nord)
  • -le 13 mai 1976, la Vienne (AB=49) et les Deux-Sèvres (AB=48) sont regroupées sous un même AB=49, afin de récupérer l’AB=48. (ultérieurement pour le département du Cher). Puis, quelques temps après que l'AB=48 ait été réattribué au Cher, l’AB=36 - initialement attribué au Cher en 1955- est mis en réserve (alors probablement envisagé pour la Région Parisienne). Dans les faits, l'AB=36 deviendra un Indicatif à portée nationale à partir du 25 octobre 1985 lors du passage à la nouvelle numérotation téléphonique à 8 chiffres.
  • -le 14 février 1976, l'Aude (AB=64) change d'AB qui devient (AB=68) afin de récupérer l'AB=64. (ultérieurement pour l’Île-de-France).
  • -le 14 mai 1976, les Pyrénées-Orientales (AB=69) et l’Aude (AB=68) sont regroupées sous un même AB=68, afin de récupérer l'AB=69. (ultérieurement pour l’Île-de-France).
  • -le 8 septembre 1976, la Haute-Saône (AB=84) et le Jura (AB=82) sont regroupés sous un même AB=84, afin de récupérer l’AB=82. (ultérieurement pour la Meurthe-et-Moselle)
  • -le 27 janvier 1977, la Vendée (AB=30) change et devient (AB=51), pour récupérer l'AB=30 (ultérieurement pour l'Île-de-France)
  • -Le 19 février 1977, l’Indre (AB=54) et le Loir-et-Cher (AB=39) sont regroupés sous un même AB=54, pour récupérer l’AB=39 (ultérieurement pour l’Île-de-France)
  • -Le 7 mars 1977, la Manche (AB=33) et l’Orne (AB=34) sont regroupées sous un même AB=33, pour récupérer l’AB=34. (ultérieurement pour l’Île-de-France)
  • -Vers Septembre 1981, la Dordogne (AB=53) et le Lot-et-Garonne (AB=58) sont regroupés sous un même AB=53, afin de remettre en réserve l'AB=58 pour une opération destinée aux départements des Landes et de la Gironde. 

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Les indicatifs AB récupérés sont ensuite réutilisés comme second ou troisième indicatif dans les zones à forte densité téléphonique, ou pour des opérations encore plus complexes.

Évidemment, lorsqu'un indicatif AB est récupéré de quelque part, il faut le laisser inutilisé durant un certain nombre de mois, afin d'éviter les faux numéros en masse. En effet, réaffecter immédiatement un AB sur un nouveau département entraînerait trop d'erreurs de numérotation "par habitude". Durant cette période de réapprentissage des abonnés, il est nécessaire de renvoyer toute tentative de numérotation vers ces AB vers des répondeurs téléphoniques du type : "le numéro que vous avez demandé n'est plus en service actuellement..."

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Grâce aux indicatifs (AB) ainsi libérés il est possible d’agir de plusieurs manières différentes :

1) Réaffectation telle quelle dans d’autres départements plus peuplés des indicatifs (AB), pour créer dans ces zones à forte densité de nouveaux numéros régionaux supplémentaires à 6 chiffres. Mais cette solution n’est valable que pour une Zone Régionale de Numérotage si l’on dispose encore de préfixes PQ disponibles (dont la limite par ZRN est fixée à 90) pour créer par exemple quelques nouveaux commutateurs ou quelques extensions à certains endroits précis d’une ZRN concernée par une explosion démographique localisée.

Cas des Bouches-du-Rhône :

  • À partir de l'année 1972, en raison de l'accroissement de la densité téléphonique géographiquement très mal répartie dans les Bouches-du-Rhône (certains endroits devenant ultra peuplés, d'autres restant quasiment déserts), la situation devient intenable dans ce département.
  • Le 17 septembre 1973, en raison de facilités dues aux distances et au relief, les villes du nord et de l'ouest du département (comme Arles et Salon-de-Provence) se voient désormais reliées au département de Vaucluse et prennent comme nouvel indicatif (AB=90).
  • L’indicatif (AB=42) de la Mayenne se voit réaffecté au département des Bouches-du-Rhône entre la fin 1975 et le début 1976 ; département qui se voit attribuer 3 indicatifs en raison de la saturation de l’indicatif historique  (AB=91) due à Marseille alors 2ème ville de France. Le nouvel indicatif (AB=42) redéployé servira désormais pour tout le centre du département (comme Aix-en-Provence). 
  • L’indicatif historique (AB=91) se retrouve alors réservé uniquement à Marseille et quelques petites localités périphériques. 
  • Depuis le 17 septembre 1973, la zone Marseille-ville (AB=91) est transformée en ZRN fermée et doit désormais téléphoner en numérotation nationale vers les zones mitoyennes (par l'indicatif interurbain 16).

Cas des Landes et de la Gironde :

  • En 1982, l'indicatif (AB=58) récupéré du Lot-et-Garonne est réaffecté au département peu peuplé des Landes en lieu et place de l'indicatif (AB=57).
  • L'indicatif (AB=57) est alors mis en réserve pour la Gironde très peuplé
  • Vers 1983, l'indicatif (AB=57) est réaffecté pour le nord du département de la Gironde qui se retrouve désormais avec 2 indicatifs : son indicatif historique (AB=56) plus l'indicatif (AB=57).
  • (pourquoi avoir ajouté un indicatif à la Gironde en ayant transité par les Landes et renuméroté toutes les Landes ? nous n'avons pas trouvé le motif.)

2) Anticipation dans certains départements complètement saturés sur toute leur surface géographique, malgré la récupération dès 1974 d’indicatifs (AB) supplémentaires issus de Zones de Numérotage de Département à faible densité de population, de ce qui constituera la nouvelle numérotation téléphonique prévue pour 1985, 

Cas de la région Nord / Pas-de-Calais :

  • -L indicatif (AB=27) récupéré le 6 mai 1976 du département de la Haute-Marne est mis en réserve pour le sud du département du Nord.
  • -Le 12 septembre 1976, le département du Nord (AB=20) se voit désormais institué en une ZRN fermée à 6 chiffres. Ainsi, à partir de cette date, les départements mitoyens (le Pas-de-Calais, la Somme, L’Aisne et les Ardennes) doivent numéroter en passant par le préfixe interurbain 16 pour joindre un abonné du département du Nord, et inversément.
  • -Le 1er septembre 1978, La Meurthe-et-Moselle (AB=28) abandonne son indicatif (AB=28) qui est mis en réserve pour le nord du département du Nord.
  • -Le 8 septembre 1979, le département du Nord (AB=20) jusqu’alors complètement saturé en ressources de numéros téléphoniques, les 90 préfixes quantitatifs PQ ayant tous été consommés, est divisé en trois ZRN avec trois AB : (AB=20), (AB=27), (AB=28). Ainsi, à partir de cette date, dans le département du Nord les abonnés de ces 3 ZRN ainsi créées dans un seul et même département doivent désormais se téléphoner via le 16 AB PQ MC DU dès qu’ils téléphonent dans une ZRN différente de la leur bien qu’incluse dans le même département. Cette solution permet de pouvoir attribuer 3 fois 90 PQ différents, donc tripler le parc de numéros téléphoniques attribuables dans ce département.

3) Création, par étapes, de nouvelles ZRN transitoires avec un numéro régional à 7 chiffres, sur le modèle de l’Île-de-France, accompagné d’un indicatif à 1 chiffre. Ainsi dans une nouvelle ZRN à 7 chiffres, plusieurs combinaisons supplémentaires de BPQ peuvent être créées en plus de celles existantes, d’autant plus qu’une ZRN à 7 chiffres ne peut pas être chevauchée par d’autres ZRN à 6 chiffres.

Cas de la Lorraine :

  • -L'indicatif (AB=28) est attribué initialement aux départements de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle en 1955.
  • -L'indicatif (AB=29) est attribué au département des Vosges en 1955.
  • -Ces 3 départements constituent une seule et même ZRN à partir de 1955.
  • -Le 11 juin 1976, les Vosges (AB=29) deviennent une ZRN à part entière ; La Meuse (AB=28) et la Meurthe-et-Moselle (AB=28) deviennent une ZRN à part entière.
  • -Le 1er juillet 1977, les Vosges (AB=29) et la Meuse (AB=28), départements peu peuplés, sont regroupés sous un même AB=29, afin de séparer la Meuse de la Meurthe-et-Moselle (AB=28), département surpeuplé.
  • -Le 1er septembre 1978, La Meurthe-et-Moselle (AB=28) abandonne son indicatif (AB=28) pour deux nouveaux indicatifs « recyclés » (AB=82) pour le nord de la Meurthe-et-Moselle et (AB=83) pour le sud (correspondant à l'ancienne Meurthe) et ainsi soulager ce département.
  • -Le 4 décembre 1979, La Meurthe-et-Moselle (AB=82) et (AB=83) et la Moselle (AB=87) sont transformées en une unique ZRN fermée à 7 chiffres avec l’indicatif unique (A=8) pour augmenter encore plus les ressources en numéros de téléphones.

Cas  de l'agglomération lyonnaise et alentours :

  • -Vers 1974, l’Ain (AB=74), peu peuplé, récupère l’extrême nord de l’Isère (AB=76) pour soulager Grenoble ; et l’Ain (AB=74) récupère le département du Rhône (AB=78) sauf l’agglomération du grand Lyon, pour soulager Lyon durant quelques années. Ainsi donc, Lyon se retrouve-t-elle « enclavée » dans le Rhône avec un AB=78 uniquement pour elle…
  • -Puis en 1979, la ville de Lyon (AB=78), récupère l’indicatif (AB=72) provenant de la Haute-Loire : ainsi les abonnés de Lyon déjà existants conservent-ils leur numéro national à 8 chiffres commençant par l’indicatif (AB=78), puis l’indicatif (AB=72) est alors utilisé pour créer les nouveaux abonnés de la ville de Lyon, ce qui permet d'augmenter le parc de numéros de téléphones disponibles pour l'agglomération de Lyon. Mais comme l'agglomération de Lyon fait tout de même partie du département du Rhône dont le reste des abonnés de ce département sont pourvus d'un numéro commençant par l'indicatif (AB=74) et que les PQ ne peuvent être identiques dans une même ZRN même avec un AB différent, il en résulte le mauvais rendement habituel en termes de combinaisons de numéros possibles.
  • -Le 10 décembre 1979, pour maximiser le rendement de numéros, l'agglomération de Lyon est transformée d’une ZRN de 6 chiffres en une ZRN fermée à 7 chiffres, avec l’indicatif (A=7) et des préfixes BPQ commençant par 8 pour les anciens numéros d’abonnés, et par 2 pour les numéros récents ce qui permet alors de créer jusqu'à 2 millions de numéros de téléphone uniquement pour Lyon et 3 localités mitoyennes : Pont-de-Chéruy, Miribel et Montluel.

4) Création de Zones Spéciales.

Cas de l'Île-de-France en vue du rééquilibrage entre Paris et la 2ème couronne, puis de la future numérotation à 8 chiffres du 25 octobre 1985. 

Lors de sa création en 1955, la ZRN à 7 chiffres d'Île-de-France possède un seul (A)=(1).

  • Pour Paris et la 1ère Couronne, 8 B sont réservés : B=2, B=3, B=4, B=5, B=6, B=7, B=8, B=0. Soit 8 B de 90 PQ, soit 720 BPQ de 10.000 abonnés, soit 7,2 millions d'abonnés pour Paris et la première couronne.
  • Pour la 2ème couronne, 1 B est réservé : B=9. Soit 1 B de 90 PQ de 10.000 abonnés, soit 900.000 abonnés pour la 2ème couronne.
  • Avec l'accroissement de la population dans une 2ème couronne autrefois très peu habitée, il apparaît dans les années 1960 que les choix initiaux ont été sous-évalués.
  • Ainsi, à partir de 1964, les premiers BPQ avec B=4 sont créés en 2ème couronne.
  • En 1968, la totalité des BPQ avec B=4 de Paris et 1ère couronne est éliminée.
  • Le 7 novembre 1968, il est acté que la totalité du B=4 est réaffectée à la 2ème couronne, ce qui permet désormais en 2ème couronne de créer jusqu'à 1.8 million d'abonnés. En contrepartie, il n'est plus possible de créer à Paris et en première couronne que 6,3 millions d'abonnés.
  • Dans les années 1973-1976, la totalité des BPQ avec B=0 sont éliminés de Paris et de la première couronne pour les affecter à la 2ème couronne uniquement. Ceci permet désormais, en 2ème couronne, de créer jusqu'à 2.7 millions d'abonnés. En contrepartie, il n'est plus possible de créer à Paris et en première couronne que 5,4 millions d'abonnés. C'est le prix du rééquilibrage.
  • Il est à noter que ce rééquilibrage ne permet malheureusement pas d'augmenter, dans la ZRN à 7 chiffres, le nombre de numéros possibles, qui reste cantonné à un maximum de 9 B, soit 900 BPQ de 10.000 abonnés, soit 8,1 millions d'abonnés pour l'Île-de-France.
  • Mais il faut penser que si les bons choix sont faits avant le passage à la numérotation à 8 chiffres, de nouvelles combinaisons de numéros supplémentaires pourront être créées dès la nouvelle numérotation à 8 chiffres. Pour cela, une étape intermédiaire est nécessaire.

Division de la ZRN à 7 chiffres existante d’Île-de-France en 3 Zones Spéciales dès le 30 mars 1980 avec les indicatifs :

  • (A)=(1) pour Paris, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne, (Centres de Transit de Paris intra-muros).
  • (A)=(3) pour les départements du Val d’Oise et des Yvelines, (Centre de Transit Pentaconta GCI d’Éragny).
  • (A)=(6) pour les départements de l’Essonne et de la Seine-et-Marne, (Centre de Transit Pentaconta GCI de Villabé). 

Cette solution astucieuse permettra de pouvoir doubler dès le passage à la numérotation à 8 chiffres (le 25 octobre 1985) la quantité de numéros de téléphones disponibles pour l'Île-de-France sans trop modifier les habitudes des usagers d’Île-de-France.

Dès le 10 mars 1980, la région Île-de-France est vue de province comme étant formée de trois ZRN différentes à 7 chiffres, mais de l’intérieur de l’Île-de-France, la région est vue comme une seule ZRN à 7 chiffres. Jusqu'au 25 octobre 1985, les abonnés d’Île-de-France continuent donc à se téléphoner entre eux en utilisant les numéros régionaux de leurs correspondants à 7 chiffres BPQ MC DU, comme si rien n'avait changé.

  • L’indicatif (AB=30) est attribué initialement à l’Oise en 1955, puis est réattribué à la Vendée vers 1957, puis, la Vendée se voit récupérer l’indicatif (AB=51) le 27 janvier 1977, et l’indicatif (AB=30) est mis en réserve pour la Région Parisienne.
  • L’indicatif (AB=34), récupéré de l’Orne le 7 mars 1977, est mis en réserve pour la région Parisienne.
  • L’indicatif (AB=39), récupéré du Loir-et-Cher le 19 février 1977, est mis en réserve pour la Région Parisienne.
  • L’indicatif (AB=60), récupéré du Lot depuis le 30 juin 1975 est mis en réserve pour la Région Parisienne.
  • L'indicatif (AB=64), récupéré de l’Aude depuis le 14 février 1976 est mis en réserve pour la Région Parisienne.
  • L'indicatif (AB=69), récupéré des Pyrénées Orientales depuis le 14 mai 1976 est mis en réserve pour la Région Parisienne.
  • Le 30 mars 1980, les indicatifs (AB=30, 34 et 39) sont réattribués aux Yvelines et au Val-d'Oise en étant « convertis » dans la ZRN à 7 chiffres (A=3).
  • Le 30 mars 1980, les indicatifs (AB=60, 64 et 69) sont réattribués à l’Essonne et à la Seine-et-Marne en étant « convertis » dans la ZRN à 7 chiffres (A=6).

Entre le 30 mars 1980 et le 25 octobre 1985 la création de cette Zone Spéciale n'apporte aucune création possible de nouveaux numéros supplémentaires : 

  • Limitation à 5,4 millions d'abonnés pour Paris et 1ère couronne.
  • Limitation à 2,7 millions d'abonnés pour la 2ème couronne.
  • Limitation à 8,1 millions d'abonnés pour l'Île-de-France.

A partir du 25 octobre 1985, il pourrait exister à terme : 

  • 10 AB de 40 à 49, soit 10 millions d'abonnés théoriques pour Paris et la première couronne.
  • 10 AB de 30 à 39, soit 10 millions d'abonnés théoriques pour le Val d'Oise et les Yvelines.
  • 10 AB de 60 à 69, soit 10 millions d'abonnés théoriques pour l'Essonne et la Seine-et-Marne.
  • soit un total théorique de 30 millions d'abonnés possibles pour l'Île-de-France, et ce alors que les AB utilisés en Île-de-France pourront être aussi utilisés en Province.
  • Mais en pratique, le nombre sera moindre, en raison de certaines limitations dans les traducteurs des Commutateurs Téléphoniques les plus anciens. 
  • Les 10 AB de 40 à 49, soit 9 millions d'abonnés possibles pour Paris et la première couronne pourront bien être créés rapidement, 
  • Seuls 4 AB  (30, 34, 35 et 39) soit 3,6 millions d'abonnés possibles pour le Val d'Oise et les Yvelines pourront être créés rapidement, 
  • Seuls 5 AB (60, 64, 65, 66 et 69) soit 4,5 millions d'abonnés possibles pour l'Essonne et la Seine-et-Marne pourront être créés rapidement,
  • soit un total réel de 17,1 millions d'abonnés possibles pour l'Île-de-France, à comparer aux 8,1 millions d'abonnés de départ...
  • Ce qui permettra de patienter 10 ans de plus jusqu'à l'arrivée de la numérotation à 10 chiffres.

5) Cas de l'Oise, assez complexe, à cheval entre l'Île-de-France et la Province. 

  • En 1955, l'Oise est un département de province comme les autres : il est pourvu de l'indicatif (AB=30). 
  • Vers 1957, (déjà le cas en Mai 1957) le département de l'Oise est rattaché téléphoniquement à la Région Parisienne, et adopte donc la numérotation à 7 chiffres de la ZRN à 7 chiffres, avec l'indicatif (A) = (1). 
  • Au 1er Juillet 1964, le département de l'Oise est administrativement détaché de la Direction des Télécommunications d'Île-de-France et intégré dans la nouvelle DRT Amiens, mais conserve pendant encore 12 ans la numérotation à 7 chiffres telle-quelle.
  • Mais le 7 février 1976, l'Oise est à nouveau séparée de la Région Île-de-France avec désormais un indicatif (AB=44), mais au lieu de revenir à un numéro régional à 6 chiffres PQ MC DU d'une ZRN à 6 chiffres, l'Oise conserve la numérotation régionale à 7 chiffres BPQ MC DU lorsque les abonnés du département de l'Oise se téléphonent entre-eux (comme s'ils étaient toujours dans la Région Île-de-France avec une ZRN à 7 chiffres), mais les abonnés de l'Oise sont vus par tout le reste du pays (Région Île-de-France tout comme toute la province) comme étant une ZRN à 6 chiffres avec un indicatif (AB=44)...

6) Séparation de deux départements initialement groupés en 1955 :

En 1955, 16 départements alors peu peuplés sont fusionnés par paire dès l’origine du Plan de numérotation.

  • – Meuse et Meurthe-et-Moselle : indicatif (AB=28) ;
  • – Haute-Garonne et Ariège : indicatif (AB=61) ;
  • – Gers et Hautes-Pyrénées : indicatif (AB=62) ;
  • – Tarn et Tarn-et-Garonne : indicatif (AB=63) ;
  • – Ardèche et Drôme : indicatif (AB=75) ;
  • – Savoie et Haute-Savoie : indicatif (AB=79) ;
  • – Haute-Saône et Territoire-de-Belfort : indicatif (AB=84) ;
  • – Hautes-Alpes et Basses-Alpes : indicatif (AB=92 ;

Si certains doublets de départements ont été refusionnés avec un autre département (Cas de la Meurthe-et-Moselle regroupée avec un nouveau département : la Moselle en lieu et place de la Meuse, ou encore cas de la Haute-Saône regroupée avec le Jura), deux départements ont été purement et simplement séparés, pour gagner suffisamment de combinaisons de numéros de téléphones possibles.

  • -La Savoie et la Haute-Savoie (AB=79) furent séparées vers 1972-73 : la Savoie conservant l’indicatif (AB=79), et la Haute-Savoie récupéra l’indicatif (AB=50) qui était mis en réserve depuis 1955.

Il est à noter qu'au moment des études en 1974 et 1975 sur la réforme du plan de numérotage à venir, il est sérieusement envisagé de passer par une étape intermédiaire de renumérotage général des indicatifs (AB) pour que ceux-ci suivent enfin les même numéros minéralogiques départementaux. Mais il n'en sera rien pour les raisons suivantes :

  • - La Région des Télécommunication de Paris (et région parisienne) qui n'a qu'un seul indicatif (A) = 1, ne pourra pas techniquement reprendre les numéros des 9 départements (Oise comprise) qui la composent, car le format des numéros régionaux est de 7 chiffres, et donner à cette région des indicatifs minéralogiques départementaux (donc à deux chiffres) ferait passer les numéros nationaux de 8 chiffres à 9 chiffres, et désorganiserait tout le plan : il faudrait adapter tous les commutateurs de France en rajoutant des baies de sélecteurs (notamment rotatifs) ce qui serait très coûteux, changer certains types d'enregistreurs et de traducteurs pour des modèles à plus grande capacité. De surcroît, les commutateurs R6 encore en service devraient même être tous changés, car vu leur architecture, ils ne pourraient pas supporter l'ajout d'un chiffre dans le format de numérotage.
  • - Un certain nombre de départements qui se partagent à deux départements un seul indicatif (AB) pose un problème politique cornélien : Quel indicatif départemental minéralogique choisir ? Celui du département X ou celui du département Y ? Lequel serait donc abandonné ? Lequel des deux départements ne pourrait pas avoir SON indicatif minéralogique départemental faire partie de ses numéros de téléphone ?
  • - Et de surcroît, concernant cet indicatif (AB) qui doit être malgré tout utilisé, car il n'y a que 80 indicatifs (AB) possibles en France, ce qui est limité, à quel autre département Z faudrait-il l'affecter, et qui devrait donc à son tour abandonner SON numéro minéralogique de département ? Etc...

Entre les impératifs technologiques et les troubles politiques qu'engendrerait une telle solution, ou certains départements pourraient adopter en indicatif (AB) leur propre numéro minéralogique de département, et ceux qui ne le pourraient pas, cette option n'a pas pu être retenue. L'administration devra se contenter de mener des études visant à anticiper les lieux de saturations les plus pressants à traiter et d'organiser, plus ou moins dans l'urgence des plans d'actions pour pouvoir patienter jusqu'en 1985 environ, date à laquelle il est déjà prévu de devoir changer de format de numérotage.


En 1978, le 15 mars, la décision définitive est prise par M. le Directeur Général des Télécommunications - Gérard Théry de valider le passage à la numérotation à 8 chiffres pour toute la France à la date prévisionnelle d’Octobre 1985. M. l’ingénieur en Chef des Télécommunications - Denis Fraysse, ayant repris le projet depuis 1975, a supervisé le projet d’adaptation du réseau téléphonique et spécialement des Commutateurs pour la somme de 5 milliards de francs (somme élevée, mais à comparer à la valeur du réseau téléphonique français évaluée à 250 milliards de francs en 1983)

Trois scenarii sont alors en lice depuis le début des travaux ouverts depuis le 15 février 1972 :

  • Solution n°1 : passage à la numérotation à 8 chiffres uniquement pour les abonnés d'Île-de-France ; maintien de la numérotation à 6 chiffres ou à 7 chiffres en Province, avec maintien des indicatifs des 69 Zones de Province en l'état,
  • Solution n°2 : passage à la numérotation à 8 chiffres uniquement pour les abonnés d'Île-de-France ; passage à la numérotation à 7 chiffres pour toutes les 69 zones de Province,
  • Solution n°3 : passage à la numérotation à 8 chiffres pour toute la France, le territoire étant découpé en 5 grandes zones seulement, soit 1 zone pour l'Île-de-France et 4 zones pour la Province.

La solution n°3 est adoptée le 15 mars 1978, mais compte-tenu de la tâche à accomplir, la décision est prise de retarder de plusieurs années la division de la Province en 4 zones. Ainsi donc, à titre transitoire, la France irait assez rapidement vers une solution intermédiaire à 2 zones : 

  • La zone Île-de-France,
  • La zone Province.

Le but étant d'éviter la saturation en Île-de-France menacée d'asphyxie à moyen terme et soulager les zones tendues en Province (Nord de la France, Est, Agglomération lyonnaise, Marseille...)


En 1980, les chaînes de facturation sont adaptées à la future numérotation à 8 chiffres. 

Jusqu’en 1985, la France est alors découpée en 70 Zones Régionales de Numérotage.

  • - 66 ZRN avec un format de numéros régionaux à 6 chiffres (indicatif interurbain AB à 2 chiffres),
  • - 4 ZRN avec un format de numéros régionaux à 7 chiffres (indicatif interurbain A à 1 chiffre).

Alors qu'en 1975, le délai moyen de raccordement au réseau téléphonique était de 18 mois, il tombe à 15 jours seulement en 1980.

CartePlanNum19781985

Ci-dessus : représentation du plan de numérotage de 1955 réaménagé en urgence entre 1974 et 1980, en vigueur jusqu'en 1982. Nous pouvons y lire les indicatifs interurbains A et AB. (Source : Les Télécommunications Françaises, 1982, éd. Ministère des PTT)


En 1981, le 15 janvier 1981, le numéro de téléphone 14, jusque là affecté au Télégraphe depuis environ 1928 et mis en réserve quelques années auparavant, est réaffecté au réseau des Agences Commerciales des Télécommunications. (ACTEL)

  • Le déploiement total est réalisé le 1er octobre 1981.
  • Le 18 juin 1978, la décision de réutiliser le 14 pour les ACTEL est prise par M. le Directeur Général des Télécommunications - Gérard Théry.
  • Trois expérimentations concluantes avaient eu lieu à Mulhouse le 2 juin 1980, à Niort le 27 juillet 1980 et à Colmar le 18 août 1980.

Ci-contre : initiative locale vers 1981-82, au tout début du 14 - promouvant l'Agence Commerciale des Télécommunications - 

1980PanonceauAutocollantACTEL14

Le Service du Télégraphe est renommé Télégrammes Téléphonés et devient accessible par le 444.11.11 en zones à 7 chiffres et 44.11.11 en zones à 6 chiffres (circa 1979), puis par le 36.55 (jusqu'à sa fermeture le 1er mai 2018).

Le 22 septembre 1981 est ouvert à l'expérimentation le service Libre Appel à vocation commerciale (Numéro Vert, appels gratuits.)

  • Les numéros commencent alors par l'AB = 05 ; il faut composer le 16.05 suivi des 6 derniers chiffres. 
  • Les équipements initiaux sont implantés à Reims, il s'agit provisoirement de Déviateurs d'Appels, en attendant la mise en service des premiers commutateurs E12 spécialement dédiés en Janvier et Mai 1983.

En 1982, la circulaire du 14 mai 1982 (B.O 1982. 192T41 page 295) annonce la mise en service du nouveau plan de numérotage le 1er juillet 1985. Cette date sera ultérieurement repoussée au 25 octobre 1985.

À partir de la fin de l'année, 50.000 agents des télécommunications reçoivent une formation sur la Nouvelle Numérotation Téléphonique, 2ème phase à venir. Ces formations seront dispensées jusqu'à l' été 1985.


En 1983, le 15 juin est commercialisé le nouveau service "Numéro Vert - Appels Gratuits" commençant par le 16.05

  • Ce service est acheminé grâce au commutateur téléphonique spécialisé, de la famille E12, basé à Chennevières-sur-Marne C.A.S 05 (RP71), mis en service depuis le 30 mai 1983.
  • Du 15 juin 1983 au 25 octobre 1985 à 23H00, chaque Numéro Vert est accessible par le 16.05 suivi de 6 chiffres.
  • Le 27 janvier 1984, M. le Directeur Général des Télécommunications - Jacques Dondoux célèbre à Chennevières-sur-Marne le raccordement du 1.oooème  abonné au Numéro Vert.
  • Depuis le 12 novembre 1984, le service Numéro Vert devient international par l'ouverture France/USA dans les deux sens. L'installation du Numéro Vert International est basée à Reims, dans le Centre International de Transit Principal. Le Numéro Vert International est inauguré officiellement par M. le Directeur Général des Télécommunications - Jacques Dondoux à Reims le 20 décembre 1984.

1994.09InstalNumVertInternationalReims

Ci-dessus : installation du Numéro Vert International (structure de Déviateurs d'Appels), au Centre International de Reims. Photographie FT - Septembre 1994. Coll. C. R-V.  Don de Benoît Dejneka.

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  • Du 25 octobre 1985 à 23H00 au 18 octobre 1996 à 23H00, à partir d'Île-de-France, chaque Numéro Vert reste accessible par le 16.05 suivi de 6 chiffres.
  • Du 25 octobre 1985 à 23H00 au 18 octobre 1996 à 23H00, à partir de Province, chaque Numéro Vert est accessible par le 05 suivi de 6 chiffres.
  • Le 29 septembre 1988, le raccordement au 10.000ème Numéro Vert est effectif.
  • Depuis le 18 octobre 1996 à 23H00, chaque Numéro vert est accessible par le 0800 suivi de 6 chiffres.

En Janvier 1983, M. Denis Fraysse est nommé Délégué au Plan de Numérotation par M. le Directeur Général des Télécommunications - Jacques Dondoux. M. Fraysse sera donc le "chef d'orchestre" du passage à 8 chiffres en France.

De Septembre à Décembre 1983 ont lieu les essais préliminaires sur quelques commutateurs téléphoniques tests pré-adaptés au Nouveau Plan de Numérotage à 8 chiffres à venir. 

Les essais ont lieu entre le Grand Centre Interurbain de Metz (MZ02) et le Pentaconta de Paris-Philippe-Auguste 1 PC1 (AD31), via le Grand Centre Interurbain de Paris-Poncelet (RT41 & RT42).

  • Ces tests consistent à numéroter des séries d'appels corrects dans la nouvelle numérotation à venir et à détecter d'éventuelles fautes dans les enregistreurs, les traducteurs et l'acheminement. 
  • Puis les essais plus poussés consistent à numéroter des séries d'appels incorrects (numérotation incomplète, ancienne numérotation à 6 chiffres et 7 chiffres bientôt périmée)
  • Enfin des essais consistant à créer des incidents de numérotation (cas du raccrochage en cours de numérotation, ou mise en faux-appel suite à numérotation trop lente, etc...)

Les essais s'avèrent tous exempts de faute de principe dès Décembre 1983.


En 1984, pour être prêt le jour J, chaque commutateur téléphonique à autonomie d'acheminement, c'est à dire chaque commutateur d'abonnés, ou de transit, est éprouvé pour : 

  • vérifier tous les enregistreurs électromécaniques au nombre de 133.000, 
  • vérifier tous les traducteurs électromécaniques au nombre de 2.700,
  • tester la bonne reprogrammation des mémoires des Commutateurs Électroniques (logiciels de fonctionnement et tables de traduction),
  • détecter les anomalies de signalisation interautomatique, 
  • tester toutes les routes, 
  • rechercher les fautes éventuelles de conception et d'adaptation, 
  • rechercher toutes les perturbations possibles et imaginables.
  • Dès Juillet 1984, le Centre National de Coordination - d'une superficie de 200 m², situé dans le Centre Paris-Murat, est opérationnel.
  • Dès Septembre 1984, tous les jeudis, le CNC centralise, via le réseau Transpac, la totalité des résultats des tests provenant des 310 Centres Principaux d'Exploitation en seul point, où ils peuvent être ainsi disséqués.
  • Le Commutateur Électromécanique CP400-CUPIDON - Valognes (CA32), mis en service depuis le 16 décembre 1975, est le Commutateur d'abonnés pilote concernant le passage à la Numérotation à 8 chiffres.
  • Les essais préliminaires, uniquement prévus pour le parc de Commutateurs Électroniques, commencent courant 1984 et courent jusqu'à la fin Décembre 1984.
  • Les essais préalables sur les Commutateurs Électromécaniques et Électroniques commencent le 1er octobre 1984. Ils culminent à la mi-novembre 1984 et se poursuivent jusqu'au 31 mars 1985.

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  • Certaines sources donnent 860 systèmes électromécaniques et 810 systèmes électroniques ou semi-électroniques, soit 1670 Commutateurs concernés par la Nouvelle Numérotation Téléphonique,
  • D'autres donnent 806 systèmes électromécaniques purs, 53 systèmes électromécaniques "électronisés" (CPUCE) et 785 systèmes électroniques temporels ou semi-électroniques spatiaux, soit 1644 systèmes,
  • Ces décalages dépendent du moment où l'on prend la photographie du parc... 
  • La liste finale juste avant basculement, le 20 août 1985 donnera le chiffre de 1657 Commutateurs d'abonnés auquel il conviendra de se tenir, en y ajoutant les 85 Centre de Transit Téléphoniques Interurbains (Électromécaniques et Électroniques Temporels), ainsi que les 3.300 Centres de Secteur Socotel S1 électromécaniques crossbar des zones rurales.

Ces opérations préparatoires particulièrement fastidieuses donnent lieu à des mouvements sociaux dans l'Administration dont voici en exemple un premier tract édité par la CGT le 16 juillet 1984 et un autre tract paru le 27 septembre 1985, qui décrivent la situation.



En 1985, à la veille du nouveau plan de numérotation téléphonique devenu impérieux, la France est donc pourvue d’un plan de numérotage en vigueur depuis 1955 et ajusté dans l’urgence à plusieurs reprises depuis 1974.

La totalité des numéros nationaux d’abonnés comporte 8 chiffres, mais avec :

  • 4 Zones Régionales de Numérotage d’abonnés à 7 chiffres (Île-de-France, Oise, Moselle + Meurthe-et-Moselle, Agglomération Lyonnaise)  
  • 66 Zones Régionales de Numérotage enchevêtrées d’abonnés à 6 chiffres. 

1985CarteIndicatifsNNT1avantNNT2

Ci-dessus : représentation du plan de numérotage de 1955 réaménagé en urgence entre 1974 et 1980, en vigueur jusqu'en 1985 à la veille de la Nouvelle Numérotation Téléphonique à 8 chiffres. Nous pouvons y lire les indicatifs interurbains A et AB. (Source : Revue Messages des PTT - 1985)

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1985AideMemoireNNT2p001

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  • 1985RegletAbaqueNNT2p001
  • 1985RegletAbaqueNNT2p002

Ci-dessus : l'abaque PTT-Opus-Hintzy distribué en 1985 au grand public concernant : 

  • à gauche, la manière de téléphoner avant/après le 25 octobre 1985,
  • à droite, le devenir des numéros de téléphone après le 25 octobre 1985.

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Une campagne publicitaire télévisée de grande ampleur, qui aura coûté la bagatelle de 60 millions de francs, animée par l’immense journaliste et regretté présentateur Léon Zitrone à la diction légendaire est diffusée sur toutes les (quatre) chaînes de télévision françaises avec pour slogan « La France se modernise ».

Léon Zitrone est alors accompagné de la "petite Caroline", alors élève de 6ème à Trappes (78). Caroline eut par la suite l'occasion de visiter, avec sa classe, son Central Téléphonique le 23 juin 1986, notamment son CP400-POISSY (Trappes B1 (WF31)), son MT25 (Trappes B2 (WF32)) et son répartiteur, pour découvrir l'envers du décor.

Nous ignorons ce qu'est devenue cette jeune fille d'alors.

Zitrone

Ci-dessus : le grand Léon Zitrone, que l'on croyait immortel, et qui eût bien mérité une place à l'Académie Française, d'ailleurs...

(Source : Les Télécommunications, 1993, de M. François du Castel, Ingénieur Général des Télécommunications, éd. Berger-Levrault)

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1985JacquesDondouxNNT

Ci-dessus : mot adressé au personnel par le Directeur Général des Télécommunications - Jacques Dondoux en Février 1985, afin que tous les fonctionnaires, de l'Agent de base jusques aux Directeurs, soient imprégnés de la nouvelle numérotation, pour un service au public irréprochable.

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1985CampagnePublicitaireNNT2

Ci-dessus : visuel Opus-Hintzy pour l'Administration des PTT. Coll. C. R-V.

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  • 1985CartePostaleFrancaiseNNT2
  • 1985CartePostaleAnglaiseNNT2
  • 1985CartePostaleEspagnoleNNT2
  • 1985CartePostaleAllemandeNNT2

Les 4 Cartes Postales multilingues PTT de la Nouvelle Numérotation Téléphoniques à 8 chiffres -25 octobre 1985 - 22H00 en Temps Universel - en français, anglais, espagnol et allemand (Visuels Opus-Hintzy). Coll. C. R-V.

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  • Dès le 27 février 1985, est mis en service par l'Administration des PTT le Centre d'Information sur la Nouvelle Numérotation, accessible par téléphone au (16) 36.11 pour la Région Parisienne et (16) 36.12 pour la Province, délivrant des explications par messages préenregistrés. (Télex du 26 février 1985) - (Ces numéros, devenus le 25 octobre 1985 les 36.11 et 36.12 sont ensuite supprimés le 30 octobre 1986.)
  • À partir du 31 mars 1985, jusqu'au 1er janvier 1986, le Réseau Téléphonique est partiellement gelé. Cela signifie que les opérations de réaménagement du réseau doivent être fortement limitées au minimum strictement impératif. (les transferts d'indicatifs par tranches et les dénumérotages d'abonnés doivent être évités...)
  • Le 25 avril 1985 est rédigée la Lettre adressée au personnel par M. le Directeur des Télécommunications d'Île-de-France - Albert Delbouys, pour motiver les troupes.
  • Le 27 juin 1985 à 16H00, le Commutateur Téléphonique Pentaconta de Paris-Cévennes (Cévennes 1 PC1 (AB71)) bascule, en toute confidentialité, dans la Nouvelle Numérotation à 8 chiffres avec 4 mois d'avance sur le reste du parc public. Il s'agit alors de tester localement, grandeur nature et en service réel, l'opération qui s'avérera un complet succès.
  • Le 30 juin 1985, tous les nouveaux câblages des Traducteurs des Commutateurs Électromécaniques de France sont réalisés. Ces Traducteurs seront basculés sur les nouveaux câblages le jour J et les anciens câblages déconnectés à ce même moment.
  • Le 30 juillet 1985, la Circulaire 204 Cab 8 est publiée au Bulletin Officiel PTT. La date du passage à la Nouvelle Numérotation à 8 chiffres est fixée au 25 octobre 1985 à 23H00 et en détermine les principes fondamentaux.
  • Le 20 août 1985, est publiée la liste des 1657 commutateurs téléphoniques d’abonnés de France Métropolitaine qui seront concernés par le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres du 25 octobre 1985 à 23H00. Y sont listés les commutateurs électromécaniques CP400 et Pentaconta, les semi-électroniques AXE et Métaconta 11F , les électroniques temporels E10N4, E10N3, E10N1 avec les tous premiers MT25.
  • Le 27 septembre 1985, de 20H00 à 24H00, une grande répétition générale est organisée dans toute l’Administration. La totalité des routes de tous les Traducteurs du Réseau sont testé(e)s. La répétition permet notamment de contrôler l’exactitude des procédures prévues, de détecter les défauts et de compenser d’éventuels manques d’effectifs pour le jour J. 80 fautes mineures sont détectées et corrigées.
  • Entre le 27 septembre 1985 et le 24 octobre 1985, l'intégralité des 3.300 centres de secteur Socotel S1 (concentrateurs avec enregistreurs, mais sans traducteurs, rattachés à un unique commutateur d'acheminement) est basculée à la nouvelle numérotation à 8 chiffres. L'Opération est transparente pour les usagers.
  • Entre le 30 septembre 1985 et le 4 octobre 1985, l'intégralité des Commutateurs est placée sous observation de fonctionnement renforcée. Toutes les valeurs sont mesurées et les résultats sont remontés 2 fois par jour aux services compétents et dûment analysés. La densité du trafic et sa qualité sont suivis en permanence. Les tests de la totalité des routes et de taxation continuent et 25 fautes mineures sont détectées et corrigées.
  • Entre le 14 et le 31 octobre 1985, le Réseau Téléphonique est gelé. Ceci signifie que durant cet intervalle, aucune modification du réseau ne doit plus intervenir, à savoir : aucune nouvelle mise en service de commutateur ne peut être autorisée, aucune mise hors service de commutateur n’est admise ; aucune extension de commutateur n'est autorisée, aucune création, suppression ou transfert d’indicatif ne doit intervenir. Seuls peuvent continuer à être créés, transférés ou résiliés de nouveaux abonnés téléphoniques sur des ressources déjà existantes. 
    • Nota : en l'Île-de-France, le gel du Réseau Téléphonique démarre le 25 septembre 1985 au soir et s'étend jusqu'au 4 novembre 1985 inclus.
    • Les derniers Indicatifs d'Île-de-France à 3 chiffres BPQ=344 et 345 sont transférés le 25 septembre 1985, du Commutateur Pentaconta Diderot 1 PC1 (AB91) vers le Commutateur MT25 Diderot 4 ET1 (AB94) - (Note du 5 septembre 1985).
    • Le dernier Commutateur téléphonique d'Île-de-France à être mis hors service avant la NNT2 est Diderot 1 PC1 (AB91) le 25 septembre 1985 - (Note du 5 septembre 1985).
    • Les premiers Indicatifs d'Île-de-France à 4 chiffres AB.PQ=40.70 et 40.75 sont créés le 5 novembre 1985, sur le Commutateur MT25 Beaujon 3 ET1 (AB33) - (Note du 10 octobre 1985).
    • Le premier Commutateur téléphonique d'Île-de-France à être mis en service après la NNT2 est Auteuil 3 ES2 (AB16) - Métaconta 11F le 21 novembre 1985 - (Note du 29 octobre 1985).

1985.10.25TVCentreSupervisionMuratNNT2

Ci-dessus : Plateau TV-Direct au Centre National de Coordination de Murat, pendant la soirée du passage à 8 chiffres, le 25 octobre 1985 juste avant 23H00. 

de gauche à droite : M. Léon Zitrone, X, M. François-Henri de Virieu, M. le Ministre-délégué chargé des PTT - Louis Mexandeau et M. le DGT - Jacques Dondoux. Photographie Orange DGCI.

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Le 25 octobre 1985 à 23H00, tout se simplifie. Ce moment marque le passage à la numérotation à 8 chiffres dans l’hexagone.

1985.10.25AutocollantNNT2

1985.10.25OKCentreSupervisionMuratNNT2

Ci-dessus : l'Instant T du 25 octobre 1985 à 23H00. M. le Ministre-délégué chargé des PTT - Louis Mexandeau appuie symboliquement sur le bouton rouge, représentant le passage à la Nouvelle Numérotation à 8 chiffres. Photographie Orange DGCI.

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1985.10.25ItwCentreSupervisionMuratNNT2

Ci-dessus : M. le Ministre-délégué chargé des PTT - Louis Mexandeau interviewé par M. François-Henri de Virieu dans le Centre National de Coordination de Murat, juste après le passage à 8 chiffres. Tout s'est bien passé. Photographie Orange DGCI.

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1985.10.25VisiteCentreSupervisionMuratNNT2

Ci-dessus :  Centre National de Coordination de Murat durant la soirée du 25 octobre 1985. 

de gauche à droite : M. le DGT - Jacques Dondoux, M. le Délégué au Nouveau Plan de Numérotation - Denis Fraysse et M. le Ministre-délégué chargé des PTT - Louis Mexandeau. Photographie Orange DGCI.

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Du 25 octobre 1985 - 20H00 au 26 octobre 1985 - 04H00, 22.000 agents des PTT sont mobilisés de nuit durant 8 heures d'affilée pour ce basculage historique concernant 23 millions d’abonnés et qui s’effectue en même temps sur tout le territoire dans les 1657 commutateurs téléphoniques d'abonnés. (une source CNET donne 1742 commutateurs : il s'agit sans doute de l'ajout des Commutateurs de Transit et peut-être des commutateurs Vidéotex/Minitel)

Lorsqu'il s'agit de Commutateurs électromécaniques, des interventions manuelles dans les organes traducteurs sont directement nécessaires : 

  • À 22H00, une heure avant le basculage, la moitié des organes traducteurs est mise hors service et placée en Nouvelle Numérotation 1985, pendant que l'autre moitié des traducteurs continue de fonctionner en numérotation Plan 1955. 
  • À 23H00, à l'instant du basculage, les traducteurs au Plan 1955 encore en fonctionnement sont eux-aussi débranchés, puis immédiatement remplacés par la première moitié qui ont été positionnés en Nouvelle Numérotation 1985, l'heure précédente. 
  • De 23H00 à minuit, l'on place cette deuxième moitié des traducteurs en position de Nouvelle Numérotation 1985 avant de les reconnecter les uns après les autres électriquement au commutateur, pour que les Unités de Commande des commutateurs électromécaniques retrouvent rapidement 100% de leurs capacités de fonctionnement.

Lorsqu'il s'agit de Commutateurs électroniques numériques,  il faut basculer sur de nouveaux logiciels adaptés à la Nouvelle Numérotation Téléphonique :

  • Soit le top départ est donné par un technicien validant la commande directement au clavier en appuyant sur une touche de la console de dialogue du commutateur, 
  • Soit le top départ est donné par l'horloge interne du commutateur, au préalable programmée.

Nota : aucune perturbation ne peut survenir pour les communications déjà établies et en cours de conversation. Seules les nouvelles communications demandées à l'instant T du basculement peuvent être rejetées, la probabilité demeurant très faible.

Dès le basculement enclenché, les tests commencent :

  • Du 25 octobre 1985 - 23H00 à 23H50, la première série d'essais menée dans la première heure depuis le début du basculement dans la Nouvelle Numérotation Téléphonique ne laisse apparaître aucune anomalie.
  • Du 26 octobre 1985 - 0H00 au 27 octobre 1985, une seconde série d'essais laisse apparaître 207 anomalies mineures toutes corrigées dans les premières heures du 26 octobre 1985. Trois anomalies graves sont détectées et relevées (= résolues) immédiatement.
  • Entre le 26 octobre et le 3 novembre 1985, soit dès le lendemain du passage à la Nouvelle Numérotation Téléphonique, l'ensemble des commutateurs téléphoniques demeure placé sous étroite surveillance via des personnels de permanence et/ou d'astreinte en cas de surcharge des Unités de Commande. 

Ceci est la première fois dans le monde qu’un changement de numérotation se déroule simultanément à l’échelle entière d’un pays qui comporte alors 23 millions de lignes téléphoniques en service. L'ensemble des commutateurs téléphoniques du réseau est basculé à 23H50, soit en moins d'une heure, prouesse technique d'envergure lorsque l'on sait qu'ont été conservés un grand nombre de commutateurs électromécaniques crossbar.

Techniquement, la réussite se devait d'être au rendez-vous, car il faut savoir qu'il n'aurait pas été techniquement possible de revenir en arrière après le début de la mise en branle de l'opération...

L’opération baptisée d’abord « NPN » en Septembre 1984 pour Nouveau Plan de Numérotage est rapidement renommée « NNT2 » signifiant Nouvelle Numérotation Téléphonique - 2ème phase car cela était plus parlant pour l’oreille du grand public ainsi que pour les télécommunicants qui ne sont pas tous des techniciens de commutation.

L’opération, supervisée en direct depuis le Centre National de Coordination situé dans le centre téléphonique de Paris Murat par le Ministre-délégué chargé des PTT - Louis Mexandeau et par M. le DGT Jacques Dondoux, se déroule sans aucun accroc, ce qui fait l’admiration des télécommunicants des pays du monde entier.

  • Nota : le Centre Téléphonique Murat, étant rattaché au CPE Paris -Auteuil, est placé sous la responsabilité du Directeur d’Établissement Principal - M. Claude Davoine qui participe à cet événement mémorable.

Le 29 octobre 1985, M. le Ministre-délégué chargé des PTT - Louis Mexandeau déclare : « La nouvelle numérotation est une réussite technique incontestable confirmée. Réussite des hommes mais aussi des matériels français. Le service public a fait preuve de son efficacité industrielle, technique, commerciale et humaine. »

Les opérations préalables de préparation et d'adaptation des commutateurs téléphoniques électromécaniques et électroniques ont coûté 4,8 milliards de francs.

  • 300 millions de francs pour financer la mise à niveau logicielle des commutateurs électroniques de toute nature,
  • 1,5 milliard de francs pour financer les commutateurs électromécaniques crossbar les plus modernes,
  • 3 milliards de francs pour financer le remplacement anticipé des commutateurs électromécaniques crossbar les plus anciens du début des années 1960 ainsi que l'élimination des commutateurs de types rotatifs hors d'âge.

De fait, la France se retrouve divisée en seulement 2 zones téléphoniques distinctes, les anciens numéros régionaux à 6 (ou 7) chiffres intégrant alors leur indicatif AB (ou A) respectif. Cette nouvelle numérotation téléphonique permet de pouvoir attribuer au moins 50 millions de numéros téléphoniques ; elle est prévue pour durer une dizaine d'années.

Concernant la zone spécifique de Paris et 1ère couronne, les anciens numéros à 7 chiffres BPQ.MC.DU qui avaient comme indicatif de Zone Régionale de Numérotage (A) = (1) se sont vu changer le chiffre 1 pour le chiffre 4 pour devenir un numéro de téléphone au format 4B PQ MC DU. Les autres numéros d’Île-de-France ayant porté les indicatifs A (3) ou (6) ont simplement intégré leur indicatif respectif à leur ancien numéro régional. Désormais :

  • -de province à province, les abonnés composent les 8 chiffres AB PQ MC DU de leur correspondant, qu’ils soient voisins ou qu’ils habitent à l’autre bout de la France.
  • -de l’Île-de-France à l’Île-de-France, les abonnés composent les 8 chiffres AB PQ MC DU de leur correspondant.
  • -de l’Île-de-France à province, les abonnés composent le préfixe interurbain 16, attendent la tonalité spécifique du centre interurbain puis composent les 8 chiffres AB PQ MC DU de leur correspondant en province.
  • -de province à l’Île-de-France, les abonnées composent le préfixe interurbain 16, attendent la tonalité spécifique du centre interurbain, puis composent le (1) suivi des 8 chiffres AB PQ MC DU de leur correspondant en Île-de-France.

Le préfixe pour l’obtention des numéros internationaux, le 19, demeure inchangé. Les réseaux internationaux s’étant beaucoup automatisés à cette époque, l’international automatique est déjà devenu une réalité. L’abonné compose alors le 19, attend la tonalité spécifique du centre international, puis compose l’indicatif du pays suivi immédiatement du numéro de son correspondant à l’étranger. Ce changement de numérotation a mis fin au plan de numérotage régional « intermédiaire » à 6 chiffres de 1955 qui gaspillait les numéros téléphoniques attribuables en grande quantité. Ainsi en province comme en Île-de-France, désormais, chaque indicatif « départemental » (AB) peut être systématiquement combiné avec 90 PQ différents sans aucune contrainte.

La vie de ce plan était prévue jusqu’en 2015, mais entre temps, la demande téléphonique avait de nouveau explosé.

Nota : Jusqu'à l'avènement de ce nouveau plan de numérotage, les groupes de chiffres des numéros téléphoniques étaient séparés dans les annuaires des abonnés au téléphone par un point, tandis que depuis le passage à la nouvelle numérotation NNT2, ils sont désormais séparés par un espace.

(AB) PQ.MC.DU devient AB PQ MC DU, et (A) BPQ.MC.DU devient AB PQ MC DU

CartePlanNumerotation19851996

Ci-dessus : plan de numérotage à 2 Zones Régionales de Numérotation, à 8 chiffres chacune, et qui ne se chevauchent pas. En vigueur entre 1985 et 1996. La simplification est évidente.

(Source : Les Télécommunications Françaises, 1982, éd. Ministère des PTT)

Situation du Téléphone Français après le 25 octobre 1985 :

P54

Ci-dessus : explications sur le plan de numérotage NNT2 adopté le 25 octobre 1985 en France. (Il s'agit présentement du carton d'explication en vigueur alors dans les cabines téléphoniques publiques du réseau français) (Collection C. R-V)

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Ci-contre : pour ceux qui souhaitent plus de précisions sur la Nouvelle Numérotation à 8 Chiffres, je conseille vivement la lecture du livre Numéro s'il vous plaît écrit par Claude Pérardel en Octobre 1985, spécialiste de la numérotation et Directeur Régional des Télécommunications en retraite et N°2 de la Mission NPN en 1985.

Rédaction précise, grande technicité ; ni bla-bla ni langue de bois.

Disponible auprès de

Association LORHISTEL, 22 rue de la Sapinière, 54520 Laxou.

1985.10LivreNumeroSIlVousPlait


En 1990, le 10 septembre par sa Décision n°19, M. le Directeur Général des Télécommunications - Marcel Roulet prend la décision de passer dès que possible à la nouvelle numérotation dans l’hexagone pour raison technique (au second semestre 1995, période initialement envisagée). 

Les études préparatoires débutent au mois d'Octobre 1990 pour se conclure en fin d'année 1991.

En 1991, le 9 juin, M. le Directeur Général de France-Télécom - Charles Rozmaryn, rédige le Relevé de Décision n°20/DG qui édicte les premiers principes retenus de la nouvelle numérotation à venir :

  • - partage de la Métropole en 5 zones géographiques de numérotage, numérotées de 1 à 5.
  • - Remplacement de l'interurbain 16 par les 01, 02, 03, 04 et 05, sans seconde tonalité.
  • - Remplacement de l'international 19 par le 00, sans seconde tonalité.
  • - Attribution du 08 pour les téléphones GSM, ou d'un autre 0Z. (Ce sera le 06 qui sera finalement choisi ultérieurement).
  • - Introduction des Numéros Spéciaux à 3 ou 4 chiffres de type 1XY ou 1XYZ.
  • - Calendrier de déploiement projeté au second semestre 1995.

Le 23 septembre 1991, M. le Directeur Général de France-Télécom, Charles Rozmaryn, crée par la Décision n°38/DG la Délégation à la Nouvelle Numérotation Téléphonique, qui sera chargée d'examiner toutes les solutions pour réussir cette opération de grande ampleur.

Numéros de téléphones d'Île-de-France commençant par 5 :

  • Le 12 juin 1991 voit l’ouverture provisoire des premiers numéros de téléphones parisiens 5B PQ MC DU commençant par l’indicatif A = 5, en plus de l’indicatif A = 4 attribué depuis la nouvelle numérotation du 25 octobre 1985.
    • Les deux premiers 5B.PQ provisoires créés sont les 53.01 et 53.02 (indicatifs Numéris), 
    • Le 53.01 est localisé dans le commutateur MT25 de Jemappes 2 ET2 à Paris. (Ordre Télex du 5 juin 1991)
    • Le 53.02 est localisé dans le commutateur MT25 de Diderot 5 ET2 à Paris. (Ordre Télex du 5 juin 1991)
    • Les indicatifs 53.01 et 53.02 sont rapidement supprimés le 9 décembre 1991. (fin des essais).
  • Le 26 mai 1992 voit l’ouverture pérenne des premiers numéros de téléphones parisiens 5B PQ MC DU commençant par l’indicatif A = 5, en plus de l’indicatif A = 4 attribué depuis la nouvelle numérotation du 25 octobre 1985.
    • Le premier 5B.PQ pérenne créé est le 53.20, localisé dans le commutateur MT25 de Trudaine 6 ET2 à Paris. Il s'agit en outre d'un indicatif Numéris. (Ordre Télex du 18 mai 1992)

Mémophone : 

  • Le 29 juillet 1991, la Boîte Vocale Partagée  interrogeable à distance MEMOPHONE par le 36.72 est mise en service. Elle est portée par le commutateur MT25 Alésia 4 ET2. (Ordre Telex du 15 juillet 1991)
  • Le 17 mars 1992, le 36.72 est mis en service dans les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie (Note DG du 18 février 1992).
  • Le 7 juillet 1992, le 36.73 est mis en service, accès national du Mémophone.
  • Le service Mémophone est supprimé le 2 novembre 2009.

En 1992, anecdote de l'Histoire, l'année qui commence sonne le glas le 1er janvier 1992 à 0H00 de l'existence téléphonique de la République Démocratique Allemande en tant qu’État (État lui-même disparu depuis le 3 octobre 1990)

  • En effet, à cette date, l'indicatif international de la RDA (37) est remplacé par celui de la République Fédérale d'Allemagne (49) dans tout le territoire de l'ex-RDA (Ordre Télex faisant foi).
  • La tarification à destination de l'ex-RDA est aussi alignée sur celle établie entre la France et la RFA. (alors que la capitale de la nouvelle RFA était redevenue Berlin le 20 juin 1991... alors que Berlin restait plus éloignée de Paris que Bonn même après la réunification... Comprenne qui pourra.)
  • Ceci se traduit par une baisse de coût des conversations téléphoniques internationales (d'1 Unité Télécom toutes les 6,7 secondes à 1 Unité Télécom toutes les 9,8 secondes.) entre la France et l'ex-RDA.

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Le 2 janvier 1992, un Délégué à la Nouvelle Numérotation Téléphonique est nommé. Il s'agit de M. Marc Busch, Ingénieur contractuel né en 1943, entré en CNET en Février 1969, diplômé d’Études Approfondies en Électronique du Solide. (nommé Chevalier de l'Ordre de la Légion d'Honneur - décret du 28 mars 1997)

En effet, la saturation en ressources au niveau des indicatifs AB en zone province menace aux environs de l’année 1997, en raison du succès de la demande pour des lignes téléphoniques analogiques telles que : 

  • - lignes taxiphones puis publiphones en constante croissance,
  • - lignes résidences secondaires, 
  • - lignes fax, 
  • - lignes pour distributeurs bancaires (DAB), 
  • - lignes pour terminaux de payements des commerçants, 
  • - lignes d’ascenseurs, 
  • - groupements alphanumériques de lignes téléphoniques analogiques
  • - besoins de numéros spécifiques pour les services Eurosignal depuis le 29 août 1975, 
  • - Minitel depuis le 30 août 1982 reliés aux commutateurs spécifiques, 
  • - lignes d’alarmes dont Télésécurité-Police depuis le 17 septembre 1982,
  • - lignes Audiphone depuis le 13 avril 1983, 
  • - Radiocom 2000 téléphonie mobile de 1ère génération semi analogique depuis le 14 novembre 1985,  jusqu’au 28 juillet 2000, (Nota : un service de Radiotéléphone Automatique analogique ouvre en France le 1er juin 1973 (Réseau R450), qui sera remplacé par le R2000 le 1er janvier 1989.)
  • - lignes RNIS expérimentées en France et pour la première fois au monde depuis le 21 décembre 1987 à Rennes (35) et dans le département des Côtes-du-Nord (22) puis autorisées à la commercialisation le 30 septembre 1988 sous le nom commercial  Numéris y compris avec groupements de lignes, 
  • - Alphapage depuis le 14 janvier 1988, 
  • - lignes d'alarmes dont Transveil depuis le 28 août 1990, 
  • - lignes pour Téléphones Intérieurs à Cartes, expérimentés depuis Juillet 1991, 
  • - lignes  Pointel BI-BOP depuis le 8 octobre 1991, (réseau pilote : Strasbourg)
  • - et surtout GSM téléphonie mobile de 2ème génération tout numérique autorisé depuis le 25 mars 1991, dont la première communication expérimentale est passée dans le réseau public le 1er juillet 1991 par Marcel Roulet, Président de France-Télécom, puis mis en service commercial le 1er juillet 1992 pour la première fois en Europe, dont la croissance hyperbolique est déjà pressentie.

En début d'année 1992, les études menées d'Octobre 1990 à la fin d 'année 1991 aboutissent à l'adoption d'une numérotation à 10 chiffres par M. le Président de France Télécom - Marcel Roulet.

Or à cette même période, France Télécom a reçu une proposition pour une numérotation à 9 chiffres, déposée par l'AFUTT, qui a nécessité une étude de ce scénario jusqu'en Septembre 1992.

En Septembre 1992, France Télécom rejette le scenario à 9 chiffres et valide à nouveau le scenario initial à 10 chiffres. Les deux raisons essentielles du maintien du scenario à 10 chiffres sont :

  • - d'une part la cohabitation du chiffre (1) attribué à la zone Île-de-France qui aurait été impossible avec les services d'urgence qui commencent tous par (1) également et qu'il aurait fallu dénuméroter en masse ce qui était à éviter formellement en termes de sécurité des biens et des personnes,
  • - d'autre part, les constructeurs et installateurs privés de télécommunications travaillent alors déjà selon les spécifications édictées depuis 1985 qui convergent de facto à la numérotation à 10 chiffres.

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Ci-contre : vue d'un ancien commutateur E10.5 CTA ayant servi jusqu'à sa fermeture en 2012 à l'acheminement des communications télématiques entre les abonnés et l'annuaire électronique des abonnés au téléphone. La multiplication de ce type d'usages en plus de la téléphonie analogique "classique" participa également à la saturation rapide du plan de numérotage de 1985. (Photographie C. R-V)



En 1993, le 28 juin, M. le Délégué à la Nouvelle Numérotation Téléphonique - Marc Busch fait parvenir à tous les services concernés les procédures de préparation des commutateurs électroniques nécessaires à la nouvelle numérotation à dix chiffres. Ces procédures doivent être opérationnelles dès le 31 juillet 1993.

  • Le 2 décembre 1993, le premier commutateur téléphonique est techniquement adapté au futur plan de numérotation à 10 chiffres : il s'agit du Commutateur d'Abonnés Métaconta 11F Lens-Condé 1 (LS82) mis en service depuis le 21 janvier 1980. 

Nota : Le passage à la numérotation à 10 chiffres est alors initialement prévu, d'après les premières notes internes, pour un basculage en Novembre 1995 mais qui sera repoussé à 1996 dès le mois de Juin 1995 pour raison technique.

- Au niveau du Réseau Téléphonique Commuté lui-même, tout se déroule selon le plan et le temps imparti. 

- Les problèmes sont dus aux entreprises et aux installateurs privés de PABX en conflit et en retard sur l'adaptation de leurs équipements, pour des raisons de désaccords sur les investissements à réaliser.

- Il faut donc démentir la rumeur (à laquelle nous ayons longtemps cru) ayant fait état du report en raison des grandes grèves de Novembre et Décembre 1995 contre le Plan Juppé.

- Mais Finalement, ce report fut tout de même providentiel et évita le basculement dans la numérotation à dix chiffres en pleine période d'instabilité politique.

  • Au 31 décembre 1993 ce sont en tout 2 commutateurs 11F, 2 commutateurs MT25 et 4 commutateurs E10N1 qui sont techniquement adaptés à la nouvelle numérotation à 10 chiffres.

Le parc de commutateurs téléphoniques publics à adapter se compose alors en 1993 de :

  • -1044 commutateurs d’abonnés de 1ère génération (Métaconta 11F, E10N3 et AXE Spatial), 2ème génération (MT25 et E10N1), 3ème génération (AXE10 et E10B3).
  • -110 commutateurs de transit national et international (97 MT20TN et 13 MT20CI).
  • -216 commutateurs affectés au trafic télématique du Minitel (185 E10.5 PAVI) et de l’annuaire électronique (31 E10.5 CTA).
  • -52 Commutateurs Service Mobile (MSC) GSM F1 (Itinéris France Télécom)

Numerotation10Chiffres


En 1994, les adaptations successives de tous les types d’équipements se poursuivent durant toute cette année (dont les commutateurs en premier lieu), ainsi que l’élimination de tous les équipements non adaptés à la future numérotation à 10 chiffres : 

  • Entre 1994 et 1996, les 7 commutateurs électroniques E12 encore en service en 1993 seront finalement abandonnés avant le passage à la nouvelle numérotation, 
  • Le 2 juin 1994, il est procédé à une mise à niveau de l'ensemble des Traducteurs-Téléphone des Commutateurs, avant l'entrée dans le début de la phase de déploiement de la Nouvelle Numérotation Téléphonique 3ème phase.
  • Fin Décembre 1994, les derniers commutateurs électromécaniques crossbar de France (PENTACONTA, CP400) ainsi que les équipements crossbar auxiliaires (SOCOTEL S1) disparaissent comme prévu (date butoir fixée initialement au 31 décembre 1994).
  • Le 30 décembre 1994, les Indicatifs AB=00, 01, 02 et 03 sont libérés (ils étaient attribués à Eurosignal). En l'état, ils sont condamnés à devenir prochainement inutilisables, étant donné qu'avec la Numérotation à 10 chiffres, le 00 composé en début de numéro équivaudra à l'accès à l'International et les 01, 02 et 03 équivaudront en début de numéro à 3 des 5 futures zones géographiques nationales de numérotation.

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Administrativement :

  • Au mois de Mai 1994, le Ministère de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Commerce Extérieur approuve le nouveau Plan de Numérotage à 10 chiffres proposé par France-Télécom.
  • Au mois d’Août 1994, les abonnés sont prévenus de l’arrivée de la numérotation à 10 chiffres fixée au printemps 1996. 
  • Le 16 décembre 1994, l'Avis relatif à la numérotation à dix chiffres NOR : INDP9401351V est publié au Journal Officiel de la République Française. Cet avis prévoit une mise en application de la phase 3 du plan de numérotation français au cours du 1er semestre 1996 et publie ses caractéristiques principales à venir, comme le passage à une numérotation unifiée à 10 chiffres et à la création de 5 zones géographiques de numérotation en France métropolitaine. 
    • Cet avis prévoit en outre une période transitoire où dans chaque nouvelle zone qui sera créée, il soit encore possible pendant quelques mois de continuer à téléphoner à l'intérieur de sa propre zone en continuant à utiliser la numérotation à 8 chiffres.

En 1995, les préparatifs de la Numérotation à 10 Chiffres se précisent.

  • Courant Février 1995, la totalité des 1.400 commutateurs téléphoniques (d'Abonnés, de Transit et Videotex (Minitel)) dialoguent entre eux en numérotation à 10 chiffres. L'ensemble du Réseau Téléphonique "profond" est donc déjà basculé à cette période. Ce n'est qu'entre les abonnés et leur commutateur téléphonique de rattachement respectif que la numérotation à 8 chiffres est provisoirement maintenue.
  • Au 31 mars 1995, le système de supervision nécessaire à l'opération de basculage dans la nouvelle numérotation à 10 chiffres est entièrement déployé dans les services (système ISIS).
  • Le 2 mai 1995, M. le Directeur Général des Postes et Télécommunications - Bruno Lasserre donne son accord à France Télécom pour le jour J au 18 octobre 1996.
  • Le 16 mai 1995 à 11H00, M. le Directeur du Réseau et de l'EXploitation - Jean-Pierre Poitevin, annonce officiellement au cours d'une conférence de presse que le passage en Numérotation à 10 Chiffres aura lieu le vendredi 18 octobre 1996 à 23H00.
  • Le 18 mai 1995, il est procédé à une nouvelle mise à niveau de l'ensemble des Traducteurs-Téléphone des Commutateurs, avant la première campagne d'essais.
  • À la date précise du 20 juin 1995, il est procédé à une première campagne d'essais généralisés dans tous les commutateurs du réseau téléphonique français, de la nouvelle traduction au format à 10 chiffres. Cette première campagne permet alors de révéler les éventuels défauts manifeste d'organisation et d'y remédier lors de la réunion du 23 courant.
  • L'Avis du 21 juillet 1995 relatif à la date de mise en œuvre de la numérotation à dix chiffres NOR : MIPP9500789V est publié au Journal Officiel de la République Française. Cet avis confirme une mise en application de ce plan de numérotation français pour la date du vendredi 18 octobre 1996.

En 1995, indépendance téléphonique de la Principauté d'Andorre.


Andorre se dote de son propre indicatif international, le 376 à la date du 14 janvier 1995 à 00H00.

Avant cette date, le téléphone andorran constitue une partie intégrante du réseau téléphonique français de la Région des Télécommunications de Toulouse.

  • Le premier (AB) PQ créé en automatique pour la Principauté d'Andorre est l'(AB) PQ = (07) 82 sur le Commutateur Andorre-la-vieille (TL566) mis en service le 25 octobre 1967 en système crossbar CP100.
  • Suivront les (AB) PQ = (07) 83, (07) 84 et (07) 85 qui existent avant Juin 1982.
  • Dans le plan de numérotage français, initialement, les numéros de téléphone andorrans commencent tous par l'(AB)=(07). (À noter que cet AB est alors donc très largement sous utilisé...)
  • Entre le 25 octobre 1967 et le 25 octobre 1985 à 23H00, les numéros de téléphones andorrans se conforment au plan de numérotage français à 8 chiffres nationaux et 6 chiffres régionaux : (AB) PQ.MC.DU dont l'(AB)=(07) est attribué uniquement à la Principauté d'Andorre.

Ajouter Insert 1 Annuaire Ardennes Janvier 1985 P 19 - Andorre.

  • Le 19 août 1985, changement progressif de numérotation : l'(AB)=(07) est alors dédoublé par l'(AB)=(62) jusqu'alors uniquement réservé pour les département du Gers et des Hautes-Pyrénées. 
  • L'(AB)=(62) est donc désormais partagé avec Andorre. Existent donc les (AB) PQ = (62) 82, (62) 83, (62) 84 et (62) 85 dès le 19 août 1985 en dédoublement des (AB) PQ précédents.
  • Durant cette période de transition de 8 mois, l'(AB)=(07)  et  l'(AB)=(62) peuvent être utilisés au choix de l'usager pour joindre la Principauté d'Andorre.
  • Du 25 octobre 1985 à 23H00 au 2 mai 1986 les numéros de téléphones andorrans se conforment au plan de numérotage français à 8 chiffres : AB PQ MC DU dont l' AB = 07 reste attribué à la Principauté d'Andorre pour une durée transitoire de 6 mois.

Ajouter Insert 2 Annuaire Ardennes Janvier 1985 P 19 - Andorre.

  • Le 2 mai 1986, fin de la période de transition. L'AB=07 est désaffecté, seul subsiste l'AB=62 pour téléphoner en Andorre.
  • Du 2 mai 1986 au 14 janvier 1995 à 00H00, les numéros de téléphones andorrans se conforment au plan de numérotage français à 8 chiffres : AB PQ MC DU dont l'AB=62 est partagé avec la Principauté d'Andorre.

Ajouter Insert Annuaire Paris Janvier 1986 page 19 - Andorre.

  • À la veille de la sortie du Plan de Numérotage Français, existent (ou sont réservés) pour Andorre les AB PQ suivants : 62 80 à 62 89. (soit une capacité réservée de 100.000 abonnés).
  • Andorre acquiert donc son indépendance téléphonique le 14 janvier 1995 à 00H00.

En 1996, le calendrier des opérations de passage à la nouvelle numérotation à 10 chiffres est le suivant :

  • Le 15 février 1996 il est procédé à une seconde campagne d'essais généralisés de l'ensemble du réseau téléphonique. 1042 Commutateurs d'Abonnés et 176 Commutateurs Videotex (Minitel) sont testés. Les 77.441 tests menés permettent de détecter un total de 322 fautes (soit un taux de 0,41%) et d'y remédier.
  • Entre les 6 et 10 mai 1996 il est procédé, suivant les différentes Directions Régionales, à une campagne d'essais spécialisée dans les Commutateurs Électroniques Temporels d'Abonnés de 2ème et de 3ème générations. Les Commutateurs de 1ère génération n'étant pas concernés par ces tests en sont exclus : les semi-électroniques AXE / Métaconta 11F ainsi que les temporels E10N3.
  • Le 25 juin 1996 il est procédé à une troisième campagne d'essais généralisés qui permet de détecter un total de 136 fautes sur les 89.584 tests menés (soit un taux de 0,15%) et d'y remédier,
  • Entre le 19 août et le 31 octobre 1996, le Réseau Téléphonique est gelé. Ceci signifie que durant cet intervalle, aucune modification du réseau ne doit plus intervenir, à savoir : aucune nouvelle mise en service de commutateur ne peut être autorisée, aucune mise hors service de commutateur n’est admise ; aucune extension de commutateur n'est autorisée, aucune création, suppression ou transfert d’indicatif ne doit intervenir. Seuls peuvent continuer à être créés, transférés ou résiliés de nouveaux abonnés téléphoniques sur des ressources déjà existantes.
  • Le 27 août 1996, il est procédé à une quatrième campagne d'essais généralisés dans les Centres de Transit visant à détecter les fautes résiduelles éventuelles notamment sur certains services particuliers (Colisée, Alphapage, Numéros Verts, liaisons avec l'Outre-mer, etc.) 
  • Le 2 septembre 1996, un serveur vocal d'information sur la Nouvelle Numérotation est mis en place, au numéro 52.11 en métropole et au 36.77 dans les DOM. Il sera résilié le 6 janvier 1998 (Ordre Rapsodie du 16 décembre 1997) . À cette même période de Septembre 1996 (voire le même jour), un Service par Opérateurs donnant des explications sur la NDC débute son activité, accessible au numéro 52.12 en métropole et au 36.78 dans les DOM. Il sera résilié le 27 février 1997 (Note du 18 février 1997).
  • Le 10 septembre 1996 entre 18H00 et 24H00 il est procédé à la répétition générale du basculage (fictif) fixé à 21H00 par les équipes concernées. Cette ultime répétition permet de mettre à jour une avarie dans le système de remontée des informations vers le Centre National de Supervision et de la supprimer.
  • Le 17 octobre 1996 en matinée, la configuration logicielle de chaque Commutateur d'Abonnés est sauvegardée sur bandes magnétiques via les Dérouleurs de Bandes Magnétiques. (afin de pouvoir "recharger" tout commutateur le jour J en cas de défaillance majeure dite "fatale" lors du basculage.)
  • Du 17 au 25 octobre 1996, la totalité des opératrices (et des opérateurs) des Centres Internationaux Manuels sont mobilisé(e)s pour répondre à l'afflux prévisible des appels à traiter durant la période d'adaptation.
  • Le 18 octobre 1996 à 23H00, la numérotation bascule à 10 chiffres dans l’hexagone pour créer les nouvelles ressources de numéros téléphoniques nécessaires en province.
    • Entre 23H00 et 23H30, l'on observera le triple du trafic téléphonique habituel à cette heure. Curiosité du public oblige.
  • Le 18 octobre 1996 entre 23H00 et 23H02, premier test dans chaque commutateur : vérification du passage effectif à la Numérotation à 10 Chiffres.
  • Le 18 octobre 1996 entre 23H02 et 23H10, la campagne d'essais (appels d'essais) menée dans tout le réseau téléphonique français immédiatement après basculage ne détectera que 34 fautes mineures sur les 106.000 essais (soit un taux de 0,032 %), corrigées en quelques minutes avec facilité.

L’opération, tout comme en 1985, est supervisée en direct depuis le Centre National de Supervision situé dans le centre téléphonique de Paris Murat. Le journaliste scientifique M. Michel Chevalet remplace feu M. Léon Zitrone au décompte fatidique et M. Michel Bon remplace M. Jacques Dondoux à la tête de l'opérateur historique.

L’opération, placée sous la responsabilité du Délégué pour la Numérotation à 10 chiffres, M. Marc Busch, se déroule facilement et sans accroc pour les 32,9 millions de lignes téléphoniques, réparties sur 1325 commutateurs téléphoniques alors en service, qui constituent le réseau téléphonique de France-Télécom à cette date précise. 

M. le Président de France Télécom - Michel Bon, présent à Murat, déclare à l'issue de l'opération : « Nous venons de montrer à nos clients qu'avec France Télécom, ça marche et qu'ils peuvent avoir confiance, même quand c'est compliqué. La réussite de cette opération constitue un atout supplémentaire pour France Télécom dans la perspective de ses prochaines étapes. Quand France Télécom veut, France Télécom gagne.»

Opération préparée sur cinq ans, ayant nécessité 130.000 journées-agent de travail préparatoire et 3.500 agents de service cette nuit-là.

La France adopte donc la « NNT3 », pour Nouvelle Numérotation Téléphonique - 3ème phase. La France est d'ailleurs le premier pays du continent européen à inaugurer le passage au format à 10 chiffres. Elle est toujours en vigueur aujourd’hui ; prévue pour durer jusqu’en 2050.

  • Le 19 octobre 1996, un sondage commandé par France Télécom est réalisé par l'IFOP entre 11h00 et 15h00 :
    • - 85% des français estiment que la NDC s'est bien passée, 2% mal passée, 13% sont sans opinion.
    • - 81% des français estiment que le passage à la NDC est plutôt une bonne chose, 8% plutôt une mauvaise chose, 11% sont sans opinion.
    • - 84% des français estiment que France Télécom a réussi la mise en place de la NDC.
    • - 95% des français estiment que France Télécom à bien informé le public sur le passage à la NDC.

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Ci-dessus : vue générale du Centre National de Supervision - Paris Murat, le 18 octobre 1996. Photographie France-Télécom - Coll. C. R-V.

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1996.10.18SoireebasculageNDC02

Ci-dessus : présence en pleine conversation de M. le Dir. du Réseau - Jean-Pierre Poitevin (assis), M. le Délégué à la NNT - Marc Busch (mains sur les hanches), M. Michel Chevalet - journaliste scientifique (veston rouge), Mme la Dir. déléguée à la Communication FT - Marie-Claude Peyrache . Photographie France-Télécom - Coll. C. R-V.

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1996.10.18Numerotation10Chiffres

Ci-dessus : logo retenu pour le passage à la numérotation à 10 chiffres en France. Toutes les brochures remises aux abonnés le comportaient, tel le Document Préparatoire d'Information sur la Nouvelle Numérotation à 10 Chiffres remis aux entreprises.

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Nota :

  1. Le préfixe pour l’obtention des numéros internationaux 19 devient 00 pour mise en conformité avec les directives européennes et les recommandations internationales. La tonalité spécifique d’invitation à numéroter du centre international disparaît, le numéro téléphonique à destination de l’étranger précédé de l’indicatif du pays devant être numéroté immédiatement après le 00.
  2. Le préfixe interurbain 16 disparaît
  3. La tonalité d'acheminement historique (440Hz hachés 10 fois par seconde) disparaît. 
  • Il faut préciser que la tonalité d'acheminement était devenue obsolète depuis l’arrêt des derniers commutateurs électromécaniques : le temps typique d’établissement d’une communication étant réduit à 3 secondes tout au plus. 
  • L'existence de la tonalité d'acheminement n'était pas normalisée à l'échelle internationale
  • De plus, il avait été écrit dans les arguments en faveur de sa suppression que la France était le seul pays du monde à utiliser la tonalité d'acheminement, ce qui n'était pas tout à fait vrai car en 2003 elle était encore utilisée dans 25 pays, dont en Europe, Afrique et Moyen-Orient. 
  • Enfin, elle créait parfois des conflits de fonctionnement sur les commutateurs téléphoniques Métaconta 11F, lors de l'utilisation du Transfert d'Appel. Aussi, était-il déjà envisagé sa suppression depuis au moins l'année 1990...

Il faut ajouter qu’entre 1985 et 1996 le réseau est devenu entièrement électronique ce qui a rendu le passage à 10 chiffres très aisé et n’a nécessité qu’une mobilisation de 3.500 agents le jour J pour cette nouvelle opération d’envergure.

À cette date, le slogan « 10 chiffres pour tous, partout » devient une réalité en France. L’hexagone est partagé en 5 zones géographiques distinctes et partout où nous habitons en métropole ou dans les départements d’outre-mer, la numérotation est désormais fixée à 10 chiffres. Sont aussi créés 4 zones délocalisées, c'est-à-dire non géographiques pour les besoins en nouveaux indicatifs pour les nouveaux services. 

Le nouveau format est le suivant : EZ AB PQ MC DU où la lettre E pour Exploitant est attribuée à l’opérateur longue distance (de valeur (0) pour l’opérateur par défaut) et la lettre Z indique l’indicatif des Zones distinctes nouvellement créées :

  • 01 : région Île-de-France,
  • 02 : région nord-ouest ainsi que les territoires de la République de l’Océan Indien,
  • 03 : région nord-est,
  • 04 : région sud-est y compris la Corse,
  • 05 : région sud-ouest ainsi que les territoires de la République de l’Océan Atlantique,
  • 06 : téléphonie cellulaire GSM, Alphapage, Eurosignal, BI-BOP.
  • 07 : téléphonie cellulaire GSM, ouverture réglementaire depuis le 5 mai 2009 par décision de l’ARCEP n° 2009-0406 ; 3 mai 2010 début d'attribution réelle.
  • 08 : numéros pour les services à valeur ajoutée,
  • 09 : numéros pour les services de communications interpersonnelles, dont téléphonie VoIP, ouverture depuis le 15 décembre 2005 par décisions de l’ARCEP n° 2005-1084, 2005-1085 et 2005-1086.

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Ci-dessus : plan de numérotage NNT3 en vigueur en France depuis le 18 octobre 1996.

(Il s'agit du premier modèle de carton d'explications en vigueur alors dans les cabines téléphoniques publiques du réseau français, qui depuis fut modifié, sans omettre que les cabines téléphoniques sont actuellement désinstallées en masse du territoire national.)

(Collection C. R-V.)


En 1996, indépendance téléphonique de la Principauté de Monaco.

Monaco se dote de son propre indicatif international, le 377 à la date du 21 juin 1996, à 21H00.

Avant cette date, le téléphone monégasque constitue une partie intégrante du réseau téléphonique français de la Région des Télécommunications de Nice.

Entre 1955 et le 25 octobre 1985 à 23H00, les numéros de téléphones monégasques se conforment au plan de numérotage français à 8 chiffres nationaux et 6 chiffres régionaux : (AB) PQ.MC.DU dont l'(AB)=(93) est attribué au département français des Alpes-Maritimes, incluant alors Monaco.

Ajouter insert 1 page 19 Annuaire Ardennes 1985 - Monaco avant 25 oct.

Du 25 octobre 1985 à 23H00 au 21 juin 1996 à 21H00, les numéros de téléphones monégasques se conforment au plan de numérotage français à 8 chiffres : AB PQ MC DU dont l'AB=93 est attribué au département français des Alpes-Maritimes, incluant alors Monaco.

Ajouter insert 2 page 19 Annuaire Ardennes 1985 - Monaco avant 25 oct.

Les numéros de téléphone monégasques commençent tous par l'AB=93 jusqu'au 21 juin 1996.

Au niveau technique et réglementaire,

  • Le premier commutateur téléphonique automatique de type R6 avec enregistreurs fut implanté à Monaco circa 1937-1938 (Monaco 1 (NC523)) - capacité 6.000 lignes-, époque de l'automatisation de la Côte d'Azur. Correspondant à l'AB PQ 93.30 à partir de 1955.
  • Le réseau intra-monégasque suivit le développement du téléphone automatique français, en y étant totalement intégré de facto.
  • La Convention relative aux relations postales, télégraphiques et téléphoniques signée le 18 mai 1963 entre la France et Monaco (articles 10 à 13 sur le service téléphonique - spécialement l'article 10) affirme désormais que l’Administration de la Principauté assure le service téléphonique sur le territoire monégasque, mais que la France continue à prêter son concours à la principauté de Monaco.
    • Dans les faits, le service téléphonique demeure toujours intégré dans le Plan de Numérotage français.
  • Notons la mise en service d'un commutateur semi-électronique spatial de type Métaconta E11 le 30 avril 1976 (supprimé avant 1990) (Monaco 2 (NC64)). Correspondant à l' AB PQ 93.50 ainsi que le complément de l'AB PQ 93.30 à concurrence de 10.000 abonnés.
  • Notons la mise en service d'un commutateur électronique temporel E10N1 à Monaco en Décembre 1984 (Monaco 3 (NC80)), par les PTT de France et qui vécut la transition des PTT de France vers Monaco Telecom en 1996.
  • En Juin 1982, les deux AB PQ utilisés étaient le 93.30 et le 93.50.
  • Le 18 Juin 1996 est signé entre la France et Monaco un avenant à la Convention relative aux relations postales, télégraphiques et téléphoniques du 18 mai 1963, qui consiste essentiellement en l'abrogation des articles 10 à 13 (Titre II relatif au service téléphonique) de ladite convention : ceci ouvre la voie à l'indépendance téléphonique entre la France et Monaco 3 jours plus tard.
  • Le 21 juin 1996 à 21H00, Monaco se dote de son propre indicatif téléphonique international : 377.



En 1997, l'Autorité de Régulation des Télécommunications, présidée par M. Jean-Michel Hubert, rend la Décision n°97-16 le 5 mars 1997 publiée au Journal Officiel du 22 avril 1997 NOR : ARTT9700012S fixant la fin de la période transitoire où était maintenue la possibilité de continuer à téléphoner avec l'ancienne numérotation à 8 chiffres à l'intérieur de sa propre Zone Géographique de rattachement. Cette date est fixée entre le 1er octobre et le 1er novembre 1997, à la main de la S.A France-Télécom, commutateur téléphonique par commutateur téléphonique, pour les 990 commutateurs d'abonnés que compte alors le parc.

Cette période transitoire d'environ une année était nécessaire afin de laisser le temps aux installateurs privés d'installations de télécommunications de mener les adaptations nécessaires, notamment des PABX, des Terminaux de Numérotation Programmés (comme dans le cas des lignes d'ascenseurs ou de téléalarmes, Transveil, etc.)

Dès le 20 novembre 1997, seule perdure depuis lors la numérotation à 10 chiffres en France Métropolitaine.

Pour les étourdis, les communications numérotées à 8 chiffres au lieu de 10 étaient renvoyés sur la machine parlante de leur commutateur de rattachement qui délivrait le message suivant (Cas de l'Île-de-France) : «France-Télécom bonjour. Le numéro de votre correspondant comporte désormais 10 chiffres. Pour obtenir ce numéro, vous devez ajouter le 01 avant son numéro à 8 chiffres. Merci.»

Le 16 septembre 1997, les Préfixes "E" (pour Exploitant) destinés à remplacer le 0 à chaque début de numéro de téléphone sont tirés au sort par l'Autorité de Régulation des Télécommunications.

  • Le préfixe "7" est attribué à Cégétel ;
  • Le préfixe "8" est attribué à France Télécom - (mais constatant son inutilité, France Télécom le ferme techniquement le 11 septembre 1998 - Le préfixe 8 faisant doublon avec le 0, il était de facto inutilisé, mais il reste aujourd'hui attribué à Orange).
  • Le préfixe "9" est attribué à Netco (Bouygues Télécom+Telecom Italia).

En 1998 : arrivée des premiers Opérateurs Tiers dans la Téléphonie Fixe, la concurrence étant alors ouverte sur les appels Longue Distance (c'est à dire interurbains et internationaux). Les appels locaux demeurant toutefois toujours acheminés obligatoirement par l'opérateur historique France Télécom jusqu'au 1er janvier 2002.

Cégétel : le 1er février 1998, l'opérateur Cégétel, filiale du groupe Vivendi qui possède aussi SFR, met en service "le 7" de Cégétel et sera le premier opérateur privé dans la téléphonie fixe à concurrencer France Télécom l'opérateur historique, sur les appels longue distance, (interurbains et internationaux).

Les 3 premières régions ouvertes au 1er février 1998 par Cégétel sont :

  • Rhône-Alpes, (Ouverture technique du OZ.AB = 04.89 le 4 décembre 1997 - Ordre Rapsodie du 25 novembre 1997).
  • L'Île-de-France, (Ouverture technique du OZ.AB.PQ = 01.71.71 le 24 février 1998 - Ordre Rapsodie du 13 février 1998) - année 1998 incomplètement archivée.
  • Nord-Pas-de-Calais.
  • Le reste du pays est ouvert avant le 31 mai 1998.
  • Communiqué de presse CÉGÉTEL "Le 7" du 26 novembre 1997.
  • Puis, par le jeu des absorptions, fusions-acquisitions, rachats, Cégétel est fondue dans l'ensemble SFR le 29 septembre 2008 et disparaît en temps que marque.

9 Télécom : le 15 juin 1998, l'opérateur Netco titulaire d'une licence depuis le 30 décembre 1997, rebaptisé commercialement 9 Télécom, met en service Le Neuf, accompagné d'une campagne publicitaire sur le célèbre Monsieur Le Neuf - qui finira d'ailleurs par agacer les pauvres abonnés portant pour patronyme Le Neuf et lui causera quelques ennuis judiciaires, la vie de ces abonnés devenant impossible...

  • le préfixe E=9 est mis en service dans le RTC le 15 juin 1998 - (Ordre Rapsodie du 26 mai 1998).
  • Puis, par le jeu des absorptions, fusions-acquisitions, rachats, 9 Télécom est fondue dans l'ensemble SFR le 29 septembre 2008 et disparaît en temps que marque.

Suivront dès cette même année 1998 une kyrielle de nouveaux opérateurs de télécommunications qui se créeront aussi rapidement que la plupart d'entre eux disparaîtront : effet d'aubaine où tout le monde tente un peu sa chance en jouant à l'Opérateur Téléphonique, un peu comme jadis nous jouions avec les téléphones-jouets lorsque nous étions enfants...

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Le 17 février 1998 marque la fin des numéros courts à 2 chiffres du 13 (Dérangements) et du 14 (Agence France-Télécom).

En effet, les nouveaux concurrents s'estimaient lésés que France-Télécom bénéficie de ces numéros historiques très courts, alors que leurs services techniques et commerciaux sont pourvus de numéros plus longs...

La transition s'est effectuée entre le 1er décembre 1997 et le 17 février 1998.

  • Le 13, utilisé par les PTT depuis 1939, est devenu le 10.13 (dès le 5 septembre 1997 - Note du 8 août 1997) pour les clients résidentiels et le 10.15 pour les clients professionnels,
  • Le 14, utilisé pour l'Agence Commerciale des Télécommunications depuis le 1er octobre 1981, est devenu le 10.14 (dès le 5 septembre 1997 - Note du 8 août 1997) pour les clients résidentiels et le 10.16 pour les clients professionnels.

En 1999, l'Opérateur Tiers venu du froid débarque en France...

Télé2 : signalons l'entrée fracassante dans l'arène d'un opérateur longue distance venu de Suède qui obtient son ticket d'entrée en France le 3 juillet 1998 par la décision n°98-546 de l'Autorité de Régulation des Télécommunications, qui faisait le pari révolutionner le secteur et qui avait au départ impressionné le grand public avec son préfixe "4" : Télé2.

  • Le préfixe 4 est attribué à l’opérateur Télé2 par tirage au sort par l’Autorité de Régulation des Télécommunications en Février 1998 à l’opérateur Télé2.
  • Le 11 Janvier 1999, l'ouverture technique débute par les villes de Mulhouse et Saverne,
  • Le 25 janvier 1999, l'ouverture technique s'étend à toute l'Alsace-Lorraine,
  • Le 1er février 1999, l'ouverture technique se généralise à toute la France Métropolitaine,
  • Le 24 mars 1999, l’ouverture commerciale est effective en France Métropolitaine.
  • Télé2 s'adonne dès son entrée sur le marché français à des campagnes publicitaires comparatives ciblant France Télécom. Cette situation génératrice de tensions aboutira toutefois à un arrêt de campagne publicitaire du moment le 17 septembre 2002 par le juge des référés aux motifs de manque d’objectivité, déloyauté et tromperie caractérisée de la part de Télé2.
  • La branche française de cet opérateur sera finalement absorbée par SFR le 3 octobre 2006.


En 2000, le 17 janvier, par décision de l’Autorité de Régulation des Télécommunications n° 99-1077 du 8 décembre 1999, la présélection par n’importe quel abonné au téléphone fixe est mise en application. Désormais, il s’agit de la possibilité donnée au client de confier implicitement, et à l’avance, l’acheminement et la facturation de ses appels longue distance nationaux et internationaux à l’opérateur longue distance de son choix et ce sans avoir à modifier ses habitudes de numérotation : en continuant à composer le zéro en début de numérotation. Cette possibilité offerte étant censée favoriser la mise en concurrence des opérateurs alternatifs par rapport à l’opérateur historique France-Télécom.

Le 15 décembre à 23H00, le Département de la Réunion bascule dans la numérotation à 10 chiffres, suite à la saturation du plan de numérotage à 6 chiffres en vigueur jusques alors. Les abonnés doivent ajouter 02.62 devant leur numéro de téléphone.


En 2001, le 22 juin, les Départements d'Outre Mer de Guadeloupe (22H30), Martinique (22H30) et Guyane (23H30) basculent dans la numérotation à 10 chiffres pour les mêmes raisons que la Réunion. Les abonnés de Guadeloupe doivent ajouter le 05.90 devant leur numéro de téléphone existant ;  en Martinique le 05.96 et en Guyane le 05.94.


En 2002, le 1er janvier, entre en vigueur la concurrence sur le téléphone local. À cette date, l’ouverture totale à la concurrence de toutes les catégories du trafic téléphonique devient une réalité : la totalité des Opérateurs Tiers (11 exploitants à cette date - ainsi que ceux à venir) peuvent désormais acheminer les communications locales, en plus des communications interurbaines et internationales.

Les Zones Locales de Tri (ZLT) créées en 1998 à l’occasion de l’ouverture à la concurrence des communications longue distance étaient alors une nécessité étant donnée l’absence d’existence réelle de réseaux chez les concurrents nouveaux nés. 4 années plus tard, les ZLT sont abolies, le législateur considérant ce délai suffisant pour ces opérateurs tiers de déployer leurs propres structures.

  • Techniquement, le 9 janvier 2002, les opérateurs Cégétel et 9Télécom écoulent eux-mêmes leurs communications locales,
  • Techniquement, le 17 janvier 2002, l’opérateur Télé2 écoule lui-même ses communications locales.

De 2006 à 2008, destinée des premiers Opérateurs Tiers :

  • Les 3 premiers Opérateurs Tiers d'envergure venus concurrencer France Télécom dans la Téléphonie Fixe ont finalement tous été absorbés par SFR entre 2006 et 2008.
  • Ainsi SFR se voit aujourd'hui posséder les Préfixes "E" suivants : "4", "7" et "9" ; alors que Orange, d'envergure maintes fois plus ample n'en détiendra qu'un seul, le "8" qu'elle n'utilise finalement plus depuis le 11 septembre 1998.
  • Bien curieux retournement de l'histoire alors que le préfixe "E" attira en 1997 toutes les convoitises les plus aiguisées...
  • Les autres Opérateurs Tiers se contentant de préfixes de type "16XY" dont la liste est publiée sur le site de l'ARCEP.

En 2010, le 3 mai : ouverture technique et premières attributions, en France, par France Télécom, du préfixe 07 pour la téléphonie mobile. 

  • le 5 mai 2009 marque l'ouverture réglementaire du préfixe OZ=07 pour la téléphonie mobile GSM/DCS/UMTS par décision de l’ARCEP n° 2009-0406 ; 3 mai 2010 début d'attribution réelle.
    • Nota : ne sont ouvertes que les tranches 07.5, 07.6, 07.7; 07.8 et 07.9, soit la moitié du préfixe 07 ; l'autre moitié étant gardée en réserve.
  • Le 3 mai 2010, France Télécom ouvre en France le premier 07.AB : le 07.86.
  • Bouygues Télécom commence aussi la commercialisation de numéros de téléphonie mobile débutant par 07 le 3 mai 2010.
  • SFR commence la commercialisation de numéros de téléphonie mobile débutant par 07  le 7 juillet 2010.
  • Cette opération de remaniement du Plan de Numérotage a mobilisé jusqu'à 1.000 agents France-Télécom durant une année.

En 2016, le 7 juillet :

  • Le numéro de téléphone 3900 remplace 5 numéros d'appels aux services techniques et commerciaux de Orange. Ainsi, disparaissent les numéros 1013 (dérangements fixe), 1014 (agence commerciale), 700 et 3970 (service client mobile Orange).
  • Le numéro de téléphone 3901 remplace les numéros 1015 (dérangements professionnels) et 1016 (agence professionnelle).
  • Arrêt définitif le 4 octobre 2016.


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Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 27 octobre 2018.

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