Historique des types de commutateurs téléphoniques automatiques en France


IV - Les commutateurs électromécaniques à barres croisées - type crossbar

wordleCrossbar

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Les centraux électromécaniques constituaient, je le pense, par leur colossale constitution, de véritables cathédrales de commutation téléphoniques...

...mais leurs contemporains en avaient-ils conscience ?

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Génèse des commutateurs à barres croisées :

À partir de 1912, un nouveau principe de commutateurs automatiques est mis en conception par les ingénieurs postaux suédois Gotthilf Ansgarius Betulander et Nils Gunnar Palmgren, soucieux de concevoir un nouveau système pourvu de meilleures capacités d'écoulement que les systèmes rotatifs et pourvus de contacts plus résistants à l'usure. 

Le brevet est déposé le 17 avril 1914 aux USA et est validé le 24 juillet 1917 : le principe du commutateur téléphonique pourvu de sélecteurs à barres croisées est alors inventé.

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La technique sera toutefois longue à mettre au point, d'autant que tous les efforts mondiaux de recherche et de développement se concentraient déjà presqu'exclusivement sur le développement des systèmes à organes tournants. 

  • - Les premiers prototypes de sélecteurs à barres croisées seront techniquement affinés et réellement opérationnels en Suède à partir de 1919.
  • - Un premier commutateur téléphonique muni de sélecteurs à barres croisées sera toutefois mis en service en Suède, dans la ville de Sundsvall en 1926.

De surcroît, il fallait encore du temps aux ingénieurs de cette époque pour imaginer utiliser les sélecteurs à barres croisées de manière différente que l'on pouvait imaginer les commutateurs téléphoniques à cette époque selon un schéma calqué sur celui des commutateurs à organes tournants.

Le fait de penser à utiliser ces sélecteurs à barres croisées selon un principe de sélections multiples simultanées était encore à imaginer...

D'ailleurs, la conception de commutateurs électromécaniques crossbar avec un écoulement efficace du trafic s'avère tellement complexe à conceptualiser que cette spécialité n'est en réalité réservée qu'à une haute élite capable de :

  • - maîtriser à la fois tous les différents modèles mathématiques de Réseaux de Connexion à mailles complexes qu'ils imaginent,
  • - maîtriser à la fois la nécessité d'une solide expérience acquise au cours d'essais multiples, 
  • - conjuguer le tout avec un savant empirisme subtil, à une époque où les microprocesseurs et les ordinateurs puissants ne sont pas encore inventés...
  • - Il est à signaler que parfois, même les plus grands ingénieurs pouvaient commettre quelques impairs dans la conception d'un de leurs commutateurs.  Ainsi un confrère me signalait que Montfermeil 1 (BB91), de type CP400POISSY connaissait des ennuis de conception sur ses Aiguilleurs et subissait en conséquence beaucoup d'avaries.

Aussi, le monde ne commença à s'intéresser vraiment à cette invention qu'après la seconde guerre mondiale...

Historique général des commutateurs Crossbar en France :

L'administration souhaite faire évoluer le réseau téléphonique français en l'équipant de nouvelles machines améliorées par rapport aux commutateurs à organes tournants dont les capacités d'écoulement de trafic demeurent assez limitées.

- Le Conseil Technique des PTT réuni en séance rend alors un avis le 26 février 1953 demandant d'étudier les dispositions envisagées dans les systèmes à barres croisées, pour en tirer tous les enseignements possibles.

- À partir de ce moment là, deux commutateurs téléphoniques à barres croisées sont commandés en Avril 1954 par l'administration pour expérimentation en grandeur nature.

  • - Un commutateur prototype PENTACONTA de 2.500 lignes est mis en exploitation à Melun le 23 juillet 1955 (jusques au 30 juillet 1975).
  • - Un commutateur prototype CP400 de 2.000 lignes est mis en exploitation à Beauvais le 31 mars 1956 (Beauvais Saint Laurent 1 (BV10) remplacé après Octobre 1985).

- Après les premières études menées sur ces deux prototypes, le Conseil Technique des PTT, dans sa séance du 10 juillet 1957 propose au Ministre des PTT de commander des commutateurs CP400 et PENTACONTA pour commencer progressivement le déploiement en province.

- Après mise en exploitation d'une présérie en 1960 de commutateurs PENTACONTA et d'une présérie de commutateurs CP400, le Conseil Technique des PTT émet le 16 novembre 1960 l'avis définitif  suivant :

- de cesser au plus vite toute commande de nouveau commutateur à organes tournants,

- d'adopter au plus vite :

  • - Le système CP400 pour les réseaux locaux et ceux de province de structures relativement simples.
  • - Le système PENTACONTA pour les réseaux complexes, comme Paris et la première couronne, les grandes métropoles comme Marseille et Lyon, ou encore Nice - Côte d’Azur.

- Après ces deux premiers prototypes et quelques préséries, les commutateurs téléphoniques crossbar français sont normalisés en 1963 sous l'autorité de la SOCOTEL et prêts pour un déploiement massif en France.

- Le dernier commutateur Crossbar de France est commandé en 1979 et les dernières extensions également.

- Il est décidé que les types de commutateurs Crossbar les plus anciens et les plus primitifs seront démontés en 1984-85 juste avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres du 23 octobre 1985, tandis que les types les plus perfectionnés seront, eux, adaptés au nouveau plan de numérotage moyennant adaptations pouvant aller jusques à l'électronisation de leur Unité de Commande initialement construite en technologie purement électromécanique (à relais).

- Le dernier commutateur d'abonnés Crossbar de France, un Pentaconta 1000 est désactivé à Givors (LZ23) le 6 décembre 1994.

- Il a existé en France, à partir de 1966, au moins 185 commutateurs électromécaniques crossbar mobiles, en remorques. Ils étaient destinés aux dépannages en cas de sinistres des installations de télécommunications.

- À propos des Services Confort : les commutateurs électromécaniques sont incapables de fournir aux abonnés les services de confort, tel que le Transfert d'Appels, la Conversation à 3, la Facturation Détaillée... Etc.

- À propos de la Numérotation par les abonnés : s'il faut bien noter que les commutateurs électromécaniques sont au départ prévus pour n'accepter que la numérotation décimale au Cadran Téléphonique rotatif, une partie des commutateurs crossbar les plus récents et ceux qui ont été conservés en exploitation le plus longtemps ont également été équipés de détecteurs de numérotation à Fréquences Vocales (DTMF) par clavier.

Les systèmes électromécaniques à barres croisées – type crossbar -déployés en France sont les suivants :

  • -CENTRAL AUTOMATIQUE TOUT RELAIS (prototype),
  • -PENTACONTA type 500 (prototype),
  • -PENTACONTA type 1000 A,
  • -PENTACONTA type 1000 B (dont CT4 et CT4 CIA),
  • -PENTACONTA type 1000 C (GCI),
  • -PENTACONTA type 2000,
  • -CP400-BEAUVAIS (prototype),
  • -CP400-PÉRIGUEUX (présérie),
  • -CP400-ANGOULÊME,
  • -CP400-TROYES,
  • -CP400-BOURGES,
  • -CP400-BRIE-COMTE-ROBERT (prototype),
  • -CP400-AJACCIO,
  • -CP400-CT4,
  • -CP400-CIA,
  • -CP400-CUPIDON,
  • -CP400-POISSY,
  • -CP400-GCU,
  • -CP100.

Entre 1300 et 1500 commutateurs crossbar seront déployés en France. (Hormis les concentrateurs Socotel S1 et autres concentrateurs Telic déployés par milliers dans les campagnes)

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Principes de fonctionnement :

Ces commutateurs adoptent la nouvelle technologie de matrices de contacts à barres croisées (crossbar) consistant en des mouvements de faible amplitude de deux jeux de barres rectangulaires, chaque jeu étant croisé l’un par rapport à l’autre à angle droit, et chaque barre étant commandée par un relais. 

Grâce à cette technologie, sont constitués ainsi de nouveaux types de sélecteurs de taille fortement réduite, comparés à la génération précédente à organes tournants et moins coûteux que leurs prédécesseurs, aussi bien pour la fabrication que pour la maintenance.

Rappel : dans un autocommutateur Crossbar, tout comme pour ses prédécesseurs à organes tournants, les communications circulent toujours en courant analogique modulé au son de la voix des abonnés, mais la comparaison s’arrête ici, car la suite constitue un saut technologique majeur.

En effet, l'invention de l'organe MULTISÉLECTEUR électromécanique place les commutateurs de type rotatif au rang d'antiquité. Ces commutateurs sont aussi nommés Commutateurs Électromagnétiques, en ce sens que toute sa structure étant commandée par des relais électromagnétiques, ils sont dépourvus d'organes en rotation autour d'arbres motorisés.

Ces nouveaux commutateurs sont tous équipés dès leur première mise en service de contingents d’Enregistreurs-Traducteurs de numérotation électromécaniques qui constituent l’Organe de Commande du commutateur.

Ces Enregistreurs-Traducteurs sont donc chargés d’actionner les multisélecteurs par le biais d’impulsions binaires (en « tout ou rien »), technologie qui prépare d’ailleurs les esprits à une numérisation ultérieure de futurs commutateurs qui restent alors encore à concevoir.

Le principe est de parvenir à établir une communication téléphonique à travers un ou plusieurs étages de multisélecteurs connectés en cascade, nécessaires pour établir une jonction électrique entre l’abonné demandeur et l’abonné demandé, en se frayant un chemin au travers de cette sorte de maillage qui constitue le réseau téléphonique commuté global.

Pour parvenir à établir une communication, un Enregistreur-Traducteur, qui est mis à la disposition de l’abonné qui décroche son téléphone pour numéroter, se charge d’enregistrer le numéro de téléphone de l’abonné demandé, puis de traduire ce numéro de téléphone en ordres de commande précis, qu’il va transmettre aux organes intermédiaires de connexion : les Marqueurs. Les marqueurs qui sont chargés de trouver un chemin disponible dans le réseau de connexion (une maille libre) vont actionner le ou les multisélecteurs nécessaires à l’établissement d’un chemin électrique matériel qui pourra alors transporter les voix des abonnés.

Chaque Multisélecteur est ainsi commandé dans l’ordre en partant du plus proche de chez l’abonné demandeur, et ainsi de suite, d’étage en étage et éventuellement de centre téléphonique en centre téléphonique, jusqu’au multisélecteur (ou au sélecteur) le plus proche de chez l’abonné demandé.

De surcroît, l'usage de Multisélecteurs permet de pouvoir réaliser dans chaque Multisélecteur plusieurs opérations de connexion de manière simultanée, et en seulement quelques millisecondes, ce qui permet l'établissement de liaisons téléphoniques et un écoulement du trafic grandement améliorés et augmentés par rapport à n'importe quel système rotatif.

Enfin, par rapport aux systèmes à organes tournants, les temps morts pendant l'établissement d'une communication sont fortement réduits car dans les Multisélecteurs, l'on évite désormais d'avoir à explorer physiquement et successivement la totalité des positions de sortie jusqu'à en trouver une libre, étape qui était inéluctable dans les systèmes rotatifs et qui entraînait des pertes de temps à chaque étage de sélection.

Concernant la maintenance des systèmes Crossbar et leur durée de vie :

  • Grâce à la commutation effectuée par mouvements de très faible amplitude, il y a beaucoup moins d’usure que dans les systèmes rotatifs précédents. Le résultat est quasiment "miraculeux".
  • De plus, les Multisélecteurs voient leurs contacts fabriqués en alliages incluant palladium et or, ce qui assure une bonne protection contre l'oxydation.
  •  Ainsi, durant les 8 à 10 premières années de service d'un commutateur Crossbar, la maintenance y est bien plus réduite que sur un système à organes tournants, tel que ceci avait été promis par les concepteurs et fabricants.
  • Mais après cette première période, il est à signaler que les pannes par faux contacts finissent par apparaître, notamment dans les Multisélecteurs, pour se manifester de plus en plus souvent. 
  • De surcroît, les pannes deviennent progressivement de plus en plus difficiles à localiser au fur et à mesure du vieillissement général du commutateur Crossbar.
  • Il devient alors nécessaire de former des équipes de techniciens de maintenance très spécialisés, très aguerris et très fins dans la recherche des défauts et leur résolution ; les défauts étant beaucoup moins visibles à localiser que sur les systèmes à organes tournants (qui se détectaient jadis surtout à l’œil et au son).
  • La fort désagréable surprise éclate aux yeux des personnels d'exploitation et de l'ingénierie durant l'année 1974, quand une véritable "maladie", que personne n'attendait, ciblant massivement les contacts des Multisélecteurs PENTACONTA et CP400 est finalement découverte. Le CNET prend l'affaire en mains et étudie le phénomène : il s'agit d'une usure en forme de cratère dont sont frappés les contacts tronconiques des Multisélecteurs, et qu'il n'y a rien à faire (sauf à procéder à des remplacements massifs au fur et à mesure de l'apparition de la "maladie"). 
  • L'année 1974 marque alors un tournant qui laisse entrevoir le besoin de remplacer sans tarder les commutateurs électromécaniques, notamment les Commutateurs d'Abonnés installés en zone à fort trafic ainsi que les Centres de Transit Électro-Mécaniques qui fonctionnent, de par leur rôle, en trafic par définition intensif.
  • La conséquence sera à partir de cette époque la multiplication des efforts pour aboutir au plus vite à la mise au point et au déploiement de la technologie Électronique Temporelle en lieu et place de l’Électro-Mécanique.

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Pour chaque multisélecteur nécessaire, l’Enregistreur-Traducteur mis à disposition de l’abonné dès le décrochage :

1) va dans un premier temps commander successivement le relais de la barre horizontale sélectionnée voulue par le commutateur,

2) puis va dans un second temps actionner le relais de la barre verticale nécessaire pour connecter la bonne route nécessaire (dans le multisélecteur considéré).

3) Le point de contact ainsi connecté dans la matrice croisée par les électroaimants est alors verrouillé grâce à un astucieux système d’embrayage mécanique, et ensuite :

4) La barre horizontale est rappelée vers sa position de repos, mais la barre verticale est maintenue électriquement au travail durant toute la durée de la conversation.

5) le point de connexion établi dans un multisélecteur restera électriquement conducteur tant que les abonnés en conversation n’auront pas raccroché leur téléphone. Ainsi donc, plus aucun organe de commande n’est désormais nécessaire pour maintenir une connexion, dès lors qu’elle a été établie par l’Enregistreur-Traducteur,

6) l’Enregistreur-Traducteur est donc immédiatement libéré pour aller commander le ou les autres multisélecteurs nécessaires à l’établissement de la communication téléphonique.

7) Une fois que tous les multisélecteurs nécessaires d’un même commutateur ont été actionnés et que la liaison a été établie, et que la communication a été routée correctement vers l’éventuel commutateur extérieur suivant (dans le cas d’une communication interurbaine, par exemple), l’Enregistreur-Traducteur est immédiatement libéré et pourra être réutilisé pour un autre abonné.

8) Même les multisélecteurs qui sont utilisés pour une communication en cours peuvent parfaitement être réutilisés par les organes de commandes pour établir d’autres conversations simultanément !

DetailCrossbar

- Ainsi, désormais, par rapport aux anciens systèmes rotatifs, seules les ressources strictement nécessaires sont mobilisées par les organes nobles du commutateur. Il y a en fait moins de gaspillage de ressource dans les systèmes crossbar car il est très souple : une bonne partie des ressources peut être utilisée tant qu’il reste suffisamment de points de connexions disponibles à chaque étage d’un commutateur ; ce qui n’ était pas le cas dans les système rotatifs, car dans ces anciens systèmes, dès qu’un contact du sélecteur rotatif était mobilisé pour un abonné, c’était alors l’ensemble du sélecteur qui était bloqué, et qui ne pouvait plus servir à quiconque d’autre !

- C’est pour cette raison que l’on doive vraiment parler de Multisélecteur dans le cas des systèmes crossbar, car chaque Multisélecteur peut successivement et/ou simultanément établir plusieurs connexions à la fois, au contraire des sélecteurs des systèmes rotatifs qui ne sont que des sélecteurs simples (qu’ils soient à une seul mouvement rotatif, ou à deux mouvements : rotatifs et ascensionnels) et qui ne peuvent établir et maintenir, pour chaque sélecteur rotatif, qu’une seule connexion à la fois !

- Les capacités d’établissement et d’écoulement de trafic sont donc bien plus souples et bien plus importantes dans les systèmes à barres croisées que dans les systèmes rotatifs. 

- Les communications sont aussi bien plus rapides à établir car les multisélecteurs n’ont pas à « balayer » les positions inutiles, tels que les systèmes rotatifs sont contraints de le faire…

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- Les abonnés sont connectés sur des Équipements de Sélection de Lignes (ESL), tout comme le sont les abonnés reliés aux commutateurs rotatifs. Mais désormais, avec l'avènement des commutateurs électromécaniques à barres croisées, ces équipements peuvent être déportés jusqu'à quelques kilomètres du cœur de chaîne du commutateur. 

- Il s'agit là d'un autre progrès permettant de procéder au retrait progressif des concentrateurs de lignes des zones éloignés des villes importantes, en les remplaçant par des Équipements de Sélection de Lignes Éclatés (ELE), permettant de relier ces abonnés éloignés à un véritable commutateur téléphonique ayant les mêmes capacités d'écoulement de trafic que le service offert aux abonnés des grandes métropoles.

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Ces commutateurs sont cependant aujourd'hui totalement obsolètes. Les derniers commutateurs crossbar de France sont démontés en 1994, avant le changement de plan de numérotation (basculage à 10 chiffres le 18 octobre 1996 à 23H00), car France-Télécom renonce finalement à les adapter pour raison de complexité et de coût.



CENTRAL AUTOMATIQUE TOUT RELAIS, à commutation entièrement effectuée avec des tables de relais, sans aucun organe tournant : le lointain précurseur en France du futur Crossbar. 

  • - Fabriqué par la Compagnie Générale de Télégraphie et Téléphonie (filiale de SIEMENS), à partir d'une conception britannique,
  • - Mis en service en fin 1927 à Fontainebleau, 
  • - Capable de gérer jusqu'à 1.000 abonnés.
  • - Ce commutateur s'avère ultérieurement trop coûteux et trop complexe à entretenir et à en étendre la capacité. Son remplacement, décidé dès 1939, suite à un début d'incendie survenu le 11 juillet 1939, est finalement effectif en 1943.

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Ci-dessus : vue d'ensemble du Commutateur Automatique Tout Relais. 

(source : Documents d'Information des Télécommunications)



Famille PENTACONTA. Système entièrement nouveau, conçu à partir de 1951, par les sociétés LMT et CGCT toutes deux filiales françaises de l'américain ITT. Ce système a été nommé à partir du préfixe grec « Penta » parce que l’élément-multisélecteur de base à barres croisées comporte 52 points de sortie. 

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LogoCGCT

La conception de ce système doit beaucoup à l'Ingénieur CGCT Fernand Gohorel ayant conçu personnellement l'architecture du système et qui supervisa la conception du Multisélecteur à barres croisées.

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Comme l'élément sélecteur de base ne possède qu'un nombre de points de sortie assez modeste : 52 points de sortie pour le PENTACONTA, les éléments-multisélecteurs de base sont alors combinés entre eux afin d'obtenir des ensembles-multisélecteurs permettant d'obtenir des multisélecteurs pourvus de 520, 1040 voire 2080 points de sortie. De plus, la manière dont ces ensembles de multisélecteurs ainsi constitués sont combinés dans le commutateur influe sur les capacités d'écoulement des conversations et détermine l'usage auquel un commutateur pourra être destiné.

Les ensembles-multisélecteurs sont dénommés Multisélecteurs par commodité d’usage.


Chaque commutateur PENTACONTA, bien qu'électromécanique, possède quelle que soit son importance une chaîne d'enregistrement des incidents dont le rôle est d'éditer automatiquement une carte perforée qui détaille la nature du défaut et sa localisation, chaque fois que le système constate une faute de fonctionnement ; progrès remarquable pour l'époque où les microprocesseurs ne sont pas encore inventés.

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Ci-dessus : carte perforée d'un commutateur Pentaconta signalant un ensemble d'incidents. (Documents d'Information Télécommunications - Avril 1975)

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Ci-dessus : cartes perforées du commutateur Pentaconta 1040 de Bois d'Arcy A1 (WE51), signalant différentes fautes de fonctionnement - © Collection Claude Rizzo-Vignaud.


Nous pouvons facilement reconnaître un commutateur PENTACONTA, par ses éléments sélecteurs de base qui comportent toujours de manière apparente 14 barres horizontales. En revanche, suivant les capacités d’écoulement souhaité les éléments sélecteurs de base sont pourvus d’un nombre de barres verticales pouvant varier de 8 à 22 barres.

(Nous parlons d'ESL pour Équipements de Sélection de Ligne d'abonné pour un PENTACONTA utilisé en commutateur d'abonnés et d'ESG pour Équipements de Sélection de Groupe pour un PENTACONTA utilisé en centre de transit interautomatique).

  • - Le premier commutateur PENTACONTA (500) du monde est mis en service en Italie, à Cento, en fin 1954.
  • - 319 commutateurs PENTACONTA d'abonnés (sans compter les Centres de Transit) sont mis en service en France.
  • - Concernant la France, le premier commutateur électromécanique de type PENTACONTA (500) est commandé en Avril 1954 à la CGCT, et est mis en service le 23 juillet 1955 à Melun.
  • - La présérie de 3 commutateurs PENTACONTA (1000A) est mise en service en 1959 et 1960 dans les villes :
    • d'Albi : Albi-Joffre 1 (TL532) (28 novembre 1959)
    • de Douai : Douai 1 (LL519) (6 février 1960),
    • de Mazamet : Mazamet (TL539) (13 mai 1960).
  • - En outre-mer, le premier commutateur automatique est mis en service le 2 octobre 1964. Il s'agit d'un Pentaconta 1000 implanté en Guadeloupe (Basse-Terre 1 (ID725)), il y assurera son fonctionnement jusqu'au 26 novembre 1986.
  • - Le PENTACONTA s'avère le système électromécanique pourvu des meilleures capacités d'écoulement du trafic.
  • - Le PENTACONTA est officiellement retenu par le Conseil Technique des PTT le 16 novembre 1960 pour Paris et les très grandes villes françaises, ainsi que pour les centres de transit interurbains de nouvelle génération à venir.
  • - Les deux premiers commutateurs électromécaniques de type PENTACONTA (1000B) installés aux portes de Paris sont mis en service le 21 janvier 1964 dans les Centres Téléphoniques Boulogne-Billancourt-Molitor 1 PC1 (CC32) (Gounod) et de La-Plaine-Saint-Denis - Plaine 1 PC1 (BC31) (Chénier).
  • - De surcroît, les commutateurs ROTARY 7A1, 7B1, les R6, les L43 et même les STROWGER peuvent désormais faire l'objet d'extensions de capacité constituées en matériel PENTACONTA : il suffit d'installer des modules électroniques d'adaptation des différentes normes de signalisations intercentres.
  • - Dans Paris, le commutateur PENTACONTA le plus récent est mis en service le 27 avril 1978 (Trudaine 3 PC3 (AE14)).
  • - En Île-de-France, le commutateur PENTACONTA le plus récent est mis en service le 21 août 1979 (Villette 2 PC2 (BC92)).
  • - Le plus récent commutateur électromécanique de type PENTACONTA est commandé en France en Juin 1978.
  • - Les dernières extensions sont commandées en Novembre 1979.
  • - Le premier commutateur PENTACONTA d'Île-de-France à être arrêté le 30 juillet 1975 est Melun Prototype.
  • - Le premier commutateur PENTACONTA de Paris intra-muros à être arrêté le 11 février 1981 est Montmartre 1 PC1 (AC91).
  • - L'ultime commutateur d'abonnés PENTACONTA de Paris intra-muros, Diderot 3 PC3 (AB93), est arrêté le 7 avril 1994.
  • - L'ultime commutateur d'abonnés PENTACONTA d'Île-de-France, Villette 2 PC2 (BC92), est arrêté le 14 septembre 1994.
  • - L'ultime commutateur spécialisé PENTACONTA d’Île-de-France, celui de Paris-Brune Chaîne Jeux (AB40) est arrêté le 6 décembre 1994. (Il s'agissait d'un commutateur téléphonique spécialisé pour les appels d'arrivée, qui concentrait la plupart des appels téléphoniques à destination des grands médias (TF1, Antenne 2, FR3, M6, Radio-France, radios périphériques, radios libres.))
  • - L'ultime commutateur d'abonnés PENTACONTA de France est désactivé à Givors le 6 décembre 1994 (Givors PC 1040 (LZ23)).

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Ci-dessus : vue d'ensemble d'un commutateur Pentaconta de 1958.

Ci-dessous : vidéo très intéressante en exploitation réelle d’un autocommutateur PENTACONTA, tirée du blog de Muxfin, un grand amateur de la commutation électromécanique.

PENTACONTA type 500 (Multisélecteur à 520 points de sortie au niveau des ESL). Concernant tout PENTACONTA 500 utilisé en commutateur d’abonnés, sur les 520 points de sortie d’un multisélecteur, seules 500 lignes peuvent être numérotées. Le reste des lignes ne pouvant être utilisées qu’en lignes alphanumériques de groupement. 

  • - Le premier PENTACONTA du monde est mis en service à Cento, en Italie, en Avril 1954.
  • - Concernant la France, il est mis en service pour la première fois à Melun le 23 juillet 1955 (BPQ = 937) .
  • - Capacité initiale du prototype français : 2.500 lignes.
  • - Ce système est capable de gérer jusqu'à 17.000 abonnés.
  • - Ce prototype est mis hors service le 30 juillet 1975 après 20 ans de service continu.

CommutateurPentacontaCentoType520

Ci-dessus : commutateur PENTACONTA Type 520, Prototype de Cento, Italie. Héliogravure CGCT.

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CommutateurPentacontaMelunType520

Ci-dessus : commutateur PENTACONTA Type 520 de Melun (Prototype français) mis en service le 23 juillet 1955. Héliogravure CGCT.

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PENTACONTA type 1000 A (Multisélecteur à 1040 points de sortie au niveau des ESL) Concernant tout PENTACONTA 1000 utilisé en commutateur d’abonnés, sur les 1040 points de sortie d’un multisélecteur, seules 1000 lignes peuvent être numérotées. Le reste des lignes ne pouvant être utilisées qu’en lignes alphanumériques de groupement.

  • - Le premier exemplaire est mis en service dans le monde, en France, à Albi le 28 novembre 1959 (Albi Joffre 1 (TL532)). 
  • - Ce système est capable de gérer jusqu'à 25.000 abonnés.
  • - Les PENTACONTA 1000A sont tous démontés avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.

ImplantationTypePentaconta1040A

Ci-dessus : croquis d'implantation type d'un commutateur Pentaconta 1040A dimensionné pour 10.000 abonnés.

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Pentaconta1000A

Ci-dessus : vue d'ensemble de commutateur PENTACONTA 1000A

Photo : CGCT.

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P34.PentacontaVueDetailleeMultiselecteur

Ci-dessus : Vue d'un multisélecteur typique de Pentaconta. À noter la présence caractéristique des 14 barres horizontales.

Ci-dessous : idem. Photographie C. R-V. Avec l'aimable autorisation de la Collection Historique Orange.

MultiselecteurPentaconta

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MultiselecteursPentacontaUsineLMT

Carrousel d'assemblage de Multisélecteurs Pentaconta - Usine LMT en 1967. Photographie ITT-LMT.

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DetailMultiselecteurPentaconta

Ci-dessus : détail des contacts de base d'un Multisélecteur de Pentaconta

Photo : CGCT.


PENTACONTA type 1000 B (Multisélecteur à 1040 points de sortie au niveau des éléments ESL et à 1040 points de sortie au niveau des ESG), développé dans les années soixante, pour permettre de relier jusqu'à 50.000 abonnés ou circuits par cœur de chaîne et pourvoir Paris ainsi que les très grandes villes françaises. 

  • - Paris en est équipé dès le 21 janvier 1964 par la mise en service simultanée de deux commutateurs PENTACONTA 1000B :
    • -  le Centre Téléphonique Boulogne-Billancourt - Molitor 1 PC1 (CC32) (Paris zone suburbaine 1ère couronne), installé par la société LMT,
    • - La-Plaine-Saint-Denis - Plaine 1 PC1 (BC31) Chénier  (Paris zone suburbaine 1ère couronne), installé par la CGCT ; 
    • - suivra Aulnay-sous-Bois le 21 mai 1964 (Aulnay A1 (BB01)) (Paris 2ème couronne).
  • - Ce système est capable de gérer jusqu'à 25.000 abonnés.
  • - La plupart des PENTACONTA 1000B URBAINS sera adaptée à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 moyennant le remplacement des Unités de Commande purement électromécaniques à relais par de nouvelles Unités de Commande Électroniques à enregistreurs multiples à microprocesseurs et à traducteurs à programmes enregistrés.

-PENTACONTA CT4 (Centre de Transit 4 fils Interurbains). Apparu en 1966 après la première mise en service en France du CINAT (Centre International et National d’Arrivée et de Transit) (PI772) mis en service le 10 Juillet 1963, il fait partie de la nouvelle génération d'autocommutateurs de transit interurbains construite à partir du matériel Pentaconta, mais à commutation sur 4 fils (au lieu de 2 fils).

La commutation sur 4 fils, plus coûteuse à construire pour la bonne raison qu'il faille doubler les équipements équivalant à autant de circuits en 2 fils, permet en revanche un écoulement amélioré du trafic et une diminution substantielle des pertes en énergie en utilisant dans le système à 4 fils : d'une part 2 fils pour acheminer la conversation du point de départ vers le point d'arrivée, et 2 autres fils pour acheminer la conversation provenant du point d'arrivée vers le point de départ.

Ainsi en évitant de mixer les conversations provenant des 2 abonnés sur une simple ligne à 2 fils, les pertes dues aux circuits convertisseurs et de mixages analogiques qui sont de l'ordre de l'ordre de 50% pour la commutation en 2 fils sont ainsi évitées en commutation à 4 fils. 11 commutateurs PENTACONTA CT4 ont été déployés en France.

  • - 10 PENTACONTA CT4 interurbains ont été déployés en France.
  • - Le seul PENTACONTA CT4 mis en service à Paris, le CINAT, est mis en service le 10 juillet 1963.
  • - Le premier PENTACONTA CT4 de province est mis en service le 5 mai 1966 à Lyon - Sévigné.
  • - Le second PENTACONTA CT4 de province est mis en service le 25 octobre 1968 à Marseille.
  • - Sauf exception, cette série est démontée avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.

-PENTACONTA CT4-CIA (Centre de Transit 4 fils Internationaux Automatiques).

Les PENTACONTA CIA se distinguent des CT4 interurbains par un coût plus élevé, en raison de leur complexité technique accrue, en raison d'un nombre supérieur nécessaire d'Enregistreurs, de Traducteurs et d'une plus grande capacité de mémorisation de chiffres requise, les numéros de téléphones internationaux étant plus longs et les destinations à mémoriser étant plus nombreuses. Il en a existé au moins 12 exemplaires, déployés à nos frontières.

-NGC PENTACONTA (Nodal de Grande Capacité), de la nouvelle génération d'autocommutateurs interurbains, est construit à partir du matériel Pentaconta à commutation sur 2 fils, plus économique que le Pentaconta CT4, destiné à équiper les villes majeures de Paris, Lyon et Marseille. 

  • - Le premier des 5 commutateurs NGC est mis en service le 11 février 1972 en France, à Lyon-Lacassagne (LY01). Les NGC sont, avant les évolutions ultérieures, équipés de Traducteurs Quasi Électroniques (matrices à diodes et transistor - en totalité abandonnés dès 1975, pour être remplacés par des Traducteurs Impulsionnels à Tores encore plus rapides à commuter)
  • - Le NGC de Paris St-Lambert (CADIS - RT71) est le premier à être équipé des nouveaux Traducteurs Impulsionnels à Tores dès sa mise en service le 3 juin 1972.
  • - Certains NGC de Lyon et Marseille seront maintenus en activité et adaptés à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 moyennant le remplacement des Unités de Commande purement électromécaniques à relais par de nouvelles Unités de Commande Électroniques à enregistreurs multiples à microprocesseurs et à traducteurs à programmes enregistrés.

PENTACONTA type 1000 C (Multisélecteur à 1040 points de sortie au niveau des ESG). Conçu en 1965 aux USA. Utilisé en France pour les GCI (Grand Centre de communication Interurbain) de la nouvelle génération d'autocommutateurs interurbains destinés à remplacer la génération à organes tournants, mais à commutation sur 4 fils, avec même multisélecteur mais mise en œuvre différente pour un écoulement du trafic encore amélioré.

Les commutateurs GCI sont équipés de Traducteurs à Programme Câblé, dérivés des Traducteurs Impulsionnels à Tores, mais plus adaptés au type de structure des GCI.

Avec l'essor de l'informatique, certains GCI sont ensuite équipés dès 1974 de Traducteurs à Programme Enregistré et d'une interface homme-machine informatique primitive comme celui de Marseille - St Mauront. D'ailleurs les TPE ont vocation à remplacer rétroactivement les autres types de traducteurs sur les Pentaconta et autres CP400 appelés à ne pas être remplacés rapidement par du matériel de future génération.

Il s'agit d'un nouveau type de Pentaconta très évolué pour l'époque qui commence à devenir substantiellement électronique par la création des Unités de Commande Électroniques en remplacement des Unités de Commande Électromécaniques initiales, et ce pour faire face à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 à 23H00.

  • - Les GCI sont mis en étude, pour la France, à partir de 1971.
  • - Le premier des 32 commutateurs GCI de France serait Marseille Saint-Mauront GCI (MA27), mis en service réel le 12 février 1974 (essais à partir d'Août 1973).
  • - Paris intra-muros voit sont premier GCI (spécialisé Arrivée) mis en service le 2 avril 1975 (Poncelet Arrivée GCIAP (RT42)).
  • - Le premier commutateur GCI d'Île-de-France est mis en service le 1er juillet 1975 à Villabé (RP65) - (Essonne).
  • - Le PENTACONTA GCI le plus récent de France est mis en service le 20 août 1979 (Orléans Saint-Vincent GCI - (OR02)).
  • - Le dernier GCI d'Île-de-France est mis à l'arrêt le 7 novembre 1993. (Neuilly-sur-Marne CTZP1 (RP15)).
  • - Les derniers GCI de France ont été mis hors service en 1993-94.

PENTACONTA type 2000 (Multisélecteur à 2080 points de sortie au niveau des ESL ou des ESG). Concernant tout PENTACONTA 2000 éventuellement utilisé en commutateur d’abonnés, sur les 2080 points de sortie d’un multisélecteur, seules 2000 lignes peuvent être numérotées. Le reste des lignes ne pouvant être utilisées qu’en lignes alphanumériques de groupement.

Il est aussi bien utilisé en commutateur d’abonnés de grande capacité (50.000 lignes) qu’en CTU (Centre de Transit Urbain) essentiellement pour Paris puis Lyon en 21 exemplaires.

Il est construit à partir du matériel Pentaconta à commutation sur 2 fils. Ce Pentaconta accorde une grande part à l'électronique et sera l'objet d'évolutions, y compris informatiques. 

Le PENTACONTA 2000 dispose d'une interface homme-machine par clavier + console informatique primitive

Les PENTACONTA 2000 les plus évolués sont pourvus d’Unités de Commande Électroniques en remplacement des Unités de Commande Électromécaniques initiales, et ce pour faire face à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 à 23H00.

Il est mis en service afin de dégorger le trafic dans les très grandes villes françaises dont Paris, en attendant l'arrivée des centres de transit électroniques temporels prévus les années suivantes.

  • - Le premier des 21 CTU PENTACONTA 2000 est inauguré en Novembre 1968 à Paris (Bobillot CTU1).
  • - Les premiers PENTACONTA 2000 sont pourvus de Traducteurs A Tores magnétiques (TAT).
  • - En Île-de-France, le premier PENTACONTA 2000 TAT d'abonnés est mis en service à Melun le 1er mars 1966 :  Melun A1 (EE41).
  • - Dans Paris, le premier  PENTACONTA 2000 TAT est mis en service le 25 novembre 1969 : Robert-Keller 1 PC1 (AD81).
  • - Dans Paris, le PENTACONTA 2000 TAT le plus récent est mis en service le 18 décembre 1974 : Masséna 1 PC1 (AC81).
  • - En Île-de-France, le PENTACONTA 2000 TAT le plus récent est mis en service le 18 décembre 1975 : Rueil A3 (Rueil 2 PC2) (CD03).
  • - En Île-de-France, les premiers PENTACONTA 2000 TAT sont mis hors service en 1984.
  • - Dans Paris, le premier PENTACONTA 2000 TAT à être mis hors service est Trudaine 2 PC2 (AE13) le 22 septembre 1987.
  • - En Île-de-France, dont Paris, l'ultime PENTACONTA 2000 TAT à être mis hors service est le Centrex du Crédit Lyonnais (AE20) le 15 juillet 1992.
  • - Les PENTACONTA 2000 suivants sont pourvus de Traducteurs Impulsionnels à Tores magnétiques (TIT), encore plus perfectionnés.
  • - En Île-de-France, le premier PENTACONTA 2000 TIT en tant que commutateur d'abonnés à être mis en service est Puteaux 2 PC2 (CC82), le 15 avril 1970. (40.000 lignes)
  • - Dans Paris, le premier PENTACONTA 2000 TIT est mis en service le 15 mai 1970 : Anjou 1 PC1 (AB01).
  • - Dans Paris, le PENTACONTA 2000 TIT le plus récent est mis en service le 27 avril 1978 : Trudaine 3 PC3 (AE14).
  • - En Île-de-France, le PENTACONTA 2000 TIT le plus récent  est mis en service le 21 août 1979 : Villette 2 PC2 (BC92).
  • - En île-de-France, le premier PENTACONTA 2000 TIT à être mis hors service est Le Plessis-Bouchard A1 (NE11) le 4 juin 1987.
  • - Dans Paris, le premier PENTACONTA 2000 TIT à être mis hors service est Anjou 1 PC1 (AB01) le 15 septembre 1987.
  • - Dans Paris, l'ultime PENTACONTA 2000 TIT à être mis hors service est Diderot 3 PC3 (AB93) le 7 avril 1994.
  • - En Île-de-France, l'ultime PENTACONTA 2000 TIT à être mis hors service est Villette 2 PC2 (BC92) le 14 septembre 1994.
  • - 62 Commutateurs d'abonnés PENTACONTA 2000 ont été déployés en Île-de-France.

Pentaconta2080ParisBrune

Ci-dessus : travée du commutateur Brune 1 PC1 (AB42 & AB41), Pentaconta 2000  de 37.000 lignes (dont section à lignes à fort trafic et une deuxième chaîne d'arrivée (AB41) : une vraie rareté) installé jadis au Centre Téléphonique Paris-Brune en fonction à partir du 10 juin 1975 et qui servit jusqu' au 30 septembre 1992 avant d'être remplacé par un commutateur E10B3.

(Photo P et T)

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PentaContaNordPhoto1anonyme

Ci-dessus et ci-dessous : l'attachement viscéral à la La Machine que l'on faisait vivre jour après jour était tel que l'on s'y faisait photographier à ses côtés... (à gauche : travée d'un Pentaconta Nord (CPE Paris-Nord) dans les années huitante.) © Négatifs des archives locales CGT Nord.

PentaContaNordPhoto2anonyme

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RelaisMercurePentaconta

Ci-dessus : exemple de relais au mercure (de longue durée de vie) utilisés dans les commutateurs PENTACONTA. 

À gauche, des relais plats ; à droite un relais cylindrique en support octal. © Collection C. R-V.

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  • - Le premier commutateur PENTACONTA (500) du monde est mis en service en Italie, à Cento, en fin 1954.
  • - 319 commutateurs PENTACONTA d'abonnés sont mis en service en France (au dernier dénombrement établi par nos soins, au lieu des 289 cités dans les sources habituelles...)
  • - Concernant la France, le premier commutateur électromécanique de type PENTACONTA (500) est commandé en Avril 1954 à la CGCT, il est mis en service le 23 juillet 1955 à Melun. Il y assurera son service jusques au 30 juillet 1975.
  • - La présérie de 3 commutateurs PENTACONTA (1000A) est mise en service en 1959 et 1960 dans les villes :
    • d'Albi : Albi-Joffre 1 (TL532) (28 novembre 1959),
    • de Douai : Douai 1 (LL519) (6 février 1960),
    • de Mazamet : Mazamet (TL539) (13 mai 1960).
  • - En outre-mer, le premier commutateur automatique jamais mis en service le 2 octobre 1964 est un Pentaconta 1000 implanté en Guadeloupe (Basse-Terre 1 (ID725)), il y assurera son fonctionnement jusqu'au 26 novembre 1986.
  • - Le PENTACONTA s'avère le système électromécanique pourvu des meilleures capacités d'écoulement du trafic.
  • - Le PENTACONTA est officiellement retenu par le Conseil Technique des PTT le 16 novembre 1960 pour Paris et les très grandes villes françaises, ainsi que pour les centres de transit interurbains de nouvelle génération à venir.
  • - Les deux premiers commutateurs électromécaniques de type PENTACONTA (1000B) installés aux portes de Paris sont mis en service le 21 janvier 1964 dans les Centres Téléphoniques Boulogne-Billancourt-Molitor 1 PC1 (CC32) (Gounod) et de La-Plaine-Saint-Denis - Plaine 1 PC1 (BC31) (Chénier).
  • - De surcroît, les commutateurs ROTARY 7A1, 7B1, les R6, les L43 et même les STROWGER et AGF500 peuvent désormais faire l'objet d'extensions de capacité constituées en matériel PENTACONTA : il suffit d'installer des modules électroniques d'adaptation des différentes normes de signalisations intercentres interautomatiques.
  • - Dans Paris, le commutateur PENTACONTA le plus récent est mis en service le 27 avril 1978 (Trudaine 3 PC3 (AE14))
  • - En Île-de-France, le commutateur PENTACONTA le plus récent est mis en service le 21 août 1979 (Villette 2 PC2 (BC92))
  • - Le plus récent commutateur électromécanique de type PENTACONTA est commandé en France en Juin 1978.
  • - Les dernières extensions sont commandées en Novembre 1979.
  • - Le premier commutateur PENTACONTA d'Île-de-France à être arrêté le 30 juillet 1975 est Melun Prototype.
  • - Le premier commutateur PENTACONTA de Paris intra-muros à être arrêté le 11 février 1981 est Montmartre 1 PC1 (AC91).
  • - L'ultime commutateur d'abonnés PENTACONTA de Paris intra-muros, Diderot 3 PC3 (AB93), est arrêté le 7 avril 1994.
  • - L'ultime commutateur d'abonnés PENTACONTA d'Île-de-France, Villette 2 PC2 (BC92), est arrêté le 14 septembre 1994.
  • - L'ultime commutateur spécialisé PENTACONTA d’Île-de-France, celui de Paris-Brune Chaîne Jeux (AB40) est arrêté le 6 décembre 1994. (Il s'agissait d'un commutateur téléphonique spécialisé pour les appels d'arrivée, qui concentrait la plupart des appels téléphoniques à destination des grands médias (TF1, Antenne 2, FR3, M6, Radio-France, radios périphériques, radios libres.))
  • - L'ultime commutateur d'abonnés PENTACONTA de France est désactivé le 6 décembre 1994. Il s'agit de Givors PC1040 (LZ23).


Famille CP400. (nom complet : CROSSBAR pour PARIS ou CROSSBAR PARISIEN 400). Le système est initialement prévu pour équiper Paris et la 1ère couronne. Il est un dérivé du système suédois ARF102 de la société L.M. Ericsson. Le système CP400 est issu de la Société Française des Téléphones Ericsson de Colombes.

Comme l'élément sélecteur de base ne possède qu'un nombre de points de sortie assez modeste : 30 points de sortie pour le CP400, les éléments-multisélecteurs de base sont alors combinés entre eux afin d'obtenir des ensembles-multisélecteurs permettant d'obtenir des multisélecteurs pourvus de 400 points de sortie. 

De plus, la manière dont ces ensembles de multisélecteurs ainsi constitués sont combinés dans le commutateur influe sur les capacités d'écoulement des conversations et détermine l'usage auquel un type de commutateur CP400 pourra être destiné.

Les CP400 sont donc pourvus de 400 points de sortie au niveau des Éléments de Sélection de Ligne d'abonné et/ou des Éléments de Sélection de Groupe.

Les ensembles-multisélecteurs sont dénommés Multisélecteurs par commodité d’usage.

  • - Un prototype à commande centralisée, commandé en Avril 1954 par l'administration, est mis en service en France dès le 31 mars 1956 à Beauvais (60) : Beauvais-Saint-Laurent 1 (AM526-BV10), alors rattachée à l'Île-de-France (BPQ = 945).
  • - Capacité initiale du prototype : 2.000 lignes.
  • - Ce prototype est démonté entre Octobre 1985 et Février 1990.

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Chaque commutateur CP400, bien qu'électromécanique, possède un CENTRALOGRAPHE, appareillage qui permet de détecter, localiser et enregistrer les éventuels incidents de fonctionnement ; progrès remarquable pour l'époque où les microprocesseurs ne sont pas encore inventés.

CentralographeEricssonCP400

Ci-dessus : Centralographe Ericsson pour commutateur téléphonique CP400. Photo : Yannick Garçon, confrère à Orange.

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De l'adoption mouvementée, en France, du système CP400 :

  • Il faut rappeler que le Directeur Général des Télécommunications de cette époque, M. Jean Rouvière, bataille fermement contre le Ministère des PTT pour ne pas retenir ce nouveau type de commutateur téléphonique sensiblement moins performant que le PENTACONTA.
  • Il doit cependant s'incliner en 1957, pour deux raisons. 
    • Première raison, économique : le CP400 étant moins coûteux. 
    • Seconde raison, politique :  sa co-adoption permet aussi de ne pas laisser un monopole de fait en France sur la conception des commutateurs Crossbar aux sociétés du groupe ITT avec leur Pentaconta.
  • Mécontent de ce choix qui lui a été imposé, le DGT démissionnera de son poste le 28 février 1957, pour poursuivre sa carrière dans l'Union Internationale des Télécommunications jusqu'à son décès en 1972.
  • Finalement et malgré sa dénomination initiale, le CROSSBAR PARISIEN 400 sera officiellement retenu par le Conseil Technique le 16 novembre 1960 pour équiper massivement les villes moyennes de province… Ce qui d'ailleurs ne manque pas d'appuyer l'argumentation technique de Jean Rouvière à postériori.
  • Ceci dit, par la suite, le système CP400 sera progressivement amélioré, si bien qu'il finira, peu avant la fin de l'ère électromécanique, par rentrer tardivement dans Paris intra-muros, mais seulement en 1977, soit 21 longues années après la mise en service du premier prototype...

P35.CP400VueBaiesDeMultiselecteurs

Ci-dessus : vue d'ensemble d'un autocommutateur CP400. 

(Source : Document L.M. Ericsson)

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CP400

Ci-dessus : Commutateur CP400 Travées de Multisélecteurs. (Caches de protection des Multisélecteurs présents). Photo Revue T.

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CP400SansCaches

Ci-dessus : Commutateur CP400. (Caches de protection retirés, pour inspection). Photo Les Télécommunications Françaises PTT 1982.

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CP400deArmentieres

Ci-dessus : organes du CP400 d'Armentières (LL511), mis en service le 14 mars 1970. Ce CP400 fut mis à l'arrêt avant le passage à la Nouvelle Numérotation à 8 chiffres du 25 octobre 1985. Photo Secr. d'État aux P et T - 1979.

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MutiselecteurAvecCacheCP400ok

Ci-dessus : vue d'un élément Multisélecteur de commutateur CP400 (cache amovible positionné). © Collection C. R-V.

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P36.CP400VueDuMultiselecteur

Ci-dessus : vue d'un élément Multisélecteur de commutateur CP400 (cache amovible retiré).

À noter les 6 barres horizontales à dédoublement (notées H0 à H11) et les 10 barres verticales (notées V0 à V9) caractéristiques du système CP400. © Collection C. R-V.

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Les Multisélecteurs du système CP 400 sont en fait des clones des Multisélecteurs du système suédois ARF102 ; en effet, le système CP400 a été développé sur ce modèle de Multisélecteur transmis par la société mère L.M. Ericsson Sverige à sa filiale la Société Française des Téléphones Ericsson sise à Colombes (Seine).

Dans un élément MULTISÉLECTEUR de base tel que présenté dans la photographie ci-dessus, la mise en mouvement d'une barre horizontale immédiatement suivie d'une mise en mouvement d'une barre verticale engendre un point de connexion. Une fois ce point de connexion établi, la barre horizontale est rappelée en position de repos ; seule la barre horizontale est alors maintenue électriquement en position de travail durant toute la durée de la conversation.

Chaque MULTISÉLECTEUR de base de type CP 400 constitue, invariablement et isolément, une matrice de commutation de 120 points de sortie :

- car il est pourvu de 10 barres verticales pouvant prendre chacune 1 position de travail et 1 position de repos, soit pour le jeu de 10 barres horizontales 10 combinaisons de travail possibles,

- car il est pourvu de 6 barres horizontales pouvant prendre chacune 2 positions de travail et 1 positions de repos, soit pour le jeu de 6 barres horizontales 12 combinaisons de travail possibles.

Dans tout commutateur de type électromécanique à barres croisées, l'architecture d'une Unité de Sélection est constituée par un ensemble de plusieurs MULTISÉLECTEURS qui sont combinés de manière très différentes, suivant le type de commutateur souhaité, le tout étant conditionné à l'usage auquel on le destine, et pour les caractéristiques de commutation et de capacité d'écoulement souhaitées.


CP400-PÉRIGUEUX. S'ensuit la présérie commutateurs CP400-Type PÉRIGUEUX, améliorés, installée dès le 7 mai 1960 à Périgueux (4000 abonnés). Suivront dans l'ordre : Tulle (1600 abonnés) le 25 avril 1961, Cognac (2000) et Grasse (3200) en 1961, puis Lons-le-Saunier (2000 abonnés), Haguenau (1600) et Blois (3200) en 1962, et enfin Sarreguemines (1600 abonnés), Épernay (2400) et Agen (4000) en 1963.

  • - 10 commutateurs de la présérie CP400-PÉRIGUEUX sont mis en service.
  • - Cette présérie est démontée avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.

CP400-ANGOULÊME. Arrive en Janvier 1963 la première série de production en masse, encore améliorée, avec le premier d'entre eux installé à Angoulême (Angoulême Saint-Roch 1 (PT508)) (4800 abonnés). 

  • - 115 commutateurs de CP400-ANGOULÊME sont déployés en France.
  • - Leur capacité peut atteindre 10.000 abonnés. 
  • - Les commutateurs CP400-ANGOULÊME sont déployés jusqu’en 1970.
  • - Cette série est démontée avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.

CP400-TROYES. Puis en 1964, est mise en service une nouvelle série encore améliorée de commutateurs CP400-TROYES dont le premier est, comme sa dénomination l'indique, installé à Troyes (Troyes Sainte Savine CP (CH537)). (Le prototype est mis en service à Troyes le 21 décembre 1964)

  • - 22 commutateurs CP400-TROYES sont déployés en France.
  • - Leur capacité peut atteindre 20.000 abonnés. (19.200 très exactement)
  • - Les commutateurs CP400-TROYES sont déployés jusqu’en 1970.
  • - Cette série est démontée avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.


CP400-BOURGES. Le 29 décembre 1966, la mise en service d'un nouveau prototype installé à Bourges (Bourges Laudier CP (OR512)) voit le jour, d’une capacité de 8.000 abonnés, destiné aux petites villes.

  • - Cette série est démontée avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.
  • - En revanche, seront adaptés et conservés les CP400-BOURGES en remorques (utilisés en cas de sinistres).

CP400-BRIE-COMTE-ROBERT. Prototype révolutionnaire mis au point par le

prolifique ingénieur en chef des Télécommunications Albert de Villelongue et mis en service le 20 novembre 1967, il s'agit du premier commutateur CP400 à signalisation intercentre Multi Fréquences, au lieu de la signalisation par impulsions décimales jusqu'alors utilisée.

  • L'arrivée de la signalisation multifréquences entraîne un gain de temps dans l'acheminement et la fiabilisation accrue des communications, notamment longue distance, avec augmentation de l'écoulement du trafic.
  • Tous les CP400 précédemment installés sont rétroactivement convertis à cette nouvelle signalisation, ainsi que les PENTACONTA.
  • Le Prototype CP400-BRIE-COMTE-ROBERT (PX525) est mis hors service le 4 septembre 1984, avant le passage à la nouvelle numérotation prévue le 25 octobre 1985.

CP400-AJACCIO. En 1969 également, une nouvelle série avec d'autres améliorations issues du CP400-BOURGES voit le jour à destination des villes moyennes. Le premier de cette série est mis en service à Ajaccio (Ajaccio Nodal (CO501)) le 11 juillet 1969.

  • - Au moins 29 commutateurs de ce type sont ainsi déployés au 1er janvier 1972.

CP400-CT4 (Centre de Transit 4 fils Interurbains). Apparu également en 1969 en premier à Grenoble suivi de Tours (OR525) dans la foulée, fait partie de la nouvelle génération d'autocommutateurs de transit interurbains construite à partir du matériel CP400, mais à commutation sur 4 fils. 

  • - Le premier CP400-CT4 de France est mis en service à Grenoble le 20 septembre 1969 (Grenoble CT4 (LY556)).
  • - 24 commutateurs CP400-CT4 interurbains ont été déployés en France.
  • - Sauf exception, cette série est démontée avant le passage à la nouvelle numérotation à 8 chiffres survenue le 25 octobre 1985 à 23H00.

CP400-CIA (Centre de Transit 4 fils Internationaux Automatiques). Les CP-400 CIA se distinguent des CP400-CT4 interurbains par un coût plus élevé, en raison de leur complexité accrue, en raison d'un nombre supérieur nécessaire d'Enregistreurs, de Traducteurs et d'une plus grande capacité de mémorisation de chiffres requise, les numéros de téléphones internationaux étant plus longs et les destinations à mémoriser étant plus nombreuses. Il en a existé au moins 5 exemplaires, déployés à nos frontières.


CP400-CUPIDON (nom complet : Centre Universel Pour l’Interurbain Dans l’Organisation Nouvelle puis Centre Universel Permettant l’Interconnexion Dans une Organisation Nouvelle). Puis arrive en 1970 la nouvelle version CP400-CUPIDON encore améliorée à partir des perfectionnements des types ANGOULÊME et TROYES, avec de meilleures capacités de souplesse et d’écoulement de trafic, qui peut commuter indifféremment les communications en 2 fils ou en 4 fils.

Arrivée très retardée par la mort brutale le 25 août 1967 à l'âge de 56 ans, d'Albert de Villelongue, Ingénieur en chef des Télécommunications au Centre National d'Études des Télécommunications et promu officier dans l'Ordre du Mérite postal le 17 décembre 1963

  • - 415 commutateurs CP400-CUPIDON sont installés en France.
  • - Leur capacité peut atteindre 30.000 abonnés.
  • - Le prototype CP400-CUPIDON serait mis en service en Avril 1969 à Périgueux.
  • - La plupart des CP400-CUPIDON sera adaptée à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 moyennant le remplacement des Unités de Commande purement électromécaniques à relais par de nouvelles Unités de Commande Électroniques à Enregistreurs Multiples à microprocesseurs et à Traducteurs à programmes enregistrés.


CP400-POISSY. Enfin, dès 1972, une nouvelle série améliorée est conçue à Poissy, dénommée CP400-POISSY, directement dérivée du CP400-CUPIDON, avec l'adjonction d'un étage supplémentaire d'Aiguilleurs.

Il est pourvu de Traducteurs À Tores (magnétiques - TAT), qui permettent de traduire jusqu'à 1000 directions différentes. Ces nouveaux traducteurs sont mêmes généralisés rétroactivement sur les CP400 précédents ainsi que les PENTACONTA et même sur certains ROTARY encore en service en 1972.

  • - 322 commutateurs CP400-POISSY sont installés en France, jusques en 1979. Ils sont notamment déployés dans toute l'Île-de-France, au nombre de 55, (non déployé dans Paris intra-muros) .
  • - Le CP400-POISSY permet de prendre en charge jusqu'à 40.000 voire 50.000 abonnés par cœur de chaîne à l’aide de certaines extensions supplémentaires.
  • - La plupart des CP400-POISSY sera adaptée à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 moyennant le remplacement des Unités de Commande purement électromécaniques à relais par de nouvelles Unités de Commande Électroniques à Enregistreurs multiples à microprocesseurs et à Traducteurs à programmes enregistrés.
  • - En Île-de-France, le premier CP400POISSY à être mis hors service est Gometz 1 CP (PX604) le 19 décembre 1985.
  • - En Île-de-France, l'ultime CP400POISSY à être mis hors service est Les Mureaux A2 (WE92) le 23 juin 1994.


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Ci-dessus : Travée de Supervision d'un Commutateur CP400-POISSY (en l'occurence, à Reims, en 1991) © Photographie Orange/DGCI.

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Ci-dessus : Travées d'un Commutateur CP400-POISSY (en l'occurence, à Reims, en 1991) © Photographie Orange/DGCI.

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CP400-GCU (nom complet : Grand Centre Urbain). Enfin, l'ultime série améliorée, dénommée CP400-GCU, est notamment déployée en Île-de-France à 11 exemplaires, dont Paris intra-muros à 5 exemplaires

  • - Le CP400-GCU permet de prendre en charge jusqu'à 50.000 abonnés par cœur de chaîne, ce qui en fait le modèle de CP400 à la plus forte capacité réalisée.
  • - En Île-de-France, le premier exemplaire, ouvert aux portes de Paris, est mis en service à Alfortville le 30 septembre 1976. (Alfortville 1 CP1 (DB01))
  • - Dans Paris intra-muros le 1er CP400CGU mis en service est Turbigo 2 CP1 (AE32) le 26 mai 1977. (Il est à sa mise en service le plus gros CP400 du monde)
  • - En Île-de-France et à Paris, le CP400GCU le plus récent mis en service à Paris est Beaujon 1 CP1 (AB31) le 5 septembre 1978.
  • - Les CP400-GCU seront adaptés à la nouvelle numérotation à venir le 25 octobre 1985 moyennant le remplacement des Unités de Commande purement électromécaniques à relais par de nouvelles Unités de Commande Électroniques à Enregistreurs multiples à microprocesseurs et à Traducteurs à programmes enregistrés.
  • - En Île-de-France, le premier CP400 GCU a être mis à l'arrêt est Nanterre 1 CP1 (CC41) le 25 juillet 1989.
  • - Dans Paris intra-muros, le premier CP400 GCU à être mis à l'arrêt est Turbigo 2 CP1 (AE32) le 19 mars 1992.
  • - Dans Paris intra-muros, l'ultime CP400 GCU à être mis à l'arrêt est Murat 1 CP1 (AD01) le 20 janvier 1993.
  • - En Île-de-France, l'ultime CP400 GCU a être mis à l'arrêt est Rosny 1 CP1 (BC51) le 23 novembre 1994.

CP400GCUalfortville

Ci-dessus : vue de travées de Multisélecteurs du CP400-GCU d'Alfortville 1 CP1 (DB01). © Photographie Orange -DGCI.

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CP100, (nom complet : CROSSBAR pour PARIS ou CROSSBAR PARISIEN 100) est un autocommutateur simplifié, de taille réduite, dérivé directement du CP400 conçu à l’origine pour une capacité maximale de 3.000 abonnés. Le CP-100, surnommé Centre Intermédiaire, est un véritable commutateur à autonomie d'acheminement, pourvu d'Enregistreurs et de Traducteurs. L’architecture de base du CP-100, au lieu d’être structurée par blocs de 400 abonnés chacun, est structurée par blocs de 100 abonnés, d’où sa dénomination. En raison de son coût réduit, il est utilisé pour automatiser les campagnes et les très petites villes de France en version typique de 400 abonnés, ainsi qu’à remplacer les autocommutateurs SRCT vieillissants.

  • - Le premier prototype de commutateur CP100 est mis en service en Mars 1961, à La Chapelle-Saint-Mesmin (45), d'une capacité de 200 abonnés.
  • - Les CP100 sont déployés en France à partir de 1964. (À ne pas confondre avec les concentrateurs de lignes qui ne sont pas des commutateurs téléphoniques en tant que tels, étant dépourvus de toute autonomie d’acheminement.)

Ne pas confondre avec les Centres de Secteur Socotel S1 qui n'ont pas la capacité d'acheminement, étant certes pourvus d'enregistreurs, mais étant dépourvus de traducteurs.


  • - Aux environs de 1100 commutateurs CP400, voire plus, ont été mis en service en France.
  • - Le premier prototype CP400 commandé en Avril 1954 est donc mis en service en France à Beauvais (60) le 31 mars 1956 (Beauvais Saint Laurent 1 (BV10)). (L'Oise étant alors rattachée à la Région des Télécommunications de Paris)
  • - Le CP400 est retenu le 16 novembre 1960 par le Conseil Technique des PTT pour être déployé dans les villes de province en lieu et place des systèmes à organes rotatifs.
  • - Après différentes versions et améliorations, il faut attendre le 30 septembre 1976 à Alfortville pour que des commutateurs d’abonnés CP400 soient enfin installés aux portes de Paris (Alfortville 1 CP1 (DB01)), puis  le 26 mai 1977 dans Paris intra-muros (Turbigo 2 CP1 (AE32)) après réalisation des évolutions majeures nécessaires (CP400 GCU).
  • - En Île-de-France et à Paris, le CP400 le plus récent mis en service à Paris est Beaujon 1 CP1 (AB31) le 5 septembre 1978.
  • - Le dernier commutateur de type CP400 de France est commandé en Novembre 1979 et les dernières extensions également.
  • - Le premier commutateur d'Île-de-France de type CP400 est désactivé le 15 décembre 1982 (Magny-en-Vexin (PX546)). C'est ce commutateur de taille modeste qui compléta l'automatisation totale de la région Île-de-France le 18 février 1975.
  • - Dans Paris intra-muros, le premier CP400 à être mis à l'arrêt est Turbigo 2 CP1 (AE32) le 19 mars 1992.
  • - Le dernier commutateur de Paris intra-muros de type CP400 est désactivé le 20 janvier 1993 (Paris-Murat (AD01)).
  • - Le dernier commutateur d'Île-de-France de type CP400 est désactivé le 23 novembre 1994 (Rosny 1 CP1 (BC51)).
  • - Les 3 derniers CP400 de France sont désactivés fin Novembre 1994 (Romans-St Nicolas (38) (VL22), Sisteron (04) (PA57) et le 23 novembre 1994 pour Rosny-Sous-Bois (93) (BC51)).

Nous pouvons facilement reconnaître un commutateur CP400 par ses éléments sélecteurs de base qui comportent toujours de manière apparente 6 barres horizontales pour 10 barres verticales.

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Ci-dessous : lien vers un bon reportage paru dans le magazine Fréquences de France Télécom en Janvier 1995, relatif à la fin des commutateurs électromécaniques crossbar, incluant des pointures du Crossbar : Roger Légaré ou encore Pierre Fortin...


Reportage Arrêt des derniers commutateurs Crossbar. Fréquence n°85 janvier 1995.



SalleEnergieEpoqueCrossbar

Ci-dessus : vue typique des salles d'énergie mises en service dans les années septante, en plein boom des commutateurs téléphoniques crossbar.  

Photo PTT.

Ci-contre : pour en savoir plus sur le système Pentaconta, Le système Pentaconta type "1000" édité par la CGCT ; circa 1960.

LivrePentaconta1000



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Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud,  24 septembre 2017.

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