Panorama de l’organisation des Télécommunications, dès la création de la branche distincte de la branche postale

En 1940, après l'armistice signé le 22 juin 1940, ce qu'il reste des services de l'État se réorganise après la débâcle. Dans les PTT comme dans tout le pays, l'administration a pour souci durant toute la durée de l'occupation de gérer "au mieux" et de survivre aux pénuries de toute nature et à l'absence de l'état de droit ; situation encore plus précaire en zone occupée. La construction du réseau téléphonique est à l'arrêt, le parc de lignes téléphoniques stagne durant toute cette période. Tous les projets concrets sont stoppés. Le gouvernement de facto s'installe en zone dite libre à Vichy, reconnue pour héberger un parc d'hôtellerie important ainsi qu'un Centre Téléphonique de province parmi les plus perfectionnés du moment : un commutateur R6 Sans Enregistreur récemment mis en service depuis le 4 mai 1937.

L’acte dit loi de l'État français du 15 juillet 1940 portant création d'emplois de secrétaires généraux restructure le Secrétariat Général des Postes, Télégraphes, Téléphones. (Le Secrétariat Général des Postes & Télégraphes ayant été créé initialement par décrets des 5 et 6 septembre 1916).

Les nouveaux secrétaires généraux mis en place constituent les relais des Ministres. Ils sont pourvus de prérogatives élargies. Pierre Cathala, qui est avant tout un homme politique, est nommé secrétaire général des postes, télégraphes, téléphones, comme en témoigne l’acte dit arrêté C. M. du 27 juillet 1940 portant délégation de signature (Bulletin Officiel des PTT n°19 page 290 du 11 août 1940)

Quelques mois plus tard, Vincent Di Pace, Ingénieur en chef des postes, télégraphes, téléphones le remplace en tant que secrétaire général des postes, télégraphes, téléphones par l’acte dit décret de l'État français du 20 décembre 1940 (BO PTT n°1 page 2 du 10 janvier 1941), jusqu'au 24 août 1944. 

Nota : M. Di Pace est un homme de métier des PTT ; il n'est pas un idéologue.

Vincent Di Pace, un temps inquiété à la Libération d'atteintes à la sûreté de l'État, bénéficiera d'un non-lieu de toute charge le 22 mai 1947, pour faits de résistance.

Vincent Di Pace © Photo Roger-Viollet / Ville de Paris, décembre 1940.

VincentDiPaceEnDec1940

En 1941, l’acte dit loi de l'État français du 9 février 1941 (BO PTT n°6 du 28 février 1941) relative à l'organisation du secrétariat d’État aux communications (Secrétariat général des postes, télégraphes, téléphones) crée la Direction des Télécommunications : la Direction de l'Exploitation Téléphonique et la Direction de l'Exploitation Télégraphique (créées initialement en août 1909, Bulletin Mensuel n°10 août 1909 des P & T) sont regroupées au sein d'une même direction et le terme « télécommunications » apparaît officiellement dans l'organigramme administratif.

Ce terme aurait été inventé par Édouard Estaunié qui en 1903 publie chez Dunod le « Traité pratique de télécommunication électrique, télégraphie, téléphonie ». Premier Directeur de l'Exploitation Téléphonique jusqu'en 1911, également romancier, prix Femina en 1908 et membre de l'Académie Française élu le 15 novembre 1923.

Son premier Directeur des Télécommunications, Charles Lange, est nommé cette même année par acte dit décret du 9 février 1941 (par maintien sur le poste nouvellement transformé). Il restera en fonction jusqu'à son départ en retraite en 1951.

Auparavant, dans chaque bureau de poste de France, dans chaque département du pays, n’existe qu’un service du téléphone (dépendant de la Direction de l’Exploitation Téléphonique), qui n’est alors qu’une direction lambda sans marge d'autonomie parmi les autres directions de cette administration essentiellement postale.

Les bâtiments et leur gestion, y compris ceux abritant les installations de télécommunications, sont dans la foulée rattachés à la Direction de la Poste et des Bâtiments également créée, ce qui revient indirectement au maintien d’une sorte de droit de regard matériel, donc en partie financier, par la branche postale sur la branche des télécommunications.

Note : dès janvier 1941, la situation du pays en état d'occupation, de désorganisation, de pénurie et de pillage systématique impose un rationnement drastique des huiles de graissage utilisées aux PTT dans les installations destinées à alimenter les bâtiments et les commutateurs automatiques Rotary 7A1. 

En témoigne la note n° 4993 BM/M de la Direction des Services Téléphoniques de Paris en date du 29 janvier 1941 retrouvée par nos soins dans les décombres d'un vaste chantier en cours dans le Centre Téléphonique de Paris-Gobelins en Juillet 2016.

En 1942, même si l’acte dit loi de l'État français n°945 du 17 octobre 1942 relative à l'organisation du secrétariat d’État aux communications (Secrétariat général des postes, télégraphes, téléphones) sépare  la Direction de la Poste en créant une nouvelle Direction des Bâtiment et des Transports, il n'en demeure pas moins que la gestion des bâtiments demeure toujours séparée de celle des télécommunications. Cette « tutelle indirecte » ne sera abolie qu’en 1971 par le décret n°71-609 (articles 1 et 9) du 20 juillet 1971 au terme de 30 années de rivalités et luttes intestines entre les branches jumelles des P & T.

Il en est de même pour la gestion du personnel est mise en œuvre par une Direction du Personnel qui n'est pas subordonnée à la Direction des Télécommunications. Cette tutelle prendra également fin en 1971.

À partir de l'année 1942, la France sous occupation allemande sombre un peu plus dans le noir : même les PTT n'échappent pas à la tyrannie venue d’outre-Rhin. 

  • Ainsi, dès le 8 juillet 1942, par une ordonnance publiée au VOBIF (Bulletin bilingue des Ordonnances du Gouverneur Militaire du Reich Allemand en France), les israélites n'ont désormais plus le droit de posséder une ligne téléphonique à leur nom. Le téléphone leur est alors coupé et leur ligne téléphonique réattribuée à des «non-juifs».
  •  Les israélites n'ont même plus le droit d'utiliser la ligne téléphonique d'un ami, ni même d'utiliser les cabines téléphoniques publiques...
  • De surcroît, à partir de cette date, tout candidat désireux de s'abonner à une ligne téléphonique doit d'une part produire un «Certificat de Non-Appartenance à la Race Juive» et, fait tout autant infâme, doit souscrire par écrit pour une durée minimum d'un an à l'engagement suivant : «Je soussigné X, déclare ne pas être juif, ne pas souscrire pour le compte d'un juif et m'engage à ne pas mettre mon installation à la disposition d'un juif».
  • Exemple de Souscription d'un Abonnement Téléphonique durant l'Occupation - Cas du Central Automatique Flandre à Aubervilliers - Interdiction de Possession et d'Utilisation du Téléphone faite aux Israélites.

En 1943 et 1944, la situation se tendant de plus en plus, le Ministère de la Production Industrielle et des Communications (dont les PTT dépendent) fait régulièrement paraître dans la presse l'information relative au service téléphonique pendant les alertes aux bombardements :

  • "Il est rappelé au public que, pendant la durée des alertes, seules les communications téléphoniques établies par voie entièrement automatique peuvent aboutir normalement.
  • Celles qui nécessitent l'intervention d'une opératrice ne sont établies que si elles sont relatives à des demandes de secours.
  • Hormis ce dernier cas, les abonnés munis d'appareils automatiques sont priés, pendant les alertes, de s'abstenir d'appeler l’interurbain et éventuellement le régional (à Paris, appels par le 10 et par le 11)".

L'intérêt pour le téléphone automatique, en temps de guerre, n'en apparaît que plus évident.

D'ailleurs, c'est en 1943 qu'est créée la fonction de Chef de Centre Téléphonique Automatique, par différenciation, désormais, de Chef de Centre Téléphonique Manuel.

À partir de Juin 1944 et du Débarquement des Alliés en Normandie les appels à la résistance et aux sabotages de toute sorte se multiplient, y compris aux PTT, pour gêner et affaiblir le plus possible l'Occupant.

En 1945, à la Libération, en France, les dégâts sur les Télécommunications sont consiférables. 

  • 39 commutateurs téléphoniques automatiques sont détruits sous les bombardements ou les sabotages, sur les 140 mis en service à la date de Septembre 1939.
  • 104 multiples téléphoniques manuels sont détruits sur les 228 du territoire.
  • 1.500 petits bureaux ruraux sont détruits, ce qui représente en tout 300.000 abonnés privés de téléphone.
  • 85 centres d'amplification de transmissions détruits sur les 130 que compte le pays, 
  • Des milliers de coupures dans le réseau des liaisons de transmissions.

La tâche de reconstruction est énorme : une réorganisation de grande ampleur doit être entreprise rapidement par les autorités. Les derniers travaux de remise en service d'urgence prendront fin en 1948.

Pour mesurer l'étendue des dégâts infligés au réseau national, nous vous proposons un rapport remarquable rédigé en 1957 par un cadre des Lignes à Grande Distance relatant les dommages de guerre subis durant l'occupation de notre pays.

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En 1946, la Direction Générale des Télécommunications est créée par Décret n°46-1016 du 10 mai 1946 du Gouvernement Provisoire de la République Française, relatif à l’organisation de l’administration centrale du ministère des Postes, Télégraphes, Téléphones (BO PTT n°14 du 20 mai 1946). Charles Lange (25 octobre 1889 - 23 septembre 1965) est alors maintenu en poste, son action de Résistant ayant pesé.

Le réseau téléphonique a besoin d'être reconstruit, mais le pays est ruiné par quatre années d'occupation et à la suite de la première réduction de crédits intervenue à partir de 1934, conséquence indirecte de la Grande Dépression de 1929 née aux États-Unis, et des résiliations massives d'abonnements par les abonnés ruinés (BO PTT 1932 n°12 p. 438. Décret du 12 mai 1932), le retard téléphonique français ne pourra plus être rattrapé avant une trentaine d'années, d’autant que le budget annexe des télécommunications, institué par la loi de finances du 30 juin 1923 articles 70 à 79, était utilisé en variable d’ajustement par les innombrables gouvernements de la IVe République qui se succédaient à une rythme parfois plus rapide que les saisons

Pour rappel, le statut de la Fonction Publique de l’État est voté par le Parlement le 19 octobre 1946.

En 1952, il est officiellement (et symboliquement) créé par Circulaire du 31 mai 1952, le titre de Directeur Régional des Télécommunications, en lieu et place de l'appellation Chef de Service Régional ; titre aligné sur celui de Directeur Régional des Postes préexistant. (BO PTT 1952, doc. 156 Cab 10)

Ci-contre : 

Nouvelle identité visuelle des PTT à partir de 1953.

LogoPTT1953



En 1953, est créé l'Ordre du Mérite postal. Les raisons de la création de cet ordre ministériel par le décret 53-1111 du 11 novembre 1953 pris en conseil des ministres par son Président Joseph Laniel sont expliquées dans l'exposé des motifs original reproduit ci-dessous :

En 1882, M. Adolphe Cochery, ministre des Postes et Télégraphes, instituait la Médaille d'honneur des Postes et Télégraphes, devenue, par la suite, Médaille d'honneur des Postes, Télégraphes et Téléphones. Cette décoration - de bronze ou d'argent - était, et est encore, destinée à récompenser les vieux serviteurs des Postes comptant de nombreuses années de services irréprochables. (décret du 22 mars 1882, J.O. du 24 mars, page 1604)

En 1913, la Médaille d'or était à son tour créée à l'intention des agents victimes, d'accidents graves survenus en service et ayant entraîné soit la mort, soit des blessures ou infirmités équivalentes à la perte de l'usage d'un membre. (décret du 1er décembre 1913, J.O. du 10 décembre, page 10639)

Actuellement, et en dehors de ces cas bien déterminés, le Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones se trouve sans possibilité de reconnaître, par l'octroi d'une distinction honorifique appropriée, le mérite de fonctionnaires qui se sont distingués par d'exceptionnelles qualités, par l'invention ou le perfectionnement d'appareils, par des améliorations remarquables apportées dans le fonctionnement des services, etc.

D'autre part, certaines personnes, sans appartenir aux cadres du Ministère, accordent à celui-ci, soit occasionnellement, soit d'une façon suivie et en tant que membres des divers conseils, commissions, conférences ou comités, un concours très apprécié qui appellerait bien souvent, en retour, un témoignage de reconnaissance.

Enfin, sur le plan international également, il s'avère hautement souhaitable de pouvoir conférer cette distinction aux ressortissants des offices étrangers qui entretiennent avec nos fonctionnaires des rapports particulièrement cordiaux et efficaces et, d'une façon plus générale, à toute personnalité étrangère qui, dans le domaine des postes ou des télécommunications, a soutenu les intérêts de la France ou servi sa cause et son prestige.

P02.OrdreDuMeritePostal

Officier

Commandeur

Chevalier

(source : encyclopédie des PTT 1957, éd. Rombaldi)

Nous remarquerons la couleur dominante jaune d'or du ruban accompagné de 4 fines bandes noires ; jaune d'or qui inspirera quelques années plus tard en 1960 le jaune postal des véhicules PTT qu’ils soient des Postes ou des Télécommunications (BO PTT 1960 doc 317 cab 17 page 65).

Le bijou fut réalisé par le graveur Louis Muller et représente à l'avers le dieu romain Mercure, le dieu messager.

Le Conseil de l'Ordre du Mérite postal est complété par arrêtés des 17 novembre et 22 décembre 1953.

Les premières nominations dans l'Ordre du Mérite postal (Commandeurs et Officiers) ont lieu par le décret du 10 décembre 1953 ; les premières nominations (Chevaliers) ont lieu par l'arrêté du 10 décembre 1953.

Les ultimes promotions dans l'Ordre du Mérite postal (Commandeurs et Officiers) ont lieu par le décret du 17 décembre 1963 ; les dernières nominations (Chevaliers) ont lieu par l'arrêté du 17 décembre 1963.

Cet ordre ministériel spécialisé et élitiste est finalement décerné pendant 10 courtes années. S'il fait l'objet d'un arrêt d'attribution ou de promotion depuis le 1er janvier 1964, les titulaires actuels survivants des grades et dignités de cet ordre continuent à jouir des prérogatives y étant attachées et ce d'après l'article 38 du décret n°63-1196 portant création d'un Ordre National du Mérite qui a pris la suite.

En foi de quoi, même si cet ordre ministériel est effectivement placé en extinction depuis 1964, il n’est pas éteint tant qu'il reste au moins un survivant dans cet ordre. De surcroît, aucun décret instituant cet ordre ministériel n'a été abrogé par aucun texte de loi en vigueur.

Les membres survivants de cet ordre ministériel ont toujours le droit de porter leur décoration, ceci est garanti par le décret n°63-1196 (art.38).

OMPChevalier

OMPOfficier

OMPCommandeur

Chevalier

Officier

Commandeur

En 1954, sont créés par le Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones, Pierre Ferri, les Centres d'Abonnements et d'Entretien (CAE) par l'arrêté n° 417 du 5 mars 1954 (BO PTT 1954, 79 T 7 page 21). Un bureau Centre d'Abonnements et d'Entretien est un bureau (Centre Téléphonique, Centre Télégraphique et Téléphonique, ou Recette) ayant la responsabilité dans un ressort territorial déterminé :

  • - des abonnements au service téléphonique,
  • - de l'entretien des installations,
  • - du relèvement des dérangements des lignes et des installations
  • - et généralement de la comptabilité téléphonique.

Il s'agit à cette époque d'une nouvelle étape visant à s'organiser de manière plus autonome, plus détachée de la branche postale sur l'ensemble du territoire national de manière plus déconcentrée. 

En effet, avant la création des CAE, les télécommunications, (construction, exploitation, maintenance et activités commerciales), étaient rattachées aux Directions Départementales des Postes.

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Ci-contre : grand succès des années 1953-54 ; Téléphonez-moi, Chérie. (coll. personnelle de l'auteur.)

Notons le réalisme du cadran, de surcroît sis au centre de la partition : allégorie du téléphone alors au centre des préoccupations des français ?

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1953TelephonezMoiCherie

En 1959, le 24 août, par décret relatif à la composition du gouvernement, le titre de Ministre des Postes, Télégraphes, Téléphones devient Ministre des Postes et Télécommunications. Il aura fallu attendre 18 ans après la création de la branche des Télécommunications pour que le titre de Ministre soit mis à jour.

En 1960, par la note du 6 décembre (BO PTT 1960, 317 Cab 13 page 65), l'Administration des Postes et Télécommunications se dote de son propre logo, choisi parmi de nombreux projets présentés par des graphistes réputés. Le logo retenu sera celui de l'affichiste Guy Georget. Extrait du BO PTT : « Ce logo souligne alors l'unité de l'Administration, symbolise le rôle de messager qui lui incombe et suggère son souci constant de rapidité dans le transport de l'information ».

OiseauBleu

Ci-dessus : logo de l'Administration des Postes et Télécommunications, tel qu'imprimé dans le Bulletin Officiel des PTT du 6 décembre 1960.

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En 1967, Yves Guéna est nommé, le 6 avril, Ministre des Postes et Télécommunications, en remplacement de Jacques Marette connu pour son intérêt parfois très relatif pour le téléphone : ce dernier étant connu pour avoir déclaré : « Le téléphone est un gadget »

Avant cette prise de conscience, l'administration des PTT est contrainte dès 1963, pour faire patienter les candidats abonnés au téléphone, de distribuer la petite brochure intitulée : "Vous attendez le téléphone. Pourquoi ?"

Yves Guéna prend conscience du retard colossal en matière de téléphone et est à l'origine de la création de la Caisse Nationale des Télécommunications (CNT) le 3 octobre 1967 afin de pouvoir rassembler des capitaux sur les marchés obligataires nationaux et internationaux. 

Devise de la CNT : «Aider à financer un Téléphone digne de la France, rôle essentiel de la Caisse Nationale des Télécommunications.»

Publicité 1975 Caisse Nationale des Télécommunications

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Plutôt que faire du saupoudrage sur le territoire métropolitain, il décide avec l'aide de l’ingénieur Gérard Théry de deux opérations pilotes localisées : un plan d'urgence pour automatiser les télécommunications dans la région de Lille, une des plus sous-équipée de France ; un autre pour désenclaver la région montagneuse d'Oyonnax.

En 1968, Pierre Marzin, précédent Directeur du CNET fraîchement nommé Directeur Général des Télécommunications le 21 décembre 1967, impulse une restructuration d'importance, en bataillant jusqu'en janvier 1971 pour obtenir le rattachement de l'ensemble du personnel des télécommunications aux Directions Régionales des Télécommunications. Une nombreuse partie des personnels d'exécution (notamment des lignes téléphoniques aériennes) était jusqu'alors encore rattachée aux Directeurs Départementaux des PTT (autrement dit, certains télécommunicants étaient jusqu'à cette date placés sous le contrôle hiérarchique de cadres postiers qui étaient très éloignés des préoccupations de la technique téléphonique. Cette situation anachronique prend fin par le décret n° 71-48 du 6 janvier 1971).

En 1969, à l'élection à la Présidence de la République de Georges Pompidou, le VIe plan quinquennal (1971-1975) est décidé. Il a pour objectif de mener à la fin du retard français par l’octroi de financements accrus qui permettront la construction de nouveaux projets d’infrastructures d’envergure des télécommunications.

Dans la foulée, l'adoption de la loi n°69-1160 du 24 décembre 1969 autorise désormais la création de sociétés privées de financement par crédit-bail d'équipements de télécommunications pour le compte de l'Administration des P et T. Il s'agit d'une révolution dans les mentalités en créant des sociétés de financement qui viendront ajouter leur écot au budget de l'État pour accélérer le développement du téléphone en France.

     

En 1970, le 26 février, est créée la première société de financement par crédit-bail FINEXTEL. (Société Financière pour l'Expansion des Télécommunications)

AfficheFinextel2

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À la fin de l'année 1970, seule l'Alsace est entièrement automatisée en tant que région complète. (Paris intra-muros l'étant depuis 1938)

En 1971, après le premier décret n° 71-48 du 6 janvier 1971 relatif à l’organisation régionale du service des lignes, le décret n° 71-609 du 20 juillet 1971 relatif à l’organisation de l’administration centrale du ministère des postes et télécommunications, puis le décret n° 71-610 supprimant le Secrétariat Général des Postes et Télécommunications initialement créé par l'acte dit loi de l'État français du 15 juillet 1940 portant création de secrétaires généraux, le gouvernement donne plus d'autonomie à la DGT dans la gestion des personnels vis à vis de la Direction Générale des Postes.

Grâce au décret n° 71-611 du 20 juillet 1971, la DGT se voit même désormais chargée directement de la formation de ses personnels fonctionnaires des catégories B, C et D (c'est-à-dire des non-cadres).

Cette autonomie s'accroît grâce au nouveau décret n° 71-712 du 30 août 1971 qui rattache à la DGT les derniers personnels des Télécommunications qui étaient encore placés sous le contrôle des Directeurs Départementaux des Postes.

La restructuration administrative ardemment souhaitée par Pierre Marzin est réalisée et il peut faire valoir ses droits à une retraite bien méritée. Louis-Joseph Libois est nommé Directeur Général des Télécommunications le 11 octobre par décret du Ministre des Postes et Télécommunications Robert Galley.

Nota : en Mai 1971 est remis à M. le Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas un rapport interministériel relatif à un projet de création d'un Office National des Postes et Télécommunications. Ce rapport ne sera jamais mis en application.

En 1972, La réorganisation se poursuit par le nouveau décret n° 72-203 du 9 mars 1972 qui étend à plusieurs autres départements français la réorganisation. 

Louis-Joseph Libois crée les Agences Commerciales des Télécommunications (ACTEL), le secteur commercial ayant été jusqu'à présent considéré comme le parent pauvre des télécommunications, totalement sous contrôle du technique alors.

  • Les 6 premières Agences Commerciales des Télécommunications sont créées au 1er janvier 1972, par les arrêtés ministériels n° 30 à 35 du 10 janvier 1972. Il s'agit des ACTEL de Metz, Nantes, Bordeaux, Nancy, Marseille et Nice.

Il s'agit là de la première véritable reconnaissance des métiers commerciaux dans les Télécommunications en France. C'est l'époque où l'abonné au téléphone devient progressivement un client. Une des conséquences sera peu après, via une Instruction en date du 16 janvier 1973, la reconnaissance de la fonction d'Agent Technico-Commercial, une véritable révolution dans l'administration des télécommunications.

Le 14 novembre 1972, le décret n°72-1042 du 14 novembre 1972 vient étendre l’accroissement d’autonomie des télécommunications débutée le 6 janvier 1971.

Le 26 décembre 1972, Louis-Joseph Libois édicte sa note véritablement refondatrice qui éclate les Centres d'Abonnements et d'Entretien (CAE) en deux nouvelles entités types : d'un côté les Agence Commerciales des Télécommunications (dont les 6 premières créations test sont déjà effectives au mois de janvier) et de l'autre les Centres Principaux d'Exploitation (CPE) regroupant au niveau local les métiers techniques.  

  • Après tout ce temps passé, il convient de se souvenir que seule la puissante organisation technique mise en place via les CPE permit au pays de sortir de l'ornière téléphonique dans laquelle il était coincé. 
  • Cette organisation très cartésienne mise en place en 1972 qui, peut-on le penser restera sans équivalent en termes d'efficacité, accomplira de véritables miracles et sera utilisée jusqu'à la corde à la fin de l'année 1996, soit, en fait jusqu'à la libéralisation du marché des télécommunications imposée par l'UE et à la transformation de l'Administration en Société Anonyme ; jusqu'à ce que d'autres dirigeants d'une autre époque ne sachent curieusement même plus, finalement, comment faire fonctionner une mécanique pourtant inusable...
  • Rétrospectivement, ne peut-il être permis de penser que la liquidation des CPE aura marqué le point de départ précis de l’annihilation de toute retenue, de toute mesure, de toute barrière de sécurité, de tout tabou (à quelque niveau que ce soit, y compris moral) qui nous aura entraîné dans la spirale infernale qui sera révélée au grand public à partir de 2002 sous l'ère de M. Michel Bon pour culminer jusqu'à la fameuse "mode des suicides" en 2009 si chère à M. Didier Lombard ?  Autre temps, autres mœurs ; autres dirigeants, autre niveau...

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Nota : le 13 mars 1972, Louis-Joseph Libois décide par circulaire la création de la Collection Historique des Télécommunications des principaux matériels ayant été en service en France, pour sauvegarder le patrimoine technique du passé et sa mémoire. Elle sera installée initialement à Paris, dans le centre téléphonique de Murat. Actuellement, elle porte le nom de Collection Historique Orange et est située à Soisy-sous-Montmorency, dans le Val-d’Oise.


En 1973, la Circulaire n°33 du 14 juin 1973 stabilise l'organisation modernisée des services des Télécommunications selon trois niveaux :

  • Direction Générale des Télécommunications (DGT).
  • Directions Régionales des Télécommunications (DRT).
  • Directions Opérationnelles des Télécommunications (DOT).

L'organisation locale en cellules est pérennisée :

  • Les Centres Principaux d'Exploitation (CPE).
  • Les Agences Commerciales des Télécommunications (ACTEL).
  • Les Subdivisions Lignes (dont les Centres de Construction des Lignes, les CCL).

Sont créées les trois premières Directions Opérationnelles et Techniques à titre expérimental, en tant qu'échelon déconcentré de leur Région des Télécommunications respective : Concernant la Région des Télécommunications de Marseille (PACA+Corse), deux DOT sont créées par arrêté du ministre des Postes et Télécommunications n° 1526 du 20 juin 1973 pour Nice, puis par arrêté ministériel n° 2677 du 18 octobre 1973 à Marseille-Littoral, ainsi qu'entre temps pour la Région des Télécommunications de Lyon est créée une DOT à Annecy par arrêté ministériel n° 1993 du 6 août 1973 pour les deux départements de Savoie et une partie de l'Ain. Ces DOT seront généralisées rapidement à toute la France.

Ces DOT se veulent alors plus près du terrain, en ne s'étendant que sur un ou quelques départements, à contrario des Directions Régionales jugées trop vastes et éloignées du terrain.

Nota : l'organisation DGT, DRT, DOT perdurera jusques au 31 décembre 1992.

  • Les 36 premiers CPE sont créés le 1er avril 1973 par les arrêtés n°733 à 736 du 27 mars 1973.

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À noter que le 15 mai 1973, le Ministre des Postes et Télécommunications Hubert Germain inaugure en présence du Premier Ministre Pierre Messmer le Centre Téléphonique de Paris-Tuileries équipé en système Pentaconta, qui fut alors le plus important d'Europe en termes de taille et de capacité.

Annoncée par le Ministre des Postes et Télécommunications Robert Galley le 23 février 1971, la construction du Centre souterrain s'étant déroulée tambour battant du 1er juin 1971 à Juin 1972, sous la direction de Marc Saltet, Architecte en Chef des Bâtiments et Palais Nationaux.

L'entreprise de construction du gros œuvre est la Société Générale d'Entreprises (SGE) - devenue VINCI de nos jours.


http://www.ina.fr/video/CAF89010220/le-nouveau-central-telephonique-des-tuileries-video.html

Ci-dessus, lien vers un reportage ORTF sur la construction du nouveau centre téléphonique de Paris Tuileries. Vers les 2.00 minutes, la personne interviewée en costume noir est le Directeur des Télécommunications de Paris d'alors, Paul Selosse...

En 1974, l'élaboration du VIIe plan quinquennal 1976-80 décidé par le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing dès son élection fait du téléphone la priorité des priorités.

«Ne découvrons pas trop tard une planète nouvelle», avait dit VGE, alors soucieux de la vraie modernité.

Ce dernier nomme un nouveau DGT M. Gérard Théry : la saga du Delta LP prend naissance : elle consiste à accroître de manière soutenue le parc le Lignes Principales (ce que l'on appellera le Plan Théry). Le même jour, le 16 octobre, le décret n°74-890 accroît encore les marges de manœuvres de la Direction Générale des Télécommunications.

Les Directions Opérationnelles et Techniques (DOT) sont généralisées dans toute la France et demeurent sous la coupe des Directions Régionales des Télécommunications. Les DOT supervisent un, deux voire trois départements. Les établissements opérationnels sont organisés selon le schéma « CCL/ACTEL/CPE» qui va persister 23 ans.

Ce schéma correspond à une vision du cycle de vie de la ligne téléphonique : création en CCL, vente en ACTEL, exploitation et service après-vente en CPE. Chacun de ces établissements inclut environ cent cinquante personnes. À ceci s'ajoutent des fonctions en back-office comme : les CRT (Centre de Renseignements des Télécommunications) qui sont les services des renseignements téléphoniques, les Centres Télégraphiques, les CFRT (Centre de Facturation et de Recouvrement des Télécommunications).

Nota : 12 Centres Principaux d'Exploitation de Paris intra-muros sont créés par l'arrêté n°4030 du 23 décembre 1975 (BO PTT 1975 document 420, rubrique T 70, page 501) par regroupement de centraux téléphoniques existants. En tout, le pays comptera au moins 310 CPE (année 1984).

En 1975, le 10 avril, l’automatisation du réseau téléphonique de la Région Parisienne commencée en 1928 est totalement achevée au bout de 47 années, par la mise en service d'un Centre de secteur de 200 lignes à Forêt-le-Roi (91).

En 1976, à partir du 1er janvier, l’oiseau bleu postal créé en 1960 par l’affichiste Guy Georget s’efface en ce qui concerne la branche des télécommunications et ainsi naît la première identité visuelle distincte de la branche postale, en bleu roi légèrement pastel, accolé au téléphone à cadran.

Logo1976

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1976PremierDocumentAvecLogoCadran

Ci-contre : le logo du cadran téléphonique apparaît pour la première fois à l'échelon national dans la circulaire BO PTT n°407 T 66 du 18 décembre 1975, pour application sur nouveaux documents officiels à la date du 1er janvier 1976.

Nota : le cadran n'a que 8 huit trous.

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Sur le retard téléphonique français, M. le Secrétaire d'État aux Postes et Télécommunications Norbert Ségard déclarait en Avril 1976 :

« En décidant sur ma proposition de faire du développement des Télécommunications le premier programme d'action prioritaire du VIIe Plan, le Président de la République et le Gouvernement viennent de confirmer de façon éclatante leur volonté de doter enfin notre pays d'un téléphone pour tous au service de tous.

Ils rendent ainsi également hommage, en leur accordant toute leur confiance, à l'effort considérable entrepris depuis plusieurs années par tous les agents des Télécommunications, à leur dévouement, et aux performances qu'ils réalisent de façon quotidienne sur l'ensemble de notre territoire.

20 millions de lignes d'abonnés en 1982, 100.000 cabines publiques, une qualité de service égale à celle des meilleurs réseaux téléphoniques actuels, le développement accéléré de tous les services nouveaux, et en particulier de la téléinformatique et de la téléconférence, tels sont les objectifs très ambitieux que j'ai fixés à la Direction Générale des Télécommunications.

Les moyens qui seront mis en œuvre sont, eux aussi, considérables puisque ce sont plus de 135 milliards de francs courants de travaux qui seront lancés d'ici 1980, et plus de 90.000 emplois qui seront directement ou indirectement créés tant au sein de l'administration que dans ce secteur de notre économie durant la même période.

Si j'ajoute que du point de vue technique les Télécommunications devront faire face, avec l'introduction de la commutation électronique, à l'une des grandes mutations de leur histoire, il devient alors évident que la tâche qui leur est assignée requerra de leur part des efforts encore plus important que ceux qu'ils ont déjà fournis jusqu'à présent.

Parfaitement conscient du fait qu'il est encore trop tôt pour crier victoire alors que tant de français attendent encore leur téléphone, je tiens cependant à réaffirmer ma conviction de voir ces objectifs atteints : les fonctionnaires PTT ont déjà démontré qu'ils étaient capables de grandes réalisations.

Aujourd'hui ils sauront conduire à son terme le plus grand programme d'investissement de notre pays. »


NorbertSegard

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Ceci étant lu, il est juste de rappeler que jusques au moins en fin 1976, les prétendants au téléphone étaient d'abord placés sur liste d'attente avant de pouvoir être mis en service au fur-et-à-mesure de la mise en service de nouveaux commutateurs ou d'extensions de capacité.  Ils étaient nommés par l'administration Candidats-Abonnés, comme en témoigne cet Ordre de Travail typique de cette époque. 

Terme prouvant, s'il en est, que le téléphone automatique se méritait jadis de haute lutte !

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Ci-contre : film italien de 1976, Allo madame, avec Corinne Cléry, aux charmes convaincants, Françoise Fabian... Préfigurant Madame Claude etc. Le téléphone reste au cœur de tous les phantasmes en 76...

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1976AlloMadame

En 1977, les véhicules des télécommunications prendront également cette couleur bleue, après un court passage en couleur bleu-marine rapidement remplacée du fait de leur confusion avec les véhicules de gendarmerie. La couleur « Bleu Télécommunications » sera utilisée pendant 20 ans, jusqu’à la transformation en société anonyme en 1997 et la mise en sous-traitance, dans la foulée, du parc automobile où les couleurs utilisées seront depuis lors le blanc ou le noir.

1975NorbertSegardEnVisiteDansUnCPE

Ci-dessus : Photo de M. le Secrétaire d'État aux Postes et Télécommunications Norbert Ségard, le 2 mai 1977, visiblement fier, en visite dans un Centre Principal d'Exploitation, lors de l'ouverture de la première Téléboutique de Paris intra-muros. Avec l'aimable autorisation de la Collection Historique Orange.

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Le Lundi 2 mai 1977, la toute première Téléboutique commerciale est ouverte et inaugurée en présence de M. Norbert Ségard, Secrétaire d’État aux Postes et Télécommunications, au 187 Avenue Daumesnil, dans les murs du Centre Téléphonique de Paris-Diderot.

Le rôle initial des Téléboutiques selon le Secrétaire d’Etat:

  • - Accueillir les usagers dans un cadre agréable,
  • - Informer les Français sur leur téléphone et les services commercialisés,
  • - Permettre aux usagers de choisir la couleur, la forme et le modèle de poste qui leur plaît, en pouvant découvrir sur place la gamme des produits proposés,
  • - Obtenir de la part d’un personnel spécialisé tous les renseignements sur les répondeurs téléphoniques, sur les tarifs du télex ou sur les possibilités d'extension de leur installation actuelle,
  • - Repartir avec les annuaires ou avec le téléphone à la main si son appartement est déjà équipé d'une prise téléphonique.

État des lieux téléphonique en 1977, année charnière :

  • Le 26 décembre 1977, le nombre d'abonnés au téléphone atteint 10 millions.

En 1979, suite à l'instruction officielle du 19 octobre 1978 du Secrétaire d'Etat des PTT, de nouvelles évolutions en terme d'organisation sont décidées sous l'impulsion de Gérard Théry, le DGT. Sont créées neuf Délégations de Zone, échelon intermédiaire entre les Directions Régionales des Télécommunications et la DGT. Cette réorganisation qui faisait doublon avec les DRT ne dure pas. Ces Délégations de Zone sont supprimées en Septembre 1981, suite à l'alternance politique.

C'est aussi en 1979 que l’automatisation du réseau téléphonique de l’hexagone commencée en 1913 est totalement achevée après 66 années de dur labeur. 

- Le 28 novembre 1979, le dernier Centre Téléphonique manuel de Métropole (Alando, dans le département de Haute-Corse (2B)) est remplacé par un commutateur automatique ; 

- Le 15 décembre 1979, les deux derniers Centres Téléphoniques manuels de Saint-Georges et Régina en Guyane sont également remplacés par l'automatique intégral.

Le métier d'opératrice des télécommunications, Les demoiselles du téléphones, disparaît et les dernières agentes sont reclassées sur d'autres métiers (en général dans les CPE sur des métiers techniques ou dans des fonctions de back-office au téléphone, comme le service du 12 - les renseignements téléphoniques ou encore dans les ACTEL pour celles qui ont la fibre commerciale et un bon contact client). À noter que l’on emploie toujours le terme opératrice au féminin, alors qu’il existait aussi des opérateurs des télécommunications qui opéraient séparément en brigade de nuit, le travail de nuit étant alors interdit par l’article L213-1 du code du travail au personnel féminin jusqu’au 20 juin 1987.

Grande devise publicitaire de cette période : « PTT : les hommes qui relient les hommes. »

En 1981, dès le mois de mai, juste après la première alternance politique historique de la Vème République, la terminologie PTT est rétablie en lieu et place des Postes et Télécommunications, y compris sur l'identité visuelle dès septembre 1981. 

Par contre, désormais, le sigle PTT signifie Postes, Télécommunications, Télédiffusion. Cette différence a toute son importance. La Télédiffusion ayant été placée sous la tutelle des P et T dès le 10 janvier 1980, avant l'alternance électorale...

Il ne s'agit donc pas, nonobstant les apparences, d'un retour aux "PTT de papa", comme beaucoup pouvaient l'accroire... Mais beaucoup le crurent...

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En 1982, un an après l'alternance politique en France et l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, le ministre des PTT Louis Mexandeau milite en 1982 pour un retour à l'orthodoxie administrative, en provoquant par le décret n° 82-636 du 21 juillet 1982 des nominations de Commissaires de la République de Département et de Région dans les affaires des Télécommunications, notamment dans les programmes d’investissements des PTT dont ils deviennent les décideurs, au détriment des Directeurs Régionaux des Télécommunications...

Cette perte manifeste d'autonomie qui renvoie la Direction Générale des Télécommunications quasiment à la situation d’avant 1941 provoque un tollé des Ingénieurs des Télécommunications. Ils s'insurgent mais doivent plier. Par ce même décret, les DOT perdent en autonomie, voire disparaissent de fait lorsqu'une DRT ne compte qu'une seule DOT. Ce retour aux sources sera cependant de courte durée.

Très-curieusement, en 2016, ce décret n°82-636, précisant l'organisation des services des P.T.T, demeure actuellement toujours en vigueur, et ce nonobstant les transformations radicales intervenues depuis du côté postal comme du côté des télécommunications...

À la fin 1982, le Réseau Commercial des Télécommunications comporte en France métropolitaine 169 Agences Commerciales des Télécommunications, ainsi que 318 Téléboutiques rattachées et 3 Téléboutiques mobiles : soit 490 points.


En 1983, nouvelle identité visuelle : le clavier téléphonique remplace le cadran à partir du 7 septembre.

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En 1984, le retour aux sources administratif décidé en Juillet 1982 se brisera net contre le mur des réalités mondiales et se conclura par un réveil brutal avec le démantèlement aux États-Unis de l'opérateur unique AT&T, qui tomba sous le coup de la loi fédérale antitrust...

En 1985, après ces 3 années de blocage, un rapport édité par l'Association des Ingénieurs des Télécommunications préconise un changement de statut vers celui de Société Nationale reprenant quasi identiquement les propositions du Ministre de l'Économie et des Finances faites  dans le projet de loi du 5 octobre 1967, Valéry Giscard d'Estaing qui proposait déjà la création à partir du 1er janvier 1969 d'une « Compagnie Nationale du Téléphone ».

En outre, le décret n°85-336 du 12 mars 1985 autorise l'administration, à la demande des abonnés, la vente de certains matériels téléphoniques, en plus des matériels obligatoirement fournis dans l'abonnement du service téléphonique qu'il a souscrit. Cet événement constitue une brèche dans le système de redevance par location-entretien des terminaux téléphoniques, dans l'histoire de l'administration (avant cette date, seule la location-entretien était autorisée par le législateur). Devise publicitaire du moment : « PTT, le contact ».

En 1986, après une nouvelle alternance politique et le retour de la droite au gouvernement entraînant la 1ère cohabitation, l'heure est à la libéralisation. Le décret n°86-1064 du 29 septembre 1986 remplace par des Circonscriptions Tarifaires les Circonscriptions de Taxe téléphoniques formellement citées dans le décret n°56-823 du 14 août 1956.

La loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication préfigure de grandes évolutions statutaires imminentes.

Une marque intitulée FRANCE TELECOM est créée et enregistrée à l'INPI le 14 novembre 1986 dans le domaine des télécommunications.

Depuis le 1er décembre 1986, le poste téléphonique n'est plus obligatoirement fourni par l'administration lors d'une mise en service de ligne téléphonique.

Marcel Roulet est nommé Directeur Général des Télécommunications le 15 décembre par décret.

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Ci-dessus : M. le Secrétaire d'État des P et T, Gérard Longuet, très occupé au Téléphone depuis son arrivée aux affaires... (Photographie : AFP, 21 avril 1986)

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En 1987, au 1er janvier, le Service des Grands Comptes, créé par la note de service n°114T du 8 décembre 1986, entre en vigueur. Le but est désormais de regrouper et de gérer séparément du reste des abonnés les services de télécommunications des plus grands groupes de France : 50  groupes majeurs, 2.000 grandes entreprises et 200.000 entreprises moyennes. Cette réorganisation permet de pouvoir proposer directement des services adaptés à cette clientèle spécifique et stratégique.

Le 13 janvier 1987, moins d'un mois après sa nomination à la tête de la Direction Générale des Télécommunications, Marcel Roulet crée et organise un département Communication, axe qu'il considère prioritaire pour asseoir une identité de marque de l'Entreprise "Télécom" qui reste à créer et à faire connaître.

Par le décret n° 87-60 du 3 février 1987, survient tout un symbole : la Taxe de Base créée par décret du GPRF n°45-289 du 22 février 1945 devient l’Unité Télécom (UT).

Au mois d'Avril 1987, la Direction Générale des Télécommunications change son image de marque par le biais d'un nouveau logo. La marque FRANCE TELECOM est redéposée à l'INPI le 4 mai 1987. (extension de catégories vers l'informatique et l'audiovisuel).

C’est au mois de Juillet 1987 où pour la première fois, apparaît sur les factures téléphoniques bimestrielles des administrés, ainsi que sur les prospectus l’abréviation « TELECOM » à la place de la mention administrative habituelle PTT - Télécommunications. Cette identité transitoire durera jusqu’en Janvier 1988 inclus sur les documents officiels de l’administration des télécommunications.

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Le 30 juin 1987, le Livre Vert de la Commission Européenne sur le développement du marché commun des services et équipements des télécommunications est édité. C'est un coup de tonnerre qui enjoint la libéralisation du secteur des télécommunications par sa mise en concurrence progressive, comme n'importe quel autre bien de consommation.

Suite à ce Livre Vert, le Ministre des P et T Gérard Longuet publie et transmet en automne 1987 aux partenaires sociaux et à la CNCL le Texte de travail n°1 pour un avant-projet de loi sur les télécommunications, visant notamment à préparer la dissolution de l'administration des Postes et Télécommunications.

Dès le 24 septembre 1987, le décret n°87-775 crée la première brèche dans le monopole de l'administration des P et T, en ouvrant la location à des tiers des liaisons spécialisées et de certains réseaux téléphoniques et télématiques.

Le décret n°87-888 du 30 octobre 1987 autorise désormais l'administration des postes et des télécommunications à vendre sans restriction au public des matériels de télécommunications tels les terminaux téléphoniques (Auparavant, les postes téléphoniques n'étaient proposés qu'en Location-entretien mensuelle)

D'ailleurs cette même année, comme en témoigne le décret n°87-898 du 31 octobre 1987, l'administration des Postes et Télécommunications se voit soumise pour la première fois de son histoire à la TVA dès le 1er novembre.

De plus, à cette époque, l'informatisation supprime environ un tiers des postes de travail en back-office. Les personnels ainsi libérés sont affectés aux agences commerciales ou à de nouvelles fonctions (vendeurs) pour commercialiser des abonnements téléphoniques, des terminaux, des accessoires ou des fax. La première vague de libéralisation imposée par la Commission Européenne, celle des services à valeur ajoutée, ne verra jamais de concurrents se déclarer.

En 1988, la Direction Générale des Télécommunications se renomme France-Télécom le 1er janvier, mais conserve juridiquement son statut d'administration centrale. Il s'agit alors de la création d'une marque à vocation uniquement commerciale. FRANCE TELECOM devient en fait le nom de marque de la Direction Générale des Télécommunications. D’ailleurs, les documents officiels précisent bien désormais que : « FRANCE TELECOM désigne l’Administration des Télécommunications » et ce, jusqu’au mois de Décembre 1990 inclus.

Un plan média national est alors massivement déployé dans tout le pays basé sur des affiches, des articles de presse, des visuels TV et des accroches radiodiffusées basés sur un leitmotiv très osé intitulé : « Entrez dans la 4e dimension.», ou encore : « La 4e dimension, vivez tout l'espace en même temps. »

Le logo de l’identité visuelle apparaît dès février-mars, toujours bleu, avec un clavier téléphonique, et avec « FRANCE TELECOM » écrit en majuscules d’imprimerie. Puis, en mai, les Agences Commerciales des Télécommunications sont renommées Agences Commerciales. 

À partir du 15 mai 1988, tous les payements par chèques à l'administration des Télécommunications doivent désormais être libellés à l'ordre de France-Télécom. But affiché : renforcer l'identité de la marque France-Télécom.

Slogan du moment : « France-Télécom, un avenir d'avance».

P07.Logo1988

En 1989, après la réélection du Président de la République François Mitterrand marquant la fin de la cohabitation, Paul Quilès, Ministre des Postes et Télécommunications lance le Débat Public sur la réforme des PTT, qui préfigure la Réforme des PTT de 1990. Huit mille (8.000) réunions sont organisées dans tous les services des PTT entre les agents et les supérieurs hiérarchiques. Plus d'une centaine auditions publiques. 7 colloques se tiennent à travers la France. Des projections de débats par le réseau interne des VIF sont diffusées dans plusieurs dizaines de centres. 10 millions de questionnaires sont diffusés au grand public dans les bureaux de postes et dans les agences commerciales France-Télécom, d'où l'institut de sondage SOFRES tire une étude d'opinion.

M. Hubert Prévot, haut fonctionnaire, énarque mais aussi syndicaliste, est missionné à partir du 6 décembre 1988 par le gouvernement en démineur des risques de conflits sociaux d'envergure, grâce à sa connaissance des réseaux syndicaux, ce qui permit au gouvernement aux affaires d'accomplir une transformation majeure que tous les gouvernements précédents avaient échoué à concrétiser depuis 1967.

Le 23 juin 1989, M. le Premier Ministre Michel Rocard déclare avec le plus grand sérieux en clôture du dernier colloque du Débat Public : « Il n'a jamais été question, il ne sera jamais question de privatisation. » ; déclaration surprenante s'il en est, lorsque l'on songe à ce qui arrivera par la suite en relisant sa déclaration ici...

Après un premier rapport d'étape remis le 31 mars 1989, Hubert Prévot remet en Août 1989 son rapport au gouvernement qui préconise la création de deux personnes morales de droit public qui ne peuvent ignorer les lois du marché : La Poste et France-Télécom.

Le 8 septembre 1989, M. Paul Quilès, Ministre des PTE, dans une déclaration officielle adressée aux Organisations Syndicales des PTT déclare : «Toute réflexion doit exclure l'idée même de privatisation, des PTT. Ce service public est et restera dans le patrimoine national, sous contrôle des pouvoirs publics.»

Assez curieux à relire ultérieurement...

Le 13 novembre 1989 est créée en interne à France-Télécom une Mission à l'Évolution des Télécommunications (MET), présidée par M. Michel Féneyrol chargée de coordonner en interne les travaux relatifs à la préparation de la réforme des Postes, Télécommunications et Espace.

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Ci-dessus : M. Paul Quilès, Ministre des PTT, au bureau de Poste de Paris-Austerlitz, venu expliquer la réforme au personnel.

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En 1990, la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications qui réforme l'administration en profondeur est promulguée. Le Premier Ministre de l'époque, M. Michel Rocard déclarera même « La réforme des PTT est passée comme une lettre à la poste ».

Dans le même intervalle, à partir de février, débute dans l'administration des Postes et Télécommunications la négociation devant mener à la mise en application de la réforme concernant la rénovation de la grille des classifications et des rémunérations des trois fonctions publiques mise en place par le Ministre d'État, Ministre de la Fonction Publique et des Réformes Administratives Michel Durafour et décidée depuis le 13 octobre 1989.

La Réforme Durafour aboutit à la fusion de certains grades entre eux et accomplit de fait une première simplification du millefeuille administratif de grades et de corps de fonctionnaires différents préexistant aux PTT, en toilettant les textes réglementaires datant pour la plupart des années 1945 à 1975, en fusionnant dans les mêmes corps de métier certains grades (comme, par exemple par le décret n° 91-105 du 25 janvier 1991, les vérificateurs et les réviseurs des travaux des bâtiments des PTT qui deviennent Réviseurs des travaux des bâtiments de France-Télécom), élimine les grades constatés éteints et accorde au passage quelques augmentations indiciaires de traitement à certaines catégories de personnels. (voir décrets n°90-1225, 90-1227, 90-1228, 90-1229, 90-1230, 90-1231, 90-1233, 90-1234, 90-1236, 90-1237,90-1238, 90-1239, 91-11, 91-12, 91-13, 91-58, 91-70, 91-99, 91-101, 91-103, 91-105.)

  • Tableau des grades de l'administration des Télécommunications d'avant la réforme de Reclassement (en 1986)
  • Tous les personnels sont automatiquement reclassés dans leurs nouveaux grades et/ou leur nouvelle situation administrative conformément aux nouveaux décrets.
  • Les fonctionnaires des Postes et Télécommunications deviennent, à la suite de l'adoption de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 et par le biais de ces nouveaux décrets du 31 décembre 1990 et de Janvier 1991 issus de la Réforme Durafour, des fonctionnaires de France-Télécom. (France-Télécom demeurant jusqu'au 31 décembre 1990 une administration centrale de l'État)
  • Ces fonctionnaires de France-Télécom sont dits « Reclassés ».
  • Les concours de recrutements externes organisés sur ces nouveaux grades de Reclassement mis en place à partir de 1991 ont été organisés en 1991 & 1992 et ont vu leurs derniers lauréats appelés tardivement à l'activité en 1994 et 1995.

Le 9 juillet 1990, un accord sur le cadre général de la réforme des classifications du personnel des PTT est signé entre le Ministre des PTE Paul Quilès, le Directeur Général de France-Télécom Marcel Roulet, Le Directeur Général de la Poste et des syndicats de personnels. Cet accord préfigure de nouveaux changements dans la gestion de carrière des personnels de France-Télécom.

1990EquipeDeLaReformeDesPTT

Ci-dessus : l'équipe signataire... (Photo Revue Message)

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En 1991, le 1er janvier, l'administration des Postes et Télécommunications est liquidée. Ses biens et personnels sont séparés et répartis en deux entités principales distinctes : La Poste d'un côté et France-Télécom, tous deux Exploitants Autonomes de Droit Public, structure juridique novatrice qui permet d’employer et de recruter des fonctionnaires, recrutements qui auraient été impossibles sous la forme d’un Établissement Public Industriel et Commercial.

À la suite de l'entrée en vigueur de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990, les fonctionnaires de l'Administration des Postes et Télécommunications branche France-Télécom sont rattachés à l'Exploitant Autonome de Droit Public France-Télécom nouvellement créé.

Les véhicules de France-Télécom, ne font depuis lors plus partie des parcs automobiles des administrations publiques civiles (qui étaient immatriculés par une suite de 5 chiffres suivie de 2 lettres dont la première était la lettre D) et sont à cette date réimmatriculés dans la série normale du Fichier National des Immatriculations en vigueur entre 1950 et actuellement placé en extinction progressive depuis le 15 avril 2009.

À noter que France-Télécom n'est pas pourvue de capital social ; toutefois, l'Exploitant Autonome de Droit Public France-Télécom est immatriculé au Registre du Commerce des Sociétés le 17 janvier 1991, sous le numéro RCS Paris B 380 129 866. Voir Bulletin Bleu IDF du 12 février 1991.

À partir de cette année, les prix de vente des terminaux téléphoniques agréés ou de leur location-entretien cessent d’être fixés par arrêté ministériel.

Le matériel et les terminaux de télécommunications en location-entretien fabriqués pour France-Télécom depuis cette année ne sont plus estampillés PTT Propriété de l'État, mais désormais Propriété de France-Télécom.

Le 12 août 1991 voit également l’adoption des procédures d’assurance qualité (via audits) dans les marchés d’équipements techniques à France-Télécom.

Le 4 novembre 1991, est signée entre La Poste, France-Télécom et certains syndicats une Convention Commune La Poste - France-Télécom concernant les dispositions applicables aux salariés de droit privé des deux Exploitants Autonomes de Droit Public.

Le 5 novembre 1991, est signé le premier Contrat de Plan liant France-Télécom à l’État pour la période 1991-1994, dans le cadre du nouveau statut de l'opérateur.

En 1992, France-Télécom doit ensuite mener une nouvelle adaptation (commencée le 9 juillet 1990) via un second reclassement des personnels fonctionnaires afin de diminuer le nombre de grades dans les différents corps.

La méthode consiste à nouveau à fusionner certains grades entre eux, revaloriser certains échelons et à accorder un gain d'ancienneté dans certains échelons de certains grades sont décidées par le gouvernement. Elles entraînent une légère augmentation de traitement de certaines catégories de fonctionnaires de France-Télécom, d'environ 450 francs mensuels en moyenne, mais dans certains corps ce ne sont pas toujours les grades les plus bas qui disparaissent et qui sont fusionnés vers le haut, mais l’inverse : par exemple disparition du grade d'Inspecteur Central, pour le grade subalterne d'Inspecteur, ou alors celui de Chef de section, pour le grade subalterne de Contrôleur.

Ainsi, tous les fonctionnaires de France-Télécom concernés, conformément aux décrets du 7 septembre 1992 et au décret du 2 octobre 1992 sont, une seconde fois, automatiquement reclassés dans leur nouvelle situation à la date du 1er juillet 1992. (voir décrets n°92-924, 92-925, 92-926, 92-927, 92-928, 92-929, 92-930, 92-931, 92-932, 92-933, 92-934, 92-936, 92-937, 92-938, 92-939, 92-940, 92-941, 92-942 et décret n°92-1105).

Cette amplification de la Réforme Durafour de 1990 a été seulement appliquée aux seuls fonctionnaires de France-Télécom et de La Poste, seules catégories de fonctionnaires de l'État qui seront dès 1993 concernées par la troisième réforme à venir, celle des Reclassifications.

Cette amélioration en 1992 devant participer à l'acceptation de la réforme future de 1993 voulue au plus haut niveau de France-Télécom et de l'État, ayant pour objectif de remplacer les 700 grades de fonctionnaires issus de l'administration des Postes et Télécommunications, par seulement 15 grades répartis en 4 classes.

Son but ultime était de supprimer l'appartenance aux anciens corps de fonctionnaires des PTT qui étaient très spécialisés par type de domaines et de métiers ce qui entravait fortement l'employeur et les fonctionnaires à tout changement de métiers ; métiers qui étaient alors en grande mutation, avec notamment de gros besoins en commerciaux, au détriment de la baisse des besoins dans le secteur technique.

Le décret n°92-382 du 30 mars 1992 modifie le code des postes et télécommunications en abrogeant les décrets fixant les prix du service des postes et télécommunications dans le régime intérieur. À compter de cette date, l'État n'est désormais plus responsable de la fixation des tarifs téléphoniques.

En outre, l’accord social du 24 juin 1992 instaure dans France-Télécom un Plan d’Épargne Entreprise et crée la Prime d'Intéressement à France-Télécom que les fonctionnaires peuvent aussi percevoir.

En 1993, le 1er janvier voit le changement d’identité visuelle de la marque France-Télécom qui conserve sa couleur bleue, qui est désormais écrite en minuscules d’imprimerie, sans accents pour marquer la dimension internationale, et avec un clavier téléphonique stylisé en losange, placé au centre du monde en mouvement. Le monde est symbolisé par deux arcs de cercle dont le mouvement assure la dynamique. (Le changement d'identité visuelle avait été au préalable présenté le 3 décembre 1992 sur France 3).

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Au 1er janvier, est mise en place l'Évolution de l'Organisation 1ère phase (EO1) qui change l'organisation de France-Télécom qui avait été mise en place du temps de l'Administration des Télécommunications le 14 juin 1973.  

  • - Les Directions Régionales (DR) composées d'une seule Direction Opérationnelles (DO) sont fusionnées. (Fusion DR-DO) (Relevé de décision 2/P du 23 juillet 1992)
  • - Les Directions Régionales (DR) composées de plusieurs Direction Opérationnelles sont supprimées. (Tel est la cas de l'emblématique DRIF, Direction Régionale d'Île-de-France, elle même créée au 1er janvier 1988 à partir de l'ancienne Direction des Télécommunications d'Île-de-France.) (Relevé de décision 2/P du 23 juillet 1992)
  • - Les Directions Opérationnelles (DO) orphelines sont érigées en nouvelles Directions Régionales (DR). (Relevé de décision 2/P du 23 juillet 1992). Au final, seront restructurées par fusion ou créées un total de 48 Directions Régionales en métropole et 2 Directions Régionales en Outre-mer.
  • - Sont créées pour la France 5 postes de Directeurs Exécutifs Délégués (DED) où chaque Direction Régionale est rattachée directement à un DED (Relevé de décision 3/P du 23 juillet 1992)
    • Île-de-France : Yves Fargette
    • Nord & Est : Jacques Hardange
    • Ouest : Pierre Fortin
    • Sud-Est : Jean Arnould,
    • Sud-Ouest : Maurice Gaucherand.
  • - 12 Organismes Nationaux de Soutien (ONS) sont créés (Relevé de décision 4/P du 23 juillet 1992).
  • - 18 Services Nationaux sont créés (Relevé de décision 4/P du 23 juillet 1992). Ces organismes et ces services internes sont chargés de dispenser des prestations disponibles aux entités opérationnelles de France-Télécom sous forme de catalogues.

À la suite de la signature le 9 juillet 1990 de l'accord social sur le cadre général de la réforme des classifications du personnel des PTT, est mise en place la réforme des grades, dite Réforme des Classifications, encore nommée : « Reclassification ». Cette réforme concerne aussi bien la Poste que France-Télécom. Les fonctionnaires de la Poste et de France-Télécom ont le choix d’intégrer cette Reclassification ou de refuser et de conserver leur grade de Reclassement, par le biais d’un questionnaire où ils ont la possibilité de cocher l’une des deux cases possibles.

À noter qu’à la Poste, les fonctionnaires qui ne renvoient pas le formulaire de choix demeurent dans leur situation antérieure, c'est-à-dire dans le Reclassement ; tandis qu'à France-Télécom l’inverse s’applique : les fonctionnaires qui ne renvoient pas leur formulaire de choix sont automatiquement basculés dans la Reclassification et ce sans que leur avis ait été formellement recueilli. De surcroît, les fonctionnaires qui choisissent par écrit de conserver leur grade de Reclassement se voient relancés régulièrement au moyen de nouveaux formulaires.

Les nouveaux grades de la Reclassification sont progressivement déployés jusqu'en Décembre 1994 à partir de l'adoption d'une série de décrets des 25 et 26 mars 1993 qui suppriment de manière irréversible tout lien d'avec les anciens grades issus de l'administration des PTT pour ceux qui les intègrent. (voir décrets n°93-511, 93-512, 93-514, 93-515, 93-516, 93-517, 93-518, 93-519, 93-706).

En revanche, il est à noter que concernant les hauts fonctionnaires, qui ont les premiers initié la réforme des Reclassifications, le lien avec leurs anciens grades issus des PTT n'est pas brisé : l'arrêté du 27 mars 1993 fixant l'échelonnement indiciaire des échelons des emplois supérieurs de La Poste et des emplois supérieurs de France-Télécom affectés d'indices hors échelles ne fait que modifier en ce qui concerne ces hauts fonctionnaires (au lieu de les en exclure) l'arrêté précédent du 29 août 1957 relatif aux emplois supérieurs de l'État classés hors échelles qui avait été publié au Journal Officiel le 30 août 1957.

De surcroît, alors que l'arrêté du 29 août 1957 est publié au Journal Officiel, le nouvel arrêté du 27 mars 1993 précité n'a jamais été publié au Journal Officiel, étant donné que son article 2 stipule : « Le présent arrêté prend effet au 1er janvier 1993 et ne sera pas publié au Journal Officiel de la République Française ».

Les anciens grades de Reclassement, directement dérivés des grades des PTT sont convertis en quatre classes et trois niveaux dans chaque classe (ce qui revient à un total de 11 nouveaux grades propres à La Poste et à France-Télécom : les agents I.1, I.2, I.3 ; les collaborateurs & agents de maîtrise : 2.1, 2.2 & 2.3 ; les cadres 3.1, 3.2, 3.3 ; les cadres supérieurs : 4.1 et 4.2) ; (hormis les statuts de fonction, emplois supérieurs comptant 4 grades : 4.3, 4.4, 4.5 et 4.6 qui conservent, eux seuls, leur ancien statut interministériel).

  • Une fois le fonctionnaire de France-Télécom qui a choisi par écrit de basculer (ou qui n’a renvoyé aucune réponse au questionnaire reçu dans les trois mois) dans son nouveau grade de Reclassification, celui-ci n'est plus relié à un corps de métier particulier et fait d'importance capitale au niveau de la gestion des ressources humaines, peut être très facilement muté vers un nouveau domaine métier, avec ou sans son accord au gré des évolutions de métiers, des ouvertures ou des fermetures de services.
  • Ces fonctionnaires de France-Télécom sont dits « Reclassifiés ».
  • Des concours de recrutements externes déconcentrés par Directions Régionales ont été organisés en 1993, 1994, 1995 et 1996, où les lauréats étaient reçus sur ces nouveaux grades de Reclassifications uniquement.
  • Les fonctionnaires de France-Télécom reclassifiés constituent alors plus de 90% des fonctionnaires en activité dans Orange.
  • Les 140.000 effectifs en 1993 sont essentiellement des fonctionnaires français.

o Si un fonctionnaire Reclassé sur ces anciens grades de 1990-91 se présentait à une promotion et se voyait promu, il était automatiquement basculé dans le nouveau système de grade issu des Reclassifications de 1993, et ce jusqu'en 2004.

o Après plusieurs centaines de recours auprès du Tribunal Administratif, la publication du décret n° 2004-1300 du 26 novembre 2004 autorise à nouveau ces fonctionnaires reclassés dans les anciens grades et obtenant une promotion, d'être versés à leur choix, soit dans le nouveau système de grades issu des Reclassifications, soit de demeurer dans l'ancien système de grade de Reclassement. Cette initiative de l'État, bien que tardive, a permis d'apaiser le climat social des fonctionnaires de France-Télécom positionnés sur ces anciens grades de Reclassement et qui souhaitent demeurer dans ces corps.

Au mois de Mai 1993, les Agences Commerciales sont renommées Agences France Télécom.

La Décision n°8 du 15 avril 1993 entraîne ce même jour l'entrée en vigueur de l'accord d'Intéressement aux résultats de l'entreprise, entraînant ainsi le 20 mai 1993, le versement aux salariés et aux fonctionnaires de France-Télécom, pour la première fois, de l'Intéressement (de l’exercice 1992), suite à la signature de l’accord social du 24 juin 1992.

En 1994, dès le 1er janvier, France Télécom, exploitant autonome de droit public, se voit désormais soumise à l'impôt sur les sociétés, comme s'il s'agissait d'une Société Anonyme.

Instauration du Bonus Variable par Décision n°12 du 24 février 1994 du Directeur Général Charles Rozmaryn ; Bonus Variable visant à rétribuer les performances des cadres de France-Télécom, avec effet rétroactif au 1er janvier 1993.

Instauration du Complément France-Télécom par Décision n°13 du 24 février 1994 du Directeur Général Charles Rozmaryn ; il s'agit d'un complément au traitement des agents fonctionnaires. L'effet est rétroactif au 1er janvier 1993.

Ouverture du Débat pour l'avenir du Groupe : le Président de France-Télécom, Marcel Roulet, est chargé dès Novembre 1993 par le Ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Commerce Extérieur, Gérard Longuet, d'organiser un nouveau « Débat pour l’avenir du Groupe ». En effet, France-Télécom, exploitant autonome de droit public depuis 1991 est dépourvu de capital social, ce qui le contraint à devoir payer au comptant chaque participation qu'il acquiert ; au contraire d'une Société Anonyme qui peut facilement procéder à l'échange d'actions. Le fait de ne point être doté de capital social entrave le développement de France-Télécom, notamment à l'international. Une évolution du statut de l'Exploitant semble désormais inéluctable pour les politiques et la Direction Générale. 

Huit émissions TV internes (Les Dossiers du Mardi) sont diffusées, animées d'ailleurs par le journaliste du Soir 3 - FR3, Jean-Jacques Peyraud, dont celle du jeudi 7 juillet en présence du Président de France-Télécom, des débats internes sont organisés durant toute l'année 1994, dont 109 réunions à destination des cadres.

Dans le même laps de temps, en Février 1994, pour se préparer à la libéralisation totale du secteur des télécommunications devant intervenir le 1er janvier 1998, est lancé en interne à France-Télécom le plan CAP98 (Client-Adaptation-Performance) visant notamment à faire évoluer les processus en efficacité et en rapidité, ainsi que les mentalités en interne, dans le but d'améliorer la réactivité de l'Exploitant.

Le rapport de synthèse sur l'avenir du groupe, signé par Marcel Roulet, est rendu public le 8 décembre 1994. Il conclut à la nécessité d'un changement statutaire de l'Exploitant Autonome de Droit Public France-Télécom, tout en préconisant une méthode douce. 

D'ailleurs, le Ministre du moment chargé des Télécommunications, José Rossi, écrit au Président de France-Télécom le 27 décembre 1994 une très élogieuse lettre à l'endroit des agents de France-Télécom, et y évoque même le futur Contrat de Plan 1995-1997, sujet apaisant s'il en est...

En 1995, au mois de janvier, une nouvelle réorganisation décidée le 21 décembre 1994 par le Conseil d'Administration, dénommée EO2 pour Évolution de l'Organisation 2eme phase, restructure l'entreprise selon trois marchés (résidentiel, professionnel et entreprise) pour faire face aux besoins croissants des différents clients et à l'arrivée de la concurrence (SFR). La Branche Entreprise est réellement créée en Janvier 1996. En 2000, le marché « professionnel », créé en 1995, est supprimé et les clients reversés essentiellement dans le marché résidentiel. L'organisation est désormais conçue autour des usages des clients et non plus des produits. Les personnels sont donc réaffectés avec changement de métier.

Le 13 avril 1995, est signé entre l’État et France-Télécom l'ultime Contrat de Plan qui couvrira la période de 1995 jusqu'au 1er janvier 1998, date à laquelle la libéralisation totale du secteur des télécommunications entrera en vigueur en France.

Le 1er septembre 1995, le Marcel Roulet est brutalement remercié par décret, alors qu'il avait été reconduit dans ses fonctions le 12 juillet 1995 par le même gouvernement. Le jour même de son départ, Marcel Roulet laisse un message au personnel.

Après une période de flottements et d'une nomination-démission exprès de François Henrot le 8 septembre 1995, Michel Bon est nommé Président de France-Télécom, en remplacement de Marcel Roulet le 13 septembre.

Ci-contre : la transition officielle à la Présidence, en Septembre 1995. Photo FT.

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Ci-dessus : en exemple, le Réseau d'Exploitation de la DR Paris-Sud en 1995.

En 1996, le 15 mars, M. le Premier Ministre de la République Française Alain Juppé écrit un courrier officiel à M. le Président de France-Télécom Michel Bon, dans lequel il déclare au paragraphe 2°) au nom de la fonction qu'il rend : «France Télécom restera une entreprise publique, sous forme de société détenue majoritairement par l'État».

Sur ce, dès le 20 mars 1996, M. le Président de France-Télécom Michel Bon s'empresse d'adresser un courrier au personnel fonctionnaire de France-Télécom avec lequel il transmet copie du courrier du 15 mars du Premier Ministre qui nous : «apporte l'engagement solennel de l'État que vous attendiez.»

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Le 2 mai 1996, France Télécom lance son offre complète d'accès à Internet dénommée Wanadoo. (55 francs pour 3h/mois ; 110 francs pour 15h/mois).

Au 1er septembre 1996, l'organisation mise en place en 1972 par Louis-Joseph Libois puis généralisée en 1975 par Gérard Théry pour répondre au plan de rattrapage du retard téléphonique en France (le Delta LP) vole en éclats. Notamment les CPE, CCL et ACTEL sont dissous et leurs personnels sont répartis suivant leur activité principale en de nouvelles entités techniques de taille régionale. 

Le leitmotiv publicitaire est alors « Nous allons vous faire aimer l’an 2000 ».

Ces entités, toujours en vigueur actuellement pour la plupart, ont pour dénomination officielle : Unité

  • Les techniciens des liaisons spécialisées et des transmissions provenant des CPE sont réaffectés dans des Unités d'Intervention Entreprise ou dans des Unités d'Intervention Affaires. 
  • Les agents des constructions des lignes des CCL sont réaffectés dans les nouvelles Unités d'Infrastructure Réseau. 
  • Les techniciens de commutation affectés jusqu'alors dans les CPE sont réaffectés dans les Unités d'Exploitation Réseau. 
  • Les agents des répartiteurs, les agents des lignes et les agents de la publiphonie des CPE sont curieusement réaffectés dans des Agences Résidentielles dans le domaine commercial (anomalie qui prendra fin le 1er mars 2000 avec leur rattachement dans les Unités d’Intervention).
  • Les personnels du back-office (travaillant sur plateformes téléphoniques en général) sont répartis suivant leur degré d'implication technique et/ou commerciale et leur spécialité dans les Unités nouvellement créées qui peuvent être celles citées en exemple dans cet article comme dans d'autres non citées ici.
  •  Les agences commerciales sont réorganisées doublement sous l'angle géographique (doublement de la zone couverte) que du type de marché traité. Ainsi naissent à partir des anciennes ACTEL d'un côté des Agences France-Télécom Résidentielles et Professionnelles ; et de l'autre des Agences France-Télécom Entreprise.

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Dans la foulée, le réseau téléphonique étant arrivé à maturité, le PDG de l'époque, Michel Bon, lance le plan baptisé : Delta Minutes, plan visant alors à mobiliser tous les acteurs de l'entreprise pour mener à un accroissement de la durée de chaque communication téléphonique, afin d'augmenter le chiffre d'affaires global et les marges bénéficiaires.

Nouvelle politique mise en place d'une part parce que le parc de lignes téléphoniques fixes était parvenu à son plus haut si bien qu'il ne pouvait plus s'accroître par rapport à la population française, tout en contrevenant totalement avec la politique précédente qui préexistait tant que dura la pénurie dans les installations de commutation, époque où l'administration des PTT encourageait alors les usagers à n'utiliser le téléphone que pour les appels importants et sérieux, tout en demandant à ces mêmes usagers de se montrer les plus brefs possibles, afin de libérer au plus vite les circuits téléphoniques commutés pour les autres usagers qui attendaient la tonalité et la libération des circuits d'acheminement urbains et surtout interurbains...

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Il est instauré à partir de la promulgation de la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996, un Congé de Fin de Carrière, une sorte de préretraite, réservé aux fonctionnaires de France-Télécom âgés d'au moins 55 ans, avec départ obligatoire à 60 ans en cas d'entrée dans ce dispositif facultatif avant le 31 décembre 2006, date limite. Ce dispositif a permis de diminuer rapidement les effectifs en rajeunissant la moyenne d'âge, par le départ d'une population restée marquée par le démantèlement de l'Administration. En retour, ce dispositif a entraîné une perte des connaissances et d'expériences sur certaines spécialités techniques par les départs massifs qu'il a occasionnés.

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Création par décret n°96-1138 du 23 décembre 1996 de l'Autorité de Régulation des Télécommunications, en tant qu'autorité administrative juridiquement indépendante, comme en témoigne son article 1er qui stipule :"Art. D. 97-4. - L'Autorité de Régulation des Télécommunications adopte son règlement intérieur, qui fixe notamment les modalités de délibération ainsi que les règles de procédure applicables devant elle."

En 1997, au 1er janvier, l'Exploitant Autonome de Droit Public France-Télécom est transformé en Entreprise Nationale France-Télécom, sous statut juridique de Société Anonyme, par la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996.

Le personnel fonctionnaire conserve son statut à titre individuel dont le droit à avancement et promotion, mais les recrutements par concours externes cessent définitivement, alors que l'article 5 de la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 autorisait à titre transitoire le recrutement externes de fonctionnaires jusques au 1er janvier 2002... Promesse pourtant légale qui ne fut en fait jamais mise en application...

Le 9 janvier 1997, un accord social qui accompagne la transition de France-Télécom vers le statut de Société Anonyme est signé entre la Direction et certaines Organisations Syndicales...

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Ci-dessus : signature de l'Accord Social FTSA le 9 janvier 1997 entre la Direction et certaines Organisations Syndicales, avec cette question capitale : « C’est où qu’on signe ? ». Photo France-Télécom.

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En vue de l'Ouverture du Capital, l’opération de souscription est ouverte le 23 septembre. Les personnels de France-Télécom peuvent y souscrire à conditions préférentielles, via un réseau d’animateurs volontaires répartis sur 820 antennes de souscription réparties en métropole et en outre-mer.


OuvertureCapital

Le 20 octobre 1997 est le jour de l’Ouverture du Capital, une part alors minoritaire du capital par actions de France-Télécom (23%) est ce jour cotée à la bourse de Paris, ainsi qu'à celle de New-York. Il est à noter qu’initialement cette opération boursière que le législateur prit soin de ne pas nommer « privatisation » était prévue le 5 mai par un gouvernement de droite, puis fut repoussée en raison de la dissolution de l’Assemblée Nationale intervenue le 21 avril 1997 et des élections législatives qui suivirent et du changement de majorité qui intervint, puis reprise et exécutée de manière identique par le gouvernement de gauche quelques mois après son retour aux affaires…

3,9 millions de français achètent des actions France-Télécom. Le cours d’introduction de l’action  à 182 francs grimpe dès le premier jour à 215 francs. Le Président de France-Télécom, Michel Bon déclarera : « Je crois que ce succès d’aujourd’hui c’est au personnel que nous le devons. C’est lui qui a fait que France-Télécom soit si apprécié aujourd’hui ».

Le 19 novembre 1997, il est créé le Club France Télécom, grand public et non élitiste, à destination des actionnaires minoritaires, dont l'adhésion est gratuite.

En 1998, au 1er janvier 1998, la loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 relative à la réglementation des télécommunications entre en application et produit son principal effet : la libéralisation complète du marché européen des télécommunications entre en vigueur.

Ainsi donc, le 1er février 1998, l'opérateur Cégétel, filiale du groupe Vivendi qui possède aussi SFR, met en service "le 7" de Cégétel et sera le premier opérateur privé dans la téléphonie fixe à concurrencer France Télécom l'opérateur historique, sur les appels longue distance, (interurbains et internationaux). Les 3 premières régions ouvertes à cette date sont : 

C'est également l'année de l'arrivée de l'intranet au sein de l'entreprise, ainsi que l'explosion d'internet, des offres et des opérateurs concurrents dans ce domaine. France-Télécom fonde Wanadoo et rachète plus d'une centaine de sociétés technologiques.

En mai, versement aux salariés et aux fonctionnaires de France-Télécom, pour la première fois, de la Participation aux résultats de l’entreprise (de l’exercice 1997), suite à la transformation de France-Télécom en société anonyme.

Dans l'année, les Directions Régionales sont fusionnées à partir de 2 à 3 Directions Régionales initiales (par exemple, naît le 20 avril 1998 (DC n°6/98 BGP) la Direction Régionale de Paris, issue de la fusion de la Direction Régionale de Paris Nord avec la Direction Régionale de Paris Sud) et les deux à trois mille personnes en doublon qui y travaillaient avant ces fusions sont reversées dans des Organismes Nationaux de Soutien (ONS). Au début des années 2000, la quasi-totalité de ces ONS est ensuite supprimée.

En 2000, le 17 janvier, par décision de l’Autorité de Régulation des Télécommunications n° 99-1077 du 8 décembre 1999, la présélection par n’importe quel abonné au téléphone fixe est mise en application. Désormais, il s’agit de la possibilité donnée au client de confier implicitement, et à l’avance, l’acheminement et la facturation de ses appels longue distance nationaux et internationaux à l’opérateur longue distance de son choix, et ce sans avoir à modifier ses habitudes de numérotation : en continuant à composer le zéro en début de numérotation. Cette possibilité offerte étant censée favoriser la mise en concurrence des opérateurs alternatifs par rapport à l’opérateur historique France-Télécom.

Le 1er mars, l’identité visuelle est repensée. Le clavier téléphonique disparaît au profit d’un nouveau symbole : l’esperluette (&) ; la couleur bleue, jugée trop institutionnelle depuis la libéralisation totale des télécommunications ainsi que l’ouverture du capital de France-Télécom en S.A est remplacée en presque totalité par les couleurs vermillon et orange. Les Agences France Télécom sont renommées Agences. 

La devise commerciale du moment est : « Bienvenue dans la vie.com ».

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Le 29 mai, France-Télécom rachète le très dynamique opérateur de téléphonie mobile britannique Orange fondé par l’allemand Hans Snook pour 283 milliards de francs, soit 43,2 milliards d’euros, dans le but d’accélérer son déploiement et sa notoriété à l’international et devient ainsi le second opérateur en téléphonie mobile d’Europe. Ce rachat se traduira dès le 21 juin 2001 par la fusion des marques de téléphonie mobile Itinéris, Ola et Mobicarte sous la seule marque commerciale Orange.

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Également cette même année, le décret no 2000-881 du 12 septembre 2000 impose le dégroupage de la boucle locale. Ainsi France-Télécom, opérateur historique, doit-il partager le réseau hérité des PTT, qui fut financé en totalité par les contribuables suivant le principe de l'avance remboursable, avec tous les concurrents qui apparaissent tels des champignons après la pluie. Les services techniques, les installations techniques ainsi que les immeubles doivent être réorganisés en conséquence dans tout le pays. Des locaux spéciaux et distincts, réservés aux seuls opérateurs concurrents doivent être aménagés dans les murs mêmes de France-Télécom. Cet événement est connu sous le nom de « Colocalisation ».

Par arrêté du 12 octobre 2000 (NOR : MEST0011391A), est étendue en France la Convention Collective Nationale des Télécommunications (en élaboration depuis le 2 décembre 1998 et amendée le 18 février 1999 puis signée le 26 avril 2000), qui concerne toutes les entreprises de télécommunications signataires employant des salariés de droit privé, dont France-Télécom.

L'année 2000 voit la création des Centres de Service des Ressources Humaines (CSRH) chargés de gérer à distance les dossiers de personnel des agents et salariés, en lieu et place des anciens Bureaux des Ressources Humaines locaux, eux mêmes créés à partir des anciens Bureaux d'Ordre disparus depuis le 1er janvier 1991.

En 2001, le 11 mai, France-Télécom dénonce la Convention Commune La Poste - France-Télécom datant du 4 novembre 1991 qui concerne les salariés de droit privé dans le but d'adhérer à la Convention Collective Nationale des Télécommunications. (Cette convention commune continue toutefois de s'appliquer à La Poste)

En 2002, suite à l'éclatement de la bulle internet dont l'apogée fut atteint en Mars 2000, France Télécom, surendettée à hauteur de 70 milliards d'euros, ayant perdu de surcroît une vingtaine de milliards d'euros en investissements hasardeux (tel Mobilcom) se retrouve à court de liquidités. La confiance avec les marchés financiers est rompue, le prix de l'action s'effondre en divisant par 20, les banquiers s'affolent ; la crédibilité de l'équipe dirigeante est gravement compromise...

  • Le 5 septembre, au niveau du Ministère de l’Économie, des Finances et de l'Industrie, le principe du remplacement de M. Michel Bon est acté.
  • Le 12 septembre, l’intéressé en est averti de vive voix par le Ministre,
  • Le 30 septembre, le prix de l'action FT atteint un plus bas historique de 6,94 euros, à comparer avec le prix d'introduction en bourse de 27 euros le 20 octobre 1997 et le plus haut historique de 219 euros atteint le 2 mars 2000.
  • le 2 octobre, Michel Bon est officiellement remercié par l’État et remplacé lors d'un Conseil d'Administration extraordinaire et rentre dans une période de disgrâce en attendant sa mise à la retraite à l'âge de 60 ans courant 2003 : son adresse d'affectation devient le très-spartiate Centre Téléphonique de Paris Bassano ; avec pour seules compagnies sa secrétaire ainsi que l'autocommutateur téléphonique MT25 Bassano 2 (AB23).
  • Le tout parachevé par la condamnation arrêtée par la Cour de Discipline budgétaire et financière du 25 juillet 2008 à son adresse.

Pour les personnels de Orange, un récit de souvenirs authentiques de cette période est accessible par le Réseau Social d'Entreprise Plazza :

Le 7 octobre, 20 heures, le tout nouveau Président de France-Télécom fraîchement nommé, Thierry Breton, écrit par courriel à tout le personnel en des termes d’une extrême gravité pour exposer la situation de l’entreprise, à propos de : « l’étau financier dans lequel se trouve France-Télécom », suite à l’effondrement de la bulle Internet et de l’endettement abyssal acquis de 75 milliards d’euros, record mondial, semble-t-il. 

Ce très-pénible redressement de France-Télécom prendra lieu dans la douleur via des successions de restructurations continues qui commenceront par le plan Ambition FT 2005 présenté par Thierry Breton le 5 décembre 2002 puis de son volet opérationnel, le Programme TOP (Total Operational Performance), lancé le 1er janvier 2003. Plans successifs qui aboutiront 8 longues années plus tard à la signature d’un « Contrat Social » le 21 septembre 2010 afin de repartir sur de bonnes bases de fonctionnement et de comportement via de bonnes pratiques retrouvées en interne.

En 2003, les agences sont divisées en deux spécialités : agences spécialisées dans la vente à distance d'une part et agences spécialisées en vente physique d'autre part. Les tailles géographiques doublent aussi (et le nombre d'agences est divisé par deux).

Le 13 février 2003, la Convention Collective Nationale des Télécommunications, s'appliquant aux salariés de droit privé, entre en vigueur à France-Télécom après signature d'un accord social de transposition.

En vue du passage du capital détenu par l’État sous la barre des 50%, la loi n°2003-1365 du 31 décembre 2003 procède aux ajustements nécessaires concernant le statut de la société anonyme France-Télécom, les obligations de service public des télécommunications et les conditions d’emploi des fonctionnaires de France-Télécom fixant notamment le maintien des effectifs statutaires de fonctionnaires dans la société anonyme France-Télécom et les attributions ainsi que la répartition du pouvoir de gestion de ces fonctionnaires (nouvel Art. 29-2 de la loi n°90-568 créé)

En 2004, au 1er septembre, la part de l'État au capital descend sous la barre des 50%. Pour cette raison, le Président de France-Télécom ne peut plus être nommé ou révoqué par décret. Il le sera désormais par délibération du Conseil d'Administration de France-Télécom réuni en assemblée générale.

  • Avant cet événement, le décret n°2004-662 du 6 juillet 2004 entraîne un nouveau changement réglementaire et culturel pour les fonctionnaires de France-Télécom qui se voient désormais juridiquement soumis à une partie du Code du Travail, comme s'ils étaient des salariés de droit privé, en tant que ceci concerne l'élection à venir dès l'année suivante de délégués du personnel qui font leur apparition dans l'entreprise dès janvier 2005.
  • De plus, le décret n°2004-977 du 17 septembre 2004 portant adaptation et application des articles L. 225-27 à L. 225-34 du code de commerce aux personnels fonctionnaires de France-Télécom assimile désormais les fonctionnaires de France-Télécom à des salariés de droit privé pour ce qui est de l'élection ou de la participation en temps qu'élu au conseil d'administration de France-Télécom.
  • Que ce soit pour les élections des délégués du personnel ou des élus au conseil d'administration de France-Télécom, un collège unique d'électeurs est créé. Il mélange sans distinction les fonctionnaires de France-Télécom, les agents contractuels de droit public et les salariés de droit privé, en s'alignant sur le droit commun.
  • Le décret n°2004-980 du 17 septembre 2004 vient quant à lui poser une limite, qui, bien que reconnaissant l'autorité du Président de France-Télécom en matière de sanction disciplinaire, stipule que seul le Ministre chargé des télécommunications a le pouvoir disciplinaire d'infliger à un fonctionnaire de France-Télécom une sanction du quatrième groupe, c'est-à-dire que la société anonyme France-Télécom ne peut pas seule décider de la mise à la retraite d'office ou la révocation d'un fonctionnaire de France-Télécom ; fonctionnaires qui sont des fonctionnaires de l'État.

En 2005, au mois de février, les Agences disparaissent des documents contractuels. Désormais, les points de vente et de service physique à la clientèle deviennent des boutiques.

Le 3 mars, après appel à candidatures, France-Télécom est désigné par 3 arrêtés ministériels comme Opérateur de Service Universel, concernant  :

- la fourniture du service téléphonique NOR : INDX0508148A, 

- la fourniture du service des renseignements universels et des annuaires universels sous forme papier et électronique NOR : INDX0508149A. (modifié par loi n°2015-990 du 6 août 2015 dite loi Macron : annuaires sous forme papier ou électronique, ce qui revient à condamner à terme l'annuaire papier de facto)

- la fourniture de la publiphonie NOR : INDX0508150A. (abrogé par loi n°2015-990 du 6 août 2015 dite loi Macron)

Ceci est l’adaptation en droit français d’une Directive européenne de 2002 n° 2002/22/CE qui impose désormais que l’Opérateur du Service Universel soit dorénavant choisi après procédure d’appel à candidatures. De 1997 jusqu'à ce jour, l’opérateur historique, donc France-Télécom, était systématiquement désigné Opérateur chargé du Service Universel par le code des Postes et Télécommunications.

Puis, le Code des Postes et Télécommunications est renommé Code des Postes et des Communications Électroniques par décret n°2005-422 du 4 mai 2005. La raison invoquée de ce changement de dénomination est que les communications électroniques englobent désormais les télécommunications ainsi que les communications par courriels via internet ainsi que les nouveaux usages de transmissions de fichiers qui se généralisent auprès de tous les publics. En outre, la loi n° 2005-516 du 20 mai 2005 relative à la régulation des activités postales étend les compétences de l'Autorité de Régulation des Télécommunications au secteur postal, et la renomme par la même occasion Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes.

Le 29 juin 2005 est annoncée, par Communiqué de Presse officiel, la mise en place du plan NExT, (Nouvelle EXpérience des Télécommunications) un  programme de transformation sur trois ans qui vise à faire de France-Télécom l’opérateur de référence des nouveaux services de télécoms en Europe... Ce plan, accompagné de son volet RH nommé ACT pour (Anticipation et Compétence pour la Transformation), prorogé pour trois ans de plus à partir de 2009, sera à l'origine de la plus grosse crise sociale voire sanitaire à laquelle France-Télécom et les agents y affectés et ses salariés auront à subir. Une enquête judiciaire visant à définir les responsabilités et les culpabilités éventuelles, ouverte en avril 2010, est close depuis le 30 décembre 2014. Les suites judiciaires restent à venir.

L’attribution de la Médaille d’Honneur des Postes et des Télécommunications est entièrement refondue. Tous les décrets, arrêtés, circulaires précédents qui s’étaient cumulés depuis sa création en 1882 sont abrogés et remplacés par le décret n°2005-1261 du 3 octobre 2005 actuellement en vigueur, accessible par le lien ci-dessous :


P11.MedailleHonneurPostesEtTelecommunications

En 2006, après annonce le 31 mars, les 30 Directions Régionales sont réduites à la relation institutionnelle régionale dès le mois de juin avec un effectif divisé approximativement par dix. Le pouvoir d'organisation de l'activité opérationnelle de l'entreprise est transféré à 11 Directions Territoriales nouvellement créées et de plus grande taille. Il y a donc quasiment trois fois moins de Directions Territoriales que de Directions Régionales. La taille des établissements gérés par les DT atteint désormais couramment mille personnes.

La marque commerciale France-Télécom est renommée Orange le 1er juin. La marque Wanadoo, l'Internet par France-Télécom, est renommée Orange, ainsi que la marque MaLigne TV. Equant et toutes les sociétés de services aux entreprises du groupe passent sous pavillon Orange Business Service. Les autres marques du groupe France-Télécom suivront les unes après les autres. L’identité visuelle évolue également : la couleur bleue disparaît totalement, remplacée par le noir.

P12.Logo2006

En 2009, le 15 septembre, suite à la crise des suicides, le Président Directeur Général de France-Télécom, M. Didier Lombard, annonce dans un Communiqué de Presse un nouveau contrat social à négocier avec les partenaires sociaux. 

Le 26 novembre, un accord social sur l'emploi des seniors et les mesures en faveur des deuxièmes parties de carrières est signé entre la Direction et certaines organisations syndicales représentatives des personnels. Cet accord crée notamment le Temps Partiel Seniors, une sorte de préretraite progressive, visant à diminuer plus rapidement les effectifs mesurés en équivalent à temps plein. 

Mais le scandale éclate, car des documents officiels relatifs à la "courbe du deuil" et autre "vallée du changement" sont révélés par la presse et par les syndicats, jusque sur internet. Les jours de M. Lombard à la tête de France-Télécom sont désormais comptés. Ainsi, allait-il lui falloir s'appliquer à lui-même son propre dispositif de diminution d'effectifs et nous délester de sa pesante présence...

  • Personnellement, je ne souhaite pas trop détailler cette époque des années 2000 que j'ai eue à vivre (années 2000 = années zéro)
    • que ce soit par ce que nous ayons personnellement subi,
    • ou par ce dont nous ayons été témoin, 
    • ou par les disparitions qui nous ont mortifié, 
    • ou au souvenir de nos rassemblements spontanés et très fréquents dans nos Centres Téléphoniques en hommage à chaque nouveau disparu... 
  • Tout ceci à cause d'individus sans aucune vergogne qui se sont exclus de la grande lignée du corps des Télécommunications. 

En 2010, la moyenne d'âge est de 48 ans et la moitié des salariés Français doit partir en retraite d'ici 2018. L'accord social du 26 novembre 2009 fait l'objet d'un premier avenant le 4 juin 2010 ainsi que d'un second avenant le 23 décembre 2010 afin de le rendre sensiblement plus attrayant. Ainsi, le TPS mis en place commence à rencontrer une certaine adhésion auprès des plus de 54 ans à partir de 2011. Son succès va croissant. 

  • - Le 1er mars 2010, M. Stéphane Richard devient Directeur Général de France-Télécom dans ce contexte empreint d'une lourdeur certaine... 
  • - Dès le 2 mars 2010, disparaît toute mention écrite du "fameux" plan NExT dans les documents officiels, tels que les Communiqués de Presse de France-Télécom. 
  • - Le 8 Avril 2010, une information judiciaire avec instruction est ouverte par le Parquet afin d'enquêter sur les responsabilités et les éventuelles culpabilités dans la crise qui secoue alors France-Télécom et le personnel. 
  • - Le Contrat Social est publié le 21 septembre 2010 par Stéphane Richard dans le but de réformer en profondeur les pratiques de management en interne pour mettre fin à ce que son futur prédécesseur qualifia très-maladroitement de « mode des suicides » le 15 septembre 2009.

En 2011, au mois de septembre, les Directions Territoriales sont renommées Direction Orange, dans le but de préparer les esprits progressivement au changement de dénomination à venir de la société France-Télécom en Orange dans son entier.

En 2012, le 9 février, ce sont enfin les services de la téléphonie fixe France-Télécom en France qui sont renommés sous la marque commerciale Orange : La Ligne Fixe France Télécom devient La Ligne Fixe Orange. À cette date, tous les produits et services vendus en France et dans le monde du Groupe France-Télécom sont désormais commercialisés sous la marque Orange.

Pour la fin de l'année, le récent Président Directeur Général peut afficher sa satisfaction dans son message adressé au personnel.

P13.LogoOrange

En 2013, le 1er juillet, suite à l'approbation du Conseil d'Administration de France-Télécom réuni en assemblée générale le 28 mai 2013, la Société Anonyme France-Télécom change de raison sociale et devient Orange S.A. Le logo Orange, créé en 1994 et qui se généralise depuis par étape au sein du groupe France-Télécom se substitue en totalité à l’identité visuelle de France-Télécom à cette date.

  • Concernant les effectifs statutaires issus de l’opérateur historique, il est à noter qu’à ce jour, nonobstant cette modification inscrite au registre du commerce, aucun texte traitant du statut des fonctionnaires de France-Télécom paru au journal officiel ultérieurement à cette date ne modifie l'intitulé de ces fonctionnaires de l'état. Ces effectifs statutaires demeurent donc officiellement des fonctionnaires de France-Télécom jusque pendant toute l'année 2015 incluse. (Se reporter pour confirmation, par exemple au décret en date relatif aux fonctionnaires de France-Télécom n° 2015-422 du 14 avril 2015)
  • La parution au Journal Officiel de cinq décrets datés du 26 février 2016 ne laisse aucun doute sur le fait que les fonctionnaires en activité à Orange SA sont et demeurent des fonctionnaires de France-Télécom ; la terminologie n'ayant pas été modifiée à cette date. Il s'agit de décrets concernant la réforme de la catégorie C, tant pour les fonctionnaires de France-Télécom reclassifiés que reclassés. (décrets n° 2016-218, 2016-219, 2916-220, 2016-224 et 2016-225)
  • Idem concernant la réforme indiciaire des fonctionnaires de France-Télécom du 31 janvier 2017 (décrets n° 2017-66 et 2017-67 du 24 janvier 2017)

En 2015, l’identité visuelle évolue. Le logo Orange ne change pas, mais il se transforme et s'adapte en s'ajourant en fonction des différents domaines commerciaux ciblés. Évolution de l'identité  synchronisée sur le plan de développement stratégique "Essentiels2020" présenté le 17 mars 2015, jusques en ... 2020 ? Devise commerciale du moment : « Connecter nos clients à leurs essentiels ».

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Le 6 août, le service universel relatif à la publiphonie est abrogé par l'article 129 de la loi n°2015-990, dite loi Macron

Les cabines téléphoniques sont désormais en sursis. Se reporter sur le site internet suivant pour plus d'informations : Histoire de la Publiphonie Française


En 2016, le 1er janvier, en France, le parc d'abonnés à la Fibre Optique à Domicile (FTTH) atteint 996.000.

Le 28 janvier, en France, le cap d'1 million d'abonnés à la Fibre Optique à Domicile (FTTH) est franchi.






­Histoire des Télécommunications Françaises © Claude Rizzo-Vignaud, 13 juin 2017.

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